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dernières, comme dans plus récentes… mais un jour, dernières quand même…

AR I ESSE PI CI TI (Respect)

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les dernières chroniques – 5/7/17

traduction : montre du respect même à ceux et celles qui ne le méritent pas (selon toi), pas en reflet de leur caractère, mais plutôt en reflet du tien

une bonne celle-là non ?

car anyway, qu’est-ce que le respect, si ce n’est notre propre capacité de voir l’humain derrière les comportements ?

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de comprendre que chacun et chacune peut faire des erreurs et continuer de voir l’humanité dans ces comportements porteurs de leçons ?

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de se voir soi-même en chaque personne qu’on perçoit comme autre que soi et finalement réaliser qu’il n’y a pas d’autres que soi-même ?

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de se porter respect à soi-même ?

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de détacher les comportements posés des gens qui les posent ?

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de continuer de garder vivants l’espoir, la confiance et la foi en nos coeurs et âmes même en ces temps socialement questionnants et quelque peu troubles ?

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de respecter la vie elle-même et de considérer tout ce qui y prend place comme parfait selon les plan divin ?

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de voir au-delà des êtres despicables tels que Trump, Le Pen et gros bébé Kim ? ou du prétendu 1 % ? car que sait-on vraiment d’eux anyway ? si ce n’est que l’image que l’on s’en fait à partir de potins et autres fake news de cet univers mondiatique…

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de considérer la nature et tout ce qui y vit comme sacré et juste ?

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de vivre chaque moment dans la grâce et la dignité de la vie ?

qu’est-ce que le respect si ce n’est notre propre capacité de considérer la mort comme l’ultime étape de la vie ?

car finalement, qu’est-ce que le respect anyway ?

et souffle le vent

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les dernières chroniques – 4/7/17

traduction : la perte a déjà transformé votre vie en un autel… – Jeff Foster 

débutons par cette citation de Jeff Foster qui remet cette phrase en contexte…

vous allez tout perdre… votre argent, votre pouvoir, votre gloire, votre succès, peut-être même votre mémoire… votre apparence va se détériorer, des êtres aimé(e)s vont mourir… votre corps va dépérir… tout ce qui semble permanent est impermanent et sera pulvérisé… graduellement – ou pas si graduellement que ça – l’expérience va vous soutirer tout ce qu’elle peut vous soutirer… s’éveiller consiste à faire face à cette réalité avec les yeux ouverts et non plus en détournant notre regard…  

mais en ce moment même, nous nous tenons sur une terre sacrée et sainte, alors que ce qui va disparaître n’a pas encore disparu, nous devons alors réaliser que ceci est la clé précieuse vers une joie inexprimable… peu importe qui ou quoi se trouve dans votre vie en ce moment même ne vous a pas encore été retiré… ceci peut vous sembler banal, évident, peu significatif, mais en réalité ceci est la clé ultime, le pourquoi et le comment fondamental de l’existence même… l’impermanence a déjà transformé tout et tout le monde autour de vous avec une telle profondeur sacrée et significative que seule une profonde gratitude émergeant du fond de votre coeur peut lui rendre justice… 

la perte a déjà transformé votre vie en un autel…

ça fesse dans le dash hein ?

mais ces temps-ci, tout à fait la réalité de votre pas toujours assez humble chroniqueur à son goût… que ce genre de citation a le tour de ré humiliser…

des ami(e)s qui me quittent ou que je quitte… same same anyway… soit par la mort du corps, ou par des routes qui divergent, la fin ou la transformation de relations plus ou moins longues semblent arriver à terme… pour le moment…

et souffle le vent…

autant des personnes mais aussi des choses de ma vie matérielle qui me quittent, s’altèrent, dépérissent, se brisent… et soit on répare, soit on rachète, soit on laisser aller… car éventuellement on devra bel et bien tout laisser aller, incluant soi-même… l’ultime laisser-aller… et pour le moment, se laisser mener par la vie…

et souffle le vent…

lors de mon récent passage sur la Côte Nord, lors d’un épisode particulièrement intense de vent, alors que je me tenais sur la plage, exactement ce que je me disais… soit je me dresse, je tiens tête et ferme les mains et retiens, soit je m’abandonne et je laisser aller… autant moi-même que les choses auxquelles je tiens et après les quelles je me retiens…

et on dirait qu’avec les années qui s’accumulent, la deuxième option veuille prédominer de plus en plus… le laisser-aller prend de plus en plus de place… car plus forte que nous la vie…

car à la jeunesse s’accompagne impétuosité et résistance, mais avec la vie qui avance et qui trace son chemin en nous, une certaine acceptation tisse ses fils… de soie ou d’araignée… une acceptation de plus en plus certaine…

et souffle le vent…

les ami(e)s encore présents dans notre vie ne le seront plus bientôt… si ce n’est pas maintenant, ce le sera un peu plus tard… et c’est exactement l’appréciation actuelle de ces personnes que Foster veut nous faire prendre conscience de… (je sais je sais un anglicisme mais tellement juste, et je l’ai mis en italique)

la vie passe…

elle est ce qu’elle est en ce moment même mais elle ne le sera pas ou plus pour très longtemps… et ceci est le propre de la vie… le mot toujours n’existe pas… toujours n’a jamais existé… toujours un jour mais pas toujours pour toujours… toujours seulement maintenant, et un peu plus peut-être… pas jamais toujours à tout jamais…

et souffle le vent…

alors essentiel d’apprécier l’éphémérité du moment, la fluidité de ce qui passe de moment en moment, au gré du temps qui file et se défile en nous et devant…

bien sûr que le départ annoncé de certains ami(e)s proches vient nous scier les jambes un peu plus à chaque fois… et nous faire prendre conscience de cette éphémère éphémérité… alors sans baisser les bras, on continue ensemble ce chemin, chemin autant individuel que commun car aucun chemin qui n’en croise pas d’autres et qui se veut séparé… même montagne, différents chemins…

garder en tête cette impermanence afin de continuer à apprécier à sa juste valeur le moment qui nous passe au visage et dans le corps… mais chaque moment qui passe et qui trace un ride sur notre corps n’atteint probablement jamais notre âme, cette place en soi qui voit tout, tout ceci et tout cela, et qui sait que seule compte cette permanente impermanence…

et souffle le vent…

_________

citation originale de Foster en anglais…

You will lose everything. Your money, your power, your fame, your success, perhaps even your memories. Your looks will go. Loved ones will die. Your body will fall apart. Everything that seems permanent is impermanent and will be smashed. Experience will gradually, or not so gradually, strip away everything that it can strip away. Waking up means facing this reality with open eyes and no longer turning away.

But right now, we stand on sacred and holy ground, for that which will be lost has not yet been lost, and realising this is the key to unspeakable joy. Whoever or whatever is in your life right now has not yet been taken away from you. This may sound trivial, obvious, like nothing, but really it is the key to everything, the why and how and wherefore of existence. Impermanence has already rendered everything and everyone around you so deeply holy and significant and worthy of your heartbreaking gratitude.

Loss has already transfigured your life into an altar.

apocalypse pas ici mais now quand même

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les dernières chroniques – 2/7/17

traduction : l’apocalypse n’est pas quelque chose qui viendra éventuellement… l’apocalypse est déjà arrivé dans plusieurs endroits de la planète… et ce n’est que parce que nous vivons dans une incroyable bulle privilégiée d’isolement social que nous avons encore le luxe d’anticiper une éventuelle apocalypse… – Terence McKenna

tiens toi ! il nous l’envoie dans le casque notre cher Terence… et comme il est mort en 2000, imaginez la pertinence de sa citation s’il voyait le monde encore aujourd’hui…

car on dirait bien que l’apocalypse se déploie encore plus concrètement depuis que les réseaux sociaux et les internets nous rapportent de vraies et fausses nouvelles à tour d’écran et à tue-tête-de-linotte…

car ne nous méprenons pas, nous chers choyés du monde ! l’apocalypse sévit en plusieurs régions du monde… malgré le confort de notre foyer qui peut nous donner une autre impression…

qu’on pense notamment à la Syrie, à plusieurs régions d’Afrique où les gens crèvent de faim à chaque jour malgré des ressources plus qu’abondantes, ou encore à l’Irak, l’Afghanistan, la Palestine où de nombreuses personnes vivent en permanence dans des camps de réfugiés ou en régions de guerre permanente, où même les hôpitaux et les écoles sont désormais bombardés…

une apocalypse actuelle et potentielle flotte partout sur le monde mes ami(e)s… même l’Occident est désormais confronté à la terreur qui peut éclater à tout moment et à tout endroit… on l’a quand même bien mérité non ? à force d’imposer notre loi pas naturelle du tout et nos valeurs partout sur la boule, pas surprenant que ça nous pète dans la face…

sans parler des océans qui baignent dans le plastique, ni des baleines qui meurent sans explications ou de nombreux animaux qui sont plus qu’en voie de disparition… et on ne parle pas de l’état de la planète qui en inquiète plus d’un…

et pendant ce temps, nous, comme les témoins de Jéhovah, on attend encore l’apocalypse…

quel luxe on a non ? simplement de ne pas avoir à vivre au quotidien cette apocalyptique réalité…

derrière nos écrans, on regarde confortablement le monde sauter, à l’abri, le ventre plein jusqu’à l’obésité chez une part de plus en plus grosse et grasse de la population branché aux écrans… et on émet nos opinions, on critique, on blablatise à écran déployé…

même que certains gros gras durs affirment qu’on ne devrait pas accueillir les gens qui fuient les bombes et bâtir des murs, qu’ils soient en béton ou en croyances…

on le luxe de seulement avoir peur… n’oublions surtout pas que nous sommes des privilégiés… des gras durs… des choyés…

et en même temps, l’apocalypse n’est qu’une version de la réalité…

car parallèlement à ce déploiement apocalyptique quotidien en certains endroits, les choses changent, et on pourrait même dire qu’elles évoluent…

les technos environnementales se raffinent, l’énergie se solarise et s’électrifie, certains rapports sociaux se solidaridisent… la place des gouvernements diminue alors que les générations de A à Z commencent à prendre plus de responsabilité et de place dans la gestion des rapport sociaux…

et on peut espérer que le 1 % se rende compte que l’on vit tous et toutes sur la même planète et sur le même bateau et qu’ils et elles mettent leurs bidous au service du plus grand nombre…

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bref, on pourrait dire que ça s’améliore et que ça empire en même temps…

alors regardons le monde avec nos deux yeux, car ni noir ni rose le monde… mauve le monde… et apocalypse et paradis en même temps… c’est selon…

P.S. eh oui, il y a une faute d’orthographe dans la citation, ce n’est pas apocolypse, c’est bel et bien apocalypse, même en anglais 😉

aho Kanata

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les dernières chroniques – 1/7/17

certains vont fêter aujourd’hui et cette année durant les 150 ans de cette grande entité politique rouge et blanche sur et dans laquelle nous vivons…

mais plusieurs n’ont pas le coeur à la fête…

notamment plusieurs membres de nombreuses nations autochtones de ce grand territoire d’une marre à l’autre pour qui 150 est une joke car plusieurs d’entre eux/elles sont ici depuis plusieurs centaines d’années…

et en plus on leur a highjacké leur territoire, eux qui ne se considéraient pas propriétaires du territoire mais plutôt leurs caretakers… sans dire qu’on les a casés dans des pensionnats et interdit de parler leur langage… sauvages vous dites ?

plusieurs francophones du Bas Canada n’ont pas non plus le coeur à la fête car leur terre berceau, qu’ils considèrent comme leur mère patrie, ne fait même  pas partie du deal constitutionnel… pas certain qu’ils veuillent en faire partie anyway… 

ce pays est une mosaïque bâtie sur des vols de territoires, des accords non respectés envers les premières nations, des batailles et des massacres, l’exploitation souvent sauvage de riches ressources naturelles… de plus la construction du chemin de fer, qui a marqué la concrétisation du territoire en reliant une marre à l’autre, le fut grâce à une forme d’esclavage des travailleurs chinois…

en tous cas diverses façons de voir nos histoires… et des histoires on se les racontent bien comme on veut…

mais d’autres se réjouissent et se réjouiront du big one fifty…

car en effet, considérant notre passé trouble et nos nombreuses zones d’ombre politico-historico-sociales, la majorité des 30 quelques millions de canadians vivent en relative paix… considérant… la grande diversité culturel et ethnique de ses concitoyen(ne)s, les multiples langues parlées, le respect relatif de la nature, le patchwork socioculturel…

tout est question de perception et de choix car on fait le monde que l’on choisit de voir… comme on dit, c’est selon… et on fête ce que l’on veut et comme le veut… ou pas…

mais l’an prochain, on pourra partager le calumet avec l’herbe interdite pendant presque 100 ans… on pourra alors se dire high Canada

pour le moment, prenant ce bâton de parole virtuel, je dis aho Kanata ! Kwe Kwe et meegwetch !

et au nom de ceux et celles qui le sentent, on demande pardon aux gens qui étaient ici avant nous pour les actions de nos ancêtres ! et travaillons à bâtir un vivre ensemble plus respectueux pour les 150 prochaines…

aho Kanata !

touché «drett» dans le coeur

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les dernières chroniques – 30/6/17

hier j’ai passé quelques heures dans le coeur… à jaser avec une amie… et j’ai été touché ici, juste là, en plein coeur… drett au coeur… aho coeur, ho le coeur…

mon amie a le cancer et elle regarde son passage vers l’autre côté lucidement et paisiblement, drett dans les yeux… je l’ai vu dans les siens… sans arrogance, ni défiance, simplement, avec réalisme, avec calme, et avec droiture et dignité… tout simplement, tout naturellement…

et lorsque la douleur sera trop grande, elle s’envolera vers la mort, avec dignité… aidée par une pro de la compassion…

comme mon amie Amala l’a fait pour plusieurs d’entre nous l’an dernier, mon amie nous montre elle aussi comment vivre totalement, en nous montrant comment danser la dernière grande valse, elle nous montre comment marcher les derniers pas vers le pont d’or… vivre totalement sa vie en acceptant totalement sa mort… plein de sens…

marcher tout droit, pas à reculons et pas de travers, mais pas à pas, un pas à la fois, chaque pas dans la foi… les yeux et le coeur grand ouverts, les ailes se déployant graduellement…

chaque pas de danse qui balance et avance dans le now, juste ici… fragile danse sur le fil du faire de la vie… cette vie qu’on nous prête et qui embrasse la mort, qui englobe la mort et qui passe avec le temps… que la mort du corps, car l’âme est immortelle…

je l’ai constaté encore hier…

hier, j’ai vu l’âme de mon amie rayonner via ses yeux, vibrer dans son corps plus fragile et son coeur plus grand que jamais, son âme encore mariée avec son corps, mais aussi plus vaste que son corps, transcendant corps et esprit…

au fur et à mesure que les années nous passent sur et dans le corps, la mort se manifeste plus concrètement autour de nous… en général, elle touche premièrement les mononcles et les matantes de notre famille élargie, puis nos parents et ensuite nos ami(e)s… la mort nous encercle tout doucement, nous enlace de plus en plus et se charge de nous rappeler à la vie… elle nous remémore l’essentiel, elle fait pousser nos éternailes…

et quand on a la chance d’avoir des ami(e)s qui meurt les yeux et le coeur ouverts, on a la chance d’apprivoiser un peu d’avance et par procuration le grand passage, le plus grand des voyages… nos ami(e)s nous guident…

le temps qui passe nous fait basculer du corps à l’âme, cette essence de nous qui y était avant que l’on s’incarne et qui restera après le repos corporel éternel… resting in peace forever

suite à notre rencontre, j’étais tout léger, tout serein… peut-être autant que mon amie je ne sais trop…

peut-être que j’idéalise un peu la situation… peut-être pour me rassurer car il doit y avoir des bouts plus rough and tough pour elle

mais à la lumière de notre rencontre céleste d’hier mais encore en corps, je conserve une étincelle éternelle, une parcelle d’éternel… une larme d’éternité au coin des yeux…

j’ai sur la pointe du coeur de la poussière d’étoiles, et dans le coin des yeux, quelques larmes bénites…

et lucky me, j’ai la chance de la recroiser dans quelques jours…

aho sisteur !

 

ni toi ni vous / que nous que nous

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les dernières chroniques – 27/6/17

traduction : je suis avec nous

depuis les quelques 56 années que j’observe humblement ce monde à partir de mon petit poste d’observation personnel, il me semble de plus en plus clair et évident que le problème fondamental avec nous bibittes zumaines est justement que nous nous pensons séparé(e)s du reste du monde…

nous ne nous sentons pas faire partie du tout, ni en partie, non, nous n’y sommes pas du tout… même si nous ne considérons pas faire partie du tout, nous nous prenons pour le centre du monde entier… en fait, supérieurs au reste du monde, mais surtout complètement déconnectés du reste du monde…

nous nous prenons pour le nombril de notre propre monde… petit et grand… et on sait tous et toutes que le nombril n’est pas si propre que ça…

car si on se prenait vraiment pour le monde entier, on le changerait le monde… le 1 % prendrait davantage soin des 99 % restant… car cette image ci-bas dit tout…

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tous et toutes dans le même bateau… le 1 % comme le reste d’entre nous… peu importe le bout, tous et toutes dans la même barque…

alors si on considérait le monde entier comme soi-même ?

car tout ce qui vit en dehors de nous fait partie de nous, qu’on s’en rende compte ou pas…

alors commençons à améliorer les choses pour ceux et celles qui sont en ce moment les plus démuni(e)s…

accueillons les gens qui fuient la guerre comme on aimerait qu’on nous accueille si on était dans une telle situation…

donnons les moyens d’atténuer la douleur à ceux et celles qui souffrent comme quand nous souffrons nous-même…

nourrissons ceux et celles qui ont faim, notamment les enfants, comme lorsque l’on a nous-même faim…

prenons soin de nos concitoyen(ne)s qui sont exclus à cause de leurs différences… et tissons un monde commun et meilleur…

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car pas de je au fond, que nous, que du nous…

serrons-nous les coudes car le je n’est pas je, le je est nous… alors à genoux devant la vie et prions je vous en prie…

singe han ?

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les dernières chroniques – 24/6/17

ça y est, c’est l’été… les journées ont déjà commencé à raccourcir, ben oui, que voulez-vous, comme ça la vie ! même si on préfère mettre l’emphase sur le positif…

pour certains, c’est le 21 juin que commence l’été, avec le solstice justement…

pour les enfants, c’est avec la fin des classes que commence réellement l’été…

pour d’autres, c’est avec la fête de la St-Jean, qui est devenue au fil du temps la fête nationale du Québec, la fête du pays…  fête qu’on appelait religieusement dans le bon vieux temps la St-Jean-Baptiste…

mais que fête-t-on au juste en ce temps précis de l’année dorénavant ?

la question se pose et la réponse varie selon le contexte dans lequel on se trouve…

car notamment dans l’hémisphère sud, c’est le début de l’hiver en ce moment… pour eux et elles aussi c’est la St-Jean, la fête de Sao Joao, mais en quelque sorte aussi la veille de Noël… Noël dans le camper… métissage des traditions…

si auparavant la St-Jean-Baptiste avait, comme tout le reste autour d’ici, une connotation principalement religieuse, cette connotation religieuse a sacré le camp et s’est transformée en fête de la nationalité…

mais personnellement ni l’une ni l’autre ne me rejoigne vraiment…

si la spiritualité m’a toujours attiré, tiré et aspiré vers le haut, je m’associe nettement moins à la religion et encore moins que moins au nationalisme provincial qui voudrait péniblement se faire pays…

je ne peux clairement m’associer ni à une religion, ni à une nation… je ne peux même pas m’associer à mon propre corps, alors encore moins à ce bout de terre sur cette planète terre…

non, je ne peux que m’associer à la nature humaine dans son ensemble… qu’une race, la human race… et pas une course… une grande marche…

et ne peux m’associer aussi qu’à toute forme de vie, autant végétale, minérale, animale qu’humaine… et même extra terrestre…

ce que l’on partage comme motif commun de fête en ce temps-ci de l’année dans notre hémisphère, c’est probablement surtout la venue du temps chaud, l’arrivée des vacances, le slack dans l’horaire…

on fête un peu de chaleur, quelques semaines de vacances et de voyages, et optimalement plus de temps passé dehors… quoi que… hell aux bibittes…

en cette fin de juin, on fête un contact plus prononcé avec la nature, on fête la sortie de nos gougounes et de nos shorts de nos fonds de tiroir… on laisse enfin respirer notre peau à l’air frais…

on fête la vie, on fête la simplicité, on fête l’extra ordinaire du quotidien…

et on tente de faire du sens de toute cette folie environnante aussi qui se déroule sur cette boule qui ne tourne pas toujours si rond…

allez, bon été à nous, à vous, à tous, à toutes…

et de l’amour tout le tour de la terre, tout le tour de la tête et de la fête, peu importe ce que vous célébrez… et de l’amour aussi tout au coeur, et du bonheur, tout le long de la journée, et de l’été, et de la vie… partout au monde et à tout le monde…

hé baptême mon ti-Jean, party time ! en couleurs…

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vérité temporaire et illusoire

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les dernières chroniques – 21/6/17

vrai ou faux ? grande question… ou fausse question ?

en tous cas pas de réponse claire…

alors qu’est-ce que la vérité ?

et le mensonge donc ? fiction fiction quand tu nous tiens…

on invente chacun chacune notre réalité… et on la croit ou pas…

pour certains peuples autochtones ancestraux, cette prétendue réalité matérielle dans laquelle on vit n’est qu’un grand rêve rempli d’air alors que les espace-temps sans forme corporelle d’avant la naissance et suite à la mort du corps seraient beaucoup plus vrais… autre point de vue… intéressant… autre réalité… ou du moins autre concept…

vérité de l’un et vérité de l’autre, pas toujours la même chose malgré qu’on partage le même espace… on crée et croit nos propres vérités…

grandes vérités et petits mensonges, et vice-versa…

en fait, toute vérité – celle du moment du moins – est éphémère et s’évapore comme brune au soleil… toute vérité finit par passer avec le temps qui passe, ou lorsque l’on se rend compte de l’éphémérité de toute apparente réalité…

la conscience finira peut-être par passer à-travers toute forme d’illusion…

certains disent même que nous vivons dans un grand rêve et on se réveillera au moment de  notre passage ultime… autre intéressant concept… autre vérité…

au fond, toute réalité est virtuelle… réalité et virtualité, concepts interchangeables…

la matière même n’est même pas nécessairement réelle… réelle pour les uns mais virtuelle pour d’autres… et toujours passagère…

par exemple, certains voient les auras, d’autres pas… alors réels ou pas les auras ?

alors ce que l’on ne croit pas existe-t-il ?

les concepts de vérité et de mensonge, de réalité et de virtualité sont des constructions humaines… rien de cela ne réside à proprement dans la nature… la nature est plus drue, plus directe… la vie est plus franche…

en cette époque de fake news, le concept de vérité est mis à mal plus que jamais…  mais dans les faits, depuis toujours aurait-on dû douter de la vérité et de la véracité des nouvelles…

car le simple choix de présenter ou pas une information relève d’un biais de sélection et vient entraver la dite objectivité d’une potentielle vérité… et de sa validité à première vue…

alors réelle cette chronique ? ou virtuelle ? et moi ? et vous ? sommes-nous vraiment ici ? vous en trais de lire après que moi j’aie écris ?

mais vrai que c’est l’été aujourd’hui… voyez comment tout est douteux, doutant et doutable…

pops absent, fils aimant quand même

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les dernières chroniques – 18/6/17

en ce matin de fête des pères, envie de vous présenter un touchant texte de Gérard Bouchard au sujet de son père (reçu via mon ami Bliss), texte qui date de quelques années…

car plusieurs pères d’une génération antérieure, qui n’ont pas été très présents physiquement auprès de leurs enfants, ne l’ont pas tous été par manque d’amour ni d’engagement…

au contraire, leur absence était une grande marque d’amour car ils ont veillé à ce que leur progéniture ne manque de rien, même à distance, même en absence… ainsi, les choses ne sont pas toujours telles qu’elles semblent être… et parfois une absence peut révéler aussi beaucoup d’amour et d’attachement…

bonne fête à tous les pops du monde…

amour à mon père, à mes filles et à leurs mères…

avec une pensée spéciale pour Guy Corneau, qui a éclairé il y a quelques années la relation père-fils et qui est disparu l’hiver dernier…

___

Mon père

GÉRARD BOUCHARD
HISTORIEN ET SOCIOLOGUE, COLLABORATION SPÉCIALE
La Presse, 16 août 2017

La fête des Pères… C’est une expression que je n’ai jamais su réconcilier avec le souvenir que je garde  de mon père. Il n’est pas exagéré de dire qu’il fut  un homme brisé dès son entrée dans l’âge adulte. Né dans une famille de cultivateurs-défricheurs, presque analphabète, il s’attendait à être établi sur une terre après son mariage. C’est ainsi que, depuis toujours, les choses se passaient dans les campagnes saguenayennes. Les terres neuves, abondantes, ne coûtaient presque rien, il suffisait d’avoir assez d’enfants pour les défricher. Des enfants vaillants et dociles qui, pour  la plupart, ne demandaient pas grand-chose à la vie.

Mais deux mauvaises surprises attendaient mon père.  Au moment de son mariage, sa famille réalisa qu’il ne restait plus de terre à défricher. Sans métier, sans héritage et avec très peu d’instruction (à quoi aurait-elle servi aux défricheurs ?), il alla s’établir à Jonquière avec ma mère  et un enfant de 2 ans (Lucien). Mais là, deuxième surprise : le chômage sévissait, la misère était grande, c’était l’époque de la « crise ». Il parvint néanmoins à s’employer comme charretier et plus tard comme camionneur.

Les ouvriers qui appartenaient à la génération de mon père, ce sont eux, au fond, qui ont préparé la Révolution tranquille.

À cause de la misère qu’ils ont vécue,  ils ont reporté leur rêve sur leurs enfants ; eux, au moins, connaîtraient un meilleur sort.

Comment s’y prendraient-ils ? En travaillant pour  les faire instruire. Car ils avaient bien vu, dans  les campagnes et les petites villes qu’ils connaissaient,  que c’étaient les plus instruits qui habitaient les belles maisons, possédaient les plus beaux chevaux, recevaient le curé à leur table, occupaient à l’église les premiers bancs et devenaient parfois députés. L’instruction les immunisait contre la pauvreté. Voilà ce qu’il fallait faire. Lorsque, dans les années 60, les élites politiques se sont enfin tournées sérieusement vers l’éducation, il y avait longtemps que les gens du peuple les y avaient précédées.

Mon père n’était pas un homme robuste, loin de là.  « Tu travailles trop », lui disait constamment ma mère qui, pourtant, n’était pas en reste. Et en effet, il s’est usé  la santé prématurément. À la maison, quand nous  nous levions tôt le matin pour l’école, il était déjà parti  à l’ouvrage. Et le soir, quand venait l’heure d’aller au lit, il n’en était pas encore revenu. Il nous est arrivé plus d’une fois de le voir rentrer seulement au matin parce qu’il avait travaillé toute la nuit. Mais il était d’humeur gaie, sans ressentiment et se contentait de peu. C’était un homme doux, sensible, extrêmement modeste, plein d’attentions pour nous. Il nous adorait.

LE PRIX DE L’ÉDUCATION

Pendant quelques années, nous avons été trois à étudier en Europe. Notre absence lui pesait ; il essayait de nous écrire mais n’y arrivait pas. Parfois, c’est Lucien qui,  à notre insu, s’arrangeait pour rédiger les lettres. Aujourd’hui, nous sommes sensibles au prix de l’éducation. Nous avons peut-être un peu oublié celui  de l’analphabétisme.

Fauché par la maladie dans la cinquantaine, il a passé les 10 dernières années de sa vie reclus, affaissé, privé de la parole ou presque. Mais son regard subsistait. Et c’était malgré tout le regard d’un homme soulagé, en paix avec lui-même, nourri du sentiment qu’il avait réussi sa vie.  En la sacrifiant pour la nôtre.

J’hésite un peu à le dire, car je crains d’être mal compris : nous étions des enfants qui, très tôt,  ont éprouvé de la pitié pour leur père.

Nous étions conscients de ce qu’il s’imposait pour nous avec ses faibles moyens et nous en ressentions un malaise.

Aujourd’hui, nous éprouvons à son endroit une reconnaissance infinie et une profonde affection, une sorte de culte discret, sans rituel. Mais est-ce que nous méritons tout ce qu’il nous a donné ? Avons-nous été à la hauteur de ses attentes et de ses sacrifices ? Nous sommes-nous montrés dignes de lui ?

Dans le souvenir que j’en garde, il n’y a finalement pas beaucoup de joie. Il s’y mêle de la perplexité et un peu de colère : qu’était donc cette société dans laquelle il fallait payer si cher pour assurer un avenir à ses enfants ?