embrasser l’ombre de sa lumière…

quarante-quatrième chronique qui tique et pique… 8/11-2

je ne sais pas si vous êtes comme moi mais quand j’entends ou je lis trop de positif, trop d’affirmations sucrées, trop de citations wise, quand je suis témoin de trop de wishfull wishing autour de moi, l’autre facette s’éveille automatiquement en moi… je commence à ticquer, à bucker, à me dresser… trop de blanc appelle du noir en moi… j’observe ça… action réaction ?

car à ne vouloir que du beau, du bon et du propre, me semble qu’on passe à côté du laid, du mauvais et du sale… et que la moitié de la vie doit bien se trouver là-dedans aussi… car la vie doit toujours bien avoir au moins deux faces… au moins deux… et que là se cachent certaines des plus grandes leçons de la vie… the devil is in the details… et les détails sont dans la schnout…

car à ne vouloir que du menoum menoum, le yark va sûrement finir par nous attaquer sans merci et dans le dos sans qu’on se rende compte ni qu’on s’en attende…  l’ombre laide du beau viendra nous hanter tôt ou tard… à trop regarder la lumière on va finir par devenir aveugle… apprendre à donner un break à ses yeux…

ainsi pourquoi donc ne pas accepter la vie dans toute sa globalité… et là je me parle surtout à moi-même quand je vous écris ça… comme vous probablement, je nous souhaite que le mieux, que le bon, que le côté givré de la céréale, comme si un seul côté pouvait exister… pourtant, les jours de pluie peuvent être si reposants…

on vit une passe difficile ? let’s drink to that ! une relation se termine et nous brise le coeur ? ayons donc tout simplement de la peine, pleurons, braillons, tordons-nous les boyaux et pesons la tonne de tristesse que nous ressentons pendant le temps que ça dure car ça ne peut qu’être la seule réponse possible si on a vraiment aimé, si on s’est attaché, la suite logique mais surtout illogique et dramatique à vivre… et un moment donné, l’amour reviendra, le coeur réouvrira… peut-être, possiblement, probablement, assurément…

plus capable d’entendre qu’il ne faut pas s’attacher ! fuck ! il faut s’attacher si on veut apprendre le détachement sinon comment apprendre autrement que par son contraire ? évidemment que les gens qui ne s’attachent pas n’auront jamais le coeur brisé… mais dans quelle pauvreté vivront-ils !

grosse journée lourde aujourd’hui ? rentrons là-dedans comme un couteau bien chaud dans du beurre bien froid ! plongeons dans cette lourdeur, tranchons avec la lame fine de la conscience, de la totalité, avec toute notre humanité car ça va finir par passer dans le temps que ça prend de toute façon, que l’on se batte contre ou pas…

je sais, je sais, c’est parfois plus long qu’on le voudrait… plus difficile qu’on pense pouvoir… mais est-ce qu’on peut apprendre à faire confiance à la vie ou pas ? si c’est ce que la vie nous envoie, ça doit bien être ce qu’il nous faut non ? ça a l’air que la vie nous donne toujours ce que l’on a besoin et non ce que l’on désire… je sais, je sais, pas toujours évident mais un moment donné il faut bien avoir la foi, même et surtout quand la tête est plus forte que le coeur, quand le mur est dressé grand devant soi…

apprendre à faire confiance à son coeur, à la vie, à l’existence tout en faisant face aux obstacles, aux difficultés de la vie, ça s’apprend en doutant, en se perdant, en mindfuckant, en oubliant, en sacrant… apprendre à ouvrir son coeur passe inévitablement par la fermeture de ce même coeur une fois de temps en temps… un lent et sage processus d’expansion, un incessant aller-retour au paradis et en enfer, jusqu’à ce que l’on voit que ni l’un ni l’autre n’existe… mais pour ça, il faut les visiter les deux…

en tous cas, moi, plus envie de faire semblant… envie d’être vrai, vivant, souffrant s’il le faut car la vieille peine ne peut guérir qu’en la reconnaissant, qu’en la respirant, qu’en lui faisant face et qu’en la laissant aller… sinon les petits fils s’accrocheront, se retricoteront et nous ramèneront et il faudra y retourner pour en découdre de nouveau…

envie de vivre ce que la vie me donne à vivre, envie d’accepter tout ce que la vie me propose et m’impose, même si ça m’indispose, quitte à peser sur pause pour que je me repose une fois de temps en temps, pour peser de nouveau sur play quand le temps est juste et bon… stop…

«la maturité émerge seulement lorsque vous êtes prêts à faire face à la douleur de votre être, lorsque vous êtes prêt à accepter ce défi… et il n’existe de plus grand défi que l’amour»..
– Osho, Dang Dang Doko Dang, Talk #8

petit quizz : dans quel pays a été prise cette photo ?

10 réflexions au sujet de « embrasser l’ombre de sa lumière… »

  1. Alain LeBlond

    Le Tao…..l’obligation du noir pour mieux voir le blanc! La peine…en échange du bonheur!!
    Ou..le bonheur en échange de la peine? La roue tourne..la vie se vie??
    merci pour ta chronique Ati…c’est vrai que trop de Munumunummm….ça fait « off beat » des fois…
    Et, j’en reviens « toujours » au deux cotés de la médaille!!! Belle médaile…maudite médaille
    Mais y’a pas que l’odeur de la rose…des fois y’a aussi l,odeur de la m….(pour mieux apprécié la rose? 😉
    Bonne soirée!

    Répondre
  2. li

    très juste! merci pour le rappel, juste à point!
    facile à lire… facile à dire… pas si facile à faire… à vivre!
    photo: Bosnie???

    Répondre
  3. sylvainbreton

    Il y a 2 années, à une rencontre d’affaires, une femme décrit son entreprise de bonbons et décorations pour anniversaires et fêtes. On lui demande pourquoi elle a entrepris ce travail et elle répond « quand j’ai perdu mon jeune enfant du cancer, j’ai voulu créer des moments magiques avec les enfants … »
    Et la grande gueule à Breton de s’exclamer « quelle expérience merveilleuse que tu nous parles avec ton enfant » car je voyais et surtout je sentais toute la lumière cachée dans l’ombre de cette grande perte.
    Après le oooh! de la majorité, elle a dit « oui, je recommencerais demain si je le pouvais, cette expérience est la plus belle chose de ma vie ».

    La Vie, c’est la Vie; pourquoi en exclure des parties. Quelle machination machiavélique que l’on porte de ne vouloir que ce qui berce et réconforte. L’enfantement, de l’être qui pousse à l’être qui se fait expulser, est une guerre majestueuse et non une tendre manifestation idyllique. Nous devenons, par la force de la vie qui nous claque et nous rassure à la fois. La Vie nous gicle au visage cette évidence que nous refusons de voir.

    Tout comme un Ati et d’autres, ça me choque, ça me renverse, je me renverse à me voir me plaindre encore et encore de cette dix millionième gifle qui me dit « je t’aime ».

    Répondre

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s