entre corps et ciel

Fredrik Raddum

les dernières chroniques – 4/1/18

quelle image non ? ça fait quelques fois que j’essaie de broder des mots autour de celle-ci… car elle me parle en ta… mais sans succès… comme si cette photo était trop imposante, trop lourde de sens pour tenter de bêtement l’alléger avec des mots, trop imposante d’elle-même pour discourir autour…

comme si elle ne voulait pas être interprétée faussement… ni même interprétée du tout… car elle semble tout dire d’elle-même…

mais je me réessaie quand même ce matin car il y a de quoi là…

comme ça la vie parfois… on ne sait trop pourquoi mais quelque chose nous attire et c’est plus fort que nous, on doit y aller, sauter, plonger… remarquez que pas très risqué ici… quoi que parfois, ce qui semble une simple banalité peut ouvrir sur quelque chose de mystérieux… pas attiré pour rien vers cette sacrée photo…

pour moi cette image émane quelque chose de grave… du bassement terrestre et du hautement divin…  elle révèle l’élévation, la transcendance du corps, elle transmet une certaine alchimie…

comme si elle nous indique qu’il faille aller au-delà de sa propre corporalité… éventuellement… et malgré les apparences…

comme un appel à l’élévation, en même temps qu’elle implique l’acceptation totale de la lourdeur de son propre corps, de même que l’abandon de son véhicule terrestre… elle impose l’acceptation du côté sombre de la vie… avec un élan certain vers les cieux… et un certain effort…

l’oiseau tente d’emporter le corps avec lui, réussira-t-il ?

le mystère persiste… l’image ne suggère rien, elle laisse le voyeur, la voyeuse à ses propres yeux, à sa capacité d’interprétation, à sa conscience…

car si elle ne dit rien, cette image suggère tout… tous les possibles…

elle invite à aller fouiller dans le heavy de son âme… à visiter la sombritude… ce que nous ne voulons pas toujours faire, en fait ce que nous ne voulons jamais faire ouvertement, sans qu’on y soit forcé…

et suggère aussi le côté plus light…

elle nous force à voir que nous ne sommes pas que notre enveloppe… elle nous tend la main vers la liberté, vers la légèreté… mais pour cela, on dirait qu’il faut être prêt(e) à dropper son corps…

l’oiseau ou le corps… et ce corps, pas certain qu’il soit encore mû par la vie… il a l’air mort ce corps… passage vers l’âme ?

l’oiseau nous invite à aller voir s’il y a de la vie après la mort du corps… et en même temps, tant d’attachements au corps, tant de liens qui nous lient ci-bas, qui nous attachent, qui nous rendent lourd(e)…

sur la plan plus artistique que philosophique, si les deux peuvent seulement être séparés, on peut aussi se demander comment la structure tient sur elle-même… coup de génie qui défie la gravité… et c’est bien là qu’elle me rejoint cette photo…

elle nous confronte à la loi de la gravité, à notre propre gravité… se laisser choir ou s’élever… encore et encore… toujours le choix à faire… choisir la lumière sans sombrer dans la lourdeur… le corps ou l’âme, dualité humaine de base…

dilemme qui se résume probablement par la cohabitation des deux, pas le corps ou l’âme mais bien plutôt le corps et l’âme…

car pendant ces quelques années ici-bas, pas vraiment le choix de ne pas choisir de vivre totalement ce corps, l’habiter, vivre dans les limites qu’il nous impose… pas vraiment d’autre choix que de jouer le jeu humain jusqu’au bout puisque l’on est…

car si on a choisit de s’incarner – ou la vie qui a choisi pour nous ? – c’est pour la totale non ? autant pour le corps et son obsolescence programmée que pour l’appel de l’envol… and between the two we tango… entre l’âme éternelle et son enveloppe charnelle temporaire…

s’incarner et grandir en ce corps pour éventuellement apprendre à graduellement le voir décliner et retourner vers sa source… le faire sien, l’apprécier et s’y attacher pour, par la suite, apprendre à le voir âger et décliner…

au début de la vie, être tout corps puis, avec le temps qui lui passe dessus et dedans, apprendre à redevenir l’âme immortelle… ce que l’on a toujours été, mais que l’on a dû oublié en début de vie pour s’incarner…

mais avec le temps, reprendre le temps de se souvenir… d’où l’on vient, où l’on va… et entre les deux, tirer les leçons que l’on doit tirer… ou pas et revenir les apprendre ? qui sait vraiment ?

avec les amis et connaissances qui partent de nos vies et qui retournent on ne sait pas où exactement, mais à quelque part for sure, ou dans le grand now here, nous sommes ramenés à plus grand que nous…

nous nous faisons rappeler que l’oiseau veut nous amener quelque part…

Une réflexion au sujet de « entre corps et ciel »

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