écrire Zen

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les dernières chroniques – 21/7/18

citation:  le seul Zen que vous trouverez au sommet de la montagne est le Zen que vous apportez avec vous… proverbe Zen

chronique dédiée à mon amie Zen préférée… merci et smack…

ce temps de l’année again… le retour de retraite… de la retraite Satori à la réalité ordinaire… du monastère à la chambre à coucher… et au tas de compost…

après 5 jours passés à m’être scruter l’intérieur, du scrotum jusqu’aux cieux and back à l’infini, et aller-retour, à m’observer l’infinie boîte à idées, ce mental si vigoureux et plus créatif que le créateur lui-même, temps du doux retour à l’ordinairité du quotidien ordinaire… extra ordinaire retour…

après avoir surfer sur diverses vagues d’émotion et d’élation, après avoir visité l’enfer et ses multiples sous-sols inférieurs, après avoir été Dieu et avoir séduit et été flirté par le yable en personne et désincarné, back home again

plus de structure pour soutenir l’introspection, plus de cloches pour nous la fermer ou nous l’ouvrir, plus de partenaire ou de miroir à remercier, on doit apprendre et ré-apprendre par soi-même à se regarder par soi-même… en soi-même, et pour soi-même… au-delà de soi même… en miroir… en silence… et avec des mots… que quelques… écrits… ici… la plupart là-bas… car j’écris la plupart du temps tout bas…

mon koan pour l’année à venir est dis-moi ce qu’est liberté… le même que l’an passé d’ailleurs qui, pour une raison sur laquelle je me pencherai et plancherai dans les mois à venir, j’avais complètement remisé dans une sous-couche profonde de mon inconscient personnel et connectif…

durant cette récente retraite, je me demandais si j’allais continuer à rédiger chroniquement tel que je le fais depuis des années, presque quotidiennement… compulsif…

et telle une surprise sortie spontanément de sa boîte de Cracker Jack, hop !

voici donc quelques mots pour dire toute mon appréciation du Zen et de ses anecdotes… les Zenecdotes… ses ptites histoires coquines et subtilement twistées… alors toute ma reconnaissance au Zen et à son non-sens qui nous dit le rien en plain face…

pas le Zen des magazines de décoration, ni celui des dernières tendances du développement personnel…

pas le Zen qu’on vend en boutique nouvelâgeuse…

pas le Zen des magasins à une piasse… ou deux… ou trois…

pas le full zen à la mode de la grande foule en masse pas très critique…

juste le Zen…

le Zen plain, dénudé, sans artifice…

le Zen nature…

le Zen Oriental du bon vieux temps sans temps qui ne passe pas autrement que sur et dans notre corps…

le Zen de la roue et du boeuf…

le Zen du bois et de l’eau…

celui du non-sens et du sens multiple et infini… ce sens simple qui nous renvoie au plus simple en soi… simplicité de la Zenitude cosmique et pas mal comique quand on pogne la divine joke… ou quand on se pogne soi-même…

le Zen miroir… celui de notre visage original…

le Zen qui nous demande 100 fois par jour de quel côté de la porte on a laissé nos souliers…

pas le Zen philo ni psycho, juste le Zen Zen…

mais évidemment, je ne partagerai pas ici les mots qui me sont les plus personnels… même moi je ne les connais pas encore…

non ça je le ferai face à mon âme et les yeux ouverts, face à mon miroir intérieur, les yeux fermés dans ma ptite tête de pinotte et dans mon coeur incandescent et transcendent… et la plupart du temps transparent…

yeux fermés, cieux et coeur ouverts…

car j’aime écrire Zen… une écriture privée, pudique et réservée… une écriture décapante… une écriture de fond d’âme… une écriture face à un blanc, un blanc d’écran… le blanc Zen d’un blanc bec…

car l’écran blanc recèle un écrin qui n’est que mien… et qui relève du mystère… caché de moi-même…

en terminant, quelques mots qui pourraient bien être Zen… ou pas…

car tout est Zen… et rien ne l’est non plus…

Un écrivain ne doit jamais s’installer devant un panorama, aussi grandiose soit-il.
J’avais oublié la règle.
Comme saint Jérôme, un écrivain doit travailler dans sa cellule.
Tourner le dos.
On a une page blanche à noircir.
Écrire est une vue de l’esprit.
C’est un travail ingrat qui mène à la solitude.
On apprend cela à ses dépens et aujourd’hui je le remarque.
Aujourd’hui, je n’ai que faire d’un paysage, j’en ai trop vu!
«Le monde est ma représentation.»
L’humanité vit dans la fiction.
C’est pourquoi un conquérant veut toujours transformer le visage du monde à son image.
Aujourd’hui, je voile même les miroirs.
Tout le restant est littérature.
On n’écrit que pour «soi».
C’est peut-être immoral.
Je vis penché sur moi-même.
«Je suis l’Autre.»

• Blaise Cendrars
via Richard T. Chartier – un de mes préférés pushers de bons mots (bene diction)…

in L’HOMME FOUDROYÉ, p.115

2 réflexions au sujet de « écrire Zen »

  1. Prashanti

    Bon retour chez-toi après un grand nettoyage …
    L’ordinaire ça goûte bon , encore meilleur après s’en être éloigné.

    Répondre
  2. Johanne

    Bon retour à l’ordinaire dans toute sa grandeur. Tes écrits quotidiens résonnent, questionnent, soulèvent un rire parfois une larme. J’apprécie te lire au quotidien. Merci!

    Répondre

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