
• cronica Numéro seize
même si on dit LE Brésil, cette terre est si féminine à mes yeux, dans mon coeur et sous mes pieds…
j’ai toujours senti et ressenti cette terre Brasileira comme ma mère… pas pour rien que je viens de re-trouver une troisième mère – après ma Mimi, ma mère bio, morte il y a 13 ans déjà, et Amala, ma mère adoptivo décédée en juin dernier, je viens d’adopter Mama Sonia et de me faire adopter par elle en retour…
et c’est sans compter MamAmazonia qui est la mère de toutes les forêts de la terre entière… malheureusement abusée comme de nombreuses femmes sur cette terre…
mais ces temps-ci malgré ce qui circule sur et dans les médias, l’énergie féminine semble en train de retrouver sa juste place… bien sûr encore beaucoup de chemin à faire mais l’attention portée sur les divers abus subis par les femmes, le non respect de leur consentement dans les relations sexuelles et autres injustices crasses ne passent plus, ou du moins de moins en moins…
en ce sens, selon ce que je constate depuis que j’y suis, le Brésil peut nous en apprendre sur le respect porté au féminin… ici au Festival, on a notamment rencontré des femmes qui s’étaient battues pour devenir chamanes, métier traditionnellement réservé aux hommes dans certains peuples… j’ai même entendu parler d’une Église Santo Daime qui avait pour Madrinha une trans-genre !
d’ailleurs lors du dernier feitio, contrairement au premier qui fut davantage masculin, ce sont deux femmes qui dirigeaient le processus de brassage, Darshan et sa fille Mara (elle sur la photo avec son mari)…

oh probablement plusieurs comportements machos encore bien vivants que je ne peux détecter en ce pays encore si catholique, mais de façon générale, plusieurs femmes ici semblent capables d’être totalement sensuelles tout en étant fortes et assumées…
et femmes et mers qui semblent si liées… pas pour rien probablement que les mères sont ainsi nommées…
la mer, si présente au Brésil, représente la vie, représenta la maternité…
le Brésil, une terre et une mer qui portent tant de vie… un pays qui m’enfante…

et m’enchante… et que je chante allègrement… et naturellement en portugais…
d’ailleurs aujourd’hui, 2 février, c’est l’anniversaire de Yemanja, la déité des mers selon la tradition Umbanda…
bien sûr, une légende avec diverses variations…

mais pas qu’une légende, elle existe pour vrai regardez :

mais ça reste entre nous OK ?
Yemanja est une déesse issue de l’Afrique de l’Ouest – aurait-elle traversé l’Océan jusqu’ici ? – souvent illustrée comme une sirène….elle est associée à la lune, aux océans set aux mystères du féminin… traditionnellement toujours belle, elle règne les affaires domestiques et protège tout ce qui relève du féminin…
une sirène bienveillante, invoquée par les femmes dans les grossesses – c’est elle qui protège la vie au sein même de l’utérus des femmes – l’amour et la guérison…
sur le plan symbolique, il est dit que son ventre s’est ouvert et a déversé les 14 déesses Yoruba et que le déversement de ses eaux utérines a causé une grande inondation, ce qui a créé les océans et les mers.. et de son corps fut issus le premier homme et la première femme qui devinrent les parents de tous les êtres humains…
au Brésil, on célèbre Yemanja le 2 février et le 31 décembre alors qu’on lui offre fruits, fleurs et autres offrandes diverses… et elle est aussi célébrée en d’autres temps, notamment aux solstices et équinoxes…
et bien sûr, il n’y a pas que Yemanja, Rainha do mar comme symbole féminin fort ici au Brésil… mais comme aujourd’hui c’est son anniversaire, let’s drink and dance tonight…
et ça tombe bien, car c’est la fin du festival ici ce soir, avec un travail spécial Umbandaime avec Ge Merquez et Reino do Sol… parait que ça sera fort et spécial…
je vous en reparle peut-être demain, si je peux encore parler…

»’….Un pays qui m’enfante et qui m’enchante… » Ho que c’est beau ça. Ho que c’est grand !
Puissions-nous dire ça du Québec !!!