l’hiver en mars

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les dernières chroniques – 10/3/18

depuis quelques jours, d’immenses flocons tombent du ciel sur les pays d’en haut…

ça a beau faire 4 mois que c’est blanc autour d’ici, encore et toujours aussi beau… même de plus en plus beau car apothéose… fin de party…

la seule raison pourquoi cette neige-ci pourrait être moins belle que la première neige se trouverait dans notre souvenir de ces 4 mois de neige… car sinon, dans le moment, pure beauté… les souvenirs tuent la beauté car ils tentent de la mettre en cadre… et la vie se trouve en dehors du cadre…

et comme disait Mr Watts dans ma chronique d’hier, si on peut décrocher du passé et de la promesse du futur, et apprécier et plonger dans la ptite craque de chaque moment actuel, la beauté est toujours présente… toujours live la beauté…

car oui, toujours belle et bien actuelle la beauté… jamais dans le passé, ni plus tard… que maintenant, furtive, vagabonde, impermanente de par sa durée d’existence, et en même temps totalement permanente par la trace qu’elle laisse en soi…

car quiconque est confronté(e) à une source de beauté ne peut jamais l’oubliée…

je ne sais si Dieu existe, ni de quoi elle ou il a l’air, mais peut-être que la beauté est le masque derrière lequel elle/il se cache  ?

au fond, peut-être que Dieu n’est que beauté…

quand la beauté entre en notre corps, que ce soit par les yeux, le nez ou les oreilles, la peau ou la bouche, elle ne peut plus jamais quitter notre âme… les sens sont en quelque sorte la porte d’entrée de la beauté en nous…

hier, par exemple, lors de ma marche, voyant les flocons danser lentement au-dessus de moi, descendant directement des cieux, avec le silence tout autour, ébloui le ptit ati… coï de beauté… absolument impossible de scrapper cela avec l’idée que ça fait des mois qu’on subit l’hiver…

car ici, en forêt, on ne subit jamais l’hiver, on en jouit, on s’en régale, on s’en délecte…

comme on jouit des divers printemps qui se manifestent… de février à mai… on dit que pour les amérindiens, il y a de nombreux printemps… quand on vit en nature, on se rend compte que ce n’est pas seulement une légende…

tout d’abord, il y a le changement de lumière des jours de février, avec l’angle du soleil qui commence à changer suffisamment pour qu’on puisse l’observer… c’est souvent la peau qui se rend compte de ce signe de changement de la nature… et les yeux un peu… et avec ses 28 ptits jours courts courts, février se transforme en ptite vite… passé…

puis viennent ensuite mars et ses quelques tempêtes, habituellement avec au moins une au début et l’autre vers la fin… celle-là souvent le plus dure… la dernière…

mars avec les érables à sucre qui se mettent à couler, réveilleurs d’autres sens… et les bouleaux, et plusieurs autres arbres qui coulent à ce temps, sauf qu’on en sait peu car on ne les boit pas… mais comme mars a 31 jours, on a le temps de le voir passer en masse…

un point tournant de cette saison belle en mars est le changement d’heure… car à partir de demain, il fera clair jusqu’à passé 19 h… party time…

suit ensuite avril avec son premier et son poisson pour rire de tout, et la fonte des neiges qui laisse se découvrir la nature, et les rebus de l’automne… car le printemps ramène à la conscience naturelle quelques reliques automnales… particulièrement pas joli joli en ville mais pas grave, les villes ont les terrasses et les belles filles qui retirent leurs manteaux qui les ont cachés pendant des siècles…

à mons avis, c’est avril qui nous met le plus à l’épreuve nous, nordiques de naissance que nous sommes… avril est l’autre versant de novembre, le premier ni été, le second ni hiver, deux mois d’entre deux… deux mois jonction, deux mois nowhere, et souvent now et here… entre novembre et avril, le long pays de l’hiver…

mais au long du fil d’avril duquel on ne se découvre pas trop trop vite, la chaleur arrive lentement et de plus en plus sûrement, le vert, comme le génie, se met à sortir de sa bouteille…

et vient ensuite mai et son feu d’artifice d’odeurs et de bourgeons éclatants, et sa multitude de tons de verts… des millions de verts en mai…

et ensuite, la vie extérieure qui reprend…

les saisons modèlent et déterminent qui nous sommes…

nous, peuples du nord, sommes grandement différents des peuples du sud qui vivent toujours dehors… l’hiver fait de nous – en général bien sûr mais rien de personnel ici – des gens plus intérieurs, plus réservés, plus renfermés d’une certaine manière…

le froid nous précipite vers nous-même… il nous force à explorer des zones en nous qui resteraient probablement inconnues si ce n’était du froid… et à chaque printemps, la résurrection…

si JC a fait en 3 jours lui, mourir et renaître, nous, on fait ça sur 6 mois… à chaque année… entre novembre et avril, plusieurs vies intérieures se vivent… alors que d’autres choisissent de quitter le navire…

mais ce temps de l’année porte l’espoir… l’espoir du vert, l’espoir de vie, l’espoir tout court… l’espoir en mars…

3 réflexions au sujet de « l’hiver en mars »

  1. Samano

    Ho que oui…c’est avril qui nous mets le plus à l’épreuve ! Avril l’envers de novembre !
    Il faut avoir la solidité du Taureau pour traverser ces mois. La persévérance, la conviction et la foi charnelle du Taureau !

    Répondre

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