disciple in…

exceptional livingtrente-troisième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 16/1

traduction maison : la distance entre les rêves et la réalité s’appelle la discipline

vous le savez peut-être, ou pas, mais j’aime écrire… en fait, je ne peux même pas dire que j’aime écrire, on dirait plutôt qu’écrire m’aime, écrire me meut, écrire m’émeut, écrire me veut, écrire me passe à travers… et moi de même…

je suis mu par l’écriture, ému et mu par l’urgence de dire… comme un besoin viscéral de me mettre en mots tous les matins, et quelques après-midis et même quelques soirs aussi… mettre mes pensées et émotions en mots, mettre mes mots en écran, partager leur sens avec vous… qui de votre part, devez aimer lire aussi car vous êtes encore ici avec moi… nice to meet you…

à chaque matin que le/la créateur/trice apporte, l’envie d’écrire, de dire, de jouer avec les mots, de me faire posséder et de vous rejoindre est présent, vivant, fidèle, au poste… encore et toujours le besoin de laisser les mots se présenter à moi, les laisser me passer à travers, puis venir jusqu’à vous… est-ce de la discipline ou du pur plaisir ? mais qu’est-ce que la discipline au juste ?

discipline, du latin disciplina, lui-même dérivé de discipulus qui veut dire disciple – origine de discere, qui signifie apprendre… alors être discipliné signifierait autant avoir l’attitude d’ouverture du disciple que la qualité de vouloir apprendre… ce qui fait sens car un disciple est un élève, une tasse vide prête à recevoir les enseignements du maître… un livre ouvert…

je peux me reconnaître dans ces deux termes… disciple et apprendre… disciple d’Osho depuis 30 ans maintenant, je n’ai aucun problème à m’ouvrir à quelqu’un – mais vous savez, même si ça a l’air de ça, un maître spirituel n’est pas vraiment quelqu’un, c’est plutôt quelque chose, une présence, une fragrance, une inspiration à devenir, une invitation…

donc je n’ai aucun problème à accepter qu’un(e) autre ou que quelque chose puisse m’appendre sur moi, puisse m’enseigner… moi même étant prof depuis 15 ans, je ne sais que trop bien que l’on se sait pas grand chose au fond et que l’on enseigne ce que l’on a le plus besoin d’apprendre… continuellement, éternellement…

et un(e) disciple est toujours prêt à vider sa tasse et à se laisser pénétrer par la sagesse du maître, sa saveur, sa qualité unique… que ce maître soit quelqu’un, de vivant ou de mort, ou quelque chose, comme écrire par exemple… toujours prêt à disparaître dans la vie le/la disciple, se fondre dans le décor…

discipline signifie aussi apprendre, alors je dis oui oui oui… toujours… davantage, plus, encore… apprendre sur soi, apprendre à dire, apprendre à vivre, apprendre à se montrer, nu, transparent, vrai, de plus en plus… apprendre à apprendre, apprendre à garder la tasse toujours vide pour qu’elle reçoive, qu’elle intègre, qu’elle take in… en préservant un coeur d’étudiant(e), toujours ouvert, toujours curieux…

la discipline ne s’achète pas, la discipline se révèle, la discipline émerge d’un coeur pur, d’une âme humble et en paix, d’une âme au neutre, calme, disponible, prête à être possédée par dieu, par la vie… la discipline est une grâce, une faveur des dieux, une bénédiction – bene diction, bons mots… écrire les bons mots… bénédiction…

mais la discipline requiert aussi détermination, assiduité, persévérance, engagement… comme les athlètes olympiques qui font de nombreux sacrifices en vue des objectifs visés, mais aussi comme un chroniqueur qui ne peut faire autrement qu’écrire parce que la vie lui dicte, la vie le pique et le tique… plus fort que lui… qu’une marionnette des mots, esclave de la parole dite…

alors est-ce que la discipline requiert effort ou non ? je ne saurais dire… car écrire est encore plaisir… mais ce que je peux dire par contre, c’est que la discipline telle que je la connais se fait source et douce, agréable et inévitable, facile et docile, fière et légère, folle et frivole… la discipline est simple, elle coule et déboule, en soi et hors de soi… c’est elle la boss des mots du chroniqueur…

et vous, êtes-vous discipliné(e) ?

aimez-vous assez quelque chose que vous ne pouvez vous passer de le faire ? de pratiquer et d’apprendre à son sujet ? jusqu’à en développer sa maîtrise… avez-vous cette chance ? je vous la souhaite, sincèrement…

mais pour ça, j’imagine qu’il faut cogner à plusieurs portes, s’essayer, se casser la gueule parfois, avoir l’air fou… mais toujours vider sa tasse et rester ouvert(e) et disponible… car on ne sait jamais quand ça nous frappera en pleine face la grâce…

amène la discipline… amen…

photo : exeptionnal living

accollade avec la mort pour apprécier la vie

72881_144493009038870_1849337011_ntrente-deuxième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 15/1

traduction maison : ne prenez pas la vie si au sérieux, ce n’est pas comme si vous alliez vous en sortir vivant(e) de toute façon…

cute le gros monsieur hein ? on dirait le père Noël des hells angels en vacances en Floride qui a volé le bicycle d’une ptite fille !

OK m’sieurs/dames, conclusion de ma mini série de chroniques inspirées de ma poignée de mains avec la mort d’hier… j’ai la mort dans les doigts… mais ça va faire la mort… quand on embrasse la mort, on n’en sort pas indemne… en fait, on en sort plus vivant(e), car quand la mort nous rentre dedans, par le fait même elle réveille la vie, elle nous fouette, nous revivifie, elle nous remet du pep dans le bicycle, de l’air dans l’tire

à chaque fois que la mort se rappelle à notre mémoire virtuelle, elle zappe la mémoire vive, elle delete la cache, elle reformatte le disque dur, elle dilapide la torpeur du RAM… vive la mort pour que l’on puisse sentir la vie… inversement proportionnels ? probablement…

vive la mort pour sa force de vie, pour l’immédiateté du moment qu’instantanément elle procure, pour la vivacité de la ténacité requise en nous pour lui faire face… ou quand c’est notre tour, de s’y abandonner, non sans avoir parfois lutté auparavant probablement au restnt de notre chi, de notre désir de vivre, de notre volonté… mais on ne les gagne pas toutes… mais it ain’t over till it’s over

vive la mort pour son mystère, pour l’inconnu qu,elle laisse flotter, pour l’impossibilité de savoir, même si on la voit chez nos proches, tant qu’on l’a pas vécu soi-même, sinon il seble que l’on ne sait vraiment pas… assez simple à accepter ça non ?

mais en même temps, si on n’a aucune idée de ce que c’est la mort, on en a la chienne, une chienne en background, une grande trouille – beau mot non ? trouille – elle semble interpeller un espace au-delà du moi, dans un grand soi de soie… la fin de ce rôle-ci, de cette identité et hop… next life ! ou c’est peut-être notre dernière qui sait ?

vive et vivre la mort, de près ou de loin, carl elle nous rassemble, elle nous met en commun devant le même mur, et non vraiment pas facebook cette fois… un vrai mur, inévitable, infigurable, inconnaissable avant LE temps juste… et finalement plus qu’un murmure…

la mort la mort, c’est pas une raison de pas vivre ça ? en fait dès qu’on naît, on commence à mourir alors vaut mieux s’y habituer… on a souvent entendu ça mais pas parce qu’on l’a entendu qu’on l’a écouter… pis pas parce que l’on a écouté qu’on comprend avec sa tête, faut le vivre live par l’abandon de ce corps… over my dead body… la mort, faut passer dedans, faut passer à travers, faut la laisser nous rentrer dedans, nous passer à travers… y faut, y faut…

si on préfère on peut dire je choisis plutôt qu’y faut, mais sincèrement est-ce qu’on choisit vraiment ce qui arrive dans la vie ? est-ce qu’on choisit la mort ? est-ce qu’on décide vraiment quelque chose dans la vie avant la mort ? 100 milliards de planètes dans notre galaxie seulement… alors ce qu’on choisit, pas trop sérieux OK ?

la loi de l’attraction ? positive thinking ? OK mais y a des milliards d’exceptions à la régle… le choix, beau concept… la vie est-ce un choix – conscient ou pas autre débat – un choix d’être ici ? et on pense qu’on choisit vraiment la déroulement de la grande game ? permettez-moi d’en douter…

je crois plutôt, et ceci n’engage que moi, comme tout ce qu’on fait chacun de nous, que la vie nous pitche du stock en vrac à vivre, pis on doit faire avec… du mieux qu’on peut… pas nécessairement tout le temps comme on veut… mais quand on veut on peut ? affaire à suivre…

faire face à la mort dans le mystère, avec ouverture d’esprit et de coeur, avec une intention clean… mais pour le reste ? 100 milliards de planètes dans notre galaxie seulement… alors ce qu’on choisit, on prendra pas ça trop au sérieux OK ?

donc mes amis, je crois que je suis complet avec la mort pour le moment… no vacancy… mais comme l’impression qu’on va en r’parler…

sioux there dear

chronique perdue, chronique retrouvée…

318838_409017222477940_948428465_nil y a quelques jours, je vous disais que je joue présentement avec l’idée de rassembler certaines chroniques dans un recueil et je vous demandais de me faire part de vos chroniques préférées, merci à ceux et celles qui ont acheté la demande… selon votre temps et disponibilité bien sûr… sans pression…

de mon côté, j’ai commencé le processus de rétrospection, question de voir ce qui mériterait de se coucher sur papier si c’est l’avenue que je choisis… et ce faisant, je me suis souvenu de cette chronique que j’avais oublié de transférer de mon mur facebook à mon blogue…

une chronique oubliée, retardée, perdue dans l’espace et les craques du plancher, mais qui vient de se rappeler à moi… youhou le chroniqueur ! je suis là… alors la voici, pour qu’elle rejoigne ses chums de filles…

mais avant, parfaite excuse pour moi pour vous suggérer de découvrir,  si ce n’est déjà fait, la série de chroniques intitulée les mots vers le courage à laquelle cette dite chronique appartient… en passant, toutes les séries de chroniques sont logées sous l’onglet chronique (deuxième à gauche), logique non ?

les mots vers le courage… chroniques proposées, posées et disposées 17/8/2012

hier en marchant, je pensais comme c’est toujours le cas quand on marche… on peut marcher et mâcher du mot vous savez ? même un gars peut faire ces deux affaires en même temps… et je me disais que chaque décennie apporte ses propres défis et apprentissages… en voici quelques-uns présentés à vraiment gros traits…

0-10 : on apprend le basic pour survivre et pour vivre, tellement gros tas de nouveau qu’on ne fera même pas la liste complète ici car bien trop longue…

10-20 : le temps pour se définir individuellement mais peut-être surtout socialement et sortir ses ailes pour prendre son envol hors du nid familial…

20-30 : d’un côté, le temps de plusieurs désillusions héritées de l’adolescence, et en même temps, celui de partir la famille, la carrière, etc…

30-40: on solidifie et consolide les bases établies dans la vingtaine… souvent la trentaine d’aujourd’hui est la vingtaine d’hier, entre autres, pour les enfants et les responsabilités…

40-50: premières grandes remises en question autour du tournant de la vie… premiers cheveux gris…

50-60: les enfants bien partis dans la vie, on arrête un peu pour regarder en arrière et décider de la suite…

60-70: retraite, retour en soi… préparation de la sortie de la vie sociale plus active…

70 et plus: ??? trop jeune pour extrapoler cette période qui doit être intense à souhait quand le corps commence à faiblir…

personnellement, j’ai 51 ans… ma plus jeune vient de quitter la maison, donc mon popa actif intérieur l’est moins, actif je veux dire, me retrouvant seul dans ma maison dans la forêt à faire le point sur ma vie… gros switch de vie après 30 ans de paternitude…

encore beau jeune garçon, fait fort et en bonne forme physique, avec de l’énergie… et à peine quelques poils de barbe blancs… en même temps, il a fait pas mal ce qu’il a voulu faire de sa vie le ptit monsieur, donc moins d’ambition dans le coffre à gants…

quoi faire alors ? surtout faire la paix, avec la vie, avec soi-même, avec ses rêves et ses illusions… prendre le temps, laisser couler la vie fluidement, candidement, être bien avec lui-même, redonner une partie de ce qu’il a reçu… mais surtout, se fondre back dans l’unité existentielle…

la cinquantaine c’est un peu le mois d’août de la vie… pas encore l’automne mais plus tout à fait  le gros été chaud non plus… une belle période quand on l’accepte totalement… ce qui peut prendre un peu de temps… mais du temps, on en a davantage si on en veut, si on décide de le prendre… alors on le prend…

je vous souhaite de même… dès maintenant… et pour l’éternité… amen 😉

aller jusqu’au bout… èniwé…

chpper exchangetrente-et-unième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 15/1

traduction maison : si tu ne sais pas où tu t’en vas, n’importe quelle route t’y mènera…

chronique insomniaque, chroniqueur somnambule qui écrit dans son sommeil… alors chronique mi nuit, chronique mi vie… mi figue mi raisin, deux heures du matin… ni fille ni raison, écrire par passion…

ping ! les yeux grands ouverts, les deux, la paire d’yeux, pers, grands, ouverts… c’est ça aussi de vouloir chercher l’éveil ! on finit par le trouver… mauvais timing… alors chronique somnifère ce que doit…

c’est peut-être aussi ce qui arrive quand on voit la mort en face… les yeux s’ouvrent, les yeux bougent, en soi, vers soi, en quête de foi… après avoir vu la mort, on dort moins dur, on dort moins sûr… du réveil… rappel de la finale destination, nuit ronde, nuit croche, nuit noire, nuit blanche, nuit musicale… alors sur sa portée, payer sa note, écrire sa sonate nocturne, laisser sa trace, vider sa tasse, cacher sa face et prendre sa place, se voir dans la glace, et dans l’espace…

toutes les routes mènent à home… tous les chemins ramènent le down à l’âme… high five à la vie… et toutes les routes sèment le doute… jusqu’au bout de la vie, jusqu’au bout d’ici… toutes les vies mènent à la mort, mort du corps mais éternelle vie de l’âme ? il y a mort d’homme et de femme, il y a vie d’ange et de drames… sonne sonne l’alarme, donne donne la larme…

ne pas savoir d’où l’on vient ? néanmoins, continuer son chemin… ne pas savoir où l’on va ? quand même, continuer d’un bon pas… continuer d’avancer, sans savoir où, ni pourquoi, ni toujours comment, mais continuer malgré tout, malgré l’trou… peu importe la route, peu importe le doute, continuer d’avancer en faisant du sur place, en se r’gardant en pleine face…

voir la mort dans les yeux et continuer le chemin comme si de rien n’était, comme si de rien n’y est, comme si de rien n’y sera, continuer le chemin néanmoins… apercevoir pour un instant la destination finale et reprendre la route, coûte que coûte, malgré le doute, droit devant, vie à tribord et mort à babord… destin de tout bord…

et si l’on savait où l’on va ? est-ce qu’on vivrait pareil ? si l’on savait où l’on va ? est-ce qu’on rirait pareil ? si l’on savait où l’on va ? mourirait-on pareil ? mais le sait-on seulement où l’on va ? moi pas ! ni la moindre idée… je ne sais même pas où ni qui je suis…

où l’on va, c’est peut-être d’où l’on vient ? ou peut-être pas… d’ici, de là, de là-bas, de nulle part, de partout à la fois… ou d’ailleurs… d’ailleurs, on ne sait pas, personne, d’où l’on vient ni où l’on va ici bas… alors ma foi la foi…

à moins que vous ne le sachiez vous peut-être où l’on va ? dans ce cas, please, dites-nous le, qu’on y aille avec vous… all the way on the way… mais le chemin se fait seul, et ensemble, mais surtout seul… chacun sa route chacun son chemin, chacune ses doutes chacune son destin…

venir au monde de nulle part, vivre dans le monde, comme tout le monde, sans être du monde… non, ne pas vivre comme du monde… seulement comme soi… courir, découvrir et parcourir le monde en soi, en quête de soi, marcher tous les chemins du monde pour porter et reporter son regard sur soi, sur le monde et sur soi… parcourir le monde pour finalement revenir à soi… se découvrir pour mieux s’ouvrir, vider sa tasse pour mieux la remplir…

alors, savoir où l’on va ou ne pas savoir ? vouloir le savoir ? ou pas ? pouvoir ? pour voir ? est-ce même une question ? de sens ? sens unique, one way vers nulle part… stairway to heaven… all aboard, tout le monde à bord vers l’autre bord

alors si on ne sait pas où l’on va, pourquoi courir si vite ? pourquoi essayer si fort ? pourquoi ne pas simplement lâcher prise et s’lâcher lousse ? si on ne sait pas ce qui nous attend, ce qui nous pend au bout du nez, pourquoi vouloir tant prévoir ? pourquoi vouloir tant savoir ? pourquoi si curieux que ça les humains ?

vite, vite, reculez en avant, avancez en arrière… jusqu’à preuve du contraire…

serrer la main de la mort…

217849_277323079059846_1507947997_ntrentième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 14/1

je viens de serrer la main de la mort… je l’ai regardé dans les yeux et elle m’a regardé en retour… elle m’a fixé, sans être totalement ici, ni là d’ailleurs… ailleurs…

et je comprends maintenant ma retenue de mots de ce matin, cette appréhension sans objet… vague prémonition d’un moment à venir… rencontre d’une matante qui s’apprête à partir…

j’arrive en effet de visiter mamatante aux soins palliatifs… en fait, elle n’y est mais qu’encore un petit peu… pas encore là-bas, plus tout à fait ici… un espèce d’espace flottant, une salle d’attente ambigue, pleine d’ambivalence… pré bardo dans le corps… pulsion d’un élan vers l’au-delà, avec une retenue de peur et d’hésitation qui garde encore le corps ici… mais si peu…

quel choc pour le ptit neveu que de voir sa matante préférée tellement marquée par la vie qu’elle ne le reconnaît même plus, et lui qui la reconnaît trop bien… qui la revoit pleine de vie, pleine de pep et de rires… elle qui dit tout et n’importe quoi, en même temps, lui qui ne dit rien et qui ne peut que la regarder franchement dans les yeux, ces yeux qui ne sont plus tout à fait ici, mais pas encore là-bas, ouverts mais couverts d’un voile…

et en sortant, une grosse pluie froide et grasse qui vient couronner ce sombre moment d’éternité dans le coeur du ptit neveu… alors quoi faire d’autre que de marcher dans la ville, sous la pluie, sans but, nulle part où aller, marcher pour ne pas rester sur place, pour ne pas rester de glace…

marcher dans la ville grise et sale d’un faux printemps, grande salle d’attente de ce moment que l’on redoute tant et que je viens de fixer du regard pendant quelques heures… ce regard à moitié vide qui me fixe encore, qui me suit dans la ville grise et sale, salle d’attente…

marcher et flotter et croiser ces regards d’étrangers qui, tout comme vous et moi, finiront comme la matante à ati… déchirés par la vie et la mort, mus par la vie, appelés par la mort… avec un grand vide à remplir entre les deux…

journée de face à face avec la mort donc, et de pile ou face avec la vie… cette mort si intangible, si souvent refoulée car faut que ça roule la vie, faut que ça marche dans la ville, vers nulle part, vers le doute, prendre la route… marcher sans but, marcher la route, marcher son doute… marcher sa parole qui ne dira plus rien un jour, donc apprivoiser ce silence dès maintenant…

et en même temps que le rappel de cette mort qui se cache à chaque prochain détour – justement, une jeune fille de 20 ans a été tuée subitement et par hasard ce week-end à Sherbrooke par un chauffard, on ne sait donc vraiment jamais quand – la vie nous pousse au cul, la vie nous appelle, la vie nous tire par en avant, pas à pas, marchant dans la ville vers nulle part…

lundi sombre, lundi d’ombre, un grand été en hiver… qui se déguise en printemps… le soleil joue à la cachette avec les nuages, la vie embrasse la mort, la mort enlace la vie… tandis que la vie et la mort dansent le tango avec nous, qu’elles nous narguent et nous invitent… ce sont elles qui mènent, alors on les suit pas à pas… ou pas… so you think you can dance ?

danser avec la mort, jouer avec sa vie, tout prendre à bras le corps pendant que l’on veuille bien nous prêter ce souffle si précieux qu’on prend souvent pour acquis… et moi qui me prend si souvent pour ati… quand dans le fond je ne suis rien d’autre qu’une matante en attente, la grande attente, la tendre attente… salle d’attente…

allez, je retourne à mes pas vers nulle part, vers ici, vers tout de suite… dans la grande ville grise et salle, salle d’attente vers la suite…

mots arrachés…

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vingt-neuvième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 14/1

ce matin, surprise, les mots ne sortent pas facilement… l’inspiration se fait avare, elle se fait rare… alors allons-y un mot à la fois, écrivons mot par mot… tapons doigt par doigt…

ce matin, le flot des mots s’écoule au ralenti, chaque lettre peine à couler, contrairement à la neige qui se fait eau avec joie et fluidité…

ce matin, les mots dits ont peur de se montrer au grand jour, ce matin les ptits maudits jouent à cache cache avec pudeur…

ce matin, mes doigts ne trouvent pas facilement les lettres du clavier, les touches fuient mes doigts qui se font gros, croches et maladroits…

ce matin, j’aurais pu ne pas écrire, j’aurais pu ne rien dire… mais je le fais tout de même car je me fais écrivain, même si j’écris en vain…

ce matin, je me montre sous un jour plus fragile, sous un angle moins habile, avec des mots labiles, moins dociles… qui me donnent du fil à retordre, qui de silence s’enrobent…

ce matin, j’ai des freins dans les mains, ce matin, j’ai des pouces plein les mains, ce matin, j’ai des peurs plein les coins, ce matin, j’ai tous les mots en moins…

ce matin, je n’écris que pour moi, mais aussi pour te rejoindre, toi qui me prends par la main et qui pose ses yeux et leur regard sur ces ptits bouts de mots gênés qui sortent de mes doigts…

ce matin, j’écrie en silence, en nuance, je mets tous mes mots dans la balance et je vous fais une danse, cabotine, anodine, mais attention ! on ne badine avec l’amour des mots, des mots…

ce matin, j’ai peur de dire, peur de me dire, peur de me lire même, moi-même… insécure et hésitant, hésitant et méfiant… du sens des mots, du temps des flots…

ce matin, je ne peux que taper lettre par lettre, mot par mot, lentement, haletant, cherchant, peinant, tapant sans talent, silence flagrant, silence latent… tous les mots se cachant, à mon grand détriment…

ce matin, dans la pénombre, je vous montre mon ombre, je vous dévoile mes doutes, qui s’écrivent coûte que coûte, qui s’expriment goutte à goutte…

ce matin, je tire les mots du dedans de mon âme plutôt que de simplement les diriger et les organiser comme c’est le cas d’habitude lorsqu’ils coulent à gros bouillon hors de moi cabochon…

ce matin, ici à montréal, c’est le printemps indicible au coeur de l’hiver, mais c’est l’été invincible en moi…

 

relire le passé pour trouver les présents…

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salut lecteurs/trices…

ceci n’est pas une chronique, c’est un appel à l’aide, une demande de soutien, un teamwork collectif dans lequel j’aurais besoin de vous, de vos yeux, de votre opinion…

c’est que je contemple l’idée de rassembler quelques chroniques et de les publier au sein d’un recueil, sur papier ou virtuel, dans la réalité ou dans le vide, dans la matière ou l’invisible… à voir, tout est ouvert… comme un grand livre… un livre dont vous pourriez être le/la héros…

alors si le coeur vous en dit, si vous avez un peu de temps et d’intérêt, si vous appréciez ces chroniques, je vous invite à les fureter, à aller fouiller et à me laisser savoir laquelle ou lesquelles sont vos préférées… je compilerai et ça m’aidera dans mon choix…

alors relisons le passé… ensemble…

merci de me contacter à atidion@gmail.com pour me faire part de vos préférences…

sans sens dessus, sans sens dessous, sans sens du tout…

248565_274553039336850_304517345_nvingt-huitième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 13/1

OK petite philosophie de dimanche matin pluvieux…

et si on laissait ce début d’affirmation vide ? sans mot, sans réponse qui, de toute façon, ni vous ni moi n’avons aucune idée de ce que à quoi elle pourrait même commencer à ressembler…  si on acceptait de vivre perpétuellement dans le grand mystère ? dans le vide… dans le mou de la vie… dans une parenthèse ouverte mais non refermée… que l’on ne tentera pas de refermer anyway…

car sincèrement, que sait-on de ce grand mystère ? on ne se connait même pas soi-même alors que dire au sujet de cette infinie immensité ? tenter de bourrer la vie de sens… au moins 100 milliards de planètes dans notre galaxie seulement right ? alors pour ce qui est du sens que l’on pourrait arrogamment imposer sur cette immense soupe cosmico-chimique vieille de milliards d’années-lumière, SVP un peu d’humilité m’sieurs/dames… on ne sait rien – ou si peu – et c’est parfait ainsi…

nous ne sommes qu’une infime particule de poussière dans cette immensité… acceptons-le… et on se ferait accroire qu’il y a un sens à tout ça ? que quelqu’un ou quelque chose, un dieu, une présence, un grand boss quelque part a un plan pour tout ça ? et bien souvent d’ailleurs, moins on est certain, plus on a tendance à vouloir convaincre les autres de ce fait que l’on ne connait pas ni des lèvres ni des dents… mais en même temps que nous ne sommes rien, que nous ne savons pas, que nous sommes ignorants, nous portons aussi en nous un peu de cet immense univers… on fait partie de ce tout et le monde est en nous…

et même si on ne sait pas, on peut aussi et concevoir et surtout accepter que l’on ne sait pas, que l’on ne sait rien… de grand(e)s ignorant(e)s… on peut savoir qu’il est impossible de savoir… la seule chose que je sais est que je ne sais rien, disait platon… ou était-ce socrate ? anyway un grec avant JC… déjà un bon point de départ… donc humilité et ouverture qui peuvent peut-être apporter un début de réponse… accepter le mystère, c’est le laisser nous prendre, le laisser nous bercer, se laisser s’y perdre et vivre en ne sachant pas… reposant et relaxant…

si vous pensez avoir un début de réponse à la question en cause, je vous conseille de regarder le petit bout de vidéo qui suit… 2 minutes 30 secondes qui vont vous mélanger, vous mêler en masse, écrapoutir vos certitudes, pulvériser vos graines de réponses… et vous ouvrir encore davantage au grand mystère…

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=7pL5vzIMAhs

allez perdez-vous vous aussi… rien à faire aujourd’hui… faut commencer tout de suite…

faire ce que doit…

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traduction maison : ce qui est difficile dans ne rien faire, c’est que tu ne sais jamais quand tu as fini… pensez-y !

journée grise pleine de brouillard hier… superbe temps… temps doux, temps flou, temps filou, temps fou… tant mieux… tant pis… temps qui passe, et nous avec, nous aussi…

hier, la nature fondait ici, les arbres perdaient leur neige à gros motton… avec fracas, les arbres se délestaient de leur neige… on les sentait soulagés de laisser tomber cette charge, ce poids qui leur collait aux branches depuis quelques semaines… dommage car c’était grandiose mais on les comprend… ça leur était lourd à porter…

et hier ça sentait, dehors… ça sentait bon, ça sentait la vie, la promesse du printemps, la vitesse du temps qui passe, la lenteur du temps qui lâche… hier la vie revenait avec le temps doux, le temps flou, le temps filou, le temps fou…

all right, saison des corrections terminée… ça c’est quelque chose de fait… maintenant, ne rien faire… ou plutôt faire plus rien ? plus que rien, riens de moins… ou presque… car même ne rien faire, c’est faire quelque chose… pas si facile à faire ne rien faire… ou ne pas faire grand chose, faire pas grand chose… faire le rien, faire le bien… et si tu fais le mal, fais le bien…

donc maintenant ne rien faire… n’être rien, que rien, tout rien… rien à faire, rien à être… que vivre sa vie, qu’un pas à la fois… ne plus rien faire et ne plus rien être… humain, nues mains, paumes levées et ouvertes vers le ciel…

non mais c’est vrai ! quand est-ce qu’on a fini quand on ne fait rien ? comment on le sait que c’est fini ? on attend que ça switche ou on switche nous-même, on provoque le switch du rien au quelque chose ? mais que faire ? que de questions, si peu de réponses et c’est tant mieux… ça allonge le jeu, de mots, ça rallonge le jus des maux…

après un an à ne faire que ce qui doit, soit le strict minimum, de retour au point neutre le chroniqueur… en stand by, à apprendre la vie dans sa plus simple expression, à suspendre le temps avec circonspection, à se surprendre du temps qui me donne tant de leçons… à regarder le temps qui passe, en moi, sur moi, et qui laisse quelques rides… sec, juicy, aride…

au jour le jour, un jour à la fois, faire ce que doit… au jour le jour, un pas à la fois, vérité qui se voit… émerger, lentement, en soi, une respiration à la fois… nulle part où aller, qu’être, que faire du sur place avec élégance et dignité, avec présence et intégrité…

ne rien faire, faire ce que doit, faire ce qui est juste et bon… et bien, et sain, et rien… ne faire d’autre que ce qui veut se faire faire, ce qui coule de source et de soi, ne faire que ce qui doit… être fait… et faire avec coeur, avec parcimonie, bien faire et laisser faire, se laisser faire par la vie, se laisser ne rien faire, laisser sa vie faire sa vie… que de laisser faire la vie… qui passe, sur moi comme sur vous…

allez, bon dimanche à ne rien faire…

stairway vers le paradis

199739_116399471861946_365617867_nvingt-sixième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 12/1

OK pause musicale syndicale…

pour vous, ce pur bonheur pour vos deux oreilles, votre coeur, vos yeux qui vont peut-être s’humidifier et votre chair qui risque de devenir poule…

alors chronique pas de mots, croc notes…

maestras & stros… enjoy !

 http://blogs.vancouversun.com/2012/12/27/heart-plays-led-zeppelins-stairway-to-heaven-makes-robert-plant-cry-video/

merci à charu…