qui ? qui mon quiqui ?

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les dernières chroniques – 8/8/17

dis-moi qui tu es… l’un des koans (questionnements sans réponses précises issus du courant Zen) fondamentaux… tout comme l’est qui est à l’intérieur ?

il existe quelques autres koans qu’on pourrait qualifier de secondaires (quoi que rien de primaire ni de secondaire dans la vie, tout est élémentaire mes chers Watson ), d’autres angles de questionnement autour desquels on peut chercher à s’investiguer…

dis-moi ce qu’est vie,

dis-moi ce qu’est confiance,

dis-moi ce qu’est liberté,

dis-moi ce qu’est un autre,

dis-moi ce qu’est solitude,

dis-moi ce qu’est amour…

et il y en a d’autres…

pas des questions pour trouver des réponses… que des questionnements conçus pour épuiser le mental, pour tarir les réponses qui pourraient se prendre pour graine de vérité, que du papier sablé pour polir le bois dur que nous sommes et transformer cette chère personnalité tout de même utile en ce bas monde en brin de scie cosmique…

si dis-moi qui tu es s’avère fondamental, quand personne ne te regarde me semble ajouter quelque chose de précieux à l’angle de questionnement en question, quelque chose de plus… car on se définit tellement par le biais d’un regard extérieur constant, par les jugements potentiels et éventuels des autres, on se voit si souvent via les yeux des autres…

et pourtant… comme l’a dit si simplement et de façon si pertinente Ramana Maharishi lorsque questionné sur comment face aux autres : il n’existe pas d’autres…

que du soi dans cette vie… que du trop plein de notre propre histoire qui nous bouche la vue du plus grand, que des bribes de passé qui nous empêchent de voir le grand maintenant, le tout ici…

mais même si on sait cela avec notre tête, nous ne sommes pas toujours dans l’actualisation consciente de cette réalisation… oh, nous avons peut-être ou bien sûr quelques moments d’une certaine clarté, ou d’une clarté certaine, alors que nos yeux et notre coeur perçoivent ce qui est, tel quel, sans filtre, sans distortion… mais la plupart du temps notre vue est obstruée… du moins je parle pour moi… c’est le moi qui parle…

que ce soit par les petits pépins courants du quotidien, ou par les grandes peurs ou inquiétudes fondamentales de l’existence, nous nous détournons à l’occasion, souvent ou régulièrement de notre nature divine…

et peut-être que le but du jeu est justement là : se perdre ou s’égarer temporairement pour apprendre à revenir à l’essentiel… car rien comme manquer quelque chose pour l’apprécier à sa juste valeur…

alors qui suis-je lorsque personne ne me regarde ?

éventuellement, toujours le même… ou toujours personne… mon nom est personne disait jadis le cinéaste italien…

que le regard d’un ou d’une autre soit tourné vers moi ou pas, je n’aspire qu’à demeurer simplement moi-même, intègre à ce que je sens juste – davantage dans le sens de justesse que de justice – fidèle à ce que je ressens, curieux face à ce que je perçois ou interprète, prêt à toujours aborder un point de vue extérieur au mien, différent, nouveau, face à ce que je connais, ou crois connaître car que connait-on jamais vraiment anyway right ?…

alors, qui suis-je lorsque personne ne me regarde ?

osons regarder pour voir… tournons notre regard vers soi…

et alors être ou ne pas être… être ou ne plus être… être moins ou être totalement… être soi ou n’être personne… sont quelques questions sans réponses à vivre et à devenir…

mais même pas certain que ce questionnement – qui suis-je lorsque personne ne me regarde ? – puisse seulement s’avérer possible dans l’absolu car notre propre regard se porte presque toujours sur soi-même… mais nous voyons-nous vraiment au fond ?

car nous ne voyons pas vraiment le monde tel qu’il est, nous nous regardons et nous observons constamment… nous voyons le monde à-travers nos yeux… alors voir ce qui obstrue la vue…

et fermer ses yeux pour simplement être, qu’être, que n’être… être simplement l’univers qui se regarde soi-même… et qui voit à-travers soi… et éventuellement devenir un témoin neutre et pur de l’univers qui se déploie en nous, et en dehors…

____
À travers nos yeux, l’Univers se perçoit.
À travers nos oreilles, l’Univers écoute ses propres harmonies.
Nous sommes les témoins à travers lesquels l’Univers devient conscient de sa gloire et de sa splendeur…  – Alan Watts

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