vroum vroum pout pout wow wow

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♥♥♥ – 12/5/2020

l’amour au temps du Corona / quarantaine sur la voie de sortie ?

resalut lecteur/trice…

eh oui, déjà de retour le chroniqueur wannabe chauffeur d’autobus scolaire qui disait hier être probablement moins présent ici pour quelque temps…

tout juste de retour de mon deuxième matin de tournée, avant d’aller jouer dans le jardin au soleil et de repartir pour ma ride d’après-midi, j’avais le goût de vous faire tap tap du clavier… qu’y puis-je ? plus fort que moi… les doigts me démangent et ce clavier m’appelle et m’interpelle…

comme le disent souvent les joueurs et joueuses de badminton, pas que les volants dans la vie !

alors je succombe sans résister à ma dépendance chronique et scribouilleuse… à mon plus grand désir…

si depuis quelques mois, on parle beaucoup des divers intervenant(e)s de la santé et des services sociaux – et avec raison et on devrait le faire tout le temps, et encore beaucoup plus, et les traiter bien mieux et les payer outrageusement cher – en particulier des préposées qui font la job de bras et de coeur au quotidien dans les CHSLD (titre qu’on devrait faire exploser avec fracas right now pour le remplacer par quelque chose de plus humain trouvez pas ?), j’aimerais aujourd’hui vous présenter brièvement la job de chauffeur/re d’autobus scolaire…

job mal connue s’il en est une autre, et tout une job je vous en passe un écran (avant on se passait le papier mais on n’arrête pas le progrès en ces temps de vous-savez-quoi, et plus safe les écrans ça a l’air – attention jeu de mots niais de l’astre qui lui avec tant de brilliance aujourd’hui)…

j’écris sur ce thème, même si je ne connais pas la job tant que ça, l’ayant pratiqué seulement pendant 4-5 mois il y a quelques années… mais comme j’ai une tribune, j’en profites et je klaxonne quelques bribes au grand vent…

car si on a tous et toutes croisé ces gros monstres jaunes sur la route, parfois en sacrant un peu avouons-le si on est derrière pour quelques km, on connait peu le dedans de l’engin en question… tout un monde… un univers sur 6 roues…

ce travail, comme celui des préposées héroïnes des temps modernes, en est un autre qui est trop peu apprécié et sous-rémunéré et pour lequel les conditions de travail présentent de graves lacunes… le salaire n’équivaut pas à la responsabilité… pas pour rien qu’il y a souvent pénurie…

premièrement, c’est gros, c’est long et il y a plein de pitons dans un bus… les nombreux chauffages et ventilateurs, avant et arrière, plafond et plancher, defrost, les multiples clignotants, la porte, et name it

en période normale (ah le bon vieux temps qui ne reviendra jamais et c’est tant mieux, ce qui laisse potentiellement place à du bien meilleur car pas si bon que ça finalement le vieux temps, passé date, et disparu anyway) c’est jusqu’à 48 enfants qu’on peut transporter à la fois… parents, imaginez votre auto x 15 ou minivan à la 3, avec vous seul(e) comme conducteur/trice et modérateur/trice ! bon chance en effet… et patience à la tonne…

en gros, côté horaire, on commence sa journée par une ronde d’inspection en plusieurs points de notre bolide… en gros, une journée de travail implique quelques heures sur la route le matin et quelques autres en après-midi… donc on travaille du matin en fin de pm, même si en pause in between… ça bouffe quand même toute la journée, 5 jours par semaine la plupart des semaines… et vous vous rappelez qu’il neige ici de novembre à avril ?

soyons clair, je ne me plains pas car je fais ce travail par choix étant jeune retraité qui désire seulement faire sa part en ce temps fou de déconfinement… mais si je me plaignais, je le ferais au nom des chauffeur(re)s de carrière car on parle trop peu souvent d’elles et d’eux je trouve… souvent des retraité(e)s, mais pas uniquement, et des gens qui aiment beaucoup les enfants… un peu obligé pour faire cette job, sinon on fait autre chose… car on ne triche jamais avec les enfants… encore moins avec un autobus entre les mains…

en temps normal, matin et après-midi, on fait une première ronde pour le primaire, et une seconde pour le secondaire… donc deux fois deux rondes… les ptits pits du primaire, (de 4 à 12 ans maintenant avec la maternelle 4 ans) de 7 h à 8 h environ (si tôt pour des si jeunes) et les ados dans la deuxième tournée, à peu près de 8 h à 9 h… réseau et flotte limitée obligent… mais pour le moment que le primaire… break time !

donc on a intérêt à être à l’heure… nos feuilles de route sont chronométrées à la minute près… un des petits stress très stimulant métier, à conjuguer dans le traffic… et les enfants et leurs parents qui sont en général coopératifs… en général mais pandémie pandémie… oui mon capitaine… sans compter l’école qui commence à une heure précise… contrôler l’incontrôlable…

ensuite, si on est remplaçant(e) ou à nos débuts, on ne connait ni nos routes ni nos flots, étape qui prend du temps… et on a beau être entraîné, c’est sur la route qu’on ne peut qu’apprendre…

on ne connait pas plus l’autobus qu’on a entre les mains et sous les pieds car tant de modèles différents avec tant de bidules qui diffèrent tout autant d’un modèle de bus à l’autre… ça fait pas mal de gestion tout ça, en conduisant un mastodonte roulant rempli d’êtres humains très vivants…

on doit suivre les feuilles de route avec les adresses et les parcours écrits en touts petits petits caractères, salut masque et goggles – en surveillant les flots en arrière, les autres véhicules (et surprise ! tous ne respectent pas les consignes taba….) et la signalisation… car on ne lésine avec les limites de vitesse quand on est chargés d’un des trésors les plus précieux de la terre, nos enfants… à l’autre bout de l’arc-en-ciel avec nos ainé(e)s…

ensuite en cours de route, on doit activer les nombreux pitons… après avoir repéré l’adresse (plus facile habituellement le matin car les enfants sont sur le bord du chemin), premier piton pour les lumières jaunes pour avertir qu’on va arrêter bientôt (en espérant que personne ne va nous doubler, oui ça arrive)… ensuite on ralentit, et on active les panneaux d’arrêt aux clignotants rouges, et hop on ouvre la porte… et on laisse entrer l’enfant… ou les…

ces temps-ci, c’est avec un masque, des goggles de martiens et des gants qu’on accueille les petits…

tout un allo bonjour good morning mon ptit !

dans mon cas, comme je remplace un chauffeur régulier mais en congé de maladie, je m’assure de faire un premier contact chaleureux car les petits sont surpris de ne pas retrouver leur chauffeur… vraiment plus rien comme avant… pas rien pour eux et elles, surtout en ce retour plus que spécial et un peu appréhensif…

seulement lorsque le ou la ptit(e) est bien assis(e) (et ces temps-ci les modalités sont très strictes et précises dans les bus), on referme les porte, on désenclenche nos clignotants, et hop, prochaine destination… and on and on… jusqu’à l’école..

le tout en s’assurant de surveiller minimalement et les enfants en arrière, et les adresses et les noms de rue et les autres véhicules… le tout en tenant compte du temps car tout est minuté dans un circuit… et parfois, on fait des transferts avec d’autres bus qui attendent après nous…

ah oui, en plus il y a le walkie talkie… la 178 au bureau… tel ou telle enfant n’est pas sur la liste, que fait-on ? OK, 10-4 !

et en ces temps de retour printannier covidien en déconfinement progressif et parfois agressif, c’est toute une ribambelle d’imprévus qui nous attendent… car si en temps normal, vous n’avez aucune idée de la logistique du transport scolaire (garde partagée donc horaire qui change parfois à chaque semaine pour certains), vous en avez encore moins idée en ces temps de retour à la semie normalité

car tout le monde est un peu fébrile, jonglant avec l’inconnu, les parents comme les enfants, sans parler des écoles et commissions scolaires qui doivent s’adapter… les gens du dispatch de la flotte d’autobus font toute une job de relations publiques je vous jure… chapeau, casquette et béret que je vous lève…

et ceci n’est qu’un bref tour d’horizon… je ne connais même pas les détails…

alors à vous tous et toutes, personnel du réseau scolaire – ici plus particulièrement ceux et celles du réseau de transport – mais ça inclut tout le monde du monde scolaire, SVP prenez-le très personnel ce petit coup de chapeau car vous le méritez encore bien plus que ça… pout pout à vous tous et toutes !

et si vous n’avez pas d’enfants qui fréquentent l’école mais que vous connaissez quelqu’un qui travaille dans le réseau, en particulier dans le transport scolaire, n’hésitez pas à partager cette chronique… car ça fait toujours du bien de se faire flatter le poil dans le sens du devoir bien accompli, particulièrement en ces temps de popcorn émotionnel sur les plans social et personnel… et logistique…


et en terminant une joke de chauffeur d’autobus :

A à B: as-tu entendu la joke du chauffeur d’autobus ?
B à A: non j’étais assis en arrière

vroum vroum, pout pout, wow wow !

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2 réflexions au sujet de « vroum vroum pout pout wow wow »

  1. Prashanti.

    Tout un monde ça a l’air…
    Bravo pour ton implication et ta patience sûrement un must avec tous ces petits pits et
    tout le reste à pitons et autre.

    Répondre
  2. Samano

    Tu as bien tous les talents !!!? Où as-tu appris à conduire un autobus ???
    BRAVO!
    J’imagine qu’il faut un sacré sang froid pour tout gérer ?

    Répondre

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