envoyer des mots dans le cyberespace comme on lance une bouteille à la mer… qui les trouvera ? qui leur donnera vie?
si personne ne les capte, où iront-ils ces mots ? mes mots… dits pour rien ? écrits dans le vide ? pourris, plein de rides? si tout est en tout, le rien doit aussi être en tout, alors ils sont là tous les deux, donc ici… devant vous… car où ailleurs qu’ici pour un autre possible ?
est-il si important que ces mots trouvent preneurs ? plutôt qu’ils trouvent liseurs/seus… car ils ont déjà diseur ? priorité à l’expression ou à la réception ? si on sait avec certitude que nos mots n’iront nulle part, écrirait-on ? ou crierait-on plutôt… tôt ou tard… on veut se faire entendre… exister par la parole… parole qui frôle l’âme… drôle de drame tout de même que la vie…
écrire sans se soucier de la réception, des qu’en dira-t-on… écrire dans le vide, sans petit plan, juste le grand, s’inscrire dans le mystère de la toile, dans le silence de l’espace… déranger… ou pas ? l’ordre établi, dans le désordre du grand établi où se construit le monde…
ces mots se font dociles, vous font cligner des cils, facile, facile, à dire les mots… plus difficile à lire, à comprendre, à interpréter, sensiblement comme ils furent dits, sans jamais atteindre l’absolu en ce sens car même l’émetteur ne sait pas vraiment ce qu’il dit de ces mots, avec ces mots… les chances d’attraper ces bribes à travers cette infinitude de mots et images circulant dans la toile… pratiquement nuls et pourtant, vous y êtes, devant, dedans…
l’émetteur qui fait son possible avec l’agencement des mots, le récepteur les fait siens, nouveau proprio de ces mots, yoyo, monte descend, bolo, à vous à moi…
slow les mots… plus faciles à comprendre… j’écris lentement pour que ça soit plus facile à lire… en tous cas c’est plus facile à dire…
donc bouteille à la mer, qui qui like ? qui qui lit ? qui qui dit… quelque chose en retour ?
à vous la parole… aho !
moi je retourne au grand R…

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