((( LES CHRONIQUES À BRAC ET ARDENTES ))) – VINGT & UNIIÈME
traduction : peut-être que le but dans la vie ne consiste pas à devenir quelque chose ou quelqu’un… peut-être que ça consiste tout simplement à vous délester de tout ce que vous n’êtes pas fondamentalement pour que vous puissiez enfin devenir qui vous étiez censé(e) être initialement…
simple non ? rien à acquérir, que du vieux stock à larguer… que simplement arrêter de vouloir être qui nous ne sommes pas…
c’est lorsque nous sommes jeunes, on nous apprend à nous construire, à nous forger une personnalité, à devenir quelqu’un, ou pire quelque chose… car certaines personnes deviennent des choses chose… de toute façon, quelque chose ou quelqu’un same same… pas nous, pas notre essence…
car cette essence ne peut être quoi que ce soit… cette essence ne peut que couler, que se répandre un peu partout… cette essence ne peut que flotter et transpercer tout ce qui vit, tout ce qui résonne en et autour de nous… la lumière est attirée par la noirceur…
en fait, toute la vie cherche la vie… tout ce qui a besoin d’être animé et réel le devient… et le deviendra… et nous, nous ne pouvons qu’être ce que nous pouvons être à chaque instant… la réalité prend soin d’elle-même…
alors on peut arrêter de chercher à devenir quoi que ce soit car tout ce que ce corps que nous avons choisi d’incarner deviendra n’est que tas de cendres… la surprise réside ailleurs…
et ça nous ne pouvons le comprendre ni le saisir réellement qu’avec le temps qui passe en nous… car à mesure que la chair se flétrit, à mesure que l’expérience s’acquiert, notre base d’observation se déplace vers quelque chose de plus volatile en soi.. notre poste d’observation mue…
nous débutons cette vie bien ancré(e) dans un corps, le développant, l’apprivoisant, l’habitant de plus en plus, nous y identifiant de plus en plus… puis le temps se charge de faire son travail et nous ramène éventuellement à notre visage originel… la vie nous ramène à bon port…
alors soit on arrête temporairement d’avancer et on prend une distance face à ce que ou qui l’on croit être, soit on faire marcher arrière et on retourne creuse un peu dans les fondations… la vie est un grand travail d’exploration archéologique… une grande fouille dans les constellations familiales, sociales et culturelles pour lesquelles on se prend…
en bref, on nait vide, on se remplit de toutes sortes de choses et la job finale consiste à se délester de ce qui n’est pas authentique, ce qui n’est pas vrai, ce qui n’est pas nous…
car ce nous, ce moi, cette chose que l’on considère soi, n’existe pas, qu’un leurre, qu’une illusion, qu’une grosse balloune… pleine d’air, pleine de vide, pleine de rien…
alors revenons à la maison… cette maison qui n’est pas jamais tout à fait connue avant qu’on la déconstruise, cette maison avec laquelle on s’identifie… cette maison pour laquelle on se prend mais qui n’est que maison…
reposant non ? de savoir que tout ce que après quoi on court toute sa vie n’est pas essentiel… reposant de commencer à chercher ce qui est déjà ici, là, évident…
enfin redevenir ce que l’on a toujours été…

((( LES CHRONIQUES À BRAC ET ARDENTES ))) – VINGTIÈME
traduction ; si vous prenez une copie de la bible et que vous la déposez à l’extérieur dans le vent et sous la pluie, en peu de temps le papier sur lequel sont écrits les mots va se désintégrer et les mots disparaîtront… notre bible est le vent et la pluie…
et chacun a sa propre idée sur son créateur – ou sa créatrice car pourquoi pas une femme dieu ?










