les chroniques du d’ssous du lit… écrire et lire pour ne pas s’endormir… /15

l’amitié, valeur ultime… hommage à mon chum de gars…

j’ai passé la fin de semaine avec mon meilleur ami et je suis ravi… et lui aussi… relax, complice, facile…

ensemble, on a fait de la musique, on a partagé des repas, on a fait chacun nos affaires, on a médité ensemble et l’un à côté de l’autre, on a jasé beaucoup dans la maison et travaillé un peu autour, on est aussi allés voir un spectacle de Charles Dubé ensemble… bref un week-end confortable, inspirant et sécurisant… un week-end de gars… simple, facile, naturel…

chaud dans le coeur et sécurisant d’avoir des amis comme ça, avec qui c’est facile, avec qui on peut totalement être soi-même… avec qui on peut se laisser aller… et sentir qu’on est acceptés tel que nous sommes, sans devoir rien changer… pas besoin d’en avoir tant que ça des amis comme ça, quelques-uns suffisent…

mon ami… qui a perdu sa blonde l’an dernier après 45 ans de mariage, donc grosse année pour lui pendant laquelle on a été proches dans son malheur, et dans le mien, expérience qui se transforme pour lui graduellement en rite de passage, en expérience initiatique… sa peine a été ma peine… sans l’être vraiment car contenue dans son âme et son corps à lui… mais je n’étais pas loin et la peine, c’est contagieux… surtout celle de nos amis…

en fait, les malheurs de nos amis sont aussi nos malheurs par association, sans que l’on ne puisse rien faire d’autre que d’être là, présent, impuissant, disponible… mais cette présence est primordiale, indispensable dans notre vie…

un ami c’est toujours là, présent, même si pas en chair et en os… ce que j’ai été pour lui, ce qu’il est pour moi… et ce que nous resterons encore longtemps j’en suis certain, du moins tant que nous vivrons et que inch’allah…

un ami on peut appeller ça 24/24 – 7/7, toujours au poste… un ami ça nous prend comme on est… un ami c’est un filet de sécurité… c’est un garde-fou, un parechoc… ce que je suis pour lui, ce qu’il est pour moi…

mon ami et moi on travaille aussi ensemble depuis 12 ans, lui gardien du feu, moi guide de loge de sudation… une équipe du tonnerre, hot hot hot… pleine de complicité, de confiance mutuelle que les participants sentent durant le processus… en effet tout le monde se sent sécure en notre compagnie… ils sentent, sans savoir, la force de notre amitié…

la semaine passée, on a eu notre premier différent mon ami et moi… pas une chicane mais un certain point de désaccord… et notre amitié a survécu… car c’est important pour nous deux… l’amitié ça demande de la sincérité, de la transparence et, parfois, des chocs qui rendent la relation plus solide, qui la testent et la mettent à l’épreuve… et qui ne la rendent que plus vraie…

ces temps-ci, je n’ai pas beaucoup d’amis et je n’en veux pas tant que ça… mais ceux et celles que j’ai sont importants pour moi et j’espère que c’est réciproque… et je veux leur faire savoir qu’ils sont importants pour moi, je veux leur dire, leur laisser savoir… mais pas sur Facebook quand même 😉 et pis pourquoi pas ?

je sens que mon ami m’aime et moi aussi je l’aime… je sens que je n’ai rien à faire, juste à être moi-même… et même chose pour lui… l’amitié c’est moins attaché et attachant que l’amour, c’est plus pur… plus libre…

l’amour passe dans nos vies, mais l’amitié dure… l’amour vient et va, l’amitié demeure… parfois… l’amour court et sprinte, l’amitié marche lentement, régulièrement, patiemment… et l’amitié c’est plein d’amour aussi…

et vive l’amitié sous toutes ses formes…

bye mes ami(e)s… Facebook et autres…

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en cette journée de pluie à venir, association libre sur l’arrogance… et l’humilité…

OK je l’avoue, je suis arrogant… je pense toujours tout savoir, tout connaître… moi, ti-jo connaissant, je pense toujours tout saisir au sujet des choses qui m’entourent : je pense sérieusement que je sais qui je suis, que je comprends comment le monde fonctionne, aime penser que je suis conscient, que je connais la vie et ses multiples variations… que je vois vraiment ce qui se passe autour de moi…

qu’à lire la note accompagnant ce texte et on commence à saisir qu’on en saisit bien peu en fait de cette grande création… 2 chromosomes de moins que les patates les humains, ça aide à rester humble ça les amis !

père pendant 30 ans, j’ai donc «éduqué» deux filles, disciple d’Osho depuis aussi longtemps, j’ai un beau gros égo spirituel, psychothérapeute pendant 20 ans, j’ai «aidé» en masse de monde à se comprendre, professeur d’université depuis 15, j’ai transmis mes connaissances à des milliers d’étudiants… la preuve que je sais de quoi je parle ? je possède 2 bacc. 2 maîtrises et 1 doctorat et quelque autre titres… je suis quelqu’un… been there done that… 

j’ai une grosse tête mesdames et messieurs… mais des fois c’est lourd à porter sur de si frêles épaules… sur un si ptit body… des fois c’est difficile de la faire passer dans certaines portes cette grosse tête… dur dur de laisser de côté la connaissance accumulée et voyager continuellement léger et rester frais… facile d’oublier de vider sa tasse à chaque instant pour qu’elle puisse se remplir de jus de vie frais et spontané…

dès que je vois quelqu’un, que ce soit pour la première fois, ou la centième, mon idée est déjà faite sur lui ou elle… je l’enferme dans une camisole de force faite de mes jugements et mes croyances… je lui splashes mes jugements en pleine gueule… et lui ou elle fait probablement la même chose face à moi… ouch… de part et d’autre…

pourtant, en imposant mon arrogance sur la vie, en lui collant mes vieilles idées, je sais que je me coupe du mystère, je m’enferme dans une petite boîte, je crée une cellule de prison mentale pour moi-même… je me garde petit, minuscule devant toute cette grandiosité… pourtant je continue de le faire… et continue de vouloir en sortir, m’expandre…

la plupart du temps, je roule sur des choses que j’ai apprises il y a longtemps, sur du vieux stock, et je pense que ça va encore faire la job pour saisir le monde d’aujourd’hui…

je suis arrogant mais je suis humble aussi… mais je reconnais de plus en plus la fausse modestie derrière laquelle je veux me cacher souvent… jouer à être humble et par la porte d’en arrière, l’arrogant is back… c’est moi le plus humble ici OK là ! sournois sournois aussi l’humilité…

c’est pas Platon qui disait que la seule chose qu’il sait est qu’il ne sait rien ? plein de sens… si je ne doute pas de la sincérité du monsieur, moi, même ça je peux utiliser ça pour être arrogant… je suis tellement humble que je peux affirmer ne rien savoir… et sur Facebook en plus… mais dans le fond, monsieur smart is back

je suis humble et arrogant en même temps mais aussi et souvent en questionnement sur la coexistence des concepts tels que humilité, fierté, estime de soi, simplicité, complexité et diginité… pas si simple cette histoire inventée…

l’hiver passé, j’ai pogné un mur qui m’arrêté, qui m’a humilisé, qui m’a désarrogancisé… un peu du moins… un waterloo pour mon égo qui m’a ramené à terre, qui m’a remis sur mes 4 pattes… comme quand on entre dans une loge de sudation et que l’on redevient animal… les murs de la vie sont précieux pour revenir à soi…

dans les yeux d’un enfant et des animaux on voit encore la magie, la pureté, l’innocence et le wonder de la vie… une clé je crois…

photo : source inconnue – via Maya

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légères réflexions existentielles de jour de pluie sur la peine de mort et l’emprisonnement à perpétuité…

surpris du thème ? moi aussi d’ailleurs… welcome en mi cabeza, dans ma caboche…

j’ai des souris dans la maison, pas mal de souris, elles se promènent dans les murs et les armoires et grignotent mes fruits sur le comptoir… j’ai acheté des trappes traditionnelles – des trappes à schlak – mais aussi une nouvelle sorte avec du gluglu collant sur lequel les souris restent collées et finissent par mourir… deux s’y sont prises à date…

mais c’est un inhumain ces trucs… insouriscien si on peut dire… les souris restent collées sur ces bidules et meurent lentement, agonisant en silence de leur belle mort… me regardant de leurs grands yeux tristes… leur nom est mal choisi dans ce cas…

eh que je me sens cruel en les regardant ! en tous cas plus que lorsque je les trouve mortes dans une trappe… mais est-ce vraiment moins cruel dans les faits ? ce qu’on ne voit pas ne nous fait pas mal…

j’aime définitivement mieux les trappes traditionnelles car schlak ! fini ! la job est faite d’un ptit coup sec ! et on ne voit rien… mais ces nouveaux pièges à souris m’ont bousculé dans mes convictions profondes en me forçant à voir la mort que j’ai causé en pleine face et m’amenant aussi à comparer la peine de mort (mort subite et imposée par autrui s’entend) et les peines d’emprisonnement à perpétuité… drôle de lien mais lien pertinent quand même il me semble…

car pour certains, les animaux se situent au même niveau que les humains… ce qui est peu mon cas, et si je pouvais éviter de tuer les souris qui squattent mon home si doux je le ferais… vivre et laisser vivre right ? mais comme elles mangent ma nourriture, font pas mal de bruit la nuit et tassent la laine minérale de mes murs, me semble que je ne peux les laisser faire… elles vont finir par m’envahir… et en cet automne, je crois bien qu’elle comptent être mes colocs pour l’hiver…

alors ? est-il préférable de laisser mourir une souris – ou quelqu’un – lentement, parfois sur un laps de temps 40-50 ans pour certaines personnes, et/ou de mettre fin à ses jours immédiatement… je sais, je sais, sujet délicat…

évidemment, nous sommes à peu près tous et toutes contre la peine de mort – moi le premier – mais si quelqu’un condamné à la prison à vie manifestait le désir et l’intention de mourir tout de suite, d’en finir immédiatement, basta ! devrait-on lui refuser son choix ?

comme toute personne qui veut en finir avec la vie, peu importe la raison, devrait-on lui accorder ce choix ? ou devrais-je dire ce droit ? ou non et plutôt la forcer à se suicider s’il ou elle n’en peut plus ?

et si on peut justifier l’enfermement de quelqu’un pour le reste de ses jours par la protection de la société, ne crée-t-on pas aussi beaucoup de souffrance ? punition, réadaptation, réinsertion sociale, est-ce toujours possible ? la justice réparatrice inspirée des premières nations est en ce sens une alternative intéressante… mais ici aussi avec des limites cependant…

vous voyez, ici, euthanasie et peine de mort finissent par se rejoindre en quelque sorte… je ne veux pas partir de grands débats philosophiques ni sociologiques ou criminologiques et tout remettre en question mais je me questionne… ces foutus pièges à gluglu collant m’ont dérangé dans mes certitudes… et me forcent à me remettre en question…

d’autre part, la majorité des gens s’entendent pour accorder le droit de mettre fin à sa vie à toute personne en phase terminale qui en manifeste l’intention et des mesures légales viendront bientôt encadrer ces cas… mais si une personne non diagnostiquée de maladie mortelle vit une profonde dépression dont la souffrance est invisible et veut mourir, que fait-on? on l’aide – et si oui, comment ? ou si non, on la condamne à faire ça en cachette et par elle-même ?

certaines personnes se suicident lentement et sûrement à coup d’émissions de télévision insignifiantes aux yeux de certains pendant de nombreuses années, est-ce plus acceptable ?

et le facteur coût entre également en ligne de compte… car on peut tous et toutes être contre la peine de mort – ma position comprenez-moi bien – la situation n’est pas si simple… les jeunes, de moins en moins nombreux proportionnellement, auront-ils les moyens de garder en vie tous ces babyboomers vieillissants ? et tous ces condamnés à la prison à vie qui vont en s’accumulant en terme de nombre ?

on aimerait bien mieux ne pas avoir à penser à ça, ce que l’on fait la plupart du temps… mais certains doivent le faire…

pendant ce temps-là, moi je retourne à mes souris… et je compte bien trouver d’autres moyens plus humains de les éloigner…

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changement de sujet: non mais quelle belle journée hier ? quelques amies venues méditer le matin, le premier feu dans mon home pour chasser l’humidité, douce maison chaude, la pluie dehors et la terre qui a bu toute la journée, jouissant d’humidité… humilité et humidité, même combat ?

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liberté d’expression ? certainement, mais aussi et surtout responsabilité d’expression…

ces jours-ci, de nombreux conflits émergent en lien avec un film – pauvrement réalisé – qui ridiculise Mahomet et l’Islam… et certains journaux, dont Charlie Hebdo, en rajoutent en publiant certaines caricatures provocatrices… ce qui crée une situation particulièrement tendue en France notamment, mais aussi ailleurs dans le monde…

résultat : des adeptes de chaque côté s’affrontent, des échanges musclés ont lieu, menant jusqu’à des morts, plus de 30 jusqu’à maintenant… et ce n’est pas terminé…

la liberté d’expression est devenue une religion… pas toujours respectueuse ni intelligente toutefois… certains sont prêts à risquer de causer la mort – celles des autres et non la leur dans bien des cas – pour défendre cette si chère liberté d’expression…

mais la liberté d’expression n’est pas un droit absolu, elle vient avec des responsabilités… elle doit se faire avec respect, intelligence et maturité… et ce ne sont pas toujours les gens les plus sensibles qui réclament cette liberté d’expression…

pourtant, certains défenseurs de la liberté d’expression à tout prix ressemblent à certains adolescents… j’ai le droit de dire ce que je veux bon ! na na nana na… et peu importe les conséquences… ériger en principe absolu un privilège à utiliser avec soin et respect…

car ouvrir la bouche, publier des écrits ou des images constitue un privilège, et non un droit, surtout pas absolu… oui je peux bien affirmer tout ce que je veux mais je dois aussi regarder derrière moi pour constater les résultats que ça crée…

je dois prendre l’entière responsabilité pour mes dires et mes actions… développer la parole digne, une tâche essentielle… talk the talk et walk the talk…

ne prenant position pour ni l’une ni l’autre des parties dans ce conflit, je constate que la société de droit fait en sorte que l’on oublie souvent la responsabilité qui découle de nos droits… comme les enfants : j’ai le droit de faire ça OK là ! mais comme on dit, ma liberté commence où celle des autres se termine…

on devrait remplacer le droit par une éthique humaine empathique, responsable et respectueuse… agis envers ton voisin comme tu voudrais qu’il agisse envers toi… pas Jésus qui a dit quelque chose comme ça ? car ton voisin c’est toi… et tu es ton voisin, nous sommes un, unis et unifiés…

n’étant pas un spécialiste des religions, j’en connais peu sur l’Islam mais si ses adeptes demandent de ne pas publier de représentations graphiques de leur prophète, pourquoi est-ce impossible de respecter cela ? par principe ? que certains poussent à son paroxysme… peu importe les conséquences…

si mon voisin me demande de ne pas agir d’une certaine façon envers lui, pourquoi je ne peux pas entendre et respecter cela… que gagne-t-on à provoquer pour provoquer… jusqu’à causer la mort ?

la liberté d’expression est devenue une religion, un dogme, un principe, que certains appliquent jusqu’à l’imbécilité… jusqu’à la mort de leur concitoyens… mourir – et faire mourir – par principe…

les gens qui ont publié ce film méprisant sont directement responsables des morts et des conflits qui sévissent actuellement… les gens de Charlie Hebdo aussi… ils peuvent s’en laver les mains et se reposer sur le principe de la liberté d’expression, mais ils sont néanmoins responsables des conséquences de leurs actes… regardez-vous dans le miroir messieurs dames, probablement plus des messieurs que des dames d’ailleurs…

oui nous pouvons toutes et tous dire et faire tout ce que l’on veut dans cette vie, mais il faut assumer plus largement toutes les conséquences de nos actions directes… car chacun de nos gestes ont des répercussions à quelque part dans cette grande existence…

le karma n’est pas quelque chose qui se produira plus tard, c’est aussi le résultat direct et immédiat de chacune de mes pensées, chacune de mes actions… le karma est right here right now…

un dicton affirme que nous sommes responsables de tout ce que l’on pense, tout ce que l’on dit, tout ce que l’on fait… et de tout ce qui nous arrive… peu importe d’où ça vient, si je me trouve à un endroit précis, je suis responsable de tout ce qui me tombe dessus…

Osho décrit la responsabilité comme l’habileté à répondre – response ability – à la différence d’une réaction, qui est un mouvement spontané et impulsif qui survient directement et souvent immédiatement suite au comportement de quelqu’un d’autre… action réaction… je dis blanc et tu dis ? je dis oui et tu dis?

je ne peux décider de ce qui m’arrive, mais je peux cependant décider comment je réponds face à toute et n’importe quelle situation… en prenant le temps de sentir, ressentir, analyser avec ma tête et mon coeur et ensuite poser un geste… un geste posé et pausé… réponse… plutôt que action réaction…

personne n’est coupable, mais nous sommes tous responsables… de tout ce qui se passe dans nos vies, mais aussi de tout ce qui se passe sur la planète… vu ainsi, on se place dans le jeu et non en tant que spectateur extérieur et on peut ainsi devenir partie prenante de la solution plutôt qu’analyste du problème des autres… joueur plutôt que spectateur…

car ce manque de respect actuel au sujet de la religion n’est pas si éloigné de nos réactions personnelles dans nos différentes sphères de vie… le monde est un grand miroir…

vivre et laisser vivre… avec respect et délicatesse…

photo : Amnistie Internationale

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too much est juste assez !

récemment une personne m’a écrit pour me dire qu’elle – mais aussi que certaines autres de ses connaissances – trouvaient que je postais trop de choses sur mon mur Facebook car elle recevait des courriels à chaque fois que je poste quelque chose… elle parlait sûrement de mon groupe de l’Aiglise sur lequel je poste régulièrement des mots d‘Osho

ça m’a piqué dans mon orgueuil, chez celui qui ne veut pas déranger, celui qui ne veut pas être pris en faute, celui qui ne veut pas être too much… surtout en mentionnant que d’autres personnes trouvaient cela aussi, je me suis senti envahissant et dérangeant au carré, que dis-je au cube… too much le titi…

après quelques ruminations bien senties, je lui ai répondu qu’elle pouvait toujours désactiver la fonction courriel de son compte Facebook, ou encore qu’elle pouvait tout simplement me flusher de ses amis… je préfère être flushé que too much…

mais cet épisode m’a fait réfléchir… et continue de le faire puisque je vous en parle ce matin… alors je continue de voir ce qui est touché en moi, le spot mou dans lequel cette remarque est tombée…

la beauté avec Facebook, c’est qu’on peut décider qui on veut avoir et garder dans nos vies… on peut choisir et être sélectif mais pour ma part, je suis assez guidoune côté amis Facebook… pas comme dans ma vie de chair et d’os… je dis oui à peu près à n’importe qui me demande d’être son ami… chacun(e) a quelque chose de spéciale à partager… mais je ne veux pas être dans la vie de personne qui ne veut pas de moi… et avec Facebook, on peut choisir nos ami(e)s…

cependant Facebook ce n’est pas toute la Vie, cette Vie qui semble placer sur notre chemin les bonnes personnes, pas toujours celles qu’on voudrait ou de celles auxquelles on rêve et aspire mais inévitablement des gens qui sont là pour nous faire avancer… nous faire voir certaines choses particulières… des leçons précises…

ces temps-ci, je constate souvent mon réflexe, que dis-je ma réaction viscéralement automatique, de vouloir flusher de ma vie toute personne ou événement qui ne fait pas mon affaire, qui ne me renvoit pas une image de moi que j’apprécie… j’aime pas ça, je change de poste, comme à la télé, je flushe, delete, switch, zap zap zap… mais la Vie n’offre pas toujours de télécommande… au contraire, elle semble plutôt rejouer les mêmes épisodes jusqu’à ce que l’on ait compris…

la Vie ne se contrôle pas, ne se change pas comme bon nous semble… pas une émission de télé la Vie… le canal Vie ça n’existe pas ! parfois plutôt un traitement de canal la Vie… elle est simplement ici, là, ailleurs, partout, mettant sur notre chemin des personnes ou des événements qui nous font grandir, nous confrontent, nous ennuient, nous dérangent, nous enragent ou nous enflamment…

la Vie est un laboratoire brut dans lequel toute chose a sa place et je peux bien zapper tant que je veux, tant que la leçon n’est pas apprise, la scène se répétera… avec cette personne… ou une autre… poussé à l’extrême, cette logique veut que l’on peut même se suicider si on veut, on se réincarnera sous une autre forme pour compléter la leçon… karma karma karma karmaléon…

nous, enfants de la télé avons été habitués à zapper quand l’émission est plate… alors on se divertit constamment, changeant de canal et de place dès qu’on est contrarié… dès que l’émission ne nous permet plus de nous oublier… mais la contrariété est tellement riche et apprenante… qu’est-ce qui est dérangé en moi ? pourquoi ? qu’est-ce que ça vient chercher ?

mais cette attitude a quand même ses limites, je peux bien accepter d’être dérangé, mais jusqu’à un certain point quand même… je ne suis pas obligé d’endurer sans cesse et de soutenir des situations déplaisantes advitam eternam… sauf que la ligne est parfois difficile à tracer entre persévérer et changer de route…

choisir la voie difficile ? la moins visitée ? faire des efforts ? persévérer et souffrir pour apprendre ? toutes et aucune de ces réponses… parfois oui, parfois non, ceci ou cela… la Vie semble vouloir ça pour nous, mais pas tout le temps quand même… gimme a break Vie !

mais savoir distinguer jusqu’à où aller ou changer de route n’est pas toujours aisé à reconnaître…

pour ce faire, il faut apprendre à discerner, sentir, se faire confiance, résonner… se donner une chance de faire des erreurs, développer son intuition, toutes des choses que l’on ne nous apprend pas à la ptite école… ce n’est qu’à la grande école de la Vie que ces leçons s’apprennent… lentement, régulièrement, inévitablement… et parfois difficilement… un jour à la fois, une inspiration, une expiration à la fois…

faire confiance que la vie place sur notre chemin les personnes et événements nécessaires à notre croissance… et quand la leçon est apprise, continuer son chemin avec reconnaissance et gratitude…

if you can’t be with the one you love, love the one you’re with – Crosby Stills Nash

In life,

God doesnt give you People you want.

Instead he gives you people you need,

to teach you

to hurt you

to love you

and make you exactly

the way he wants you to be, the best ….

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sur l’importance du contenant…

petite journée de pluie qui donne au feu toute sa candeur, petite journée de pluie qui rend aquatiquement fluide le flot des vagues de l’écriture, alors hop une deuxième chronique car mes projets rénos sont stallés pour le moment, j’ai un fantasme, rien d’osé rassurez-vous, envie de faire une expérience avec vous, du moins ceux et celles qui se rendront jusqu’au bout, c’est ici qu’on voit les vrais, je veux vous démontrer par un contre-exemple l’importance des petits paragraphes et des trois petits points, le contenant de mes mots, qui font que vous aimez me lire, jamais, parfois, souvent, régulièrement, ou pas, en ces temps de ratatinage de la capacité de rétention mnémonique (beau hein? qui réfère à la mémoire) on doit séparer les communications en petits blocs, simples, une phrase une idée, d’ailleurs pourquoi j’use régulièrement de courts praragraphes et de trois petits points (et puis s’en vont), alors que dans ce cas-ci je vous filerai ça d’un coup, qu’avec des virgules, ce chapelet de mots qui rendra votre lecture difficile, dense, touffue, plus challengeante que d’habitude, comme l’est pour moi l’écriture, car ça ne respire pas, ce n’est pas suspendu par des trois petits points qui apparaissent normalement aux 5-6 lignes, alors ici vous commencez sûrement à voir plus clairement comment, en ne voyant presque plus ce que je dis, quand le contenant est mal défini, serrant trop les mots, contraignant les yeux à un texte en bloc, il devient difficile d’espacer les idées et les concepts, de réfléchir entre les paragraphes, de ne pas se perdre dans les mots et entre les mots, alors qu’ici si vous décrochez vous ne saurez même plus où vous êtes rendu(e) dans le texte et il vous sera difficile de vous y retrouver, peu importe si ce que j’écris est intéressant ou pas; alors l’écriture est comme la vie, faut savoir doser, espacer, ralentir, respirer, décorer, faut savoir la séparer en petits blocs qui sont gérables par et pour le mental, alors il peut relaxer et vous aussi, séparant la vie en petits morceaux qui se prennent bien l’un après l’autre, un moment à la fois…

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21 comme dans 21 jours de méditation check !

à tous ceux et celles qui ont commencé en même temps que moi cette stretch de 21 jours peu importe la méditation, peu importe l’heure, peu importe qui vous êtes, chapeau ! vous savez qui vous êtes… et aux autres qui n’ont pas fait 21 jours, chapeau aussi… et à ceux et celles qui n’ont pas médité du tout, je vous souhaite de le faire bientôt…

chapeau comme tour du chapeau, comme dans troisième chronique de la journée, tant qu’à être too much, assumons, ça ne paraît plus après un certain point anyway… j’espère que la fonction courriel est désactivée !

21 comme dans 21 jours & 21 chroniques… j’aime ça quand ça fitte… flic fitte frites, j’aime ça quand ça rime crime… puff !

alternant ménage, guitare, farniente, feu, écriture, rien, vous, moi, une réelle journée de fin du monde, voulant dire parfaite, relax, que des affaires le fun au programme, avec un feu dans le poêle, avec un chroniqueux en feu.. dans le cul-de-sac de la cabane… excusez-là…

belle journée Facebook non ? ça aussi on assume right ? tant qu’à être là, on va en jouir… il paraît qu’il n’y a pas de synonyme à jouir en anglais !!! ça veux-tu dire quelque chose ? anyway, journée avec soi, en soi, journée de velours satiné, tout doux sur l’âme et le body…

journée pour jouir donc, de soi, de ses proches, ou de ses plantes, chien et chat si on vit seul(e), jouir de la vie qui passe et rire de celle qui reste, de la mort qui avance petit à petit, un pas feutré à la fois, la mort avec laquelle on fait la paix de plus en plus, du moins conceptuellement parlant… à force de voir des ami(e)s nous quitter, ça devient de plus en plus vrai… même si toujours aussi inconnue…

ah ! voyez les pauses comment ça fait du bien…

donc jour pluvieux, vous et moi, un jour de plus vieux… quand j’étais jeune 😉 dans mon temps 😉 et dans le vôtre ? je disais que je n’avais pas peur de la mort… mais je ne dis plus ça car je crois que je ne savais pas de quoi je parlais dans ce temps-là… depuis j’ai vu pas mal d’ami(e)s se rendre là avant moi, alors humilité et respect devant cette grande inconnue… on verra ce à quoi ressemble la rivière une fois rendu sur le pont !

la vie la mort, petits sujets banals – banaux ? – de vendredi après-midi pluvieux… pas loin du feu le pluvieux se prend mieux… le feu garde jeune… et plus chaud…

des petits paragraphes – l’art du paragraphe, est-ce de la paragraphie et sa peur de la paragraphobie ? – pour compenser LE long paragraphe de la chronique 20, facile les numéros pour savoir où on est dans la vie… comme l’âge, qui ne veut rien dire pourtant… l’âge c’est le corps et plus on vieillit plus on se sent âme plutôt que corps… donc les numéros, bon pour le nombre d’années du corps mais ça ne marche pas pour l’âme… un âme burger pour les végétariens ! ah come on ! donnez-moi une chance, c’est vendredi après-midi après tout ! après toute la semaine…

21 jours de méditation en arrière de la cravate et je ne veux plus arrêter car autour de quoi va tourner ma journée ? ma méditation de 7 h est devenue mon ancre, mon Greenwich, mon minuit le matin… à chaque matin, je shake les restes de la journée d’avant, je shake les débris accumulés et non relachés durant cette vie… et ensuite je bois mon shake… je sais je sais, je fais concept…

chronique sans but, chronique de trop plein de mots fous déversés en ce jour de pluie qui déborde des doigts au claiver à vous… sploush !

alors chers amis, last call for today, back to my guitar, je prépare quelques surprises pour demain, il y a quelques ami(e)s qui viennent à la maison… et j’aimerais bien les flabbergastés un ptit peu… surprise !

bon et bonne équinoxe !

la photo ? je ne me souviens plus de la source, j’en manque une de temps en temps… juste touchant ! je suis certain que vous aussi vous feelez comme ça en-dedans des fois…

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légère légèreté d’être de samedi matin pluvieux… chronique légère et volage… chronique ailée… et aérienne… chronique à bout de plumes…

la terre, pacha mama, boit goulûment depuis hier ici, elle se gorge, fait le plein, vire une brosse, abuse, elle se gonfle, se bombe les bajoues et les collines, se joufflone de fun et de H20, môman est heureuse car elle avait grande soif depuis quelques mois… on l’entend se sustenter… jouissance de terre pleine d’eau again… jusqu’à ce que gaine soit pleine…

parce qu’on baigne dedans en cette partie du monde où l’on a la chance de vivre, on se rend peu compte du rôle précieux que l’eau joue dans nos vies… même chose pour l’air, le feu, la terre, tous ces éléments vitaux pour notre survie au quotidien… on s’est en quelque sorte dissociés de ces éléments fondamentaux avec le progrès que l’on arrête pas de ne pas arrêter… et qui nous ramène toujours à la base… back to basics… feu, terre, eau et air…

quand on vit en nature, on constate plus aisément l’importance de ces éléments au quotidien… on entretient un contact direct avec ces éléments…

quand on chauffe au bois, on apprécie la chaleur du feu les matins d’hiver… quand on a sa propre pompe à eau plutôt qu’un aqueduc public et anonyme, on ménage et apprécie l’eau à sa juste valeur, quand on a un jardin, on saisit tout le sens de l’Action de grâce envers la terre, et quand on respire l’air pur, on sent la vie pénétrer au plus profond de nos entrailles…

retrouver l’essentiel comme quand après avoir passé une période lourde, heavy, oui oui essentielle parfois mais toujours décapante dans les coins, intense dans le corps et qui se répercute inévitablement sur l’âme, on retrouve une certaine legèreté d’être… la légèreté est un service essentiel… up up up… rising…

on dit que les anges peuvent voler car ils se prennent à la légère (they take themselves lightly)… mais aussi parce qu’ils portent leurs ailes déployées… c’est ce que je nous souhaite, de sortir nos ailes, de se prendre à la légère, non sérieusement, avec légèreté et un brin d’insouciance comme dans sans soucis… rire de soi quand le sérieux guette nos vies…

Osho nous rapellait constamment qu’un(e) chercheur(se) de vérité peut être sincère sans être sérieux(se)… en fait, il faisait de l’humour et de la légèreté d’être des valeurs primordiales… il nous racontait d’ailleurs des farces à chaque discours, certaines particulièrement salées… des farces toujours adaptées aux thèmes dont il parlait… on a même compilé toutes ses jokes dans un recueil contenant les milliers de farces qu’il a raconté intitulé Don’t take yourself too seriously… 

cette si chère légèreté d’être dont les plumes sont les dignes représentantes…

les plumes sont d’ailleurs très présentes dans le travail chamanique… elles permettent de passer à travers les moments les plus lourds lors des travaux de guérison… les chamanes travaillent constamment avec ces outils de base…

toutes les tribus des sociétés ancestrales ont d’ailleurs conservé cet élément essentiel du travail de guérison chamanique qui constitue aussi un élément de décoration chez tous les peuples des premières nations… les plumes sont belles et elles allègent… ailes allèges…

les plumes constituent notamment notre lien avec toutes les créatures ailées, avec tout ce qui vole, ce qui tend à nous rapprocher de Dieu… les plumes sont notre lien avec le ciel, avec les cieux, avec l’au-delà… les plumes sont belles, colorées, spectaculaires… elles nous rendent envieux des oiseaux qui, eux, se déplacent à leur gré et sans frontières… liberté liberté… l’inspiration des snow birds québécois qui fuient l’hiver en Floride… si j’avais les ailes d’un ange, je partirais pour….

les premiers humains se sont d’ailleurs inspirés des ailes d’oiseaux pour imaginer les premiers avions, étudiant leur mécanique pour conceptualiser leurs engins… quel rêve fou de penser voler quand cela n’avait jamais été fait… chapeau aux frères Wright et à tous ceux qui avant eux ont fouillé en ce sens et poursuivi ce rêve… plusieurs en sont morts pour que l’on puisse en profiter aujourd’hui… hommage à nos ancêtres fous qui ont osé rêver voler…

avoir une belle plume… les plumes ont aussi été un des moyens privilégiés pour les écrivains… on les a dorénavant remplacé par des claviers… moins romantique…. mais efficace… tac à tac, en dépit de cette alchimie technologique ayant perdu de sa romance, gardons tout de même notre prose légère et aérée, écriveux et écriveuses…

photo via shivani sheldon, thanks sister…

les chroniques du d’ssous du lit… écrire et lire pour ne pas s’endormir… /23

et vous ?

dans quel monde vivez-vous ? dans quel monde voulez-vous et choisissez-vous de vivre ?

et moi dites-vous ?

je vis dans un monde rempli de sincérité, d’intentions claires et pures, de vérité, de lucidité… un monde bienveillant et soutenant… coopérant…

un monde qui m’inclut, un monde qui fait partie de moi… et dans lequel je suis partie prenante… donc responsable et assumant tout ce qui s’y passe… sans blâme ni jugement…

un grand casse-tête, un beau puzzle dans lequel je constitue un morceau important, mais ni plus ni moins que chacun des autres morceaux… un morceau unique, comme chacun des autres morceaux qui forment cette grande mosaïque qui se révèle un plaisir à réaliser et non une tâche à accomplir…

un monde plein d’amour, de confiance, d’enthousiasme, de curiosité, de découvertes et d’apprentissages quotidiens…

une pièce de théâtre dans laquelle je change constamment de rôle et dans laquelle j’accepte tous les rôles qu’on m’offre de jouer… et que je garde jeu…

un monde parfois plein de monde, mais aussi parfois sans autre monde que moi, seul avec tous mes personnages intérieurs… et à l’aise dans l’un comme dans l’autre…

un laboratoire qui se redéfinit à chaque jour, imprévisible, fantastique, surprenant, flabbergastant quand j’ouvre mes yeux tout grands…

un monde, mon monde, votre monde, notre monde, ce monde, le monde…

un jardin où les choses et les gens poussent et meurent, où tout passe, inévitablement… où la nature est ma religion, la forêt mon sanctuaire…

un monde beau et bon, rempli de beautés et de grâce mais aussi un monde cruel à l’occasion, avec des atrocités à ne pas nier mais aussi à ne pas encourager… à tout faire pour changer…

une toile blanche que je peux remplir des couleurs de mon choix, de toute la gamme des couleurs…

un monde aimant, acceptant, sécurisant, contemplant, plein d’enfants, petits et grands…

une occasion de me connaître, de te connaître, un monde noir et blanc, qui déploit toutes couleurs et ses tons de gris…

un monde généreux, le coeur sur la main, un monde abondant…

une chanson sur laquelle mettre des notes, de la musique et des mots… ou seulement des boum boum, pow pow et des lalala et des chabada…

un monde grand, immense, incommensurable, ouvert, infini, en même temps qu’immensémment petit, minuscule, infinitisémal, exigu et limité…

une multitude de possibilités, de peut-être, de si… jusqu’à Paris…

un monde de 7 milliards d’humains qui fonctionne, chaque jour, parfaitement car c’est la seule façon qu’il a d’être, tel qu’il est et non tel que je le voudrais…

un chemin à marcher et non un but à atteindre…

un monde tel qu’il est ce matin…

les chroniques du d’ssous du lit… écrire et lire pour ne pas s’endormir… /24

chronique nocturne, la lune doit sûrement tendre vers sa plénitude mensuelle… la lune a ses lunes… la lune dans tous ses états…

quelle image inspirante que celle qui accompagne ce texte ? la musique qui rend libre… la musique qui donne des ailes… qui permet l’évasion… la musique qui transforme du temps supposémment perdu en créativité, en liberté, en libération, en beauté, en plaisir des sens…

parfois je me demande d’ailleurs ce que vivent les sourds de naissance ? on dit qu’on ne peut manquer ce que l’on ne connaît pas… mais je me demande s’ils entendent eux aussi une certaine forme de musicalité intérieure… un om quelconque ? une certaine vibration pleine de son en eux ?

cette image me rappelle qu’il y quelques années, j’allais au pénitencier pour guider des méditations (accompagnées de musique of course, celle de Krishna Das) avec et pour les détenus, j’avais intitulé mon projet la grande évasion – informellement seulement, car formellement je ne crois pas que ça aurait passé auprès des autorités administratives 😉

à l’époque, aller en prison m’a permis de mesurer et d’apprécier ma liberté, surtout à ma sortie quand les portes s’ouvraient et que j’en ressortais… on n’apprécie jamais vraiment quelque chose autant que lorsqu’on le perd… même si ce n’est que temporairement… liberté liberté…

à l’occasion j’allais faire un tour «en d’dans» avec mon ami Ben qui est quadraplégique donc prisonnier de son corps… il avait un grand impact chez les détenus, en effet, bien difficile de se plaindre auprès de lui… et mon ami Ben profitait aussi de son contact avec les détenus car lorsqu’il sortait, lui aussi, il se sentait libre d’une certaine façon…

tout ça pour dire que certains détenus – les détenus des murs mais aussi ceux de l’intérieur, car certains murs sont invisibles – utilisent leur temps, abondant, pour apprendre, créer, changer… et pour plusieurs d’entre eux, la musique permet cette évasion, créant un trou dans les nuages… c’est aussi d’ailleurs le cas de mon ami Ben – auparavant musicien – qui, prisonnier de son corps, trippe totalement musique… je suis certain qu’il danse dans sa tête quand il écoute… que des ailes lui poussent par les oreilles jusqu’à l’âme…

et tout ça pour dire aussi que la musique, que ce soit par son écoute ou en jouant d’un instrument, nous permet de nous évader, peu importe nos contraintes, nos murs, nos lourdeurs au coeur, la musique nous donne des ailes, nous allège, la patte et la pensée, le coeur et l’humeur…

la musique ne fait pas qu’adoucir les moeurs… elle guérit aussi des peines d’amour, des blues et des trous noirs de l’âme, elle soulage les downs de corps et d’esprit… ainsi soit-il et ainsi sonne-t-elle…

cet hiver j’ai eu le coeur gros… et j’ai écrit une chanson de coeur brisé… un gros blues down, triste et cochon… j’ai réussi à transformer un bleu au coeur en arc-en-ciel de bouche et d’oreile, mon ptit coeur brisé et à moitié mort en blues juicy et vivant, alchimie alchimie quand tu résonnes… je vous la jouerai quand on se verra…

mais ça m’a pris du temps à oser me commettre avec cette chanson, moi qui jugeait les tristes chansons d’amour et de coeurs brisés un peu pathétiques… mais quel soulagement de prendre sa douleur et d’en faire un ode à la vie, un ode à l’amour… avouer que l’on a mal au coeur, le dire et le chanter… pour éventuellement le rire et le danser…

la musique ne connaît pas de barrière de langue ni de style… c’est d’ailleurs le plus grand héritage que je crois avoir laissé à mes filles : leur capacatié d’aimer plusieurs types de musique… ce qui requiert ouverture d’esprit pour dépasser le «ah, ça s’est pas mon genre de musique ! »… pôvres eux-autres qui vivent ainsi… que de beaux et bons sons manqués…

si on se laisse faire, la musique nous prend sur ses ailes, nous transporte, nous évapore, nous liquéfie, nous kicke les fesses, nous berce, nous flatte les oreilles et le reste…

la musique est folle, douce, rock n roll, classique ou baroque, elle est twist, valse, tango ou cha cha cha… populaire… ou pas… elle est blues ou rouge, verte mais jamais drabe, même dans les ascenceurs, elle est de toutes les couleurs…

la musique est gratuite, elle est partout, même et surtout dans la nature où les oiseaux s’évertuent à remplir le silence de leur ptits pit pit mélodiques…

et même ce silence est musique à nos oreilles… plein de vide, plein de son, subtil, limpide, direct au coeur… silence en dehors qui appelle silence en dedans…

vive la musique pour l’espace et la vastitude qu’elle offre, vivre la musique pour la richesse d’écoute… car même quand on s’exprime musicalement, les oreilles sont au poste, jamais très loin du coeur…