trente-troisième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 16/1
traduction maison : la distance entre les rêves et la réalité s’appelle la discipline…
vous le savez peut-être, ou pas, mais j’aime écrire… en fait, je ne peux même pas dire que j’aime écrire, on dirait plutôt qu’écrire m’aime, écrire me meut, écrire m’émeut, écrire me veut, écrire me passe à travers… et moi de même…
je suis mu par l’écriture, ému et mu par l’urgence de dire… comme un besoin viscéral de me mettre en mots tous les matins, et quelques après-midis et même quelques soirs aussi… mettre mes pensées et émotions en mots, mettre mes mots en écran, partager leur sens avec vous… qui de votre part, devez aimer lire aussi car vous êtes encore ici avec moi… nice to meet you…
à chaque matin que le/la créateur/trice apporte, l’envie d’écrire, de dire, de jouer avec les mots, de me faire posséder et de vous rejoindre est présent, vivant, fidèle, au poste… encore et toujours le besoin de laisser les mots se présenter à moi, les laisser me passer à travers, puis venir jusqu’à vous… est-ce de la discipline ou du pur plaisir ? mais qu’est-ce que la discipline au juste ?
discipline, du latin disciplina, lui-même dérivé de discipulus qui veut dire disciple – origine de discere, qui signifie apprendre… alors être discipliné signifierait autant avoir l’attitude d’ouverture du disciple que la qualité de vouloir apprendre… ce qui fait sens car un disciple est un élève, une tasse vide prête à recevoir les enseignements du maître… un livre ouvert…
je peux me reconnaître dans ces deux termes… disciple et apprendre… disciple d’Osho depuis 30 ans maintenant, je n’ai aucun problème à m’ouvrir à quelqu’un – mais vous savez, même si ça a l’air de ça, un maître spirituel n’est pas vraiment quelqu’un, c’est plutôt quelque chose, une présence, une fragrance, une inspiration à devenir, une invitation…
donc je n’ai aucun problème à accepter qu’un(e) autre ou que quelque chose puisse m’appendre sur moi, puisse m’enseigner… moi même étant prof depuis 15 ans, je ne sais que trop bien que l’on se sait pas grand chose au fond et que l’on enseigne ce que l’on a le plus besoin d’apprendre… continuellement, éternellement…
et un(e) disciple est toujours prêt à vider sa tasse et à se laisser pénétrer par la sagesse du maître, sa saveur, sa qualité unique… que ce maître soit quelqu’un, de vivant ou de mort, ou quelque chose, comme écrire par exemple… toujours prêt à disparaître dans la vie le/la disciple, se fondre dans le décor…
discipline signifie aussi apprendre, alors je dis oui oui oui… toujours… davantage, plus, encore… apprendre sur soi, apprendre à dire, apprendre à vivre, apprendre à se montrer, nu, transparent, vrai, de plus en plus… apprendre à apprendre, apprendre à garder la tasse toujours vide pour qu’elle reçoive, qu’elle intègre, qu’elle take in… en préservant un coeur d’étudiant(e), toujours ouvert, toujours curieux…
la discipline ne s’achète pas, la discipline se révèle, la discipline émerge d’un coeur pur, d’une âme humble et en paix, d’une âme au neutre, calme, disponible, prête à être possédée par dieu, par la vie… la discipline est une grâce, une faveur des dieux, une bénédiction – bene diction, bons mots… écrire les bons mots… bénédiction…
mais la discipline requiert aussi détermination, assiduité, persévérance, engagement… comme les athlètes olympiques qui font de nombreux sacrifices en vue des objectifs visés, mais aussi comme un chroniqueur qui ne peut faire autrement qu’écrire parce que la vie lui dicte, la vie le pique et le tique… plus fort que lui… qu’une marionnette des mots, esclave de la parole dite…
alors est-ce que la discipline requiert effort ou non ? je ne saurais dire… car écrire est encore plaisir… mais ce que je peux dire par contre, c’est que la discipline telle que je la connais se fait source et douce, agréable et inévitable, facile et docile, fière et légère, folle et frivole… la discipline est simple, elle coule et déboule, en soi et hors de soi… c’est elle la boss des mots du chroniqueur…
et vous, êtes-vous discipliné(e) ?
aimez-vous assez quelque chose que vous ne pouvez vous passer de le faire ? de pratiquer et d’apprendre à son sujet ? jusqu’à en développer sa maîtrise… avez-vous cette chance ? je vous la souhaite, sincèrement…
mais pour ça, j’imagine qu’il faut cogner à plusieurs portes, s’essayer, se casser la gueule parfois, avoir l’air fou… mais toujours vider sa tasse et rester ouvert(e) et disponible… car on ne sait jamais quand ça nous frappera en pleine face la grâce…
amène la discipline… amen…
photo : exeptionnal living