Archives de l’auteur : atisupino

ça tombe bien… et allo

♥♥♥ – 17/10/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

ce matin de nouveau, beaucoup à faire dehors avant l’hiver, donc peu de mots chroniques… mais comme je suis un chroniqueur professionnel sérieux, encore et toujours au poste…

ces derniers jours, j’ai fait mes recherches pour tenter de dénicher les complots – sans rien trouvé de concluant encore – mais j’ai trouvé la preuve photographique de la première joke de notre enfance… qui tourne encore aujourd’hui car elle est sans fin…

et si c’était sur FB, c’est sûrement vrai non ?

qui perd gagne gang


♥♥♥ – 16/10/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

traduction: si vous sentez que vous êtes en train de tout perdre, rappelez-vous que certains arbres perdent toutes leurs feuilles à chaque automne, et qu’ils s’érigent tout de même haut et fort en attendant des jours meilleurs

ces temps-ci, j’apprends la vie à partir des arbres… si riche l’automne… je préfère ces grands sages aux actualités

car à-travers nos écrans de fumée perceptuelle, on dirait parfois que le monde est en train de virer fou non ?

on dirait… mais peut-être que cela a simplement toujours été le cas… et que now n’est que plus évident…

mais peut-être, dans le fond et en surface, que seulement business as usual en ce bas monde ?

peut-être que seulement le cours plus ou moins normal des choses qui prend place malgré les apparences anormales ?

peut-être seulement le plan divin qui se manifeste ?

ou plutôt le plan des humains – de certains humains, faudrait toutefois définir lesquels – qui prend une drôle de twist ces temps-ci ?

qu’en sait-on vraiment au juste de ce qui se passe ?

comme disent les anglais, there is more that meets the eyes... faut laisser porter notre regard… et voir plus creux…

car ce que l’on voit, et perçoit, et interprète comme LA réalité, n’est très probablement qu’un petit bout d’une plus grande réalité qui nous échappe… qu’une certaine version limitée et biaisée d’une réalité plus grande qui nous dépasse…

car que deux petits yeux et une petite tête pour saisir l’immensité de ce monde… mais un grand coeur accordé à chacun(e)… un coeur généreux et grand si libéré de la peur et de la crainte… si exempt de doute et empli de foi… confia confia…

mais une chose est certaine, c’est que les choses changent… assez drastiquement ces jours-ci… et rapidement… parfaitement pour certains, catastrophiquement pour d’autres…

certain(e)s semblent perdre leur liberté, d’autres leur sécurité…

certain(e)s trouvent qu’on en fait trop, d’autres pas assez…

certain(e)s portent à gauche, d’autres à droite… quelques-un(e)s cherchent la voie du milieu…

en ces temps fébriles à l’échelle sociale, avec des répercussions importantes sur les plans personnel, autant psychologique, physique qu’émotif, nous pouvons nous sentir poussé(e)s dans nos derniers retranchements… dans les abîmes de notre âme…

beaucoup de méfiance, de polarisation et de positionnement extrême out there..

une partie du monde est à boutt… de quoi ? d’eux et d’elles mêmes probablement face à ces changements rapides et inquiétants… au bout des limites, des croyances, des certitudes qui n’ont toujours pourtant été qu’illusions… qu’on avait pris pour du cash

le monde bascule mais on ne peut dire vers quoi… certain(e)s sont optimistes, d’autres pas… certains voient des complots, d’autres pas…

mais ce qui arrive arrive, tout simplement… et selon où l’on porte notre regard, ce que l’on voit peut prendre des allures fort différentes… notre choix…

il me semble donc essentiel de continuer d’observer ce qui observe, de garder notre regard tourné vers la source d’observation plutôt que strictement sur les événements extérieurs car que sait-on vraiment de ce grand out there ? quand même ce qui se passe en dedans est fort questionnant et difficile à saisir…

alors équanimité, observation neutre et patience sont requises en ces temps précis…

car tout se déroule parfaitement comme cela se déroule selon où l’on porte notre regard, et exactement comme cela est censé se dérouler si on arrête de vouloir que ça se passe autrement…

aussi simple que ça ? why not coconut ?

La souffrance naît quand je crois savoir que quelque chose qui arrive ou qui existe ne devrait pas arriver ou exister.

La souffrance c’est le mental qui se prend pour Dieu.

Lorsque le mental, plutôt que de travailler contre le monde tel qu’il est, présuppose que le réel a tort, je souffre.

La souffrance est alors un cadeau : c’est ce qui me permet de savoir que je me suis laissé happer dans la transe.

La transe la plus commune de toute, qui consiste à croire que je peux avoir raison face au monde.

Or, le monde a toujours raison.

Or, je fais partie du monde.

Refuser ce qui est déjà là, c’est refuser une partie de moi-même.

C’est me déchirer silencieusement

– SPIRITUALITÉ SAUVAGE via Transparence du coeur

qui donne reçoit

♥♥♥ – 14/10/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

ou à celle qui le donne…

car il se conjugue souvent au féminin l’amour qui se donne…

tenez, en ce sens, j’ai retrouvé ces mots de Donald Neal Walsh, qui en disent beaucoup, en fait qui disent tout…

être l’amour que l’on voudrait recevoir, l’incarner, et le laisser aller hors de soi… plutôt que de le chercher, que de le rechercher, que de le quémander… de quelqu’un d’autre, à l’extérieur de soi…

donner l’amour qu’on veut, celui qu’on a besoin… et l’amour nous revient au centuple…

car on croit généralement que l’on doit recevoir quelque chose avant de pouvoir le donner, le partager… oh que non nous dit-on… donnez et vous recevrez…

être l’amour que l’on voudrait recevoir nous permet de tomber – et de monter – directement en amour… dans l’amour…

et d’ailleurs cet amour est multiformes… l’amour est souvent là où on ne l’attend pas… l’amour arrive souvent quand on ne l’attend plus… on donne et l’amour nous frappe… sans qu’on l’attende, sans qu’on s’en rende compte même…

l’amour est un coquin… l’amour est surprenant… l’amour nous joue des tours…

l’amour est un état avant d’être une relation… l’amour est une position intérieure,. une disposition à partir de laquelle on observe le monde… et alors le monde devient amour…

car les gens de coeur vivent dans un monde aimant, comme les gens hostiles vivent dans un monde hostile… même monde… que le regard qui change…

l’amour change le monde, l’amour change la couleur du monde que l’on regarde…

peut-être que le monde est un grand complot ? un grand complot d’amour ?

peut-être…

à nous de choisir…

je, tu, il, île et ailes

♥♥♥ – 13/10/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

traduction: si je suis moi parce que tu es toi et que tu es toi parce que je suis moi, alors je ne suis pas moi et tu n’es pas toi… – Alan Watts

salut lecteur/trice…

comme je t’ai un peu négligé(e) depuis quelques jours, ce matin je te donne du fil à tordre, et à retordre… entre les dents… du soi dans terre, sans mots, ni beaux ni sots…

ainsi, ce matin, ni de moi ni de toi, que de soie… fine dentelle de mots doux… et un peu fous…

et ce Allan, quel éclair, quelle lumière… un vrai 100 Watts… car que ferait Allan sans Watts ? nul ne sait… ni lui, encore moins moi et toi, car ni nous sans vous… que quelques mots fous… pour moi, et vous…

si je suis moi parce que tu es toi …

premièrement, je ne suis même pas moi… du moins, pas moi-même… je ne suis plus moi-même…

ni moi-même, ni même moi, et encore moins moi parce que tu es toi car toi-même tu n’es même pas toi… alors donc encore moins toi-même… en tous cas pas tout à fait toi-même… ces temps-ci on dirait que plus personne n’est soi-même… tout le monde est différent… de lui et d’elle… différent(e) de ce qu’il et elle n’a jamais été anyway

ainsi, ni soi, ni autrui… notre nom est personne… même si nous pensons en être une… ni soi ni autruche, tout le monde la tête dans le propre sable de son petit carré qui tourne en rond sur cette boule qui tourne sur elle-même…

si je suis moi parce que tu es toi et que tu es toi parce que je suis moi

ainsi si je ne suis pas moi, parce que ni moi ni toi, toi tu n’es pas toi parce que tu n’es pas toi ni toi-même… ni moi moi car toi pas toi de toute façon… que tout… tourlou et atiguidou… car moi pas moi et toi pas plus toi que moi pas moi… et le contraire n’est pas plus vrai, et encore moins faux… et c’est selon…

et comme c’est toujours selon, ni vrai ni faux non plus… car jamais toujours…

si je suis moi parce que tu es toi et que tu es toi parce que je suis moi, alors je ne suis pas moi et tu n’es pas toi…

donc ni moi ni toi… ainsi ni nous ni vous… et pas plus d’eux ni d’elles non plus… et ni pneus ni ailes… car ni de la terre, ni des airs… rien dans les mains, rien dans les poches sous les yeux de la conscience…

non, nous ne sommes pas, et de plus, nous ne sommes pas d’ici ni de nulle part…

et ni figues ni raisins… ni mi, l’un et l’autre, et ni l’un ni l’autre…

nous ne sommes que présence, sans lieu d’appartenance, sans lieu de naissance car ni corps ni esprit, ni de corps ni d’esprit… car nous ne sommes même pas… même pas âme qui vive… et sauve qui peut… ou ne le peut pas… ni moi, ni toi, ni même nous, donc sûrement pas vous… encore moi lui et elle, encore moins d’eux et d’ailes…

aucun corps qui ne nous emprisonne, et personne qui ne nous possède, pas même nous-même… nous sommes libres de nous-même… libre de corps et free d’esprit…

je sais, gros ce matin à faire du sens de… à tenter d’extirper signification de ces simples mots d’esprit de bottine dignes de sol… sens que nous ne saisissons pas, pas vraiment, ni jamais…

car moi et toi, que du vent, que du néant, du fait néant…

car que moi qui se pense tout petit, que petit moi, séparé du tout et du nous, ici, maintenant, jadis et plus tard, à tourner dans l’univers, à spinner sur cette terre, tentant de tenter de saisir le moment qui fuit à chaque instant… dans le néant, qui n’a jamais été et qui ne sera jamais… rien d’autre qu’une pensée tournant sur elle-même… avec nous dedans… et pouf !

car même moi je ne suis pas moi-même, alors toi non plus tu n’es pas, ni moi, ni toi… sans foi, ni loi… humaine ou divine… et si nul n’est censé ignorer la loi, faut-il la diviner ? cela serait juste et bon…

ni île, ni ailes, qu’ici, nulle part où aller… ni se sauver… car rien à sauver, et nulle part où ne pas le faire…

tu ne comprends pas toi non plus tout ce charabia de ni moi ni toi sans foi ni loi ? tu ne comprends rien de ce tout inclus ?

c’est OK, rien à comprendre anyway… ainsi tu as tout compris…

ne sois que toi, et je ferai de même…

tombée de rideau

photo: Luc Vallières

♥♥♥ – 12/10/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

ces temps-ci ceci est mon monde…

ces temps-ci toutes les feuilles tombent…

autour d’ici, c’est l’automne, la grande tombée…

je nettoies la forêt, pendant que les arbres se dénudent, et que la nature se prépare à un grand repos…

en moi, tout renait…

et en moi, la vie…

et en avant la musique

♥♥♥ – 9/10/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

salut lecteur/trice bien heureux…

en haut c’est moi…

hier, faute de disponibilité pour écrire, je partageais avec vous une vidéo…

aujourd’hui, encore busy busy à cause du beau temps, je vous en offre 14…

les 14 hymnes captés lors de notre spectacle intime enregistré ici à la fin août… avec mes amis Charles (guitare et caméra/micros), Guy (contre-basse) et Raoul (percussions)…

ci-bas c’est nous…

ce sont les 14 hymnes qui composent l’album Os Hinos do Vale da Vida, album dédié à JP Desjardins… lui ci-bas…

comme j’ai mis un terme à la campagne de $ocio$ hier pour cause de mauvais timing, je continues à distribuer cette musique et je redis :en avant la musique…

si vous êtes curieux/se, par là la musique: https://atidion.com/cdvdv/

amor amor amor

♥♥♥ – 8/10/2020
l’amour au temps du Corona… semi reconfinement automnal… et vague la galère

salut lecteur/trice pas triste du tout ni du rien…

comme le chroniqueur a peu de temps pour écrire aujourd’hui car à l’automne, dans le petit comme le grand now, beaucoup à faire avant l’hiver, alors on en profite quand il fait beau… comme aujourd’hui…

alors simplement vous dire que je pense à vous et que je vous envoies de l’amour ce matin… en musique… en 7 langues… tout le tour de la terre… et du coeur…

musique et versa

♥♥♥ – 7/10/2020
l’amour au temps du Corona… semi reconfinement automnal… et vague la galère

à la mi-septembre, motivé par le concert live que nous avons enregistré à la fin août Guy, Charles Raoul et moi ici à Val-David (disponible ici: https://www.youtube.com/feed/my_videos, avec notre concert au Gésu en novembre 2018:), j’ai décidé de lancer une nouvelle campagne Ulule pour ramasser des fonds pour enregistrer en qualité studio les 14 hymnes de l’album intitulé Os Hinos do Vale da Vida, album dédié à la mémoire de mon ami JP Desjardins, décédé en juillet 2019 avec qui on avait commencé à travailler ensemble sur cet album…

à l’époque, les choses semblaient vouloir reprendre leur cours semi anormal… on était en basse vitesse de croisière mais ça semblait vouloir reprendre… ça semblait…

et voilà que début octobre, la seconde vague (or something générique qui peut être interprété à votre convenance selon vos croyances religio-comploto-politico-parano-épidémiogiques, ou pas) nous tombe dans la face avant qu’on vire au rouge ou en zone orange (lire à voix haute)…

après un flottement et quelques jours de réflexion mais un sentiment croissant et un penchant certain vers un arrêt stop, j’ai décidé de mettre un terme à cette campagne ce matin… contre-nature de solliciter des bidous en ce moment quand le monde est en contraction sociale et en semi-retraite… pas juste… le juste de justesse, pas justice…

alors changement de route mais on maintient le cap… car cet album va se réaliser…

quand on rencontre un obstacle, on dit qu’il faut travailler avec… alors on va travailler avec les événements actuels…

l’autre soir, en pratiquant les hymnes de cet album, j’ai eu la certitude que cet album va se faire faire car je les trouve beaux ces hymnes… je sais, pas objectif du tout le chroniqueur musicien… mais si mélodiquement charmants à mes doigts et à mes oreilles mes ptits hymnes de rien du grand manitou… et si plaisants à jouer avec des amis… comme en font foi les captations récentes… en tous cas, moi une grande motivation… partager, jouer ensemble…

alors plutôt que de ramasser des sous pour payer des frais de studio et de mixage, je vais apprendre à m’enregistrer moi-même et à mixer… à me mêler de mes affaires de son…

je vais bizouner cet album un hymne à la fois, plus lentement, plus artisanalement, plus expérimentalement… car on a le temps non ?

et pour faire la fête à JP, je compte planifier une grande fête de la musique le 4 juillet prochain autour de Val-David, ultimement au Théâtre du Marais à Val-Morin… à suivre… car en ce moment, la seule certitude est la totale incertitude…

je vais aussi offrir mes hymnes en FB Live, juste comme ça, pour la simple plaisir de jouer et de partager…

alors à ceux et celles qui m’ont encouragé malgré l’incertitude, un immense merci du fond de mon ptit coeur… car c’est là que votre soutien en ces temps incertains m’a touché… guili guili…

et on continue de se croiser ici… ou là… ou ailleurs…

mais toujours ici quand même car où ailleurs qu’ici ?

qu’ici qu’ici…

blancs que de mémoire

♥♥♥ – 6/10/2020
l’amour au temps du Corona… semi reconfinement automnal… et vague la galère

en hommage à Joyce Echaquan, son mari, ses enfants, ses ami(e)s et ses proches, sa communauté de Manawan, de même qu’à tous les peuples des Premières Nations d’Amérique et de la planète…

à nos gouvernants: pas de racisme systémique selon vos dires ?

mais pourtant l’évidence tue depuis longtemps… et elle vient de tuer encore… en direct, et cette fois, sous nos yeux… une mère de 7 enfants… qui ne demandait qu’un peu d’aide… et qui n’a reçu que jugements et insultes… mais pas de soins…

alors SVP un peu de courage et ne faisons que nommer ce qui est depuis si longtemps… ce qui a toujours été… pour qu’il y ait une chance que ça change un jour… pour ceux et celles qui ont subi ces injustices grossières, pour nos enfants, pour le coeur de l’humanité…

car nous, les blancs à la mémoire amputée, sélective, rosifiante, souffrons aussi de ces injustices… car on reçoit directement ce que l’on inflige à autrui…

paix et justice aux hommes et femmes de bonne volonté…

hommage aux soignant(e)s

♥♥♥ – 5/10/2020
l’amour au temps du Corona… semi reconfinement automnal… et vague la galère

ce matin, des fleurs… et une éternelle gratitude…

et les mots d’une autre, médecin… pour nous tous et toutes, qui avons le luxe de ne pas avoir à côtoyer quotidiennement les maisons à maladie… et le luxe de penser la situation de loin, dans la sécurité de notre home confortable…

LA VÉRITÉ ? J’AI LA CHIENNE !

CYNTHIA LAURIAULTMÉDECIN DE FAMILLE ET EN SOINS PALLIATIFS, GATINEAU

Ça faisait un petit bout que mon écriture m’avait échappé, comme oubliée dans le coin de la chambre mal rangée, sous une pile de scrubs à laver. La vérité, c’est que le temps aussi semble m’échapper… et bien que cette réalisation ne me soit pas étrangère, le contexte dans lequel elle se produit, lui, est bien particulier.

Je suis revenue travailler en pleine pandémie, jonglant avec mon rôle de mère, celui de médecin, celui de meilleure amie de la plus belle femme du monde, en soins palliatifs… et celui d’humaine, entourée d’inconnu, encore et toujours.

Et du coup, on me demande souvent, récemment, comment je vais. Et je me suis mise à détester la question, littéralement.

Je la déteste parce que je n’ai jamais été capable de mentir pour deux cents, que je suis tannée de ne pas être simplement capable de lancer un « ça va bien ! » banal, non réfléchi et naïf… mais je la déteste surtout parce que je n’ai pas encore trouvé la réponse.

Je trouve ça très difficile de savoir comment ça va quand j’ai l’impression que la route vers la réponse est pavée de pierres instables, incertaines. Je n’ai juste pas ça en moi, je pense, faire abstraction de ce qui se passe. Plus maintenant, du moins.

La vérité, c’est que comme plusieurs de mes collègues, j’ai la chienne.

J’ai peur du orange, qui virera inévitablement au rouge, et de cette deuxième vague, dont on ne devine que le début. En réalité, j’ai peur de nous voir nous écrouler, un à un, sous son poids, faute d’être capables de le supporter.

Mais par-dessus tout, j’ai peur de nous.

J’ai peur de notre humanité, fragile, qui s’éteint si facilement, sous la maladie, indépendamment de notre âge, notre sexe, notre couleur ou notre religion.

J’ai peur de notre humanité fragile qui nous pousse à douter et nier, faute d’être équipés pour gérer nos craintes, nos incertitudes, nos cauchemars.

Je crains cette humanité qui fabule, depuis la nuit des temps, faute de savoir comment trouver les bonnes réponses.

J’ai peur qu’il ne soit trop tard, tantôt, pour intervenir plus fermement. Pour crier haut et fort plus clairement à quel point c’est réel, ce qui se passe. À quel point personne ne l’a inventée, la pandémie. À quel point personne ne joue la comédie, face à la détresse qui nous envahit, avec toutes ses facettes et ses couleurs, du jaune au rouge.

J’ai peur qu’on se réveille, mais surtout qu’on se lève trop tard de notre pensée magique, seulement pour se retrouver face à des questions dont les réponses seront encore plus difficiles à formuler… et à entendre.

Quand le monsieur du dépanneur réalise que je suis médecin et qu’il me demande si c’est vrai, « toute cette histoire de COVID-19 », j’ai peur.

Quand on veut changer ma meilleure amie si vulnérable de chambre, pour la mettre près d’une unité d’éclosion de COVID, j’ai peur.

Quand j’entends les patients mentir au sujet de la fièvre de leur enfant, pour le faire voir au sans rendez-vous, sans être habités par l’ombre d’un remords ou de compréhension du sérieux de la chose, j’ai peur.

Quand mes collègues les plus brillants, les plus dévoués, les plus posés, habituellement rassurants, me disent qu’ils ont plus peur qu’au printemps, qu’on n’a rien vu encore, que c’est vraiment difficile, à l’hôpital… là, j’ai vraiment peur.

En fait, la peur a pris une telle place, au sein de mon vécu de cette pandémie, que je n’arrive plus à lire les commentaires sur les réseaux sociaux. Chaque personne, cachée derrière son écran, qui minimise, insulte, nie, conspire et désinforme… me fait peur.

Les professionnels de la santé, qui mettent leur sécurité, leur santé mentale et leur intégrité physique à risque (ainsi que celles de leurs proches), ont peur, en lisant les commentaires. En lisant la fragilité de notre humanité.

Ça teinte nos journées… et nos nuits. Même Luc De Larochellière a pris un autre sens, quand il chante la fragilité de la vie, à la radio.

On a peur en santé parce qu’on ne sait plus comment aborder la vérité, pour que vous daigniez la croire. On ne sait plus comment vous parler, pour vous aider à comprendre. Pour vous permettre d’attraper, au passage dans nos bureaux, sur nos tables d’examen ou même chez vous, en lisant les nouvelles… un aperçu de notre réalité, à travers nos yeux cernés.

Et bien que je vous prêterais bien mes yeux à moi, pour vous la montrer, cette réalité, je n’ai malheureusement que ma plume.

On ne sait plus comment répondre, même aux questions les plus simples, tellement notre fragilité nous frappe de plein fouet, à répétition, depuis des mois. C’est elle, au fond, qu’on craint… bien plus que la COVID-19.

Donc, même à « comment ça va ? », je ne réponds plus vraiment, maintenant.

Je pense que la vérité, c’est qu’on a juste réalisé que ça n’allait pas bien aller, finalement.

de CyberPresse, 27 septembre…