aimer le monde… à distance et en silence

♥♥♥ – 17/3/21
les chroniques d’un nôbodé…

depuis 10 ans, j’habite seul (la plupart du temps car j’ai partagé ma vie et ma maison avec blonde et enfant à temps partiel pendant quelques années) sur une route de campagne peu fréquentée, dans la forêt boréale, à 6 km du plus proche village…

après quelques ajustements et vertiges lors du premier hiver, car je sortais d’une pleine vie tissée de nombreuses années de vie familiale et/ou en communauté, j’apprécie depuis et de plus en plus la solitude, l’isolement, le silence… et le fait de ne voir personne la plupart du temps…

je dis voir personne, mais je ne suis pas seul du tout car je converse avec les oiseaux, ben oui, fou d’même le chroniqueur, j’écoute et prête yeux et oreilles aux corneilles et corbeaux (ne pouvant encore faire la distinction), je parle aux écureuils… je regarde et j’écoute le vent faire chanter et danser les arbres, ces arbres qui en mettent plein la vue au gars… des vues, des vues… déjà vu apaisant…

j’aime la paix environnante, la candeur du silence, les longs jours tranquilles comme un fleuve, sans qu’âme ne vienne en brouiller l’eau…

et parfois, j’accueille – en fait j’accueillais jadis – des gens pour méditer, chanter et faire un peu de musique… mais à la fin de la journée, basta et bye bye cowboys and girls

et depuis quelques mois, j’ai une voisine de coeur et de maison… qui est pas mal comme moi elle aussi… deux loners aux coeurs tendres vivant côte à côte… qui apprennent à cultiver amour et amitié, voisinage et silence communs… love in progress chez les loners

alors pas besoin de vous dire que je n’ai aucun problème avec le confinement… au contraire même… en fait, depuis 10 ans, me suis auto-confiné… à résidence…

ayant fait du télé travail avant nécessité depuis une dizaine d’années et en pré-retraite depuis l’an dernier, rien de nouveau de ce côté pour le virtuel prof wannabe virtuose au coeur de sa cabane au Canada…

si j’apprécie la situation actuelle, par contre, j’ai de l’empathie et de la compassion pour ceux et celles qui souffrent d’isolement et des limites de mobilité, en particulier du couvre-feu nocturne, même si, en fait, ma ptite vie à moi n’a pratiquement pas changé depuis un an…

pensées particulières vers les proches aidants et familles dont les parents travaillent (à l’extérieur ou à la maison) et qui doivent rattraper à la volée les trop nombreuses balles à jongler virevoltant dans leur dense emploi du temps… pensées vers vous, si jamais vous avez le temps de lire ceci, déjà un luxe en soi…

de mon côté, au seuil de ma jeune soixantaine, j’apprécie de plus en plus la solitude…

pas que je n’aime pas les gens, au contraire… j’aime le monde… et apprécie ses habitants, mes colocaterres, mes soeurs et mes frères du monde entier de l’humanité, mais en retrait, à distance, d’ici, au coeur du monde…

si, ces temps-ci, je sors de ma tannière une fois par semaine pour quelques heures d’un ptit boulot très apprécié, dès que c’est terminé, allez hop, enwèwe à méson… retour au refuge, au repère, à la tannière… et aujourd’hui, et demain…

le centre de mon monde se situe ici, au coeur de la forêt, au coeur du silence… dans l’espace, le calme, la paix… sainte et sacrée paix… si appréciée…

et je sais que nous sommes nombreux à vivre ainsi… ceux et celles qui ont cette chance de prendre le temps… c’est peut-être l’âge, ou le temps qui passe sur nous… même différence…

je suis tombé sur le texte ci-bas hier (la personne vit à Alger) que j’ai partagé sur un groupe privé et qui a trouvé ardents likers… j’ai donc décidé de le partager ici car très possiblement que nous sommes quelques-un(e)s dans notre gang de loners

alors empathes du monde entier, unissons-nous, dans cette distance qui nous relie au coeur de la vie…

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Œil de Lynx

Oui je m’isole,
non pas parce que je n’aime pas les gens, mais parce que je m’épuise au contact du monde, le bruit, la foule, les discussions trop longues,

aussi parce que je préfère être seul qu’entouré de personnes qui ne vibrent pas sur les mêmes fréquences que moi.

Non,
je ne dis pas qu’elles sont moins intéressantes, je n’ai nullement cette prétention.
Je dis simplement que nous sommes différents.
Je ne me sens jamais seul, je me sens merveilleusement bien dans le silence.
Et si je reçois du monde, c’est que l’envie est là et le plaisir aussi.
Je ne suis pas asocial, je suis un empathe sélectif.
Un empathe qui respecte ses ressentis et écoute son corps, son mental, son âme.
J’aime profondément les gens, les écouter, les conseiller et les aider.
Mais après cela, mon « Moi » réclame une pause.
Alors si quelques personnes se reconnaissent, elles sauront que si l’on passe du temps avec quelqu’un, ce n’est nullement pour combler un vide, mais c’est que l’on en a envie.

Vraiment.

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