NOS fils, NOS filles

♥♥♥ – 31/3/21
les chroniques d’un nôbodé…

si vous suivez ce blogue, vous le savez, j’aime écrire… j’écris, j’écris beaucoup, presqu’à tous les jours…

j’écris principalement pour réfléchir tout haut… pour voir ce qui se cache en moi… j’écris non pas pour enseigner quoi que ce soit, ni pour faire la morale à qui que ce soit…

car moi-même, comme chacun(e) de nous, je ne sais pas grand’chose avec certitude et ne suis encore qu’un simple étudiant de la vie… qui apprend à voir tout ce qui se cache en moi, à ne pas juger quoi que ce soit, ni qui que ce soit, à la première impression ou impulsion… et à m’observer moi-même… pour agir avec le plus de justesse possible…

car qui suis-je ? est encore et toujours un work in progress sur ma table de travail…

et je considère que le monde est principalement un vaste miroir me reflétant à moi-même souvent ce que j’ai encore besoin de voir ce qui cloche quand ça réagit à l’intérieur… dring dring dring…

et bien sûr que la violence faite aux femmes, notamment avec l’explosion de tous ces féminicides récents, me questionne, et me met personnellement et profondément mal à l’aise… particulièrement en tant qu’homme…

alors l’autre jour, quand quelqu’une m’a écrit pour me demander pourquoi je n’écrivais pas au sujet de la violence faite aux femmes, je suis rester bouche-bée… bouché… coi… et je n’ai tout simplement pas su quoi répondre… comme maintenant… les doigts me jamment un peu en pensant à cet enjeu social particulier…

on dit parfois que les hommes devraient prendre la parole et dénoncer publiquement cette explosion soudaine de colère et de violence…

mais pour dire quoi ? à qui ? et faire quoi ensuite ?

évidemment que nous, les hommes, avons abusé des femmes de diverses manières depuis le début des temps…

évident (pour avoir animer des groupes d’hommes au fil des 30 dernières années) aussi que nombreux sont les hommes à ne pas être capables d’exprimer sainement leurs émotions, émotions qui grondent silencieusement en eux et qui finissent parfois par péter en pleine face d’autrui, des femmes notamment, parfois même jusque sur les enfants de ces hommes emmurés émotivement qui finissent par exploser…

évident aussi que certains hommes et gars utilisent leur force physique (ou la menace de) pour maintenir un contrôle certain sur les femmes, parfois jusqu’à ce que mort s’en suive… en moi aussi cette impulsion animale ? possiblement… alors handle with care…

évident aussi que ce ne sont pas tous les hommes qui adoptent de tels agissements… heureusement… mais évident que trop le font… avec des conséquences fatales…

mais parler ainsi des hommes et des femmes impliquent nécessairement une généralisation qui ne fait que diluer le propos…

alors pourquoi et que devrais-je écrire ?

car pas certain si les hommes à qui il faut s’adresser sont prêts, aptes ou minimalement ouverts à entendre, encore moins à écouter… ici ? encore moins certain…

alors pourquoi j’écrirais ? pour qui ?

en tant qu’homme et amoureux, père de 2 grandes filles, frère de 2 soeurs, fils qui a vu un père jadis exploser à la maison et ami de plusieurs chums de filles, évidemment que cet enjeu social de la violence faite aux femmes me touche personnellement à différents niveaux… comme nous tous et toutes… questionnant…

mais qui suis-je pour dire quoi que ce soit ? pour dire quoi ? à qui ?

dire aux quelques hommes qui liront ces mots, et qui ont probablement toujours respecté leurs soeurs, mères et les femmes en général, de continuer à les respecter ? pas besoin, ils le font déjà…

ou dire aux quelques hommes potentiellement violents et susceptibles de passer aux actes – probablement dans le vide car ils ne lisent pas mes chroniques – de ne pas être violents et d’aller chercher de l’aide avant que ça pête ?

bien souvent, dans ce genre de situations sociales délicates – racisme, homophopie, inégalités sociales, itinérance, appropriation culturelle, sexisme, name it – on exprime des mots qui n’atteignent pas la cible… on parle pour parler…

trop souvent, ce sont ceux qui sont du bord privilégié du débat qui parlent et qui prennent la parole au nom des autres… par exemple, comment quelqu’un de la majorité blanche peut affirmer que le racisme n’existe pas ? bien souvent, plus utile de simplement écouter et devenir plus sensible à la cause…

car on peut bien affirmer de beaux grand principes et de grandes vérités qui n’auront jamais de répercussions concrètes… parler dans le vent… et souvent, on s’ouvre la trappe soit pour se déculpabiliser, pour rationaliser une situation injuste ou pour se libérer d’un poids trop lourd à porter…

alors ce matin, rien de très éclairant à dire…

rien d’autre que oui je suis un homme, que je suis sensible face à toute cette violence, que je n’ai jamais frappé une femme et que j’ai toujours tenté de respecter le plus possible les femmes qui ont fait partie de ma vie, comme les femmes en général… comme les hommes d’ailleurs…

alors en tant qu’homme, que puis-je dire de plus que ça ?

car si, par les mots, on tente de dire quelque chose, parfois on ne sait trop quoi dire et tout ce que l’on peut dire ne rime à rien…

à part que ces fils et ces filles, ce sont les nôtres… et les parents de demain…

et que ces femmes et ces filles qui subissent la violence, ce sont nos soeurs, nos mères, nos blondes, nos amies…

et ces hommes violents, un peu de chacun d’entre nous…

2 réflexions au sujet de « NOS fils, NOS filles »

  1. Ravi

    je n’ai pas vraiment de commentaires…… j’observe

    j’observe ce qui se passe ici, aux USA, en Occident, en Inde, en Chine, en Afrique (exision),
    au Pakistan, en Afghanistan

    comme une compétition;
    quel peuple sera le plus violent envers les femmes?
    domination?, peur de perdre un pouvoir?, besoin animal de contrôler son territoire?, image de mâle dominant à protéger?, trop de consommation de sucre, d’alcool ou autres substances qui rend l’énergie vitale fragile? et quoi encore?????

    je n’ai pas de réponse, des fois je suis gêné d’être un homme

    Répondre
  2. Prashanti

    Oui ces hommes qui ont souvent la carapace
    si dure et pourtant si fragile en dessous.
    Aussi difficile d’être une femme quand on vient d’une famille où la violence de nos frères
    faisait si mal….
    Apprendre à expérimenter la force dans notre vulnérabilité !

    Répondre

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