écrire pour ne rien dire (de particulier)

♥♥♥ – 24/2/21
les chroniques d’un nôbodé…

traduction: qui veut chanter… trouve toujours une chanson… – proverbe suédois

parlez-en aux oiseaux qui ont déjà commencé à se lâcher lousses ces jours-ci en ce début de printemps naissant au pays de l’érable presque coulant et dégoûtant et si ragoûtant…

à l’image de l’image, un chroniqueur qui veut écrire… trouve toujours une image pour le starter

j’ai pris une pause récemment de ma maladie d’écriture chronique… souvent essentiel de s’ennuyer de quelque chose pour l’apprécier davantage… et pour se ré inspirer soi-même, mais surtout se laisser inspirer par la vie… souffle requis…

parlant chanson, pendant ma pause chronique, j’ai suivi un cours de composition… en anglais por favor… pour réaliser que je ne suis pas complètement fluent dans la langue du shake and bake… et apprécier que je préfère recevoir l’inspiration que de procéder par césarienne… car tout vient à point à qui sait être tendre…

alors tac à tac à tac s’est remis à taquetter de nouveau le tapageur chronique en ce lieu…

je ne vous cacherai pas que – je pense que – j’aimerais gagner ma vie grâce à l’écriture… et/ou la traduction… et/ou la rédaction quelconque… et/ou en trouvant des titres punchés… enfin, quelque chose du genre… pour ne pas dire something like that, ou whatever… pour ne pas énerver mon ami du plat haut qui haîîît ce cher franglais que j’aime tant… respire mon bro, respire, ça va passer, et me dépasser 😉

mais même si le désir d’écrire plus sérieux me titille le clavier et le cerebelum, je suis conscient qu’écrire pour du cash n’est pas nécessairement une espèce de gagne-pain en voie d’expansion… au contraire…

même chose pour la musique que je pratique en dilettante également…

décidément, il y en a qui ont le tour de choisir des carrières pas payantes… mais ainsi va la vie… comme disait ma mère – dieu veille sur son âme, et sur son fils – pas facile d’être artiste quand on est pas vedette… jamais vraiment su ce qu’elle voulait dire… mais sounds good non ?

et probablement qu’écrire sur commande est moins élevant qu’écrire pour le fun

parlant de mon ami du plat haut non-appréciateur de mon frenchglish, il m’envoyait justement hier cette éclairante citation de notre Leonard… des mots qui ré-enlignent le clavier… et le sac à mots… et qui recadre l’ambition littéraire…

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Leonard Cohen, sur la difficulté de l’écriture

Ce processus est le contraire de l’abondance, le contraire du luxe.
C’est plutôt un travail de chiffonnier.
Finalement, on arrive à trouver quelque chose qu’on peut habiter et qui peut modifier la vision qu’on a de soi-même, transformer son cœur et créer un homme autour de cette chanson, autour de ce poème.
C’est cela, écrire, c’est ce qui fait la beauté de l’écriture…

– Leonard Cohen dans Brierre, Jean-Dominique et Jacques Vassal, Leonard Cohen par lui-même, Paris, Le cherche-midi, 2014, p.162-163
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si je ne saisis pas totalement ce qu’est habiter ce quelque chose qu’on écrit, je retiens toutefois des mots de Lenny qu’écrire peut modifier la vision qu’on a de soi-même, transformer son cœur et créer un homme autour de cette chanson, autour de ce poème.

principalement pour cela que depuis 9-10 ans et 2 500 et quelques chroniques plus tard, je tape encore sur mes touches, mes touches à tout, distribuant mes petites mouches à feu… ne sachant jamais ce qui va sortir du grand sac à surprises caché en moi, ce sac à lettres de mon grand jeu de scrabble intérieur…

écrire pour se polir, se raffiner, se dé couvrir… car lorsqu’on écrit, on se montre, on se dit, on se dévoile et on lève les voiles sur une mer de découverte… striptease littéraire de son âme… et de ce qui la recouvre… et souvent on écrit pour se délester d’un surpoids… obésité existentielle et régime d’amaigrissement de l’âme…

ainsi, comme le dit mister Leo, écrire peut modifier la vision qu’on a de soi-même, transformer son coeur et créer un homme autour de sa chanson, ce poème

au fond, on écrit non pas tant pour être lu par autrui que par soi-même… lu et encore plus relu car lors de la relecture de ses propres mots, on se re découvre… de nouveau… comme si on mettait à l’extérieur de soi – propre du mot extase – et qu’on se regardait d’en dehors de soi… nice to meet me…

on écrit donc surtout pour soi, parce que quelque chose nous pousse au cou…

et bien sûr qu’on écrit aussi un peu pour être lu par autrui… désir de connexion… mais qu’on soit lu ou pas, ou peu, ou pas du tout, secondaire mon cher Datsun (inside joke pour les plus vieux parmi nous, miow miow 😉

même s’il aime les ptites vites matinales, chronique chez lui, votre humble chroniqueur aimerait bien se trouver un objet autour duquel écrire plus longuement… plus en profondeur… écrire et discourir à plus longue échéance… écrire à long terme… écrire au long saut… aller au fond de quelque chose… même si on écrit toujours du fond de soi-même…

car si comme l’affirment les bouddhistes, la colère se cherche toujours un objet, l’écriture aussi… mais peut-être que l’objet est justement le sujet ?

alors si jamais l’objet ne se laisse pas trouver, je ferai comme les oiseaux de l’image coiffant cette chronique… et je continuerai à pitpiter

et comme le chat au pied de l’arbre, j’attendrai bien patiemment 😉

2 réflexions au sujet de « écrire pour ne rien dire (de particulier) »

  1. Le retour du Flying Bum

    Certes, choisir d’être écrivain c’est aussi, souvent, choisir le baloney et le Tigre Géant. Mais il se dessine de nouvelles avenues, un truc qu’on appelle un peu idiotement “créateur de contenu”, de là à remplisseur de trous, il n’y a qu’un pas. Mais l’industrie du web se porte bien et cherche toujours des gens qui compensent pour ceux qui ne savent plus écrire. Il y a aussi l’auto-édition qui est maintenant une façon aisée de publier sans se ruiner ou sans se faire regarder de haut par des zéditeurs. Voilà. Mais tu as raison, finalement, y’a rien comme écrire pour le plaisir.

    Répondre

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