Archives pour la catégorie Les chroniques du Padrininho

la vie, la mort… et la vie qui continue

♥♥♥ – 12/11/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

traduction : seul l’amour existe… tout le reste n’est qu’un choix de croire momentanément à l’illusion

et voilà, parti l’ami Michel…

en fait parti le corps de l’ami, que son corps… car depuis son départ de corps, l’âme semble plus présente que jamais… plus que jamais, à tout jamais… car que l’amour qui reste… âme, âmi, âmour… nulle part ailleurs qu’ici… car partout n’est qu’ici… et ici partout…

hier, en regardant le corps de mon ami à son repos final, au garde à vide, je me disais que tout ça pour ça la vie… pour finalement en arriver là… ici… couché sur le dos, les mains croisées, en paix, full repos… ah this…

l’ultime test ?

faire la paix avec ce qui est, tout simplement… à chaque moment, en toute simplicité… que ce qui est…

et reconnaître que tout est amour, tout n’est qu’amour…

car que dire devant la mort ? la même chose que devant la vie probablement…

rien, ou si peu…

presque rien, sinon qu’il nous faille vivre… continuer à vivre…

vivre de tout notre souffle, et suivre notre élan, élan de vie… pendant que nous sommes ici, en corps…

en squeezant tout le jus que la force créatrice nous a prêté en ce corps… pour qu’à notre dernier soupir, ça en soit un de soulagement, de contentement… ah this…

et vivre en respirant, en se regardant, en osant et en prenant soin… de soi et des autres…

ce matin, bien humble devant la mort le chroniqueur, et tout autant devant la vie…

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en terminant, quelques mots de Samira Sofi, captés via le mur FB de Zahora

L’observation de soi est la tâche la plus importante pour celui[celle] qui cherche la libération.

Quand tu commences à t’interroger sur le comportement d’un tel, la situation d’un autre, quand tu es offusqué[e] par l’état du monde, par la violence faite aux êtres vivants, à la terre, tu t’éloignes de toi. Tu perds ton temps. Tu divagues.

Laisse le monde, être ce qu’il est, laisse le tranquille. Il est hors de ta portée. C’est le rêve de la vie.

Là où tu as prise, c’est en toi.

Ce monde qui t’échappe est en toi.

Pour comprendre le monde, tu dois te connaitre toi.

L’homme doué d’intelligence et d’amour, va vers lui.

Il va à la rencontre de lui et traverse tout ce qui n’est pas tranquille.

Observe, regarde bien, laisse remonter à la surface ce qui veut remonter, laisse l’eau brouillée se déposer.

Quand tu te quittes, tu sors de toi; tu rends vraie la séparation, tu fais exister le monde donc tu te fais exister en tant qu’individu séparé.

Même si le monde parait être fou, insensé, ne t’en occupe pas. Reste à ta place.

L’existence se déroule selon un plan qui te dépasse.

Le monde, la création vient d’une intelligence dont tu ne sais rien.

La plus belle place est celle du «je ne sais pas». C’est la mienne.

Reste tranquille en toi, le plus possible.

C’est la plus belle chose qui soit.

Sans doute la plus difficile.

Embrasse le difficile.

En lui, se trouve le facile.

Le mental sans cesse te projette en dehors de toi.

Tu dois apprendre à le maîtriser, à le dominer.

Comment ?

Par l’observation, la qualité de ton attention.

Ce qui te rend esclave finira par t’écouter.

Le mental ayant acquis une force phénoménale, ton attention doit elle aussi devenir un feu.

Si tu le souhaites.

Si c’est vraiment ce que tu souhaites.

Car dans le fond ceux qui n’arrivent pas à découvrir leur soi, leur identité réelle, c’est qu’en réalité, ils tiennent à leur monde, ils ne veulent pas le voir s’effondrer.

À une certaine étape, j’ai connu ça. Je voulais trop exister … encore.

Je voulais encore être là !

Le faux moi cherchait à se maintenir !

Puis tout ce souk cosmique s’arrête, quand tu reconnais l’absurde.

Tu redonnes la main à la puissance en toi.

En ce moment, j’habite une planète de l’absurde.

L’homme se comporte comme s’il était éternel, il s’invente des tonnes de problèmes et croit dur comme fer à sa casbah mentale.

Il se fait du mal pour rien.

Tandis que le soleil paisible, se lève et s’endort toujours du même côté, les oiseaux chantent leurs célèbres répertoires du vivant, les arbres s’étirent vers le ciel et nous enseignent la vie, les fleurs poussent de mille manière puis s’évanouissent, le rêve de l’amour se déploie sans raison.

Rien n’a de signification.

Laisse la vie se servir de toi à sa façon.

Épouse le désir du plus grand.

L’amour, c’est ton bien-aimé, l’espace omniprésent.

journée parfaite

♥♥♥ – 11/11/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

traduction: cet univers dans lequel nous vivons n’est pas aléatoire… cet univers est parfaitement élaboré et organisé… notre seule mission consiste à être en alignement avec cette perfection, ce qui signifie de croire que tout est parfait, et dès que l’on accepte que tout est parfait, tout ce qui arrive est juste et bon… – Abraham Hicks

on a beau tendre à ne plus croire… ni à rien, ni à quoi que ce soit… ou encore que tout est possible…

certain(e)s croient au divin hasard, d’autres que tout est parfaitement planifié…

personnellement, j’aime pencher vers la foi et la confiance, même sans certitude aucune… devant la vie, mais encore plus devant la mort… juste et bonne…

ça y est, jour J aujourd’hui… 11 du 11… jour du souvenir… clin d’oeil dans le grand carré aux dates… nous serons quelques-un(e)s à se souvenir de ce jour particulier… tant que mémoire il y aura…

jour parfait pour quitter… juste et bon…

dans une heure, votre humble chroniqueur part pour la grand’ville… rejoindre l’amour…

à midi aujourd’hui, l’aMichel quittera son corps…

take off…

hello buddy, adieu bodywelcome éternité…

que dire devant ce passage inévitable que cet ami/père/amoureux s’apprête à franchir en toute dignité médicalement assistée ?

car devant la mort, on ne peut que se taire et être humble…

et accepter… et reconnaître comme juste et bon… car inévitable…

alors quelques koans…

ce midi 11/11
ce corps tu quitteras
adieu, welcome home

face à Madame Mort
que silence n’est possible
respect, que respect

impuissants et cois
nous sommes seul(e)s et avec toi
en paix, en c(h)oeur, pffff !

journée belle à mort

♥♥♥ – 10/11/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

hier, journée belle à mort autour d’ici… été autochtone en novembre…

et hier, quelques amis(e)s sont venu(e)s passer la journée dans mes bois…

pendant cette journée belle à mort, je les ai accueilli(e)s chez-moi, je les ai pris dans mes bois… et contrairement à nos habitudes anciennes, on ne s’est pas pris dans nos bras… désormais, avec ce concept de distanciation, mes bois sont devenus mes bras et vice-versa… mes bras se sont transformés en bois…

pas faits en bois dit-on ? plus qu’avant du moins…

en fait, pas vraiment MES bois, plutôt les bois dont je m’occupe pour le moment, les bois dont je fais le ménage de… de maudits beaux bois… un vrai orignal votre chroniqueur 😉 ou un ptit chevreuil… du panache quand même 😉 de quel bois on se chauffe désormais…

et hier, toute la journée durant, je pensais à et sentais cet ami qui va nous quitter demain… car quand on a un ami qui quitte bientôt, drôle comment on ne peut penser à rien d’autre qu’à la mort…

car lorsque la mort d’un(e) ami(e) flotte autour de notre petit monde, impossible de continuer à vivre sans penser à la mort, de ne pas y réfléchir, de ne pas la sentir…

même si pas notre propre mort, la mort d’un proche nous touche directement…

comme si quand la mort s’infiltrait dans notre vie, elle prend toute la place… quand la mort se manifeste de façon concrète, elle prend beaucoup de place en tous cas… elle permet à la vie de se refléter dans le miroir de ce passage marquant… la vie qui fait face à la mort… en révélant toute sa préciosité…

la mort nous rappelle de vivre, de dire à ceux et celles qu’on aime qu’on les aime… elle nous rappelle de prendre soin, de soi et de nos proches… de vivre chaque moment, lentement, doucement, paisiblement… car les moments sont comptés désormais… ils le sont toujours mais ça, on l’oublie, trop occupé(e)s à vivre, du mieux qu’on peut…

lorsqu’elle est présente, la mort prend en effet beaucoup de place…

comme maintenant… même si pas ma mort à moi, je ne peux penser à autre chose… je la prends personnellement la mort de cet ami… je ne peux penser qu’à lui… et à ses proches tout proches de lui… et le ferai toute la journée encore… car aujourd’hui est sa dernière journée complète en corps… pas rien…

car demain midi, avec assistance, il prendra son envol… déjà en mode pré embarquement aujourd’hui, savourant probablement chaque moment de cette dernière tranche de 24 heures… prêt probablement… possiblement empli d’un sentiment de liberté à venir…

en ce sens je pense à lui mais à sa blonde aussi, ses enfants, ses ami(e)s intimes… tous les gens qui l’aiment et qu’il aime… les gens qu’il aura marqués… et vice-versa…

lui, avec peut-être aussi un petit pincement au coeur à l’idée de quitter ceux et celles qu’il aime… mais de ça je n’en sais rien, car que mes pensées à moi face à la mort… et c’est ce qui est particulier avec la mort, c’est qu’à moins que ça soit la nôtre, on a beau la côtoyer de près mais j’imagine qu’on n’en sait rien… pas vraiment du moins… à moins que ça soit la nôtre…

alors tout ce que je peux faire, d’ici dans l’espace et dans le temps, et d’ici demain, pour le moment, est de penser à lui et ses proches, les porter à mon coeur, à sentir le feutré de la bulle créée autour de lui, de me mettre en résonance avec eux et elles…

et de sentir ma propre petite mort juste à moi qui mijote en ce moment même… car tous et toutes égos devant la mort…

ci-bas, une citation d’Osho sur la mort, accompagnée d’une musique de Carioca…

proche de coeurs

♥♥♥ – 9/11/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

ces jours-ci, une personne proche de mon coeur passe du temps auprès d’une personne proche de son coeur (du coup, deux personnes proches de mon coeur) quelques jours avant que celle-ci ne retourne back home et que son corps ne s’endorme pour toujours et redevienne poussière… dodo que de corps… car parait qu’une âme, ça ne dort jamais… jamais vraiment anyway

même qu’il parait qu’une âme ça s’éveille encore plus quand le corps s’endort… comme libérée du corps notre âme… vous et moi, on verra ça en temps et lieu, lors du grand sans temps ni lieu

et ci-haut, des fleurs de coeur… qui m’accompagnent à distance…

on dit que dans le monde du coeur, qu’un seul et même grand unique coeur…

et que même si tout plein de ptits coeurs qui courent sur deux pattes ici-bas sur la terre des hommes et des femmes, et de toute vie, chacun(e) faisant du mieux qu’il/elle peut, on revient toujours au grand coeur humain, au seul et unique coeur… éventuellement… car on ne s’en éloigne jamais vraiment totalement du coeur du monde…

depuis quelques années, certain(e)s ami(e)s nous quittent les un(e)s après les autres… toujours touchant, chaque fois émouvant… chaque fois, un petit morceau de notre propre coeur qui résonne et qui retourne au grand home

la mort, ça va avec la vie… en fait au coeur de la vie même la mort, mais on l’oublie de notre vivant… sauf que le temps nous le rappelle… le temps finit pour nous le rappeler, nous qui préférerions l’oublier… mais peut-être que c’est tout simplement la mort qui se rappelle à nous, ou la vie qui nous rappelle de vivre, à la vie à la mort…

depuis la dignification institutionnalisée de la mort en cette partie du monde, quelque chose de nouveau semble se produire autour de la mort, surtout un peu avant la mort… quelque chose de nouveau, de plus prévisible…

car face à la mort, nous demeurons toujours un peu étranger… tant que ça nous ne nous arrive pas à nous-même… car on a beau assister aux divers départs de nos proches, tant que pas nous qui le vivons en corps, pas nous, que proche…

la mort assistée offre une précieuse préparation au grand départ, autant pour la personne qui quitte que pour ses proches… au sein de la salle d’attente, au sein du home sweet home, il se crée une bulle d’amour et d’intimité, feutrée, délicate, remplie de douceur et de fragilité… espace protégé au sein duquel chaque minute compte… évident que chaque moment ne reviendra pas… alors à profiter de totalement…

alors en cette bulle, le temps s’arrête et la vie en profite… pour que l’amour puisse s’exprimer et s’imprimer au coeur du coeur du monde, au coeur des proches de la personne qui s’apprête à entreprendre le grand voyage…

mais au final, what happens to the heart ?

grand mystère la vie… au coeur de la vie…

beau et show


♥♥♥ – 8/11/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

traduction: laisse aller l’idée qu’autrui peut influencer comment tu te sens… sinon n’importe qui continuera d’influencer ton monde

comme ça, le ptit neveu baveux de l’oncle Sam s’est fait montré la porte… source de bonheur pour plusieurs… et en effet, allègement de l’air général…

viva Joe et Kamala ! viva la solidarité…

mais serait-on moins heureux/ses ce matin si le gros boudeux avait été reporté au pouvoir ? avec cet été autochtone qui nous fait rêver déjà… quel plaisir d’avoir un si court hiver non… car on peut toujours rêver…

on peut toujours rêver… comme c’est le cas de ces élections mémorables… comme si tout allait bien aller désormais après l’avoir répéter depuis mars… car sous la table et les frontières, la colère gronde encore et rien n’est réglé… mais au moins une épine de moins dans le pied… on peut au moins recommencer à – mieux – danser…

car avouons-le… si notre bonheur fondamental dépend d’autrui, de quiconque en fait, peu importe qui ou quoi cet autrui peut être, ce bonheur n’est pas notre… ce bonheur est toujours tributaire de quelqu’un ou de quelque chose d’autre… et peut toujours nous être retiré…

et d’ailleurs, ce fameux bonheur qu’on vénère et désire tant est-il essentiel dans cette existence ? car à trop vouloir le bonheur peut-être qu’on ne réussit qu’à faire pâlir notre réalité au quotidien ? qui est toujours parfaite en soi veut-on travailler à croire… telle qu’elle est, et/ou telle qu’on la perçoit…

bien sûr que l’on peut s’arranger pour que les conditions extérieures de notre vie soient à l’image de nos besoins et de nos intentions… mais le grand art de la vie me semble résider davantage dans notre capacité de s’adapter, de faire avec

car on ne contrôle rien, ou si peu vraiment, et on ne choisit pas tout… mais on peut décider de la façon dont on répondra à ce que la vie nous envoies…

comme dans une partie de baseball… si les balles sont belles, on frappe et on vise la clôture… trop haut, trop bas, ou trop à gauche ou trop à droite ? on attend et on laisse passer… et hop le but… anyway, pas de but dans la vie…

très philosophique le baseball dans le fond… c’est le légendaire Yogi Berra qui avait jadis dit: it ain’t over till it’s over… grande vérité…

ce qui s’applique maintenant et à vie, et à notre vie, à la pandémie comme au grand show primetime de télé réalité qui se déroule actuellement qui, avouons-le, nous apprécions quand même suivre, d’autant qu’il se passe à distance et qu’il nous touche tout de même relativement peu…

bien sûr, que même si on doit s’adapter et faire avec, on a sûrement tous et toutes hâte de revenir à quelque chose de plus normal out there, ou de plus connu, de dropper ces masques qui divisent, si cela s’avère un jour…

car peut-être que le nouveau normal sera toujours de plus en plus nouveau – et inconnu – que normal car à voir l’état de la boule, peut-être que nous sommes sur le point de la perdre… celle sur nos épaules comme celle sur laquelle on ne sait plus sur quel pied danser… car qu’on ne s’y trompe, la boule est dans tous ses états… et moins unie que jamais… mais on va faire avec…

alors cher/ère lecteur/trice, si vos yeux et le reste de votre corps se situent autour du nombril de mon ptit monde ici dans le grand now, je vous souhaite seulement de sortir et de pouvoir profiter du temps qui passe si doucement et bellement sur nos coeurs ces jours-ci…

et vous délivre mon haïku du jour:

le soleil brille tant
il fait beau et chaud so
out the door my friend

mots en masse, mots de masse

Art: Agostina Guerrero

♥♥♥ – 4/11/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

que de mots, que de mots… bla bla bla…

tant de mots pour tenter de décrire l’indescriptible, pour tenter de dire le hors du commun, le hors de notre contrôle… sans succès…

des mots des mots pour tenter d’alléger nos maux mais qui, au fond et en surface, ne font souvent que les amplifier…

des mots des mots pour tenter de rejoindre les autres, ou les éloigner… pour s’ouvrir ou se protéger…

des mots des mots pour imposer nos croyances, ou pour tenter de comprendre…

des mots des mots, encore des mots…

des mots des mots pour parler de ce qui se passe south of the borders… mais qu’on ne s’y trompe, tout ceci n’est que divertissement, irréalité chaud…

des mots des mots pour ne pas trop sentir… mais sans succès…

des mots des mots, encore des mots… qui finissent par nous sortir de soi complètement, par nous perdre, nous et notre boule, la petite et la grosse…

des mots des mots et tant de bla bla, alors switchons off nos écrans et vive le silence et la musique…

noire soeur

Photo: Philippe Pinh

♥♥♥ – 3/11/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

– Grand-mère, c’est trop … toute cette obscurité …

– Mais comment mon enfant ? C’est juste l’automne ! Tu t’attendais toujours à la lumière de l’été ? Tu n’as encore rien appris des cycles des saisons ? L’ obscurité est utile… C ‘est d’elle que naît le printemps.

– Moi, je trouve que ces ténèbres sont vraiment insupportables… Je n’en vois pas le sens.

– Pourquoi s’obstiner à chercher un sens ? Alors que l’obscurité n’est qu’à vivre.
Et à sentir complètement sur ta peau. De l’extérieur à l’intérieur.
Le frisson qui viendra te toucher sera le guide qui te mènera à agir. Plutôt qu’à réagir.
Nous sommes appelés à des actions créatives, originales, émouvantes, silencieusement bruyantes. Mais ces actions ne peuvent naître que du contact avec l’obscurité et non de sa fuite.

– Combien de temps devrai-je rester dans ces ténèbres ?

– Jusqu’au moment où tu les verras comme bénédiction. Parce que tu sentiras enfin tes yeux s’ouvrir… La nuit, dans le noir, les yeux rêvent, se reposent, se nourrissent d’images d’autres mondes, parlent à ceux qui sont morts, ont des pouvoirs magiques… Ce n’est que grâce au sommeil qu’ils peuvent s’ouvrir le matin avec de nouvelles inspirations, intuitions et regards enrichissants sur le monde…L’obscurité nous amène à grandir. Il suffit de ne pas entraver sa tâche éclatante. De messagère de l’âme.

– Elena Bernabè via Transparence du Coeur sur FB

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des temps sombres vivons-nous dirait-on ces temps-ci… en surface du moins… dans les médias surtout… le chaos et l’horreur semblent popper de partout…

mais on dit aussi que la lumière intègre toute ombre, tout le sombre du monde, que la lumière appelle à elle le moins illuminé… que le noir fait partie intégrale de toute source de lumière…

on dit que la noirceur cherche la lumière… que dès que des gens se rassemblent pour attirer et inviter la lumière, l’ombre vient graviter autour pour s’éclaircir, pour boire le lumière, dans une intensité relative, elle cherche à revenir au coeur de la lumière… car on dit aussi que tout est lumière, même la noirceur…

même si les choses du monde semblent sombres actuellement, il semble essentiel de garder espoir… de croire en des jours meilleurs… croire dans le sens de garder la foi, de la nourrir, de faire confiance en la vie, en ses multiples manifestations, malgré les apparences…

bon novembre lecteurs/trices… pas triste du tout le monde, en tous cas pas aussi triste qu’on peut le percevoir, peut-être seulement en train de s’illuminer en exposant sa sombritude pour qu’elle s’éclaire, qu’elle se révèle au grand jour, qu’elle rejoigne la lumière…

gardons foi en nos coeurs qui ne forment qu’un seul et même coeur, le coeur de l’humanité… foi en l’âme humaine… car elle semble en avoir bien besoin en ce moment… la mienne comme la nôtre, la vôtre comme la nôtre…

pour compléter, quelques mots de Jung qui n’a pas eu peur de fouiller dans l’ombre de son âme personnelle, comme l’âme collective…

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Mon âme, où es tu ? m’entends tu ? je te parle, je t’appelle, es-tu là ?

Je suis revenu, je suis rentré – J’ai secoué de mes pieds la poussière de tous les pays et je suis venu à toi, je suis avec toi ; après de si longues années de longue marche, je suis à nouveau venu vers toi.

Veux-tu que je te raconte tout ce que j’ai regardé, vécu, ingurgité ?

Ou bien ne veux-tu rien entendre de tous ces bruits de la vie et du monde ?

Mais il faut que tu saches une chose, il y a une chose que j’ai apprise : que l’on doit vivre cette vie. Cette vie est le chemin, le chemin que l’on cherche depuis si longtemps et qui mène à l’inconcevable que nous qualifions de divin. Il n’y a pas d’autre chemin.

Tous les autres chemins sont de mauvais chemins. J’ai trouvé le bon chemin ; il m’a conduit jusqu’à toi, jusqu’à mon âme. Je reviens, calciné et purifié. Me reconnais-tu ? comme la séparation fut longue ! Tout à tellement changé. Et comment t’ai-je trouvée ?

Comme mon voyage fut étrange !

Par quels mots te décrire par quels sentiers tortueux une bonne étoile m’a conduit jusqu’a toi ? Donne-moi ta main, mon âme presque oubliée. Quelle chaleur me procure la joie de te revoir, toi mon âme si longtemps désavouée. La vie m’a ramené à toi.

Je remercie la vie que j’ai vécue, pour toutes les heures sereines et pour toutes les heures tristes, pour chaque joie et pour chaque douleur.

Mon âme c’est avec toi que mon voyage doit continuer. Avec toi je veux cheminer et monter jusqu’à ma solitude. »

C. G. Jung – Dialogue avec l’âme, Livre rouge, passage pp. 149/151.

haïku 101 / 2 pour 1

♥♥♥ – 1/11/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

salut lecteur/trice…

déjà novembre… dehors novembre disait jadis notre Dédé national…

novembre novembre, le mois des morts, le mois des grands départs, le mois du retour noir et de l’heure manquante…

novembre, un mois in, le mois le plus in de l’année… back in… black out…

in comme rentrer en soi, in comme dans retour à la maison… in comme prélude d’un long voyage…

particulièrement long en cette saison semie confinée…

l’hiver sera long, ou il sera bon…

ce matin, pour souligner le début de mon exploration des haïkus, je vous offre mes deux premiers, pif paf, spontanés 2 pour 1, juste comme ça, sortis d’un coup d’un ptit trou entre les nuages de mon cerveau…

dehors novembre
bientôt on va rentrer
chacun seul en soi

la vie qui passe, yo
comme l’eau sur le dos, yo
dos de canard, yo

hein ? permanence ?

♥♥♥ – 31/10/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

traduction: ce n’est pas l’impermanence qui nous fait souffrir, c’est plutôt de vouloir que les choses le soient alors qu’elles ne le sont pas… – Thich Nhat Hanh

tout passe, tout passe… et tout passera…

le temps, qui n’existe pourtant même pas parait-il, la vie, comme les gens et les choses que l’on aime… tout va…

tout ce sur quoi on voudrait fermer et refermer les mains pour les conserver intacts, tout cela passe et passera…

ainsi est allée, va et ira la vie… car la vie va, toujours, tout le temps, partout, ici comme ailleurs… car nulle part qu’ici la vie… toujours qu’ici…

tout passe… et tout passera…

le vent comme la tempête, le temps comme l’attente, le beau comme le laid, le beau et le laid…

tout passe…

le désiré et le craint, le voulu et le moins… comme le courage et la peur… tout marche, avance et court par en avant… vers nulle part… nulle part ailleurs qu’ici… maintenant… et un peu plus haut, un peu plus loin…

la vie passe et nous entraîne avec elle, avec le flot du courant, avec l’élan du vent toujours vers devant, vers dedans…

la seule permanence dans la vie réside dans son impermanence, car tout roule et tout coule… parfois la vie nous chamboule, nous et son chemin, parfois elle roucoule, nous des plus sereins… mais toujours elle roule, elle coule… cool la vie, et parfois pas, ou moins du moins…

les choses, et les êtres de tous ordres, évoluent, changent, fluctuent, se modifient, se transforment, vont, et viennent… et parfois reviennent…

et la seule entrave au temps qui file est notre désir d’arrêter les choses ou quelles arrêtent d’elles-même… futile et inutile… car la vie va…

allez, va la vie, on te suit…

ça va bien aller nous dit-on… en tous cas, bien ou moins, ça va…

ça va ? ça va… et veux veux pas, tout continuera d’aller… comme ça va…

ça va ? ça va…

enfilemoments fragiles


♥♥♥ – 30/10/2020
l’amour au temps du Corona… take 2… vert, jaune, rouge et zone orange…

traduction: fais-toi une promesse: soit de faire de chaque moment le meilleur moment qui soit… si tu fais cela, tu es certain(e) d’avoir le meilleur futur possible car tu t’engages envers le moment présent, et l’avenir n’est qu’un enchaînement de moments présents
– Anita Moorjani

pas mal dans le thème de ces jours-ci cette citation non ?

soit un simple encouragement à vivre à courte vue, à court terme, par petits bouts… vivre au bout de son nez… vivre chaque moment, dans le moment, moment par moment… oui môman…

car si évident que la vie ne se déroule qu’un moment à la fois… trop évident ? peut-être…

en fait, la vie n’est qu’un moment… on nous offre qu’un moment à la fois… et un autre, et un autre… et ainsi de suite… advitam aeternam… jusqu’à preuve du contraire…

et quand on veut arrêter le temps et fermer la main sur le moment, du coup on crée de la tension, on contracte et on tue le moment, on l’étouffe du moins, on l’emprisonne… et on empoisonne le prochain…

et au bout du fil de la vie, on dit qu’il n’y a que la mort, ultime moment probablement… quoi que mon amie Paule me disait il y a quelques années qu’elle trouvait cela si ordinaire de mourir… à voir…

pas facile de décrire la vie qui se déploie comme un fil de moments présents car qu’y a-t-il à redire à ce simple fait ?

tout ce que l’on peut faire est de respirer lentement, inspirer puis expirer avec conscience, avec lenteur, avec soin envers soi…

plus facile à faire immobile qu’en mouvement, et plus facile à dire et écrire qu’à faire… mais tout de même… qu’à faire… un moment à la fois… chaque moment dans la foi…

alors vivre simplement, lentement, paisiblement…

et faire du presque surplace, marcher lentement, respirer à petite échelle… déplacer peu d’air… vivre en toute délicatesse… car la vie est fragile…

si fragile…