Archives pour la catégorie les digressions de l’an 13

aigre-doux

În Culise Teatru Pub's photo.cinquante-septième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 28/1

traduction maison : alors ceci est ma vie… et je veux vous laisser savoir que je suis heureux et triste en même temps, et que j’essaie de comprendre comment cela est possible…

je sais, je sais, je vous ai fait faux bond hier… je me suis fait agace chronique… première fois cette année que je sautais une journée… ça prend toujours une première fois… toujours un ptit kick la première fois… mais voilà fantasme réalisé… alors me revoici…

bonheur et malheur, joie et tristesse… ange et démon… noir et blanc… doute et certitude… tout co-existe, la vie et son contraire, le vide est dans tout, le rien est plein de vie… dualité et/ou co-existence ? inclusion ou exclusion ?

les rêves et cette réalité… contradictoires ou complémentaires ? enligner sa vie à partir de ses rêves, de ses intuitions, de ses visions ? possible ? ou rêver à partir de l’ordinaire de sa vie ? et utiliser ces inspirations comme moteur… mais quel est le sens de la vie si on ne va nulle part ?

vous voyez, de grandes questions existentielles ce matin dans la ptite caboche du chroniqueur… de grands questionnements, des réflexions volages et des pensées sans queue ni tête…

en processus d’apprentissage d’une réalité sans projets d’avenir, sans route qui se déploie clairement devant moi, je tente d’apprivoiser un quotidien qui ne va nulle part… un quotidien qui ne veut et ne peut qu’être ici, présent, immobile, mais non stagnant… en mouvement, sur place…

apprenant à apprécier la simple présence du moment, à goûter à la beauté du temps qui ne passe pas, ou du moins si lentement qu’il semble faire du sur place lui aussi tout comme moi, me branchant au calme de la forêt environnante, et m’accordant sur ma propre présence pleine de mouvements qui semblent parfois contradictoires, je découvre un espace de glace et place… espace de glace quant aux actions à mettre en place, espace spacieux en mon for intérieur…

quand soudainement on n’avance pas, qu’on avance plus, on en arrive à se devancer parfois soi-même… on va plus vite que soi car tellement habitué d’avancer, d’aller à quelque part et vite à part de ça… mais pour le moment, stanby… au neutre le chroniqueur… ici, wo beck !

donc chronique sans queue ni tête… chronique de petit lundi matin chronique, début de semaine qui divague, chronique qui fait du sur place… une chronique de plus en arrière de la cravate pour vous et vous voyez ? vous n’êtes pas rendu(e)s ailleurs… qu’ici… vous avez lu et n’avez rien appris…

donc je vous offre cette chronique qui ne vous apporte rien d’autre qu’un petit moment passé en votre – bonne ? – compagnie… et un peu en la mienne… une chronique de mots vides et pleins, de mots de bonheur et de tristesse en même temps… une chronique pleine de rien, vide de tout, une anachronique chronique…

mes mots pour rien, car c’est tout ce que j’ai… mes mots pour vous, car c’est vous qui lisez…

sioux où ?

photo: În Culise Teatru Pub

3 ou 4 ? 6 ou 9 ? 3 et 4, 6 et 9…

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HIO(*&)cinquante-sixième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 26/1

bla bla vérités, mensonges, différentes perceptions, réalités variables et autres nuances de l’entre deux…

finalement, on ne voit que soi…as above, so below, as inside outside…

perceptions perceptions… la vie la vie… différents angles de vie et de vue…

tout dépend d’où on se tient… de ce qu’on regarde… d’où l’on vient… de ce que l’on croit… de ce que l’on veut voir… entre autres choses…

il n’y a pas une réalité, il y a des réalités… pas une vérité, des vérités… pas une vie, des vies… et versa…

noir ou blanc la vie ? que du gris, que du gris mes ami(e)s…

tout n’est que question de perception, question de point de vue… de perspective… je vois principalement ce que je suis… l’oeil de dieu ? mon oeil… je vois la poutre dans mon oeil, dieu dans mon oeil…

qui a tort ? qui a raison ? ni un, ni l’autre, et les deux en même temps… tout le temps, jamais… pour toujours et à tout jamais…

alors 3 ou 4 ? 6 ou 9 ?

3 et 4, 6 et 9…

la poule et l’oeuf…

cot cot cot…

être tu seul(e)

minsfulmusclecinquante-quatrième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 26/1

traduction maison: être capable d’être seul(e) est fondamental dans l’art d’aimer… quand on est bien seul(e) avec soi-même, on peut alors être avec les autres sans qu’ils ne constituent une forme de fuite…

si vous lisez ces mots depuis un certain temps, vous savez que l’apprentissage de la solitude est un thème récurrent pour le chroniqueur… la leçon de vie de la dernière année… l’enjeu personnel numéro un à apprivoiser… LA leçon du moment… et des nombreux avant lui… et possiblement des quelques prochains à venir…

avoir fait le choix de vivre seul en forêt, à quelques kilomètres du village, sur une route peu fréquentée – métaphoriquement et littéralement – tout particulièrement en hiver, constitue une inévitable et nécessaire rencontre avec soi… même si pas toujours évidente… certainement pas évitante…

plusieurs grosses faces de monstre se révèlent à nous en cours de route… tous les démons doivent être rencontrés… un jour ou l’autre, particulièrement lors des nuits de pleine lune plus éveillantes… allo toi…

je revoies encore ma tante, décédée il y a quelques jours, lors de ma visite la semaine dernière et je conserve cette image claire que l’on doit vraiment devenir son meilleur ami pendant qu’on vit car la mort nous rappellera à l’ordre éventuellement… tôt ou tard… inévitablement, on se retrouvera seul(e) avec soi comme miroir… aussi bien le voir…

pour avoir vécu en famille et/ou en commune, donc entouré, toute ma vie, je comprends que cette leçon de vie est difficile à acquérir lorsque l’on élève une famille… car ce n’est pas nécessairement la tâche primordiale du moment… dans notre première moitié de vie (grosso modo), l’enjeu est davantage d’apprendre à gagner sa vie, subvenir aux besoins de nos bien-aimé(e)s, communiquer clairement, donner et recevoir l’amour, bref bouger en groupe…

puis lorsque la famille a grandi, lorsque le groupe autour a fondu, revient alors le temps de revenir à soi… et alors, beaucoup de temps pour ça… tout le temps que pour cela… si on le veut… si on le peut… sans faux fuyant, sans se divertir de soi-même… mais certain(e)s ne feront jamais ce choix de leur vivant… peu importe, votre chemin est votre chemin… et la mort nous ramènera à soi… et à la maison…

pour vivre seul depuis quelques années, sans relation amoureuse au cours la dernière et ne voyant volontairement que très peu de gens ici dans mon fond de rang, j’ai fait un face à face avec moi… et depuis je recolle mes morceaux… et je vous dis qu’il y a du monde là m’ssieurs dames… y a du monde à la messe… mais si, beaucoup…

en fait, je dis que je recolle les morceaux mais il serait plus juste de dire que je me déleste de plusieurs des morceaux que je croyais être… ces vieux morceaux de robot que je n’ai pas envie de reprendre ni plus envie de traîner… j’aime bien qu’il m’en manque des bouts… en fait, je suis prêt à dropper tout ce que je croyais être et qui n’est plus, ce qui ne sert plus… ce qui n’a plus raison d’être… miroir miroir, dis moi qui je ne suis plus…

mais pour ça, faut se regarder dans le miroir en question, faut oser se regarder les yeux dans les yeux dans le miroir, et fixer assez longtemps… surtout quand le visage qui apparait n’est pas le plus beau, ni celui qu’on croyait avoir… ou celui qu’on voudrait voir… visage à deux faces, visage à mille faces… à voir, face à face à face… drett dans l’dash… se passer soi-même la face au cash…

moment ultime, moment intime… se dévoiler à soi-même… laisser tomber les autres pour un moment et oser se rencontrer, dans toutes ses faces et ses facettes, dans toutes ses ombres et ses planètes… se regarder dans les yeux… les yeux ouverts, les yeux fermés… se voir en pleine face… se dé/voiler, à bas les masques, tous voiles levés, un après l’autre, et dé/couvrir son visage originel…

ah ! c’est toi ça ? welcome home !

et pour votre plaisir :  http://www.youtube.com/watch?v=AyUp1rnv7rY

The Idealist

(………………………..)

memoriesofthesoulcinquante-troisième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 25/1

traduction maison: commencez à écouter les espaces de silence entre vos pensées et appréciez la source de paix contenue en ceux-ci…

après la beauté, le silence… froid, glacial, crispy…

que de mouvements en ce menu mental… monumental mécanisme de rumination et de boucles… sans cesse, les pensées viennent, les pensées vont… et surtout reviennent incessamment… que les regarder, les reconnaître, les assumer, les observer, zooop… et une fois de temps en temps partir avec, et se perdre dedans, pour un moment ou deux, ou plus… et revenir, toujours revenir… à la respiration, aux sensations, flux, flow… good morning…

incessant mouvement d’aller retour dans l’univers des pensées… impossible de s’en sortir, autrement qu’en rentrant dedans, s’y glissant, pour parfois s’y perdre, se noyer et être submergé(e) de pensées et émerger, surfer et flotter sur les vagues de silence… celui de la forêt, celui du vide, celui en soi…

quel voyage d’exploration que cette perpétuelle quête de soi, quête de rien, une introspection chirurgicale… le chemin de la méditation qui consiste à suivre les pensées jusqu’à leur source… d’où l’on vient, où l’on va… ici, maintenant, tout simplement…

et chercher cette immensité en soi, un univers qui se révèle dès que l’on ferme les yeux… vaste, abyssal, vertigineux, plus rien à quoi tenir ou se retenir… que se laisser porter… dès que l’on ferme les portes visuelles et que l’on plonge en soi… bienvenue le monde…

la chose la plus simple au monde, soit simplement être présent(e) à soi, au monde, constitue aussi l’activité – ou non-activité – la plus délicate, la plus ardue, la plus demandante… rester présent(e), être, ne rien faire d’autre qu’être… et ne rien être… pourtant… simple et si complexe… comme marcher sur un fil de fer… qu’un pas à la fois, qu’une respiration après l’autre…

et écouter… le silence, le rien, le vide… et s’y lover, s’y réfugier…

OK fin de la pause bla bla, moi j’y retourne… sploussshhhh et plouc….
Zoe Peponi

citation du haut : memories of the soul… / du bas : zoe peponi

laisser parler la beauté

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cinquante-deuxième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 25/1

ce matin, les mots font place aux couleurs, à la beauté, à l’effervescence, à l’abondance…

rien d’autre à faire que de permettre à vos yeux de boire cette beauté et laisser ces couleurs réchauffer votre coeur… et peut-être rattraper les trois chroniques d’hier…

bon vendredi…

art : nathalie jutras… Force of Creation. 24 x 24 Acrylique

téléchargement en cours…

67667_282125941912893_201104041_ncinquante-et-unième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 24/1

c’est moi sur l’image… vous m’avez reconnu ? vous me surprenez en train de channeller et du même coup formatter mon disque dur interne, snapper ma mémoire vive et télécharger de nouveaux programmes… seulement, dans la vraie vie, un peu plus long que prévu… téléchargement toujours en cours… haute vitesse haute vitesse qu’ils disaient…

« Avez-vous la patience d’attendre que la boue se dépose au fond de l’eau et que l’eau de l’étang devienne claire à nouveau ?  Avez-vous le courage de rester immobile jusqu’à ce que l’action juste émerge d’elle-même ? » – Lao Tseu

et cette affirmation de Lao Tseu vous rejoint ? je le savais… car je vous connais vous savez ? plus que vous le soupçonnez… depuis le temps que vous me lisez, vous ne pouvez plus trop m’en cacher… et vice versa… mutuelle transparence virtuelle… big brother is watching you… et avec votre esprit… amen…

sérieusement, mais pas trop, cette question d’attente et de patience du moment juste qui vient naturellement représente la seule attitude et disposition possibles dans certaines périodes de vie… comme celle-ci d’ailleurs pour moi… non mon garagiste n’a pas encore téléphoné, merci de demander… donc j’attends ça aussi… attendre encore et encore que les choses se tassent et que les affaires se placent, que le trouble s’efface et que la clarté se montre la face… pas facile attendre quand on est habitué à go go go… mais ça s’apprend… lentement, patiemment…

mais on ne parle pas vraiment d’attendre en fait… davantage d’être en attente, patienter, relaxer, décompresser, le pied sur la clutch, le moteur qui tourne au ralenti… pas attendre activement comme tel, mais tout de même une certaine attente, patiente, relaxe, décontractée, lousse dans le corps… une patience groundée dans l’ici, dans le nulle part, dans le mystère autour qui ne s’en va nulle part ailleurs… un stanby qui nous garde ici…

attendre et simultanément avoir le courage de rester assis sur ses fesses – debout peut aussi faire l’affaire – et méditer, mariner, mijoter, patienter, sentir, observer, rester, hésiter, vouloir bouger mais résister et rester quand même sur place, immobile… et patiemment attendre l’euréka ! l’éclair de génie, le signe, l’action juste qui nous envahira et nous possédera et nous fera bouger corps et âme… mais auparavant, ne rien provoquer… patienter surtout quand ça ne bouge pas aussi vite qu’on le voudrait, quand la vie est pas aussi excitante qu’elle ne l’a déjà été ou qu’on la voudrait… prendre son mal en patience… et son bien aussi…

alors devant cette hésitation existentielle qui semble perpétuelle et infinie parfois quand on a les deux pieds dedans et qu’on veut de l’action, apprendre à répondre plutôt que réagir… répondre à ce que la vie veut de nous, ce qu’elle nous envoie, ce qui nous est demandé comme output en réponse à cet input…  oui, peut-être un jour… et au final, avoir la sagesse et la clarté d’entendre le message…

ne pas simplement faire ce que doit à partir de nos désirs personnels car de toute façon, trop confus actuellement… trop de résistance… que faire ce que la vie veut faire de nous, ce qui doit se faire à travers nous… laisser la vie nous faire faire… ou ne rien faire… calvaire… devenir un instrument des dieux… une flûte de bambou et laisser l’air nous souffler un air… flûte alors… en temps et lieux…

donc laisser l’action émerger d’elle-même… laisser la vie nous dire quoi et quand, comment et avec qui… pour qui et pourquoi… grande sagesse que celle-là vous dites ? vous dites…

tout vient à point… à qui n’attend rien…

397344_10151221645990155_1080618012_ncinquantième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 24/1

RIP ma tannéné… veuille sur nous maintenant, à côté de ta grande soeur chérie…

tout vient à point nommé… même la vie, et surtout la mort… et parfois rien ne vient… rien ne va… rien n’avance… tout de glace, que du sur place… mais que ça avance néanmoins par en dedans… ça spin en crime sur la glace… du sur place… mais qu’en surface… car sous la glace, la vie se passe…

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« Soyez patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur et essayez d’aimer les questions elles-mêmes, comme si elles étaient des salles verrouillées ou des livres écrits dans une langue qui vous est étrangère.

Ne cherchez pas les réponses maintenant car elles ne peuvent vous être données, vous ne seriez pas en mesure de les vivre. L’important c’est de tout vivre !

Vivez les questions maintenant ! Peut-être serez vous alors progressivement capable, sans même vous en apercevoir, de vous approcher doucement des réponses. » – Rainer Maria Rilke
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sagesse pertinente que ces mots de Rilke… mots justes, mots sages, mots posés… dans le moment, dans l’instant, dans le nowhere… patience, patience… respect pour le mystère, sagesse dans le rien faire…

apprendre à soutenir l’attente ? développer la patience ? l’oeuvre d’une vie… en attendant la mort… une grande patience contente pour finalement outrepasser, passer outre et découvrir l’envers du décor, le dépassement du corps… le ravissement du now… le retentissement du  wow… la mort ? wake up call pour les vivants !

j’attends justement en ce moment… pas la mort, quoi que, ne sommes-nous pas tous et toutes en attente ? non à plus court terme, l’appel de mon garagiste… et tant qu’il n’appelle pas, tout va bien… alors qu’attends-je ? rien… en attendant, je vis…

et j’écris… tout simplement, ici, maintenant… j’écris par en avant… j’écris pour passer le temps qui pourtant ne passe pas vraiment… j’écris pour rentrer d’dans… la vie… un miroir… une chronique à la fois, le livre se bâtit, le recueil prend forme, une lettre après l’autre, un mot à la fois… attente chronique, écriture tonique… attente empathique pour cousines et cousin… pensées de veille pour mama tante…

le feu face à moi, la chienne à mes pieds (eh oui latika est revenue à la maison, wouf wouf qu’elle vous dit), le portable sur mes cuisses, les doigts sur le clavier, les yeux dans la forêt, et sur l’écran parfois… parfaite est la vie… en suspens dans le temps… en attente de rien, en attente de tout… car à force d’attendre, on finit par vivre le présent dans toute sa totalité… on devient un spécialiste de la salle d’attente…

la vie comme une lente attente, la vie sans attentes, la vie sans mama tante désormais… un souvenir, dernier soupir…venir, devenir et mourir, dernier expire… oui la mort appelle la vie, la vie rappelle l’amor…

amor amor amor fortunate…

attends-nous, on s’en vient… bientôt, ou un peu plus tard… en fait, on arrive… on est déjà ici…

Do not try to become anything.
Do not make yourself into anything.
Do not be a meditator.
Do not become enlightened.
When you sit, let it be.
What you walk, let it be.
Grasp at nothing.
Resist nothing.

– Ajahn Chah (via Vistar Jivan)

objectif subjectivité

208359_4297838850437_1299338463_nquarante-neuvième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 24/1

mise en garde : il se peut que vous deviez vous y prendre à quelques reprises pour saisir ce qui suit… car même moi, je suis encore pantois…

objectivantes élucubrations subjectives d’une nuit de lune croissante, lune grimpante, lune miroitante… nuit de lune montante, reflétante… reflétant le regard qui s’y perd… nuit croustillante et fendante comme le bois qui craque au feu… nuit claire de froid, sweet moon de miel…

quand le regard se porte sur lui-même, reflété dans la nuit étoilée, qu’y vois-je quand je me regarde ? car le je regarde le moi… je vois moi… mais moi ne vois rien… d’autre que soi… je ne suis pas moi, ni soi, ni toi… je suis hors de moi, de toi, du soi…

et suis-je seulement quoi que ce soit ? ou qui que je vois, le suis-je ? car moi ne suis pas, moi n’est pas… je suis je… je me suis… j’aime je… moi j’aime… je m’aime… j’aime… je like… et clique… mais si je est nous, je est vous… et vous est tout… tout est moi… si moi je suis moi, toi t’es qui ?

quand je me vois, est-ce que ce que je vois est moi ? ou je qui vois moi ? ou vois-je seulement quelque chose ? ou quelqu’un ? suis-je ceci ? et cela ? ou cela ? est-ce que cela est moi ? ou pas… quand je me regarde, que vois-je ? je ou moi ? et toi quand tu me vois, que vois-tu ? ce que je vois aussi ? ou ne vois-tu que toi comme moi qui ne vois que moi ? qui ne se vois pas… pas tout à fait, pas complètement… ni objectivement… que sujet objectivé…

la conscience n’est pas objet… elle est sujet… à interprétation… à perception… à modification… sujet à sensation… mais elle se fait aussi objet de désir… désir ultime, désir divin… désirer l’indésirable, l’inatteignable… objet de convoitise que l’on ne peut s’approprier car ultime illusion… qui englobe tout…

désirer cette conscience désirée par elle-même… la présence n’est pas quelque chose mais elle n’est pas non plus rien du tout, ni rien, ni tout… c’est selon… la conscience est ce qui a toujours été, ce qui sera toujours… elle n’a jamais été séparée et ne le sera jamais, séparée de tout, à jamais…

la conscience est ce qui cherche et qui recherche, ce qui est cherché, et recherché sans cesse… la conscience est ce que l’on cherche, mais qui est toujours là, à nous observer la chercher… à nous regarder soi-même… la conscience court après la queue de sa conscience pour la mordre… avec confiance, avec méfiance, avec prestance…

l’objet recherché est extérieur à soi, le sujet en soi, le sujet le soi… mais y a-t-il seulement nuance entre les deux ? en soi, hors soi… d’ailleurs qu’est-ce que le soi ? sinon la conscience qui s’observe s’observer… un miroir reflétant le miroir reflétant le miroir… image invisible reflétée à l’infini…

le tout contient le rien et ce rien englobe tout… l’existence n’est pas qu’une simple absence, elle est absence pleine… de présence, de conscience, de jouissance… une plénitude vide… avide de sens, de plein, de vide… vide sanitaire et salutaire…

désidentification ultime, coupure du cordon biblicale… la fin de l’histoire… sweet jesus… qui bouddha son plaisir… alors larguer les amares, défier la mort, aller de l’autre bord… du miroir et voir… se regarder regarder… et croiser son propre regard…

vous, yeux qui porterez sur ces mots un regard inquisiteur, un regard voyeur, sachez que ce que vous cherchez ne s’y trouve pas, car ce que vous cherchez se trouve dans ces propres yeux qui portent regard sur soi… vous êtes ce que vous cherchez… alors fermez ces yeux qui ne sauraient voir et voyez, trouvez… enfin…

quand tout nous tombe sur la tête

14798_519122684786107_484840741_nquarante-huitième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 23/1

image forte non ? qui représente un peu comment je me sens après que mon auto m’ait lâché sur le bord de l’autoroute alors que j’étais en route pour voir ma fille à sa soirée d’impro… et oui, la vie c’est comme ça parfois… bête, sec, cru… à moins 25 degrés… sur le bord de l’autoroute… jusqu’au point ou même le char ne veut plus avancer… on comprend alors qu’il faille arrêter…

alors on dit finalement OK d’abord, puis on arrête… enwève à maison le chroniqueur… back home… mets-toi au neutre pis attend… attend que la vie bouge pour toi, attend qu’elle te fasse signe, que les choses se passent d’elle-même… sinon, reste au neutre… car même si on veut la pousser la vie, rien à faire… on peut juste la suivre celle-là… et quand plus rien ne va, il ne reste qu’à écrire des chroniques vers nulle part, simplement ici… et les partager, les envoyant dans le cyberespace… et peut-être jusqu’à votre home à vous…

parfois, la vie, c’est juste comme ça… simplement, crument, voilà… le terrain s’effondre sous nos pieds, la terre s’enfonce, la maison tombe en lambeaux, tout fout le camp… tout autour de soi croule, s’écroule, se déboîte… rien à faire pour retenir… falling apart ou falling into place ? l’un et l’autre probablement…

dans ces moments, il ne reste qu’à attendre, observer, revenir à l’essentiel, presque plus rien en dehors de soi pour s’accrocher, qu’un nouvel espace à découvrir en soi mais encore presque vide… un monde entre deux mondes… et en même temps si on peut relaxer, rien à faire d’autre que de se laisser porter, surfer, vague ou pas…

et dans ces moments, couche par couche, une à la fois, le passé nous quitte, s’envole, s’évapore… les vieilles façons de faire deviennent désuètes et disparaissent… on ne peut alors que se laisser délester du superflu par la vie et la laisser nous diriger au gré de ses heures, ses leurres et ses humeurs… qui mènent ici, vers nulle part… maintenant… toujours maintenant…

alors au neutre, en route vers le grand rien, vers le ptit noyau pur et dur qui émerge lentement de soi, en soi, minuscule extrait de quintessence, soupçon de ce qui ne restera finalement au fil du temps qui passe… se détricoter jusqu’à l’âme, laisser tomber couche par couche, éplucher l’oignon jusqu’au coeur… qui ne contient peut-être rien… mais on y va quand même…

moment de mi-vie, temps d’arrêt… pause… moment de vider la tasse, encore et encore… faire le plein de rien, vider le vieux stock, nulle part où aller, nothing to do… et apprécier ce grand soulagement qui accompagne ce doux flottement de vie quand on peut accepter ce qui est pour ce que c’est… si on peut accepter cet immense nowhere to go…

un moment comme tous les autres moments avant celui-ci que celui-ci, et en même temps, un moment unique, nouveau, frais… un moment qui dure toute l’éternité, un moment qui passe vite vite vite et qui revient, et qui mène à l’autre…

moment moment… ton fils passe un émouvant moment…

désolé, mais je ne retrouve pas la source de la photo… si quelqu’un la connaît, SVP me laisser savoir… et je donnerai le crédit…

pas si blanc que ça

396139_10151437608592033_1832257695_nquarante-septième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 23/1

froid glacial à l’extérieur… je pense toujours aux gens de attawapiskat et d’ailleurs dans le grand nord qui vivent dans des cabanes sans électricité, et aux sans abris, dans ces moments de grand froid… chaudes pensées pour vous…

alors chronique nordique from the cold… nature cristalline en ce moment… tout est au garde à vous… tout croustille, tout craque, tout est sec et dru… la vie est suspendue dans le froid, au clair de lune, dans le soleil glacial… ah calme miraculeux… garder son sang froid… et son coeur chaud…

c’est drôle hier matin, je faisais bla bla autour de la futilité de retourner dans le passé et de le créer de nouveau advitam aeternam… alors que sur le rond d’en arrière, le backburner, mijotant, et ça moi je le savais mais pas vous, il y avait simultanément ce thème précieux, crucial, fondamental qui bouillonnait légèrement dans sa marmite…

thème absolument incontournable il me semble… qui nous concerne tous et toutes… un enjeu public mais tout aussi personnel qui émerge ces temps-ci et que l’on doit vider de son contenu pour tenter de boucler un passé difficile et ainsi continuer la vie… thème qui se joue actuellement sur deux fronts…

avez-vous entendu parler de la commission de vérité et de réconciliation du canada ? un must !

voici pour vous, mais revenez:  http://www.trc.ca/websites/trcinstitution/index.php?p=15

avec Idle No More, mais également avec cette commission, l’enjeu des peuples des diverses premières nations, ceux et celles qui étaient ici avant nous, ceux qui ont préparé le terrain nord-américain avant que les blancs ne se l’approprient, est au coeur de l’actualité présentement… et devrait aussi être au coeur de nos préoccupations personnelles, que l’on soit blanc, noir, jaune ou rouge…

la commission en question vise à donner la parole aux autochtones qui ont subi les sévices dans les pensionnats entre les années 1950 et les années 1990… elle est en vigueur depuis quelques années au Canada mais elle siège pour la première fois au Québec… je vous invite à en prendre connaissance car cruciale…

ce qu’on y entend est émouvant, dérageant, déchirant… plusieurs autochtones y partagent leurs histoires, racontant les sévices qu’ils ont subi lors de leur passage dans les pensionnats… ils le font pour eux-même, pour exorciser les faits, mais aussi pour leurs descendants… pour qu’ils entendent ce que leurs parents et ancêtres ont vécu… et ils le font aussi pour nous, pour que nous sachions…

des représentants des institutions religieuses sont également présents aux séances de témoignages, même si en nombre moins imposant… car eux aussi doivent faire un examen de conscience et prendre responsabilité… le clergé en a gros sur les épaules… et sur la conscience…

il semble que plusieurs autochtones hésitent à prendre part à la commission, ne voulant pas ressasser des souvenirs douloureux, et on peut les comprendre… mais s’il est difficile de procéder à un tel processus d’aveu, il me semble essentiel que cela se fasse car nous sommes liés par ce passé sombre fait aux autochtones… et certains le font…

nous en tant que blancs, nous ne sommes pas nécessairement coupables de ces événements, mais nous sommes responsables, nous portons une partie de ce passé en nous… nous devons examiner ce qui a été fait pour ne pas le reproduire et comprendre ce lourd passé… pour reconnaître, assumer et nous en affranchir…

pour les autochtones aussi essentiel, pour qu’ils puissent compléter cette étape traumatisante et qu’ils puissent reprendre leur pouvoir en tant que peuple et leur place sur le territoire… d’égal à égal, de coeur à coeur, de peuple à peuple…

donc si cette chronique semble avoir une portée plus sociale que personnelle, ne sous-estimons pas l’impact de ces événements historiques que nous portons tous et toutes en nous même… car si parfois, on se sent porter une certaine culpabilité, peut-être n’est-ce pas seulement le lourd passé de l’église catholique ? peut-être qu’il y a quelque chose à assumer et à transformer ?

image en mots: je n’ai pas pu retrouver cette image qui circule parfois sur le web… mais on y voit un blanc disant à une immigrant nouvellement arrivé: «retourne à la maison» tandis que le même blanc, faisant face à un autochtone, vient pour lui dire la même chose, mais on constate qu’il demeure bouche bée… ça dit tout…

en espérant que la capacité de pardon des premières nations soit aussi grande que nécessaire dans ce cas car elle est grandement requise…

aho ! metakweasin…