Archives pour la catégorie Les chroniques du Padrininho

mourir de vie, en temps et lieu

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♥♥♥ – 9/6/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement in progress…

traduction: qu’arrive-t-il après ta mort ? plein de choses mais elles ne te concernent plus

sincèrement, je crois que le but même de l’existence est en quelque sorte d’apprendre à devenir moins concerné(e) par les multiples choses de la vie…

mourir – un peu – avant de mourir… mourir aux attentes, aux attachements, aux désirs face aux bébelles… et mettre l’emphase sur le désir ultime, soit celui d’être totalement vivant…

et pour ça il me semble qu’il faut être prêt à mourir à tout en tout temps… comme un ou une scout… toujours prêt(e)…

garder un pied dans le monde, ancré, socialement conscient, compatissant aux besoins de nos frères et soeurs…

et l’autre pied dans les cieux… up there, ou in here c’est selon et en fait la même chose… car les cieux résident en notre coeur… le coeur est le dépositaire du royaume des cieux et des dieux sur terre…

car le monde matériel n’est qu’une facette de la vie… un des deux côtés de la médaille…

ces temps-ci, comme la matérialité est dense et bouleversante, nous nous retrouvons très pris dans les choses du monde… pandémie, racisme systémique et donc quasi systématique, crise financière, réorganisation sociale et personnelle…

vivre en prenant conscience que la vie nous est prêtée, temporaire et jamais acquise… si fragile…

en fait seule la mort est acquise… elle arrivera, tôt ou tard…

et ces temps-ci, on dirait que l’odeur de la mort s’est rapprochée de nous… qu’elle arrive avant l’Halloween ou la trinité…

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sans qu’elle ne se produise nécessairement plus souvent qu’à l’habitude, le souffle de la mort parvient à notre conscience plus que jamais, soit via les stats officielles de la Covid qui nous sont rapportées quotidiennement, soit par la mort de Georges Floyd qui a été retransmise sur les réseaux et, de surcroit, provoquée par un prétendu protecteur social… à la vue de 3 de ses copains qui ont tout vu sans broncher… troublant…

oui la vie après la vie promet d’être différente et intéressante… plus dégagée, plus légère, plus libérée du corps…

mais entre-temps, nous avons la chance d’apprendre à vivre de façon plus dégagée… à plein pied dans la vie, et en même temps, un pied dans la mort… car l’une et l’autre ne sont pas séparées, elles font partie du même grand cycle de la vie…

les deux côtés de la même médaille existentielle…

et apprenons à apprivoiser la mort car pour plusieurs, la mort nous terrorise, nous fait vivre petit petit… et si on ne fait pas face à notre mort, on finit par vivre tiède, le pied sul’break, ou le break à bras toujours enclenché… épuisant… et ça finit par nous tuer anyway… mais lentement… et sûrement…

 

dé penser cash

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♥♥♥ – 8/6/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement in progress…

traduction: les gens qui brillent de l’intérieur n’ont pas besoin d’être sous les feux de la rampe…

ce message s’adresse à celles et ceux qui shinent bien bien bright dans les CHSLD et autres lieux de vie, à l’ombre des projecteurs, depuis au moins 3 mois… au moins…

aux anges-gardien/ne/s qui ont pris soin de nos ainé(e)s depuis le début de cette pandémie et bien avant même… notamment celles et ceux qui n’ont pas – encore – la citoyenneté canadienne ou le statut d’immigré(e) reçu(e)… ou peu importe le terme exact…

premièrement, en mon nom et au nom du peuple québécois, je tiens à vous remercier… encore et encore… infiniment et indéfiniment… pour votre soin envers les gens en besoin, celles et ceux que nous nommons nos ainé(e)s mais dont on s’occupe si peu nous-mêmes les de souche… pour le risque que vous avez pris… pour le bien que vous avez fait… et que vous continuez à faire et à prendre… à si bas – trop bas – salaires… salaires de misère souvent…

et je tiens par la présente à nous excuser… et à vous demander pardon…

car lorsque j’entendais le premier ministre vanter si fièrement les nouveaux emplois flambants neufs à 50 000 $ par année (avec formation de 3 mois à 21 $ de l’heure), je me sentais mal pour vous, face à vous, vous qui avez été au poste malgré les risques depuis mars, et pour certaines depuis bien avant… avec tous les risque et les rigueurs de ce métier de l’ombre que vous avez défiés… je veux souligner votre courage… et votre don de soi… wow…

j’ai été profondément indisposé en entendant que pour certain(e)s d’entre vous, ces nouvelles jobs super bien payées ne seront pas disponibles…

j’ai trouvé déplacé de la part d’un gouvernement pressé pressé ces temps-ci  de bulldozer la démocratie pour cause de crise de tenter de recruter des gens en les attirant principalement avec des gros salaires, pendant qu’on empêche même les infirmières de prendre des vacances cet été (pas aussi longues qu’elles le voudraient du moins)…

on voulait recruter 10 000 personnes et il semble que plus de 70 000 aient postulé… alors on doit maintenant trier, filtrer, décanter… quand j’ai entendu qu’autant de personnes ont postulé, je me suis demandé où étaient ces personnes quand on en avait besoin il y a 3 mois ? quand on a requis des volontaires…

et je le répète, je ne suis pas contre les salaires plus raisonnables… mais il semble que la situation a été grossièrement mal gérée… gros manque de respect envers celles et ceux qui ont pris soin pendant le gros de la crise… et qui y sont toujours si leur santé a tenu le coup… préposé(e)s, infirmières(ers), médecins et tout le personnel dit de soutien

j’ai trouvé déplacé de mettre de l’avant les salaires pour des jobs qui requièrent principalement du coeur et de la passion pour les humains et que vous avez été des milliers à maintenir à bouts de bras pendant des mois, pendant que plusieurs parmi nous restions à la maison payé(e)s à ne rien faire…

comprenons-nous bien…

je considère que toutes les personnes qui travaillent dans le réseau de la santé, des soins  et de l’éducation ont droit à des salaires beaucoup plus élevés que ceux qu’on leur offre présentement… oui aux augmentations all the way

mais qu’on pense le système comme un système et non en offrant beaucoup plus que ce que l’on offre présentement pour seulement certains emplois pas encore existants… comme pour se dédouaner, pour se faire pardonnes nos erreurs passées… car on constate les problèmes qu’une telle approche crée en ce moment…

plusieurs démissionnent des postes qu’ils occupent déjà pour tenter leur chance à la nouvelle loto big shot préposé(e)s… comme si l’argent allait régler tous les problèmes d’un réseau bien mal en points… de service… en tentant d’aller trop vite, et en manquant de respect envers celles et ceux déjà là, on fragilise un système déjà fragilisé au max…

je considère qu’avant de recruter du nouveau monde dans les réseaux des soins, autant ceux destinés aux enfant qu’aux personnes malades et/ou âgées, on aurait dû mieux prendre soin de celles et ceux qui y sont déjà, et qui l’on tenu à bout de bras, au risque de leur santé et même de leur vie pour quelques-un(e)s… et les écouter plutôt que de décider d’en haut et par en avant…

car il faut écouter les gens sur le terrain… elles et eux qui vivent la situation au quotidien… et il faut cesser de toujours faire miroiter principalement le cash…

car le réseau de la santé et de l’éducation n’est pas une business…

c’est un réseau humain, un réseau d’humain, un réseau de ressources humaines pour prendre soin des humain(e)s qu’on doit considérer comme un tout et dans son ensemble…

merci encore à vous qui avez tenu le fort… à bout de bras et avec tout votre coeur… et votre courage… vous méritez une médaille honorifique…

et on tenterea de veiller aux gains… pécuniers pour vous…

riches de poche mais pauvres de coeur

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♥♥♥ – 7/6/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement in progress…

quelle illustration parlante non ?

qui se vérifie souvent dans la vraie dirait-on…

moi ça me fait penser aux immigrants illégaux qui ont pris soin de nos ainé(e)s depuis 3 mois au risque de leur vie et qui sont exclu(e)s des futures embauches à 50 000 $ par année… mais que mon esprit mal tourné probablement…

un peu partout et notamment au sud de la frontière – mais pas que là évidemment – où les milliardaire$ pullulent et s’enrichissent encore davantage à chaque jour que le soleil se lève… et où le principal leader en est un digne et détestable représentant…

jadis, j’ai connu une personne qui gérait des édifices dans la grosse pomme et qui a dû se frotter et croiser le fer avec ce promoteur sans vergogne et qui nous a raconté quelques horribles histoires dignes de l’illustration ci-haut… riche de poches mais pôvre de coeur individu…

nous, simples mortel(le)s, on fantasme parfois sur la possibilité de jouir d’une totale liberté financière en s’imaginant que ces gens sont heureux à cause de leurs infinis bidous… mais comme on dit, quand on en a beaucoup, on en veut toujours plus… vicieux cercle. vicieuse spirale sans fin… un certain volet de la nature humaine…

si la terre est pour mieux tourner un jour, il devra nécessairement se passer quelque chose de majeur avec les gens qui ont beaucoup beaucoup de bidous… car eux qui ont une partie du pouvoir de changer les choses…

notamment ceux qui cachent leur argent aux paradis, mais qui ne l’emporteront pas jusque là-bas s’ils s’y rendent un jour et si un tel lieu existe après la vie…

ceux qui exploitent leurs employés et les traitent comme du bacon…

ceux qui font de la santé et de l’éducation une business…

ceux qui sont prêts à tout pour faire la piasse, notamment à abuser de notre mère à tous… jusqu’à épuisement des stocks.. et des stock markets

ceux qui considèrent leurs frères et soeurs strictement comme de la main d’oeuvre qui ne sert qu’à contribuer à remplir leur poche sans fond au plus faible coût…

les manifestations actuelles sur le racisme touchent justement à cette dynamique en ce moment… pas que le cash comme enjeu mais souvent ce cash n’est qu’un symptôme d’un rapport de forces sous-jacent qui régit l’ensemble de nos relations sociales plus manifestes…

si on peut désirer qu’ils changent, ces EUX que l’on nomme souvent ainsi ces temps-ci, n’ayons pas trop d’espoir… car les habitudes changent difficilement… et les avantages sont difficiles à perdre… et à laisser aller…

pour avoir connu quelques personnes bien nanties, j’ai pu constater que ces gens ne sont pas nécessairement plus heureux que nous… car ils ont beaucoup à perdre sur le plan financier… et ils savent fort bien qu’ils vont le perdre… éventuellement… lors de leur passage de l’autre coté du comptoir de la caisse commune…

mais rappelons-nous que peu importe la faramité de leur richesse, ces gros pleins de cash doivent vivre avec eux-mêmes… ce qui est possiblement la pire des punitions… vivre avec leur avidité, leur désir du toujours plus plus plus, leur ambition sans fin…

car lorsque ton but dans la vie est de faire le plus de cash possible et à tout prix, le miroir que tu croises le soir en te brossant les dents doit refléter une image dérangeante… à quelque part…

évidemment que tous les gens biens nantis ne sont pas tous des monstres… mais le système qu’ils dirigent doit changer et ce système ne changera pas sans eux, sans qu’ils l’initient, sans qu’ils ne le provoquent… volontairement ou pas…

comme on dit, nous sommes tous dans la même tempête mais les bateaux ne sont pas tous de qualité et de confort égaux…

alors pour le moment, cultivons nos fleurs et nos jardins et prenons soin les un(e)s des autres… du mieux que l’on peut… avec les ressources qui sont entre nos mains… pour le moment…

en évitant d’entretenir haine, rancoeur et ambition envers EUX car au fond de leurs poches, ces gens ont aussi besoin de compassion…

en gardant la foi au coeur et confiance en la vie…


pendant ce temps-là en Europe…
https://www.globalcitizen.org/fr/content/anneke-lucass-harrowing-tale-of-sex-trafficking-am/?fbclid=IwAR04IXO6KwUbGoMqRRdpKnCw2BVj5MEsS5beTlTAZVJRFyRZ1rF8KawSl0E

mots dits non dits

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♥♥♥ – 6/6/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement in progress…

ce matin trop de mots se bousculent dans ma tête, alors je les garderai pour moi…

car je voudrais moi aussi être aimé par Alda Merini que je ne connais pourtant ni des lèvres ni des dents…

je voudrais faire partie de ces gens qui savent choisir avec soin les mots à ne pas dire…

tous ces mots en moi qui voudraient dire au monde entier ce que je vois, pense et changerait en ce monde ici-bas et autour de moi… mais que mes mots à moi après tout, que ma petite et limitée perception de ce grand monde alors les garderai pour moi…

tous ces mots à propos du racisme ambient – qu’on reconnait ou que l’on nie – car ma peau est trop blanche pour savoir, mon visage trop pâle devant tant d’horreur… ma bouche est du mauvais côté de la track pour parler de cela… mais mes yeux et oreilles grandes et ouvertes…

tous ces mots qui ont pu blesser autrui dans un passé récent ou ancien et que je ne répéterai pas ici… ces mots que je ne dirai plus jamais… de la même façon… et que je laisserai tourner en ma bouche jusqu’à ce qu’ils soient justes et bons… bene dictions…

je ne dirai ni n’écrirai ces mots car ce matin, plutôt que l’expression, je ferai impression, la bonne et la juste… la mienne… celle qui va par vagues en mon corps et âme…

je garderai tous ces mots qui voudraient exprimer ma colère et mon indignation devant l’injustice, devant la mesquinerie et l’hypocrisie… car la contenance est parfois de mise et plus digne que toute expression… résonance…

je garderai pour moi tous ces mots qui voudraient dire aux riches et puissants de ce monde combien il est disgracieux et indigne de se comporter ainsi en voulant toujours s’accaparer de plus en plus au détriment de ses semblables quand les besoins du plus grand nombre sont si grands et criants… jusque sur la place publique… et les ressources de la terre limitées… car de toute façon ils n’écouteraient pas ni n’entendraient car trop pleins d’eux-mêmes sont-ils… mais gardons l’espoir…

non, en ces temps troubles et bouillants socialement, je ne dirai pas tous ces mots destinés aux gouvernants insensibles et trop peu à l’écoute du petit monde ordinaire car trop à la remorque et à la solde des glands de ce monde…

j’éviterai d’écrire tous ces mots commentaires destinés aux gens qui méprisent les autres sur les réseaux de plus en plus asociaux… déjà assez de bruit par là-bas… j’y ajouterai plutôt mon silence…

je tairai aussi tous ces mots qui finiraient de toute façon dans les trous noirs du grand web… je les garderai plutôt en moi ce matin… afin qu’ils marinent et naviguent mes profondes mers inter rieures…

car même si les mots sont dits, souvent le silence les endort…

je les garderai pour moi aussi ces grands et ptits mots dits, dits trop souvent et n’importe comment, car de toute façon personne ne les lirait… mots inutiles… car de toute façon,  ces mots nous les partageons tous et toutes déjà en et entre nous…

nous tous et toutes qui nous nous retrouverons plus divisés que jamais en ce moment dirait-on à cause de nos idées qui divergent, quand dans les faits c’est d’union et de solidarité dont nous avons besoin…

non je ne diras pas ces mots de trop, ces mots que j’aurais pu regretter, ces mots qui de toute façon ne s’adressent toujours qu’à soi-même… car toujours à soi qu’on parle de toute façon… alors de soie doivent être nos mots… mots doux dits…

alors plutôt que de me dire ce matin, je m’écouterai, pour me sentir, pour ressentir, et pour me lier à vous tous et toutes qui ne lirez pas tous ces mots qui je ne dirai pas…

car tous ces mots que j’aurais dits, c’est au coeur de vous qu’ils auraient voulu se rendre, pour vous rejoindre, vous écouter, vous entendre…

car vous c’est moi, vous c’est toi, et moi c’est toi après tout… qu’un détour entre moi et vous… un point c’est tout et tiguidou tourlou… mots fous fous…

non ce matin j’écrirai tout bas, je crierai pour moi… j’écrirai low profile… je signerai mine basse… car du même bois que toi est taillé mon crayon, et dans le même grand aiguisoir de la vie partagée se fait-il affuté… day in day out… inspire, expire…

non ce matin je ne criera ni n’écrirai pas…

car rien à dire et tout à vivre…

j’irai plutôt écouter les oiseaux qui nous racontent cette autre vraie vie qui prend place pendant qu’on se chicane en ligne, de même que la pluie qui tombe et qui donne vie, car juste là que se cache la plus concrète des réalités ce matin, là que se reposent tous les mots de la vie et que se soignent tous les mauves de la vie…

mauve de vérité… alors j’écouterai chanter les anges…

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arrière-goût de nos propres mots

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♥♥♥ – 4/6/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement in progress…

traduction: assure-toi de déguster tes mots avant de les cracher… – proverbe gaélien

si on  retrouve quelques perles sur les réseaux asociaux, la majorité du data nous révèle souvent le moins beau de l’humain ces temps-ci…

insultes, médisance, doutes, arrogance, découverte illuminée de complots mondiaux, recherches faites à grands coups de sites alternatifs, mépris envers ceux et celles qui pensent autrement, name it… ça sort de partout…

même le pussy grabber en chef est en train de devenir un héros pour certains…

le fiel s’injecte à grands coups de langues sales… via les doigts longs et méchants… et souvent déconnectés du coeur…

la guerre verbiale sévit sur les réseaux… et certains sont des pro verbiaux du cyberespace…

RÉVEILLEZ-VOUS nous souligne-t-on généreusement à coup de lettres majuscules…

mais peut-être vous qui dormez cher(e)s ami(e)s FB si sûr(e)s (comme dans acides) de vous-mêmes ?

alors un peu d’humilité… car qui sait quoi que ce soit avec certitude ces temps-ci ?

quand on énonce des mots blessants, sans que l’on s’en rende toujours compte ou pas, il me semble que c’est nous-même que nos mots blessent en tout premier lieu… car on ne parle qu’à soi… on n’est en relation qu’avec soi-même car personne out there…

on essaie de se convaincre soi-même avant quiconque… et pas toujours avec succès…

relations virtuelles mais conséquences pas toujours belles mais bien réelles…

les pensées et émotions négatives que nous entretenons face à ce que l’on lit sur le web ne concernent que nous… les torts que l’on attribue à autrui ne sont que les nôtres… on ne s’écrit qu’à soi-même au fond… car on ne comprend que ce que l’on veut – ou peut – bien comprendre…

nos écrans ne sont qu’un miroir plus ou moins déformant qui nous renvoie un reflet de nos zones ombragées qui ont longtemps été enfouies en nous…

alors profitons de l’occasion pour nous regarder… voir notre arrogance, nos peurs, nos jugements, nos critiques acerbes… car tout cela ne vit qu’en soi… en fait, tout d’abord en soi mais reflété par les choses apparentes qui nous atteignent via notre écran…

comme disait à peu près Ramana Maharshi, les autres n’existent pas, ce qui apparait comme extérieur à soi n’est que parties de soi… nous sommes toujours face à face avec soi…

nos mots et nos pensées sont un boomerang qui nous reviennent en pleine face, ou en plein corps, qu’on s’en rende compte ou pas…

là, la justice ultime…

alors prenons soin de nos mots dits… et pensées… et motions…

ainsi soit-il…

amen-s’en de l’introspection…

pas raciste mais…

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♥♥♥ – 3/6/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement in progress…

traduction: le problème avec les blancs est qu’ils/elles considèrent le racisme comme de la haine consciente, alors que le racisme est plus large que ça…

le racisme est un système complexe de leviers et d’avantages sociaux et politiques instauré au fil de plusieurs générations et qui continue à favoriser les blancs au détriment des gens d’autres nationalités, et ce, que les blanc(he)s le sachent et aiment cela ou pas…

le racisme est une maladie culturelle insidieuse, si insidieuse qu’elle fonctionne en dépit du fait que vous soyez un(e) blanc(he) qui apprécie les gens de couleurs… et cela aura comme conséquence d’influencer votre façon d’interagir avec les gens qui sont différents de vous…

oui le racisme ressemble à la haine, mais la haine n’est que l’une de ses manifestations… le privilège en est un autre… l’accès aussi… de même que l’ignorance, l’apathie, et ainsi de suite…

ainsi même si je suis d’accord avec les gens qui affirment que personne ne nait raciste, cela demeure un puissant système au sein duquel nous naissons dès notre naissance… c’est comme naître à l’air, vous en inspirez dès que vous respirez… cela n’est pas une grippe de laquelle vous vous débarrassez… il n’y a pas de cours qui vous certifie en tant que non-raciste…

le racisme est un amalgame de trappes et de valeurs culturelles qui entrent en jeu dès que vous interagissez socialement… c’est quelque chose que vous devez écoper du bateau qu’est votre vie pour ne pas vous y noyer… je sais que c’est un travail ardu, mais c’est le prix que vous devez payer afin de vous en affranchir… – Scott Woods


pas mal tout est inclus dans ce texte qui décrit le racisme en tant que maladie de système… pas un racisme systématique, mais un racisme systémique, un racisme de système…

si aux USA, on parle principalement des personnes à la peau noire, ou plus ou moins foncée, à cause de leur histoire particulière fondée sur l’esclavage, quand on parle de racisme on doit aussi inclure toutes les minorités dites visibles…

autant les autochtones, que les gens dits de couleurs, les gens qui ont la malchance d’avoir la peau plus foncée que la nôtre…

et si la crise est grande ouverte et criante aux USA en ce moment, déclenchée par le meurtre de Mr Floyd et l’arrogance du POTUS, on dirait bien que la situation semble éclater un peu partout sur la planète, notamment au Brésil où la situation de l’esclavage n’a pas été si différente que celle qui a sévit chez nos visions immédiats… malgré des éléments contextuels particuliers…

et si on ne veut ni ne peut se comparer aux gens de couleurs, nous les blancs qui sommes les privilégié(e)s des privilégié(e)s, il me semble que l’on doive penser en particulier aux femmes qui font partie de ces minorités… double handicap…

et même si on ne se considère pas raciste en tant que tel, par le seul fait d’avoir une enveloppe corporelle de teinte plus pâle nous place dans une situation privilégiée… et cela, il est bien difficile sinon impossible de le voir et réaliser pleinement quand on est en position favorisée… la perte ses privilèges est toujours difficile… mais essentielle pour saisir la situation des gens concernés…

le texte ci-haut nous donne un éclairage sur le caractère insidieux de la situation du racisme…

notamment en nommant le racisme est une maladie culturelle insidieuse…

maladie sociale…

car combien de fois nous entend-on, nous les blancs dire: moi je ne suis pas raciste, mais…

ce mais est un signal d’alarme…

car même si nous le savons pas, nous sommes des acteurs et des actrices qui évoluent depuis des siècles au sein d’un système raciste… à prédominance blanche… ancrés en nous et autour depuis des siècles…

pour cela que le combat ne peut se défendre par nous… pour cela que nous les blancs, ne pouvons affirmer que que le racisme n’existe pas… car pas nous qui le subissons…

même si notre rôle est néanmoins primordial dans la situation et que ce combat est le leur, il est aussi le nôtre… car nous qui devons prendre conscience de nos multiples avantages sociaux et personnels que nous ne voulons pas perdre…

les gens de couleurs doivent mener leur propre combat… mais ils et elles ont besoin de nous… besoin qu’on les entende, qu’on les soutienne…

ils et elles ont surtout besoin que l’on fasse notre propre processus d’introspection en nous-mêmes face à notre privilège, nous, le groupe dominant, historiquement dominateur…

réaliser que nous devrons ouvrir nos yeux sur la situation globale car elle dort en nous, depuis longtemps, et si on n’en prend pas conscience, on la reproduira inconsciemment… et elle se répétera…

car entre le noir et blanc absolus, il y a de multiples nuances de peaux… les multiples nuances de notre humanité… et celles de notre âme… et celles de notre coeur…

ça n’est pas toujours bien allé, mais si on veut que ça aille mieux, il faut s’ouvrir les yeux et le coeur…

blancs de mémoire et noirs de rage

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♥♥♥ – 2/6/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement in progress…

traduction: nous sommes tous et toutes frères et soeurs, ne laissons pas le monde nous diviser alors que notre destinée est de nous aimer les un(e)s les autres…

toujours étonnant – choquant même – d’entendre des blancs locaux affirmer qu’il n’y a pas vraiment de racisme systémique ici…

pardon ?

demandez aux gens concernés…

d’ailleurs, on n’a qu’à penser à l’histoire des amérindien(ne)s depuis des centaines d’années sur ce territoire…

sans parler de la réalité actuelle de la plupart des immigrant(e)s, celle des noir(e)s (quel terme inadéquat) de Montréal-Nord, et aussi de celle des musulmans, et en particulier des musulmanes voilées, même si la situation est moins pire ici qu’au sud de la frontière…

en tant que membre du groupe dominant, un peu déplacé pour nous de se prononcer sur le racisme… mais il est clair qu’il en existe… racisme de masse en masse…

et les gens de couleurs l’affirment, le dénoncent et le confirment… prenons leur parole…

alors en tant que blanc bec, j’en dirai peu… par respect pour ceux et celles qui le vivent et nous le disent…

je ne dirai rien d’autre que nous avons une opportunité de dénoncer la situation qui prévaut pour plusieurs de nos soeurs et frères à la peau de couleurs différentes de la nôtre, de nous unifier davantage car en ce moment difficile, peu importe la couleur de notre âme, tous et toutes nous avons besoin de montrer notre solidarité…

car même si nos peaux se déclinent en différents tons, diverses tonalités, entre le blanc pâle pâle et le brun foncé, nos coeurs respectifs battent à l’unisson, nos âmes sont issues du même grand esprit, nos têtes pensent pareil… et font du mieux qu’ils peuvent et que tous et toutes en général nous voulons le mieux pour le bien du plus grand nombre…

car au-delà de la peur, c’est l’amour qui nous guide et nous inspire, qui nous unit en cette vie multiformes…

 

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♥♥♥ – 31/5/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement time, hi ha !

le monde est rock n roll ces temps-ci… ça brasse beaucoup, et de partout…

pandémie, confinement et déconfinement, meurtre raciste inhumain et révoltant, révoltes urbaines qui grondent, distanciation et méfiance sociales et émotives, guerres commerciales, faillites à profusion, incertitude pour plusieurs, dettes astronomiques qui s’élèvent à vue d’oeil, name it

et on émet nos opinions à tout propos à propos de tout, et à profusion…

même si on ne connait à peu près rien à propos de tout…

à partir de sources secondaires, tout le monde affirme haut et fort ce qu’il ou elle pense, d’un côté comme de l’autre… suite à ses propres recherches

souvent, inévitablement, les opinions s’opposent, et leurs propriétaires aussi…

tout est civilisé, tout se passe sur les ondes, tout est virtuel…

mais les conséquences sont bien réelles… et nous divisent et nous heurtent…

le monde a mal au monde…

on se bat sur le fil du sans fil… à coup d’opinions…

mais peu importe ce que l’on pense, ce que l’on sent, que notre réaction miroir…

et le monde continue à tourner…

pas toujours rondement, mais ça tourne…

comme notre tête, comme la vie… tout tourne et passe… comme le temps…

devrait-on peser sur la clutch et se garder une petite gêne ?

poser la question c’est y répondre…

 

ça va bien aller ?

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♥♥♥ – 28/5/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement time, hi ha ! 

peut-être que oui, peut-être que non… peut-être…

faut garder la foi et l’espoir mais ne pas tout peindre en rose…

car ça ne va aller que comme ça va aller, comment on fait en sorte que ça aille…

car en matière de bien et de mal, tout est perception et contextualisation…

et si peu en connaissons-nous, un tout ptit peu savons-nous combien nous en ignorons et tant qu’on ne soupçonne même pas qu’on ne sait pas…

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alors vivons le présent du moment, dans l’humilité et la low profilitude…

et qui vivra verra…

Inch’Allah…

et ainsi soit-elle, ainsi soit-il et sera-t-il et elle…

sécurité versus liberté

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♥♥♥ – 26/5/2020

l’amour au temps du Corona / déconfinement time, hi ha !

traduction: lorsque quelqu’un veut vous déclencher en vous insultant ou en faisant ou disant quelque chose qui vous irrite, prenez une grande respiration et mettez votre «ego à off»… rappelez-vous: si vous facilement offensé(e), vous êtes facilement manipulable…

cette chronique se veut un petit jeu-exercice intellectuel et expérientiel un brin philosophique pour tenter d’intégrer avec une relative harmonie les deux pôles catalysés par cette pandémie – ce qui du moins me semble être le cas depuis quelque temps…

petit exercice pour tenter d’embrasser différents points de vue… à distance…

avec d’un côté, notre besoin de sécurité…

de l’autre, celui de liberté…

comme vous possiblement, et comme plusieurs autres probablement, et même très certainement, on peut s’entendre, cette situation s’avère auto-réfléchissante… si on veut regarder des deux bords

car si on ne fait que tenter de percer le mystère de la Caramilk out there, en faisant nos propres recherches (quelle drôle d’expression quand on pêche notre information à 100 % sur des réseaux qui sont tout sauf neutres), on risque de se perdre…

en effet, la situation extérieure actuelle nous reflète de multiples et surprenants aspects de nous-même, et de certain(e)s de nos ami(e)s et membres de notre famille, comme rarement auparavant… jamais du moins à cette échelle et à cette ampleur…

car quand nous sommes-nous, tous et toutes ici présents sur terre right now, déjà retrouvé(e)s, et de surcroit à l’échelle planétaire, en une telle crise existentielle commune? gros party de famille rock n roll

tant de choses et de personnes sont brassées et bouleversées en ce moment, out there, mais aussi même chose en nous-même… chacun(e) de nous viré(e)s cul par dessus tête

confronté(e)s à de nouvelles habitudes sociales – certaines plus contraignantes que d’autres – qui pèsent sur plusieurs de nos boutons internes, notamment en brimant notre liberté individuelle de multiples façons…

une grande dualité sociale très marquée semble émerger de plus en plus au cours des dernières années, ce qui s’accentue actuellement… le monde se scinde en deux… et bien plus bien sûr… mais deux grands axes principaux émerge on dirait bien…

dans un coin du ring, la part de soi qui veut jouer safe et se protéger, soi et les siens, et faire ce que doit – selon qui ? mais autre – et bonne – question… la partie matérielle incarnée dans le corps… la médecine et la science… et les big pharmas of course qui sous-tendent en partie le reste… si lucratif marché… attachement au corps et peur de mourir… le rationnel, la tête…

et dans l’autre coin, la part de notre être qui, fondamentalement, tend vers la liberté, l’élévation, l’expansion… l’âme vaporeuse, la spiritualité, l’appel vers le haut… détachement du corps, la présence de l’entre vies… la religion ou la spiritualité… l’émotionnel, le coeur et l’instinct… de même que la liberté économique et d’action…

grosso modo…

comme l’impression que ces deux axes se retrouvent autant dans la société qu’en chacun(e)s de nous, à variabilité relative… d’où une certaine tension, friction, ébullition même… interne comme externe… et les deux bouts de l’arc-en-ciel sont exacerbés en ce moment… chacun(e) son équilibre propre et respectif… et tout fluctue, tout change…

et entre les deux, notre âme danse, valse, swing et rock n roll… et balance… par ci par là…

voici deux textes qui ont croisé mon chemin en même temps… et c’est cette rencontre qui a initié ce ptit bout de réflexion partagée…

alors si le coeur vous en dit, je vous invite à lire – prenez le temps – ces deux textes qui me semblent refléter deux angles de vue sur la chose…


Version Sécurité

Disons que vous vous êtes réveillé avec une toux terrible, de la fièvre et de graves douleurs corporelles. Immédiatement, vous vous précipitez chez le médecin et malheureusement, vous êtes diagnostiqué avec COVID-19. Au cours des deux dernières semaines, vous ne saviez pas que vous étiez infecté et vous avez ignoré « les règles ». Vous vous êtes réunis avec des amis proches pour la pizza, avez eu quelques personnes, même visité un parc et une plage. Vous vous êtes dit: « Je ne me sens pas malade. J’ai le droit de continuer à vivre ma vie normale. Personne ne peut me dire quoi faire.  »

Avec votre diagnostic, vous passez les prochains jours à la maison sur le canapé, vous sentant plutôt nul. mais alors vous allez bien à nouveau parce que vous êtes jeune, en bonne santé et fort. Quel chanceux êtes-vous. Mais votre meilleure amie vous l’a attrapé lors d’une visite chez vous, et parce qu’elle ne savait pas qu’elle était contagieuse, elle a rendu visite à son grand-père de 82 ans, qui utilise quotidiennement des réservoirs d’oxygène pour l’aider à respirer car il souffre de MPOC et insuffisance cardiaque. Maintenant, il est mort.

Votre collègue, qui souffre d’asthme, l’a également attrapé lors de votre petite soirée pizza. Maintenant, il est dans l’USI, et il l’a également transmis à quelques autres membres de sa famille – mais ils ne le sauront pas encore avant quelques semaines.
Le caissier du restaurant où vous avez pris la pizza a ramené l’infection à la maison de sa femme, qui souffre de SEP, ce qui la rend immunodéprimée. Elle n’est pas aussi chanceuse que vous, elle est donc admise à l’hôpital parce qu’elle a du mal à respirer. Il se peut qu’elle doive être placée dans un coma médicalement induit et intubée; elle ne pourra peut-être pas dire au revoir à ses proches. Elle peut mourir entourée de machines, sans famille à son chevet.

Tout cela parce que vous ne pouviez pas supporter les inconvénients d’un masque; de rester à la maison; de changer vos routines familières pendant un petit moment. Parce que vous avez le droit, avant tout autre droit, de continuer à vivre votre vie normale et personne, je veux dire personne, n’a le droit de vous dire quoi faire.

#SocialDistancing = Il ne s’agit pas de VOUS!
#WearAMask = Il ne s’agit pas de VOUS!
#StayHome = Il ne s’agit pas de VOUS!
#GetTested = Il ne s’agit pas de VOUS!

Écrit par Anonymous. Copié d’un ami et partagé. Veuillez faire de même.


Version Liberté
source originale:
https://www.liberation.fr/debats/2020/05/04/cesser-d-exister-pour-rester-en-vie_1787284?fbclid=IwAR2_lFgOl57vjOU7e_hpxNZXcKvtaFmtOGORY-nzWYc8oKAu9ofssH9b0Ek

Pour le philosophe Abdennour Bidar, en voulant sauver la vie, nous l’avons dans le même temps coupée de tous les liens qui la nourrissent, vidée de toutes les significations qui la font grandir.

Tribune. Interdiction de visiter les malades à l’hôpital, interdiction de visiter les personnes âgées en Ehpad, interdiction au conjoint d’assister à l’accouchement dans certaines maternités, interdiction de se rassembler à plus de quinze personnes pour les enterrements, et tout cela ajouté à l’interdiction de sortir de chez soi pour un motif autre que celui de subvenir à ses besoins vitaux. Sommes-nous donc devenus fous ? Comment avons-nous pu tomber si bas ? Comment en est-on arrivé à bafouer à ce point de radicalité les droits et devoirs les plus sacrés, autant que les droits humains les plus fondamentaux et les plus élémentaires de la démocratie ? Il ne s’agit même pas, en posant ces questions, d’accuser le politique ou tel gouvernement. C’est à nos sociétés post-modernes que ces interrogations sont adressées : qu’est-ce qui a dégénéré à ce point, dans nos cultures, nos institutions, nos mentalités, pour que, dans la situation imposée par le coronavirus, nous nous retrouvions ainsi à apporter les pires réponses possibles ?

Au fin fond de la caverne de Platon

Comme le disait Shakespeare, «il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark». Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond du tout dans le système général de la civilisation humaine moderne, et qui doit nous inquiéter bien plus que tout le reste, pour que nous nous trompions de la sorte sur le fondamental : le sacré, la dignité humaine, la liberté. J’admets que l’erreur soit humaine et que le «sens du juste» soit relatif. Mais quand on commence à faire des erreurs, non que dis-je, des fautes systématiques sur ce qui touche à ce fondamental, quel doute reste-t-il ? N’a-t-on pas atteint collectivement un degré d’égarement absolument effarant ? Le fin fond de la caverne de Platon. Ou l’enfer, non pas au sens religieux du terme mais au sens d’un tel état d’inhumanité, de barbarie, de bêtise, qu’il nous condamne à aller vers le pire à cause de la gravité de nos propres errements.

Les beaux esprits me disent «qu’auriez-vous fait d’autre ?» N’était-il pas indispensable de prendre toutes ces mesures certes inhumaines et liberticides ? N’est-on pas aujourd’hui dans ce type de situation historique extrême que les hommes ont toujours redouté parce qu’on n’y a plus le choix qu’entre un mal et un autre mal ?

J’entends tout cela. Mais avons-nous bien mesuré la signification des choix que nous avons faits ? L’interdiction de rendre visite aux malades : de l’aveu même de médecins, cet isolement absolu imposé aux souffrants, dans cet univers si froid et entièrement machinique de l’hôpital, sans aucun soutien ni réconfort ni présence des proches, a fait dans bien des situations des dégâts terribles qui se sont ajoutés à l’agression du virus.

L’interdiction de rendre visite aux personnes âgées : là encore, combien de témoignages font état d’une situation d’isolement fatal, pour des personnes extrêmement vulnérables qui, privées de tout lien physique avec leur famille, se sont tout simplement laissées mourir. L’interdiction de rassembler l’ensemble de la famille et des amis pour les enterrements : voilà donc que non seulement on ne peut plus vivre ensemble pendant le confinement mais qu’on ne peut plus le faire décemment dans l’accompagnement du défunt. Et, pour poursuivre sur le funèbre, le cimetière de la démocratie, paix à son âme, avec l’interdiction de circuler librement – et ce spectre, dans un futur proche, d’un traçage des citoyens.

Protéger «la vie nue»

Oui il fallait protéger la «vie nue» dont parle Giorgio Agamben. Oui il y a d’admirables héros du quotidien qui ont pris soin de cette vie nue, et l’ont sauvée parfois. Mais comme il nous en a averti, et Michel Foucault avec lui, on ne peut pas, sous peine de renier notre humanité, choisir la préservation de cette vie nue «toute seule», de cette vie biologique au détriment de ce qui en fait une existence humaine en lui donnant son sens, son prix, sa grandeur : partager ses moments décisifs, naissance, maladie, vieillissement, mort ; respecter tout ce que j’ai appelé le sacré, la dignité, la liberté. C’est cet équilibre dans les valeurs que nous avons manifestement perdu, dont nous avons été manifestement incapables. Nous avons voulu sauver la vie mais nous l’avons, à l’inverse, coupée de tous les liens qui la nourrissent, vidée de toutes les significations qui la font grandir. Cesser d’exister pour rester en vie ? Cette contradiction est accablante.

Aurons-nous la lucidité, l’humilité, la sagesse de l’admettre ? De reconnaître que nous ne sommes plus à l’échelle mondiale qu’une civilisation de bas niveau éthique, humain, spirituel ? On pourra continuer à le nier, à se raconter des histoires, à faire de beaux discours. Cependant le verdict est là : cette épreuve de vérité qui nous est infligée, nous n’avons pas su en relever le défi à hauteur d’homme. Nous n’avons pas su, en effet, faire exister l’harmonie entre la vie et le sacré, le vital et l’humain, la sécurité et la liberté. Nous avons maximisé le vital et méprisé le sacré, alors que l’être humain est pleinement humain quand en lui le corps et l’esprit sont considérés à égalité de droits. Nous avons maximisé la sécurité en écrasant la liberté, alors que l’être humain est pleinement humain quand sa société politique lui garantit autant l’une que l’autre.

Une absurde prison

Par conséquent, je veux bien croire que chacun a fait de son mieux, et que tout a été fait «pour le bien commun». Mais j’observe alors que, quand les hommes sont égarés comme nous le sommes, les meilleures intentions se retournent contre eux. En l’occurrence, avec toute notre intelligence, notre science, nos technologies, etc. nous avons réagi à la crise de façon tellement déshumanisée et déshumanisante, tellement irrationnelle derrière les apparences de la plus grande rationalité, que cela signe sans appel la fausseté parfaite de notre vision du monde, de notre mode de pensée, du sens que nous avons, ou prétendons avoir, de notre humanité même.

Nous avons pourtant tous lu 1984 de George Orwell ou le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley… déjà ces auteurs que nous admirons – de façon visiblement aveugle – décrivaient exactement ce monde de l’avenir dont les maîtres et les masses pensent qu’ils en font chaque jour un peu plus un paradis, alors qu’il devient lentement mais sûrement une absurde prison. Je ressens la même chose actuellement en entendant les uns et les autres répercuter en boucle, appliqué à notre situation, tout le vocabulaire «idéal» : protection, sécurité, santé publique, responsabilité, solidarité, intérêt général. Mais comment retrouver dorénavant la moindre confiance en toute cette rhétorique, et, au-delà des mots, une confiance en nous-mêmes, en ce que nous sommes, en ce qui fonde notre existence personnelle et collective, en notre trajet de civilisation, alors que nous avons failli à ce point ? Comment nous relever désormais de cette faillite… que d’aucuns ne manqueront pas demain de célébrer, pour le vendre à leur profit, comme «une grande victoire de l’humanité unie» contre le mal d’un maudit virus ?

Abdennour Bidar philosophe