Archives pour la catégorie les chroniques d’un hyperactif en vacances

écrire pour se dire

la 20, et bla bla bla et bla bla bla…

ça y est ! l’école est finie et l’été commence réellement ce week-end… avez-vous senti le gros gros soulagement général nous tomber dessus hier ? comme si toute l’Amérique du Nord est tombée en vacances d’un seul coup... kind of… quel moment fort toujours que cet équinoxe de juin… on s’est encore rendus cette année…

un temps où l’année scolaire est suspendue et que tout tombe en mode off… même les autobus scolaires déclarent forfait et font couche couche panier… un moment où tout le stress accumulé depuis septembre dernier par toute une génération d’écoliers s’éclate, s’échappe, s’évapore… dans l’alcool, la dope, la musique et les feux d’artifice… dans la chaleur, les partys et les fêtes… dans le début des camps de jours, camps de vacances et autres qu’en-dira-t’on…

comme si pendant l’année scolaire, tout le monde accumule un stress qui demande soulagement en juin, une drive go go go qui requiert distraction, qui exige une sortie d’air… beaucoup de tension, de pression en ce monde… faut que la steam sorte… peu importe la façon… par les manifestations, par la guerre, par l’altération de la conscience, par l’oubli temporaire quelconque… il faut que jeunesse se vive… il faut que bière se boive… dans les partys, sur les terasses, dans les festivals… il faut que les pétards se grillent, faut que les hormones se disent… en ce moment, la jeunesse du Québec est en standby et cet été est comme en mode attente… les changements mijotent, la colère gronde en sourdine… le temps des festivals du whatever… en attendant le rentrée qui arrivera tôt cet été… trop tôt…

ce soir, bal de graduation de ma plus jeune… eh que le temps file mes ami(e)s… la plus jeune au Cégep déjà… la vie continue, file droit devant, se déploie d’elle-même… devant nos yeux… en nous…

quand on a des enfants, on voit vraiment le temps filer… car nous, même si on vieillit bien quand même un peu, on ne se sent pas vraiment vieillir (parle pour toi qu’il dit !), notre âme reste toujours celle d’un ado même si notre corps nous dit autre chose, même si ça plisse et ratatine, blanchit et ralentit… malgré les années qui nous passent sur et dans le corps…

mais avec des enfants, on voit vraiment le temps passer, à l’extérieur de nous, devant nos yeux… on peut mesurer ce temps qui passe via ces beaux (et plus en plus) grands gars et belles filles qui deviennent inévitablement des adultes, qui prennent graduellement leur vie ente leurs mains… qui imposent leur vue sur notre monde, qui le prendront en charge éventuellement… allez les jeunes, fêtez maintenant, on verra pour plus tard…

pendant l’été tout s’allège, à part la pression atmosphérique… l’été nous chauffe la couenne, nous déshabille le corps et nous sort de la maison… l’été nous ramène à la terre, à la mer, à la terre-mère… nous souffle le vent dans l’âme et la chaleur sur le corps… l’été nous rajeunit, qui ne se souviens pas de ses étés d’enfant non… les mois d’août de notre enfance… l’été, même le théâtre est plus léger, les films encore plus simples… comme s’il était interdit de trop réfléchir l’été… keeps it simple summer boy… et ce week-end de la St-Jean lance les célébrations… feux d’artifice d’hormones, gros pêtage de pop-corn social… à vos partys citoyens !

ici, demain matin, début d’une retraite en silence de deux jours… j’ai décidé de passer le zénith du début de l’été à l’autre extrême du mood célébratif général… par en dedans les feux d’artifice cette année… à l’inverse du mood global, nous serons donc quelques personnes ici à célébrer en silence, chacun(e) avec soi, ensemble mais seul… en soi, pour soi, à prendre le temps, non pas pour s’éclater, oublier ni faire sortir la pression mais au contraire pour imploser, s’observer et se sentir, corps et esprit… inviter le calme en soi, en nature, en silence… simplement arrêter, être, ne rien faire, stop… bienvenue l’été…

alors pause pour quelques jours, de retour probablement lundi matin… célébrez bien…

la 21, tout court

OK à partir de maintenant, les journées commencent à raccourcir, vive le grand cycle répétitif de la vie !

rien de trop chaud aujourd’hui au menu OK ? car il y a entre autre un sujet hot à propos duquel je voudrais vous jaser mais je vais garder ça pour quand il fera plus frais… à suivre…

ce matin seulement quelques petites choses anodines du quotidien, légères, simples, inutiles… donc les plus importantes… c’est la beauté du zen d’ailleurs, utiliser la simplicité du quotidien comme miroir de l’âme… genre :

un disciple va rencontrer son maître pour lui poser quelques grandes questions existentielles sur le sens de la vie et autres sujets hautement importants à connaître… avant qu’il n’ouvre la bouche pour poser la première question, le maître demande au disciple de quel côté de la porte il a laissé ses souliers… surpris, le disciple réfléchit et admet qu’il ne s’en souvient plus… alors le maître lui donne un coup de bâton (zen évidemment !) sur la tête et le renvoie, en lui disant de revenir quand il sera plus conscient… et voilà, développer sa conscience dans tous les petits gestes de la vie, là où ça compte… et la vie devient un grand laboratoire…

je veux parler de mon chat ce matin, en fait mes chats… car je catsitte le chat de Charu et de ma fille Fanny, Mérédith est son nom, pour l’été; elle est arrivée chez moi dimanche soir… où habite déjà mon charlie… et son ami bébé écureuil tels que les voyez sur la photo… petit ajustement en cours dans la maison… mais ça se passe… les deux se respectent… de loin pour le moment… et se font des critch critch menaçants… mais so far so good

mon chat donc, quel maître zen justement ce charlie… de lui, j’apprends à relaxer, à me prélasser, à aimer et à me laisser aimer, à ralentir, à recevoir et donner de l’affection sans compter, à mixer autonomie et interdépendance, à être présent, simplement, à ce qui est autour de moi… et vous devriez le voir chasser, concentré, en toute totalité… wow…

l’autre jour, il m’a ramené une maman suisse à moitié éventrée (j’espère que vous n’êtes pas en train de déjeuner) en guise de cadeau comme le font les chats… et quelques minutes plus tard, il rentre dans la maison avec le bébé suisse dans la gueule… ils se sont mis à courir partout dans le place, faisant de ma petite maison un véritable bordel… je me sentais comme un père monoparental avec deux ptits gars hyperactifs avec du coke dans le corps et sans ritalin dans la cabane…

incroyable le règne animal, le chat tue la maman suisse et il adopte son bébé ! après deux jours, j’ai réussi à sortir le ptit suisse qui se cachait dans la maison et les deux se fréquentent dans le jardin depuis… une histoire d’amour se déploie devant mes yeux…

donc mes deux chats, des millions d’oiseaux, un beija flor, le chien de mon voisin, les 9 chevaux de mo autre voisine, les arbres plein la forêt, les mouches à feux qui illuminent la nuit, mais pas encore de souris verte ! et quelques ami(e)s qui viennent shaker le matin… vraiment l’été est bon…

ah oui, les pivoines sont sorties…

à bientôt… et buvez de l’eau !

la 22, tiens ! une journée à deux chroniques…

oui ce matin ce fut trop court, trop vite, trop rushé à mon goût, alors me revoilà, ploup ! un autre ptit bout…

ho ! on a vu le premier beija flor (colibri, donneur de becs aux fleurs) de la saison ici ce matin au toast/café après le shaking… yé ! beau tipit… bbbrrrrr……. et ptit coeur qui bat vite vite vite qui amène toujours bonheur et légèreté…

j’ai passé la dernière heure assis au soleil, à simplement écouter les oiseaux, wow ! ça arrête pas… toutes sortes de chants différents… sans arrêt… on se rend compte que la forêt est si pleine de vie… en plus du chant des oiseaux ! et de ce que l’on voit…

et me venait la réflexion pendant que j’étais assis que le son des oiseaux donne une dimension additionnelle à la forêt des alentours… du film en 3 D live… même pas besoin de Google ! en flanc de montagne, au pied d’une autre, on voit la forêt mais quand on l’entend (encore mieux si on l’écoute) en plus de la voir… et de la sentir via le vent, de rentrer dedans et de la toucher… et de la laisser nous toucher, via l’oreille l’äme… alors la forêt prend tous nos sens… elle nous donne le sien…

l’esprit de la forêt nous chuchote quelque chose mais il faut l’écouter attentivement et longuement… car très très long apprendre à simplement écouter, totalement, patiemment, attentionnément, rigoureusement… avec présence quoi…

qu’est-ce que la solitude face à cette forêt ? eh oui, on peut apporter notre koan dans le bois… en fait il ne me quitte à peu plus jamais ce koan… peut-être qu’il sent qu’il sera remplacé lors du prochain satori, ou pas et peut-être qu’il rit de moi en ce moment même, peut-être que c’est pour la vie lui et moi qui sait ? qui sait ?

anyway peut-on être vraiment seul, entouré d’arbres comme ça que je suis ? d’animaux, d’oiseaux et leurs doux chants et sifflements ? possible d’être seul avec des jardins partout ? se sentir seul peut-être, mais être seul ? avec cette vie qui vit partout autour… faut pas être trop trop sensible…

mais ça prend du temps… personnellement ça fait quelques mois que je m’applique à vivre plus lentement, présemment ! à simplement écouter, regarder, entendre… ça prend du temps en effet… mais quand on vit sans horloge, le temps a disparu… désormais le soleil se lève et se couche et entre les deux il y a de la lumière… alors on apprend à ralentir, à ne pas planifier, à inattendre, à désattendre…

OK enough for today ! comme le disait souvent notre beloved vous savez peut-être qui ? ou pas… si vous le demandez, je vous le dirai… ciao 😉

la 23, ça descend, et ça descend…

chronique ptite vite ce matin car les gens arrivent bientôt pour le shaking qui se déroule dans l’Aiglise, la salle de méditation juste à côté de ma maison (si la photo jointe)… je vous reparlerai d’ailleurs de cette salle bientôt car je suis en train de tomber en amour avec cette salle… un joyau dans ma cour…

formidable ce shaking… ça fait 5 ans que je shake régulièrement et c’est en train de changer ma vie, plus que je ne m’en rend compte je crois… ça travaille dans le corps et dans l’inconscient… ça fait son chemin jusqu’à mon âme…

par le biais du shaking, une toute simple technique de méditation active inspirée de la bioénergie, on est avec soi, sensible à son corps, présent à ses pensées, aux sensations qui traverse le corps, on laisse aller le passé, on le shake away comme disent les anglais, c’est tellement puissant que dans un ashram à Bali, un maître, Ratu Bagus (voir lien plus bas) travaille strictement avec cette technique et les gens shakent plusieurs heures par jour… certains se seraient même guéris du cancer juste en shakant…

voici quelques avantages du shaking:

• ça aide à libérer les tensions physiques, psychologiques et émotionnelles

• ça stimule la kundalini (cette énergie vitale qui circule le long de la colonne vertébrale)

• ça réactive la circulation de tous les fluides corporels (lymphatique, sanguin, intestinaux, etc…)

• ça accroît la « communicabilité » de l’ADN, ce qui permet un meilleur échange de l’information, facilitant ainsi la guérison et accentuant la regénération des tissus, des organes et autres fonctions corporelles et psychiques de même que l’échange de l’information fondamentale

• ça réveille l’énergie sexuelle et sensuelle (bye bye Viagra !)

• ça permet de bouger dans le plaisir et de retrouver la fluidité corporelle

• ça redonne au corps sa liberté d’action, l’intelligence naturelle du mouvement et de la spontanéité

• ça permet de connecter plus librement avec son inspiration et ses idées créatrices

• ça aide à perdre du poids en accentuant le métabolisme

et j’en passe…

conjointement avec la vipassana, le shaking est la technique de méditation que je privilégie… nous sommes quelques-uns à shaker régulièrement ensemble… en groupe, c’est encore plus puissant… il se passe vraiment quelque chose sans nous n’ayons à nous dire quoi que ce soit… communion plutôt que communication…

si ça vous tente d’essayer un moment donné, car tout le monde peut shaker, ça se passe régulièrement ici, notamment le premier juillet lors de la prochaine journée de méditation…

la 24, deux douzaines left avant le satori…

je vois la lumière au bout du tunnel, droit devant !

merde c’est un train !

en effet, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve…

alors apprendre à innatendre… comme le dit Vézina (1)…

oui, comme un scout, toujours prêt, à tout… le possible mais surtout l’impossible… attendre sans attendre… et si rien n’arrive, parfait ! simplement faire confiance que ce que la vie amène next est toujours la bonne affaire, sinon il se passera autre chose… évident à comprendre mais pas si évident à prendre… prendre, comprendre, apprendre, attendre… tendre… vers…

je suis allé voir un film tendre hier soir, je vous le recommande d’ailleurs, intitulé The best exotic Marigold Hotel… l’histoire : 7 personnes âgé(e)s… des vieux ? des aînés ? gens du troisième âge ? coudonc, comment on appelle ça des gens avec beaucoup d’heures au compteur ? en anglais, le terme elders fait si bien la job, ça sonne respectueux et digne…

anyway, ces 7 personnes très matures de corps s’en vont en Inde pour passer un bout de temps, chacun/ne leurs raisons, et il leur arrive toutes sortes d’affaires… vous irez voir le film… très humain… je dis film tendre car j’ai été attendri par ces histoires et ces images… attendri par le film car attendri par la vie ces jours-ci en général peut-être ? dont le fim n’est qu’une des manifestations…

ravi aussi par les images de l’Inde… pour y avoir été deux fois dans les années 1980, j’avoue que je préfère l’Inde sur écran qu’en nature… si beau pays mais trop dense, trop riche, trop bondés les trains et les foules, trop pollué, trop chaud, trop plein de vie… pour moi, la nature et l’espace inhabité d’ici m’inspirent plus, me bercent davantage… mais chacun ses goûts…

attendrir… me semble que c’est ce que fait la vie avec le temps, nous attendrir, nous rendre plus flexible, plus mou, moins dur, plus mature, adaptable, moulable, malléable… innattendre et rire… et vivre et s’attendrir… redevenir lentement qui l’on est déjà, ce que l’on a toujours été… retrouver sa nature originelle…

lentement, lentement, comme le temps qui ne rencontre pas d’horloge, nous apprenons à flotter plutôt que nager, écouter plutôt que dire dire dire dire, être plutôt que faire, accepter plutôt que désirer, surfer plutôt que se battre avec le flot, dire oui plutôt que non… attendre et vivre pleinement avant de mourir…

car vieillir attendrit… ces temps-ci, je sens le temps qui passe façonner mon corps qui, à son tour, polit mon âme… corps et âme… couple intime… le corps qui, vieillissant, nous mène doucement à l’âme… cette âme qui se révèle, de nouveau, comme aux premiers jours, avant de retourner à la maison, l’âme s’éveille, se réveille avant le retour au bercail… le corps qui rend de si précieux services et qui lentement, ralentit sa course folle…

hypothèse actuellement testée par cet humble scribouilleur: nous ne serions pas un corps habité par une âme mais une âme habitant un corps… ça fait sens non ? à fouiller par en-dedans… chacun/e pour soi…

personnel comme un koan par exemple… mêmes mots, processus différents pour chacun/e… qu’est-ce que la solitude? les réponses viennent et vont, certaines collent plus longtemps, restent, demandent réflexion, tournent en rond, polissent le questionnement, essouflent le questionneur, jusqu’au point où aucune réponse n’importe, alors qu’on réalise (réalise = rendre réel ?) que la vie mérite seulement d’être vécue, un moment à la fois, simplement, sans se poser de questions… un marathon de tentatives de réponses pour mettre un point final aux questions… car la vie n’est pas une question à résoudre, mais simplement un mystère dans lequel plonger avec toute notre présence…

probablement qu’aucune réponse ne comblera le questionnement ultime…

en terminant, une citation qui m’est restée en tête en sortant du film d’hier soir… un des acteurs, un jeune indien brillant et attendrissant ;-), dit cette phrase à quelques occasions :

in the end, it is all good, and if it is not good, then it is not the end !

la fin… et tout est juste et bon…

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référence: Vézina, J.-F . (2012) Danser avec le chaos, éditions de l’homme… relecture du moment, J’aime !

la 25, inévitablement, vers le zéro absolu…

depuis quelques mois, j’ai l’impression de disparaître graduellement… et inévitablement… vers une destinée déjà annoncée… déjà déterminée… mais que je ne saisis pas encore tout à fait cependant… je la pressens toutefois… it is coming…

comme la vague impression de me dissiper, de lentement me désintégrer, un peu comme les vieux africains à l’heure de la mort qui vont sagement s’assoir par eux-même dans le désert et qui lentement, sans résistance, patiemment, se laissent ensevelir par le sable… belle image non ? … retourner à la terre… en tous cas plus organique que la situation de nos aîné(e)s en résidence…

se sentir partir donc, lentement, consciemment, sûrement, doucement, naturellement et inévitablement se fondre dans l’océan de la vie qui passe en nous et hors nous… sans laisser de traces je partirai… m’effacerai, fonderai dans le tout… dont vous faites partie… donc vous et moi même destination…

comme l’impression de mourir avant de mourir, mais pas la mort du corps, la mort du moi, la mort de ce que je connais, de ce que je croyais être… de ce qu’on m’a fait croire que j’étais et que j’ai acheté parce que c’est comme ça la vie pour survivre en société : pas d’égo, égo, plus d’égo… comme l’ouverture de cette clôture invisible entre ce corps à moi et la présence qui l’habite et tout le reste de ce qui vit hors moi, en dehors de moi, en dehors de soi… plus séparé…

depuis quelques mois, je suis en retraite fermée chez moi… volontairement… ce que je cherche désormais n’est clairement plus à l’extérieur de moi… ni même à l’intérieur de moi je crois, que car je cherche n’est rien, rien d’autre que de laisser aller quelque chose, une finitude… j’ai désormais un tête à tête avec personne… un duel avec moi-même… qui n’existe même pas, en tous cas de moins en moins… et que le plus fort gagne… ou plutôt que le plus fort y laisse ses plumes… ou comme disait Osho: only loosers can win this game ! rien à acquérir, que des illusions à lâcher, que des mains à ouvrir et laisser la vie nous kidnapper…

grand besoin de toucher au fond du puits, de plonger dans la marmite, d’atteindre le fond du baril… pressentant qu’il n’y a pas de fond, ça continue de descendre et je creuse, je creuse… comme si la vie sociale était horizontale, un passé, présent, futur qui va vers l’avant… alors que la quête de soi – ou la perte du moi – s’inscrit dans un axe plutôt vertical toujours ici et maintenant… ça monte et ça descend… ça monte et ça descend… avec un point central en soi au milieu… on aime quand ça monte mais les deux viennent ensemble… et vient un point où il n’y a plus de haut ni de bas…

le point zénith de la décision lors du saut en bungee vendredi est lié de près à cette quête en soi, à cette plongée à l’intérieur… ça part de la même place, la plateforme du tremplin de 200 pieds c’est aussi en dedans de soi que ça se trouve… il me semble que ça requiert la même qualité de décision, d’engagement envers soi, la même solitude… ça ne peut que se prendre seul(e) ces décisions là… ce saut en bungee continue d’ailleurs de faire son effet pour moi, en moi, me questionnant sur le prochain saut dans la vie… oui je le veux…

je suis en attente en ce moment… et c’est tout à fait OK… j’en profite pour regarder pousser la vie en ce printemps full juicy et plein de soleil… en attente patiente mais je ne sais de quoi… de tout, de rien… j’ai mis en place des installations propres à certains événements mais il semble que la vie a décidé qu’il était encore trop tôt… même pas certain si ça se passera… donc patience, persévérance, adaptabilité, foi et confiance sont les thèmes qui demandent attention… OK donc, on va regarder ça…

ci-bas une chanson tirée du plus récent album de Gilles Vigneault, grand homme d’esprit et de mots, qu’une amie m’a passée hier… de circonstance… et si belle… tout simplement !!! merci Sita…

Je ne sais quel vent

J’aurai dans ma voile

Je ne sais quel jour

On m’appellera

Mais en attendant

Je taille la toile

Je marche à l’étoile

Sans compter mes pas

Je ne sais quel feu

Lavera mon âme

Quelle nuit d’été

Quel matin d’hiver

Mais pour vivre un peu

Je laisse une flamme

Veiller sur la trame

Du temps que je perds

Mon âme tremble

Entre vos mains

Et mon chemin vous ressemble

Je ne sais quel bois

Retiendra ma cendre

Déjà je me vois

Les bras pleins d’oiseaux

Je reste sans voix

Les mots les plus tendres

Ont toujours à vendre

La mort d’un roseau

Je ne sais quelle eau

Il me faudra boire

Je ne sais quels fers

Me faudra briser

Pour que mes yeux clos

Deviennent mémoire

Fermés sur la gloire

D’un premier baiser

Mon âme tremble

Entre vos mains

Vous ressemble

Ne me cherchez plus

Quand il sera l’heure

J’aurai déjà mis

Entre vous et moi

Tout ce qui m’a plus

Dans votre demeure

Tout ce dont je meurs

Et vis à la fois

Ne regrettez rien

Je fus ce fantôme

Je fus ce miroir

Qui vous a répondu

J’étais musicien

Des mêmes atomes

J’avais dans ma paume

Ce départ inscrit

Mon âme tremble

Entre vos mains

Et mon chemin

Vous ressemble

Mon âme tremble
Entre vos mains
Que mes chemins
Vous rassemblent

la 26, et toujours vers le bas… oui papa !

wow, pas beaucoup de sommeil depuis 2 nuits, l’après-vague du saut de bungee probablement ! pas un problème, simple constat… pas seul d’ailleurs, je viens d’échanger quelques mots avec Premo qui est sur FB aussi… Wakatonka et Flying Bull se rencontrent dans la nuit… meuh!

donc chronique nocturne…

fête des pères aujourd’hui… je n’y avais pas pensé du tout jusqu’à ce que mes filles m’invitent ce matin à souper demain pour l’occasion… papa est content… toujours touché de l’attention l’père…

donc pensée toute spéciale aux hommes qui ont été significatifs pour au moins un enfant dans leur vie, père bio ou pas… pensée toute spéciale aussi aux pères actuels qui semblent beaucoup mieux équipés pour la job que l’étaient les nôtres… qui ont quand même fait du mieux qu’ils ont pu avec ce qu’ils avaient…  alors pères d’aujourd’hui, lâchez pas, vous faites une bonne job !

personnellement, j’ai deux filles, Léonie 30 ans, et Fanny, 17… mais je ne vous parlerai pas d’elles car anyway comme c’est le cas de vos propres enfants, les miennes sont les plus belles du monde, et je ne veux surtout pas dévoiler leur vie privée… en cette journée des popas, j’aimerais plutôt vous parler de paternité en général et un peu de moi en tant que père… qui est un peu mon père… et son père… et son père…

ce père à moi, je l’ai peu connu… pas mal absent… mais comme tous les pères absents, peu ou beaucoup présents, il a néanmoins laissé ses traces en moi en tant que modèle paternel et masculin… modèle à suivre et modèle à être et à devenir pour les jeunes gars qui nous suivent…

pas toujours facile de s’y retrouver avec des modèles borderline dysfonctionnels toutefois…  imitant grosso modo, conscient ou pas de ça, ou réagir et faire exactement le contraire… même même, différent différent…

récemment, suite à des comportements inconscients de ma part et à une vieille souffrance en lien avec mon père qui s’est manifestée, j’ai pris part à une séance de constellation familiale en lien avec la lignée masculine de la famille de mon père… donc beaucoup qui je suis en tant qu’homme, que je le veuille ou non…

il en est ressorti que mon père, grand-père et arrière grand-père avaient été pas mal incompétents en tant que modèles paternels mais que qu’une générations précédente, il y avait un homme significatif qui soutenait tous les mâles de la famille, qui me disait d’être pardonnant envers mes prédécesseurs, qu’ils avaient fait du mieux qu’ils avaient pu… et ça a amené de la paix avec mes imperfections en tant qu’homme et père… très belle approche que les constellations (voir lien ci-bas si intéressé)….

en gros, je crois avoir été le meilleur père que j’ai pu être avec ce que j’avais comme bagage…  j’ai toujours pensé qu’on ne naît pas père, on le devient… à sueur d’homme… pas si naturel pour nous il me semble, surtout quand on a deux filles… mais ça s’apprend, avec humilité, remise en question, sensibilité, apprentissage de l’amour inconditionnel…

la fête des père m’interpelle aussi homme et gars…

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un beau texte super touchant de Patrick Lagacé sur de beaux pères dans La Presse du 16 juin :

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/patrick-lagace/201206/16/01-4535561-larry-et-sa-tribu.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_aujourdhui-sur-lapresseca_267_article_ECRAN1POS1

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http://www.constellationsfamiliales.ca/Services.html

la 27, et diving down down down…

flabbergastant, tout simplement flabbergastant… comment décrire une expérience aussi intense avec des mots aussi petits et limitatifs ? une petite mort, littéralemment… voilà ce que nous avons vécu…

sauter d’une tour de 200 pieds, les yeux, les bras et le coeur ouverts ?

je n’aurais jamais fait ça autrement que pour une cause aussi importante que la liberté d’expression et la protection des droits humains… celles des prisonniers politiques sous certaines dictatures et finalement, la mienne aussi… ma propre liberté… car ce geste de sauter dans le vide n’est rien d’autre qu’initiatique… littéralemment… c’est complètement sauté, littéralemment…

il paraît que certaines personnalités publiques ont dénigré cette levée de fonds d’Amnistie en la qualifiant de petit trip de blancs qui veulent vivre des sensations fortes au nom de la liberté d’expression… so what ? si ça peut rapporter des sous qui permettront de libérer un ou des prisonniers et/ou contribuer à une plus grande humanisation…

et en passant, à ceux et celles qui lèvent le nez avec condescendance sur cette expérience, je vous invite à oser vous tenir debout sur le bout d’un tremplin haut de 200 pieds, à sentir la peur prendre complètement possession de votre corps et de votre âme, à regarder en bas et à vous lancer dans le vide anyway… on reparlera du sens de cette levée de fond après cela OK ?

en passant, la photo accompagnant ce texte est pour cette part d’ombre défaitiste et looser vivant en chacun(e) de nous qui veut saboter les efforts de la partie lumineuse et winner qui essayer humblement d’améliorer une situation autant pour soi que pour les autres…

hier nous étions plusieurs personnes ordinaires à dépasser la peur pure… des gens comme vous et moi, déterminés à contribuer, qui ont décidé, pour diverses raisons mais principalement pour soutenir Amnistie et ses diverses causes en faveur d’une plus grande liberté dans le monde, à prendre leur courage en leur coeur et à vivre au-delà de la peur… et faire un ptit quelque chose à la mesure de nos humbles moyens…

et ce dépassement de soi a des répercussions qui continuent de prendre de l’ampleur… car dépasser une peur d’une telle envergure donne immédiatement un courage de la même mesure… littéralemment… on se sent déstabilisé, décentré, dérangé fondamentalement en son centre, mais après avoir sauter, on se sent et on est de fait plus grand, plus courageux et plus humain qu’avant… en fait, on a le courage de nos peurs !

ce matin, persiste en moi un sentiment de grandeur, d’immensité, de pouvoir (comme dans je peux et non comme dans abus de…),de courage, je ne me sens pas plus grand qu’autrui, simplement plus grand qu’avant, plus grand que mon petit moi, plus courageux que mon petit peureux intérieur, celui qui choisit l’apitoiement et le confort… je me suis senti le plus grand peureux du monde hier avant le saut (si je n’avais pas été aussi orgueilleux, je me serais enfui) et un immense courageux après…

j’ai vu des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes, tous et toutes plein(e)s de peur et de fébrilité, monter lentement et peureusement la tour, les jambes molles molles molles, prêt(e)s à rebrousser chemin à tout moment mais persistant pour finalement sauter dans le vide un après l’autre… on a beau être attaché(e)s et savoir que les risques sont minimes, faut quand même le faire, se jeter en bas… la foi ? la confiance ? la folie ? le désir de vivre plus intensémment ? oui tout ça…

car suite au saut, qui ne dure que quelques secondes en fait, on vibre plus qu’on a jamais vibré, et c’est tant mieux car ça ouvre tout grand la vie devant nous… nous ne serons plus jamais les mêmes… la prochaine fois que nous affronterons une peur, nous aurons en nous un marqueur, une référence de courage et de dépassement… oui nous aurons encore peur dans l’avenir (plus encore peut-être parce que notre capacité d’avoir peur a pris de l’expansion hier) mais nous savons désormais un peu plus que nous pouvons oser, foncer, sauter… quitte à mourir… vivre jusqu’à mourir… de peur, de vie… vivre à mort…

je tiens par la présente à remercier tous ceux et celles qui ont contribué financièrement à cette cause et tout particulièrement les gens d’Amnistie pour leur dévouement… plusieurs d’entre eux/elles ont d’ailleurs sauté avec nous hier… ça c’est prendre sa job à coeur madame! désormais, je me sens membre de la grande famille d’Amnistie, je me sens davantage membre de cette grande humanité et je veux contribuer de plus en plus au mieux-être global… à mon humble mesure, mais avec toute ma totalité…

et je tiens aussi à laisser savoir aux prisonniers politiques de partout, que même dans notre grand confort ici en Occident, nous sommes présents à vous, que nous savons que vous êtes là et que vous avez besoin d’aide… et que nous ferons ce qui est possible à la mesure de nos moyens pour vous aider, nous sommes avec vous… aho !

P.S.: les documents audio-visuels seront prêts bientôt, je les poste dès que ça sort…

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demain, open house de l’Aiglise (le petit centre de méditation zen et chamanique chez-moi à Val-David), j’aimerais bien vous rencontrer si ça vous dit / pour info:

http://www.facebook.com/groups/laiglise/

la 28, and encore going down…

c’est aujourd’hui, ça y est, c’est le jour B… comme dans Bungee… c’est aussi et surtout le jour AI, comme dans Amnistie Internationale… qui organise cet événement et qui travaille à l’année pour défendre la liberté d’expression et soutenir la défense des droits humains partout dans le monde… notamment en Syrie où il se passe à l’heure actuelle un carnage sans nom… dans lequel des civils sont tués quotidiennement par les forces de l’ordre…

car c’est là que l’attention devrait surtout être portée aujourd’hui, sur la cause soutenue par cet événement… et les personnes qui en font les frais… se rappeler et maintenir les efforts déployés par AI et plusieurs autres ONG pour défendre la liberté d’expression de certaines personnes sur la planète qui risquent leur vie simplement parce qu’ils/elles parlent leur vérité… et ils ne sont pas attaché(e)s eux, contrairement à nous qui sauteront aujourd’hui ! ils et elles risquent leur vie au quotidien pour ce droit fondamental… des gens qui marchent leur parole à grand risque…

il y a longtemps que je voulais m’impliquer auprès d’Amnistie car j’apprécie grandement leur travail… et voilà que l’occasion se présente… et pas n’importe laquelle…

en effet, symboliquement, le geste de sauter dans le vide parle haut et fort… crie même… on nous offre de dépasser une peur – pour plusieurs, et moi le premier, l’une des plus grandes que celle du vertige et des hauteurs – et du même coup démontrer notre solidarité… et récolter des fonds car c’est bien là le nerf de l’affaire… des fonds qui permettront de soutenir concrètement cette cause, au quotidien… faire partie de la solution… pour tenter d’enrayer les effets dévastateurs de la répression de parole et d’expression… pour soutenir la liberté sous toutes ses formes…

en fait non seulement les gens d’Amnistie soutiennent des individus dans leur quête et la défense de la liberté d’expression, ils nous offrent également du même coup à nous, sauteurs un peu sautés, l’occasion de nous dépasser, de confronter une peur fondamentale et de plonger… et qui sait ce que pourra permettre de débloquer ce saut dans le vide dans nos vies personnelles respectives… qui du coup rejaillira sur plus grand que nous… car nos gestes parlent…

si pour moi la peur en lien avec ce saut était plutôt abstraite jusqu’à tout récemment, elle se manifeste avec plus de vigueur depuis quelques jours… elle anime, stimule, énerve, shake, empêche de dormir – 2 h 30 du matin au moment où j’écris ces mots – elle donne vie au possible, transforme le too much en just enough… et petit à petit, le fait d’affronter ses peurs repousse les limites, nous donne le courage d’être vrai et soi, nous dicte où aller… suivez votre peur ! disait le sage… cette peur qui est excitation, fébrilité, énergie, vie, cette peur qui déplace des montagnes ou nous la fait s’écrouler sur le dos quand on choke…. cette peur qui paralyse et fige, qui nous fait nous enfuir devant le danger ou encore appelle courage et nous fait prendre le problème à bout de bras…

aujourd’hui je veux rendre hommage à tous ceux et celles, anonymes travailleurs/ses de lumière, aidant(e)s naturel(le)s et travailleurs/ses humanitaires qui, dans des contextes rigoureux et difficiles, font preuve de courage et de détermination au quotidien pour défendre et aider leurs semblables, leurs concitoyen(ne)s, ceux et celles qui ont besoin, au sein de toutes les causes favorisant la solidarité et l’humanité… autant dans les grands conflits internationaux que dans les milieux de vie plus ordinaires du quotidien, dans les centres de personnes âgées comme dans les écoles et les garderies, les hôpitaux, à la maison… donc à tous les travailleurs humanitaires, bravo et merci…

car si nous sommes seuls sur terre à la naissance et à la mort, nous vivons ensemble et nous nous devons de nous entraider, particulièrement lorsque nous sommes témoins d’injustice et de non-respect envers nos frères et soeurs… car on peut bien porter un regard accusateur sur le 1 % qui domine financièrement et leur reprocher tous les maux du monde, on peut aussi choisir de voir que dans le 99 % restant, plusieurs se battent au quotidien pour leurs prochain(e)s… et les soutenir… faire partie de la solution… pour la cause…

alors femmes et hommes de bonne volonté, hommes et femmes de coeur, aujourd’hui nous sauterons pour vous ! et pour nous !

hihahhhhhh…………

pour contribuer à la cause :

http://ode-tactic.com/sauterpourlaliberte

la 29, and going down…

salut le monde…

le matin, au réveil, avant que les yeux ne s’ouvrent, les oreilles sont déjà au poste… et en ce maint ensoleillé, les oiseaux se flirtent à qui mieux mieux autour de moi, cruising bar forestier, les unes à la recherche du mâle reproducteur, les uns de la femelle qui portera ses petits… je ne sais pas comment ça se décide chez les oiseaux… mais on dit que s’ils chantent autant au printemps, c’est principalement pour se trouver et fonder famille… pas si différents des humains finalement… mais en plus simple peut-être ? ou peut-être que ces chants d’oiseaux ne sont que de dynamiques chicanes de couples déjà ? mais ça séduit le lobe et son tympan en tous cas…

et ce jeu de séduction qui me ramène tout naturellement à mon koan : qu’est-ce que la solitude ?

dans la tradition zen, un koan est une sorte de question qui n’a pas vraiment de réponse comme telle, un paradoxe qui demande résolution, un certain non sens à – tenter de – résoudre, une question piégée pour le mental… du genre qui suis-je ? qu’est que l’amour ? la vie ? que fais le son d’une main qui applaudit ? qui a créé le créateur ? d’où viens-je ? où vais-je ?

un os que le mental rongera… autour duquel il tournera en rond… pour l’épuiser, pour qu’il lâche prise éventuellement et qu’il ne reste que le témoin qui pose un regard direct sur la vie… sans le filtre du mental qui interprète, juge, classe, rapetisse, négativise, limite… l’immensité de la vie en nous, hors de nous, la vie avec nous dedans… avec tout ce qui vit dans sa plus pure expression… tel le chants des oiseaux, le temps qui passe, la nature qui se déploie, la simplicité d’être, l’espace entre la naissance et la mort, le mystère…

le koan vit en nous quand on l’adopte sincèrement, il s’immisce dans notre corps, dans notre tête, dans notre être… il se loge en nous, nous habite, il nous sable le non-essentiel, enlève le superflu, nous décape la boîte à concepts, nous ramène à la source, il force le petit Je à se questionner sur sa propre existence séparée du grand et du ptit tout, il nous mêle royalement les idées en un grand smoothie existentiel… l’idée est de rester présent, observateur, neutre… ou de se perdre et de revenir ici… du zen quoi ! le but n’est pas la réponse, c’est le processus… et quel processus les ami(e)s ! sans fin… catch 22… et revenir…

et la solitude elle, qu’est-ce que c’est ? n’avoir personne autour ? c’est se sentir seul au monde? ne pas être en couple? enfermé dans sa tête ? emmuré dans son corps ? se sentir déconnecté de Dieu, de la nature et du reste ? c’est se croire autonome ? c’est sentir le manque sans la présence d’une autre ? c’est un vide à remplir ? bla bla… et on revient à soi, on observe, on respire…et on continue… on vide la question de tout son sens…

ça fait un an que ça roule pour moi ce koan et lentement mais sûrement, quelque chose se fait trouver… une piste se trace dans la sable mouvant du mental, un filon se laisse trouver… le supllice de la goutte… lentement, très lentement, comme la vie qui coule, comme la nature qui se déploie, comme le temps qui nous passe sur le corps et dans l’âme… le koan fait son chemin… me démembre, me donne le tournis…

en anglais, ils ont deux termes distincts pour définir la solitude : loneliness, qui implique un manque, un inconfort, une absence plus ou moins pénible de l’autre… et d’autre part, il y a le terme aloneness qui témoigne d’une présence de soi et en soi pleine, comblée, sans manque de quoi ou qui que ce soit… évidemment, c’est ce que nous recherchons tous et toutes… et la plupart du temps, nous passons de l’un à l’autre… en français, on doit jouer avec le même terme et travailler autrement…

si la vie implique d’autres personnes, en tous cas la mort, elle, est individuelle et ramène à notre solitude à sa plus simple expression… mourir à soi pour devenir le monde… car on dit aussi que la solitude n’est qu’une illusion, une séparation… qu’on ne fait qu’un avec le tout… beau concept… en effet, comment penser que l’on peut être seul en ce monde… l’air que l’on respire contient tout ce qui vit autour, même la poussière d’étoile… l’eau que l’on boit n’est que la même humidité recyclée sous diverses formes depuis toujours, les aliments que des solides poussés, fanés, digérés, expulsés et ramenés sans fin dans la même chaîne alimentaire dans laquelle nous nous situons… comment être séparé de tout ça ?

qu’est-ce que la solitude ? je me fouille l’âme et je vous reviens là-dessus…

en terminant, les mots d’un des plus grands et regrettés poêtes québécois :

et qui connait la solitude sait qu’elle est plus terrible à deux – Sylvain Lelièvre…

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sites sur lesquels vous trouverez quelques koans:

http://www.evene.fr/citations/theme/koan-zen.php

http://www.unisson06.org/dossiers/religion/ecrits_spirituels/bouddhisme/anthologie_koan.htm