multitude de nuances de rouge

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les dernières chroniques – 15/4/18

ça y est ! je l’ai fait… j’ai clenché la Série Wild Wild Country de Netflix en 2 jours… oui, exactement, celle rapportant le scandale de Rajneeshpuram en Oregon dans les années 1980…

je n’étais pas super hot à l’idée de regarder cette série à priori… ambivalent le disciple…

mais comme j’ai accepté d’aller au micro de la Radio du Canada lundi matin (Médium Large, 9 h 35), je l’ai fait par intégrité… et au fil du visionnement, le disciple s’est pogné le mala dans la série… et les émotions qui viennent avec…

brassé… touché… ému… surpris… choqué… admiratif… dubitatif… flabbergasté…

comme je disais, à priori, je ne voulais pas trop trop regarder cette docuréalité constituée de bouts de vieux footages divers retrouvés par deux jeunes documentaristes américains… pensant cette époque classée, finie, complète…

et pourtant, que de souvenirs réveillés, grande remontée à la surface…

sincèrement, une partie de moi se considérait au-dessus de ces tractations bassement mondaines, humaines comme dans humainerie, politiquement sales… je me disais que ça ne concernait seulement que moi et Osho, ma relation maître-disciple…

j’imagine que c’est la même chose pour tous les disciples des maîtres spirituels… chacun(e) doit, à quelque part, vouloir être le/la seul(e) disciple de son maître, le/la chouchou du maître… parlez-en à Sheela, ancienne secrétaire d’Osho et l’une des révélations de la série à mon avis…

chacun a sa propre idée de ce qu’est sa relation avec le maître, SON maître… MON maître…

pourtant les maîtres disent qu’il n’y a pas vraiment de relation, qu’il n’y a que le/la disciple avec lui ou elle-même car personne en réalité du côté du maître… plus de personnalité, plus d’égo… mais encore là, selon ce que j’en comprends dans ma ptite tête et coeur de disciple…

en même temps que la relation entre le maître et chaque disciple est unique, et très réelle pour le disciple du moins, la relation et les interactions entre les disciples est une grosse part de tout trip de communauté spirituelle… du moins ce le fut pour nous sannyasins de Montréal à l’époque… maudit qu’on a du fun… comme ce le fut au Ranch aussi… grosse grosse vague d’énergie… frères et soeurs nous étions et sommes toujours d’une certaine façon…

mais en regardant la série, j’ai réalisé que plutôt que de vouloir rester en dehors de ce bout d’histoire, car peu reluisant vu de l’extérieur, je suis moi aussi tout à fait impliqué dans cette histoire moi aussi, comme tous les autres sannyasins… les deux pieds dedans… tous des figurants dans ce grand docudrama… et vous aussi qui n’aviez pas nécessairement les deux pieds dedans à l’époque…

que l’on soit spectateur/trice ou acteur/trice, même pièce de théâtre, différentes positions…

je parlais de Sheela plus haut… l’ancienne secrétaire d’Osho… j’avais tendance à la considérer un peu folle, pensant tout bonnement qu’elle avait viré sul top un moment donné… mais plus complexe que ça l’histoire…

Sheela est à mon avis la révélation de cette série… autant je ne suis pas d’accord avec l’ensemble de son oeuvre, et son attitude défiante et baveuse par moments, rarement je n’ai vu quelqu’un d’aussi intègre en cette existence…

elle a fait des choses questionnantes mais encore aujourd’hui, son amour et son respect pour Osho est intact… malgré tout… malgré qu’elle fut excommuniée publiquement par le Master… et qu’elle ait eu le coeur brisé, pulvérisé… toute mon admiration devant son intégrité…

d’ailleurs toute cette histoire est si complexe… plusieurs d’entre nous, disciples d’Osho,  avions eu tendance à bloquer ce pan de notre mémoire collective et personnelle… notre histoire d’amour et de disciplehood avec notre beloved…

mais en me mettant le nez dans le passé – et le coeur et l’âme, jusqu’aux pieds – pendant les deux derniers jours, ça m’a permis de faire la paix avec ce bout de l’histoire… moi aussi impliqué dans ce ptit bout-là d’histoire… car j’y suis allé à quelques occasions… j’ai témoigné des mitraillettes et du style spirituo-paramilitaire général du ranch…

mais la plupart d’entre nous n’avions jamais été au courant en tant que tel des complots d’empoisonnement et autres tentatives de meurtres… s’il y en eu pour vrai… car tout est sujet à interprétation, les preuves étaient floues et personne n’était dans les secrets des Dieux… ni au coeur des événements sur les lieux…

à Montréal, nous avons parti un point de service du ranch à l’époque et nous avions reçu la confirmation de notre affiliation avec la commune mère le jour même où Osho a quitté le ranch… mauvais timing comme on dit… mais quand même dans l’histoire…

pour en revenir à la série, ce que l’on constate c’est qu’aussi folles que furent ces quelques belles années, le conflit qui est survenu est un conflit typique… choc de valeurs entre les locaux et les nouveau venus, un peu comme ce qui se passe en plusieurs endroits sur la planète en ce moment…

défis typiques de la vie sociale : appropriation et protection du territoire, accueil des nouveaux arrivants par les locaux traditionnels, acceptation ou rejet des valeurs différentes des nôtres…

ce que je retiens aussi c’est que tout est allé vite, très vite… que les gens autour d’Osho n’étaient que des kids… en rencontrant Osho et en déménageant au ranch, personne n’avait pensé devoir apprendre à tirer à la mitraillette, ni à tenter d’empoisonner une ville, ni à tenter de tuer personne…

facile de juger tout ça d’ici, 30-35 ans plus tard… de loin et sans lien… mais différent quand dedans…

il y a eu un méga clash de valeurs entre les Orégoniens locaux et les étranges… et disons que les valeurs véhiculées par Osho n’étaient pas trop similaires à celles des citoyens locaux.. alors le feu a pogné…

touchant d’entendre Shanti Bhadran, une femme posée et lucide, expliquer comment elle a pu en arriver à tenter de tuer quelqu’un…

touchant aussi d’entendre Niren, l’avocat d’Osho à l’époque, raconter qu’Osho, avant de mourir, lui a demandé de clairer son nom, ce qu’il est en train de faire avec la publication prochaine d’un bouquin en ce sens…

évidemment qu’en regardant les événements à postériori, ça fait dur notre affaire… mais ce qui fut fut… on ne défait pas le passé… on ne peut qu’accepter, et apprendre…

alors demain, si Dieu Météo le veut, j’irai en ville en parler à la Radio du Canada… pas trop clair ce que je dirai… pas grave… pas la première fois que je sauterai dans le vide…

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d’ailleurs, un peu le message fondamental d’Osho… si certains conseillent de bien y penser avant de sauter, notre beloved quant à lui, disait de sauter sans penser et que par la suite, on aurait tout le temps voulu pour y penser…

allez… sploush…

et ci-bas, une entrevue avec les deux frères documentaristes…

http://www.vulture.com/2018/03/chapman-and-maclain-way-discuss-wild-wild-country.html

9 réflexions au sujet de « multitude de nuances de rouge »

  1. Jean

    Merci, merci Ati. Je salue ton intégrité à toi, simplement de te prêter au jeu de regarder cette série, et puis d’écrire ces mots. Facile de « juger tout ça d’ici, 30-35 ans plus tard… de loin et sans lien… », dis-tu, mais d’ici ou de là-bas, c’est donc toujours le piège du jugement et des projections qui s’en mêlent inévitablement : les ceusses qui crient au guru manipulateur ne savent pas ce que leur bramements mettent en lumière de leur propre ombre. Que c’est drôle par exemple vu de France où règne une psychose anti-secte qui tient de l’intégrisme prétendument laïque, mais qui se révèle à l’examen bien aussi intégriste donc que les dérives qu’elle prétend dénoncer ! En tous cas, pour moi une des grandes leçons que nous a délivré Osho et son entourage, que ce soit en Oregon ou avec ses Rolls, c’est qu’on n’a pas à projeter notre idée de la perfection sur un maître spirituel. La job de ce dernier, dans laquelle Osho a excellé, est de nous enseigner la liberté radicale, pas de nous conforter dans un idéal désincarné au-dessus des réalité de la vie. Et il n’y a que les imbéciles incapables de regarder leur propre ombre en face pour juger !…

    Bon courage pour faire face aux chiens médiatiques. Ouaf, ouaf ! Les chiens aboient et la caravane de l’Amour passe…

    Ananda Jaya

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  2. Yusuf

    Merci Ati : Quelle entrevue fascinante à Vulture.com (le lien ci-haut) !

    Les deux réalisateurs sont fantastiques, et balancés dans leurs réflexions « Je me réveille encore la nuit pour savoir qui avait raison, et je n’ai pas la réponse ». C’est rare !

    Ils ont appris qu’Osho avait des micros dans sa chambre, installés par le gouvernement américain (ils n’ont pas eu accès aux audios).

    Dire que, malgré avoir donné toutes leurs économies, presque tout le monde mentionne que c’est l’une des plus belles périodes de leur vie, etc.

    Et retrouver enfin Sheela…

    J’ai pas vu la série, mais l’Univers semble avoir mis ça dans les bonnes mains.

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  3. Angelilie

    J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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  4. Prashanti

    Intense cette série que je n’ai pas encore fini de regarder. Pleine d power trip politisés .
    Des peurs qui influencent les décisions. Des réactions aux différences des étranges qui arrivent dans nos vie comme ave les migrants actuellement.
    Je pouvais sentir la différence d’énergie entre l’avocat et ma Shanti qui témoignaient et les habitants d’Antilop apeurés par cette grande vague rouge .
    Merci pour ta réflexion et que cette entrevue soit enrichissante demain à r.c.
    On syntonisera.

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  5. Paripurna

    Après avoir écouté toute la série d’un coup, je suis émerveillée, bouleversée et plus encore, de voir tout le courage que ces sanyas on eu avec l’aide de Sheala et les autres, pour construire cette commune à partir de rien, dans le désert. Je pouvais sentir tout l’amour, l’énergie, la liberté de ceux et celles qui y participaient. Pas évident pour les 40 habitants de ce petit village de ne pas juger toute ces différences. Oui l’inconnu peu faire peur, mais ce que je retiens, c’est le positif que ces gens ont vécu avec Osho.
    Merci pour ton partage et bonne chance demain. Je serai à l’écoute.

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