j’me sens vieux, j’me sens mieux…

quarante-troisième chronique qui tique et pique… 8/11

j’suis pas vieux, j’suis pas jeune non plus… j’ai 1 an, j’ai 100 ans, je suis sans temps, en moyenne j’ai 51 ans mais j’ai pas d’âge… un demi-siècle et des poussières… au milieu de la vie, au milieu du trajet, terminus on descend pour un bon de temps… avant de reprendre la route… 51 ans, toutes mes dents et au sommet de la colline, sur le point de descendre la côte… retour vers l’avenir, back home boy… enwèye à maison…

notre corps passe, mais notre âme le dépasse, en vigueur, en coeur et en hauteur… quelques signes indiquent le passage du temps dans notre corps mais rien comme le visage… la mort du corps mais jamais la mort dans l’âme, jamais la mort de l’âme… rendra-t-on un jour les armes ? en tous cas d’autre eau coulera sous les ponts et d’autres larmes couleront sur les joues d’ici là… face à face avec la vie…

la vie est un long fleuve tranquille, parfois plus ou moins tranquille, parfois pas tranquille du tout… quelques rapides en route, des points sèches, de la broue dans le toupet et de la houle dans la face… quelques rivages pour reprendre son souffle, quelques plages pour se la couler douce…

la vie est parfois un désert, chaud, sec et à en perdre la vue…  parfois une vaste banquise glacée, aveuglante et isolée, mais fondant à vue d’yeux… un jour la navigation suivra peut-être son cours sans entrave esprit du nord…

le visage de cette femme de 127 ans a vu vivre, a vu vie, a vu la vie en face, a reçu la vie en pleine face, est resté de marbre et a ri et pleuré en masse… et quand elle se voit dans la glace cette vieille dame plissée, c’est tout l’infini, l’éternité qui s’y reflète… on dit que dans nos yeux réside toute l’existence… dans les siens, les traces d’au moins deux siècles y sont logées… et la vie continue, et la grande roue se perpétue…

notre corps vieillit et l’accepter constitue un grand défi… accepter le corps qui passe, le temps qui glisse sur notre peau, accepter l’amour qui nous passe dans le corps et qui reste dans l’âme… l’amour qui vient, l’amour qui va, et qui ne revient pas toujours parce qu’il y est tout le temps… accepter les liens qui se font et se défont… pour la douleur et pour le prix… pour le meilleur et pour le pire…

mais qu’est-ce que le pire sinon les plus grandes et précieuses leçons de vie… que quelques plis de plus au visage… dur dur sur le coup mais tellement précieuses dans le coffre à bagages, dans le pli au visage… les coups durs sont les coups sûrs de notre résilience, notre système de défense devant l’adversité… l’adversité nous rend sage… sage, pas sage, j’y vas… rite de passage, miroir miroir, quel est le message ?

on accumule les kilomètres au compteur, les chocs et les victoires au coeur, grandes et petites, de même que les amours et les bleus au coeur… le coeur s’ouvre et se ferme, respire respire, inspire, expire… qui donne et reçoit, et la vie qui passe et continue son passage… laissant ses traces au coeur et au visage, du coeur en pleine face… regardez-vous dans le miroir et vous y trouverez les traces de votre vie, le passage de votre temps sur terre… tout est inscrit sur notre visage… le temps qui passe nous dévisage…

dans les plis du visage se cachent tous les détails de notre parcours, les moindres traces de notre trajectoire humaine… notre visage comme une carte de tarot vivante, pleine de vie et de messages… dans chaque ride se cache nos rides de manègemanège, parfois lent et calme, parfois militaire, parfois solitaire, parfois carrousel qui tourne lentement et qui monte et descend légèrement, parfois grande roue qui tourne régulièrement, mais dans l’autre sens et qui monte et redescend avec plus d’amplitude, mal de coeur temporaire, et finalement manège parfois comme grand cynique, roller coaster de ptits malheurs et de grands bonheurs…

dans nos faces de gars de filles file le temps, s’empilent nos tourments, s’expriment nos joies et s’inscrivent nos enfants… dans nos visages, notre enfance ne s’efface jamais complètement, notre enfance se cache et se loge dans nos yeux rieurs… dans nos visages s’accumulent les traces du temps, les amours et les enfants qui furent et durent… et passent et cassent la glace…

notre visage constitue le reflet de notre âme et les yeux ses fenêtres… allez on ouvre grand et on prend l’air…

6 réflexions au sujet de « j’me sens vieux, j’me sens mieux… »

  1. jackie

    Un jeune enfant m’a dit un jour: t’es comme un lutin et ton visage il est plein de ratatins!
    Je suis Tantine Lutine Ratatine et je m’en réjouis! Et mes cheveux ne grisonnent pas, ils argentent…

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  2. Michel Lafrance

    On dit que se sentir vieux ou non se passe entre les deux oreilles. Il y a des jeunes de 20 ans qui sont vieux et des vieux de 80 ans qui sont jeunes. Allons comprendre…

    Répondre

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