vivre à mort

20729661_1558298604232948_6537421368838000400_n.jpg

les dernières chroniques – 14/8/17

traduction : ce n’est pas la mort qui m’importe, elle n’est qu’un fait de la vie… ce qui importe est ce que je fais de ma vie car ma mort n’est pas encore arrivée, et cette vie n’est pas banale, superficielle, futile ni petite… Mario Sergio Cortella (via Sonia Dini)

ah la mort !

cette chère mort… cette mort qui semble-t-il frappera chacun chacune un jour, cette mort qui semble-t-il happera tout le monde éventuellement… je dis semble car comme je n’ai encore jamais mourru – du moins je ne m’en souviens si cela s’est produit dans un ou des vies passées – aucune certitude this way

mais la mort, quand même…

cet événement marquant de la vie qui nous force à vivre totalement se révèle être un vrai mystère, LE grand mystère de la vie… en fait la mort est pleine de vie…

à mesure que les années passent, la mort se fait de plus en plus présente dans notre vie… au début, ce sont nos grands-parents qui meurent, ensuite nos parents et l’ensuite d’après, ce sont nos ami(e)s…

et alors la mort commence à nous chuchoter à l’oreille, à nous chatouiller les orteils, à nous chauffer les fesses… elle s’infiltre en notre vie, se manifeste toujours un peu plus et nous rappelle de vivre… elle nous rappelle que le temps, contrairement à certains forfaits internet, n’est pas illimité… qu’il y a une date de péremption…

et c’est ce qui formidable avec la mort… on ne l’a pas encore rencontrée personnellement que déjà elle se laisse deviner, pour nous aider à vivre, pour donner du sens à la vie qui passe…

l’autre jour, j’ai passé quelques heures avec un ami qui est en train de voir sa belle lentement quitter le navire… il est en train d’apprendre à la laisser partir… ouf quelle leçon, quel défi… suite à notre rencontre, j’étais ébranlé, shaké jusque dans mes fondations… et si humble devant ce qu’il vit…

surpris par la force de l’émotion, j’étais tout à fait impuissant devant ce qu’il vit car aucune idée de ce qu’il vit justement… aucun conseil de ti-jos connaissant à donner à mon ami devant cette épreuve cinglante, sciante de jambes et bouleversante de coeur…

car nous sommes complètement désarmés devant la mort… que ce soit la nôtre ou celles de nos proches…

même si on pense savoir, on ne sait rien… la mort des autres est une chose, la mort de nos proches une autre… et la nôtre ? aucune idée mes ami(e)s, aucune idée, ni vous ni moi… nous sommes ignorant(e) devant la mort…

même si vous me dites que la mort ne vous fait pas peur… désolé, je ne vous crois pas car je crois sincèrement qu’on ne peut parler de ce que l’on n’a pas encore vécu… simple as that

la mort est une grande inconnue… une flamme fatale… une arme de destruction massive devant l’illusion et la procrastination de ce qui est essentiel pour soi en cette existence humaine et matérielle…

la mort est un immense rappel de la vie, un immense appel à la vie… une ligne d’arrivée pour nous dire d’apprécier le parcours…

un cri d’alarme à vivre totalement, sans compromis, ou le moins possible car le fait de s’incarner – quoi que certains jovialistes aux lenettes roses et adeptes de la pensée magique peuvent affirmer du haut de leur tour de prétention – comporte tout de même certaines contraintes matérielles avec lesquelles on doit apprendre à jongler ici-bas au quotidien… tous et toutes dans le même bain de vie vous et moi, me and you… tous égos devant le mort, tous debout face à la mort qui nous fera nous coucher en elle éventuellement…

alors on a – au moins – deux choix devant la mort :

soit on choke, et on fait dans son froque existentiel et on joue safe en attendant le grand momenten se bouchant le coeur et le nez

ou soit on s’en sert… pour se propulser dans la vie, pour confronter nos peurs qui ne sont probablement que de petites pratiques devant l’ultime passage, du corps anyway… et on dit sa vérité, on la vit, on la chante ou la crie s’il le fauton squeeze tout le jus out of this life of ours

et on a beau penser savoir que nous ne sommes pas le corps, nous sommes aussi encore beaucoup le corps et notre attachement est grand, le mien du moins… nos attachements… et je vous mets au défi de faire semblant que non…

facile de parler de la mort quand elle ne nous concerne pas directement, du moins de pas si près que ça… facile de chroniquer bla bla à l’aide de mots au sujet de ce passage à venir…

mais avec le temps, la mort, qu’elle se passe subitement ou de façon annoncée, se révèle tout simplement être le grand secret de la vie…

alors merci madame pour la leçon même si je ne vous connais pas encore intimement… merci pour toute cette vie…

____
« On sait tous qu’on va mourir tôt ou tard, mais on ne sait pas quand la mort viendra. D’ordinaire on se raconte des histoires en se faisant accroire qu’on aura assez de temps pour finir tout ce qu’on veut accomplir, c’est pourquoi on a tendance à tout remettre au lendemain. Mais on pourrait mourir demain. Avant de disparaître, il n’y a rien de plus sensé que de surmonter la peur, d’ouvrir son cœur, de connaître la joie de partager sa vie avec d’autres êtres. C’est la raison pour laquelle on devrait commencer tout de suite.» – Pema Chödrön SUR LE CHEMIN DE LA TRANSFORMATION: LE TONGLEN, p.73-74 (via Richard Chartier)

2 réflexions au sujet de « vivre à mort »

  1. Samano

    MON frère plonge dans l’aventure pendant que tu es encore vivant ! Salut à toi qui sait si bien plonger…juicy brother !

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s