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écrire pour écrire

Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (54)…

deuxième oeuf de la journée les cocos, ati coq pondeur de chroniques, coq chronique ho !

hier en fin d’après-midi, en allant marcher avec lola, une belle jeune chienne en pension pour deux mois chez ma voisine Christine, le mot organique me trottait en tête, flottait autour de moi, en moi, m’imbibait… tandis que des relents de tristesse embrumaient mon coeur et mon âme en repensant au suicide du jeune homme d’il y a quelques jours… simultanément, en sourdine une excitation/peur/fébrilité encore légère mais grandissante à l’idée de sauter dans le vide le mois prochain… vague de fond…

organique ? présent !

alors que je passais devant les 9 chevaux brouttant dans leur champ, … je me voyais avec une certaine distance marcher simplement avec la chienne, sur une route entre Val-David et Ste-Marguerite vers nulle part, un nowhere total où aucun poteau d’hydro n’a encore poussé hors du sol… c’est creux ça… et je me sentais creux et loin en moi aussi… et bien… et calme… un nobody heureux…

organique dans le sens de me fondre avec ce qui est autour de moi, dans le sens d’en faire le moins possible, d’utiliser ce qui est autour, avoir le plus petit impact possible sur mon environnement, passer sans laisser de traces, ou le moins possible, ne pas chercher davantage, ni à comprendre ni à trouver le bonheur en dehors de moi, ni même à chercher le bonheur tout court, vivre sans compliquer les choses… penser simple… penser pur… et ne plus penser…

organique comme naturel, simple, sans artifice, sans masque ni maquillage, ni sur le visage ni sur l’âme… vivre à nu, vêtu simplement… transparent, lucide et translucide…

organique comme l’accueil d’un cheval lors que je suis allé me planter au milieu du champs pour voir lequel des 9 viendrait me rejoindre… organique comme la belle Velvet qui s’est avancée vers moi, lentement, trotti trottant, pour me trouver et poser sa tête sur mon épaule… pas un mot, seulement un contact silencieux… organique…

organique comme Christine qui n’est pas venue me trouver en arrivant même si elle m’avait aperçu car elle voyait et sentait bien qu’un moment d’éternité était en train de passer et de se passer entre Velvet et moi – un rien pur, une connexion sans mots pour l’apprenti artisan écrivain – merci de cette délicatesse Christine – apprécié… deep down…

la vie est de plus en plus organique et orgasmique, mais pas de cette nature d’orgasme de feu de la jeunesse qui monte et redescend aussi drastiquement, non… tantriquement organique… comme une braise… une longue et lente baise… lentement, calmement, paisiblement, grisement, neutrement, simplement, paisiblement, normalement, froidement, tièdement, chaudement, ordinairement… un long fleuve tranquille… parsemé de rapides, d’îlots, de rochers, de passages rock n roll, mais fleuve tranquille quand même, un fleuve qui suit son cours vers la mer… comme nous vers la mort… organiquement…

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selon lintenaute.com

organique, adjectif

Sens 1 Relatif aux organes ou aux êtres vivants organisés.

Sens 2 Qui provient de tissus vivants, par opposition à « chimique ».

Sens 3 Qui ne peut se dissocier de la structure de quelque chose. Ex Une loi organique.

« Chaque corps organique d’un vivant est une espèce d’automate naturel. » – Gottfried Wilhelm Leibniz

Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (53)…

réflexion sur le courage et la peur… peureux et/ou courageux ? les deux… en même temps… tout le temps…

quelques personnes m’ont dit que je suis courageux… j’apprécie vos mots, merci, et vos dons aussi by the way, re merci… mais à date je n’ai rien fait… d’autre que de m’inscrire à cette campagne de sautés…

c’est mon instinct qui m’a fait agir… mon impulsion de vie face à la mort d’un autre… alors téméraire, tête folle, impulsif, oui peut-être… mais c’est le 15 juin seulement qu’on pourra réellement parler de courage… mais je vais faire le saut c’est certain… en attendant je fais le sot, le paon qui pavane… et qui a peur… le ptit coq qui fait son smart… le 15, je vais faire dans mes culottes… et je vais sauter quand même, comme 150 autres…

intéressant la peur… je crois que deep down j’ai toujours peur… de la vie, de la mort, de souffrir, de l’inconnu, name it…. et si vous êtes comme moi, ou sensiblement, ça doit être votre cas aussi non ? qu’on la sente ou pas cette peur… moi, maintenant, j’ai une raison d’avoir peur, une cause pour avoir peur… j’ai peur pour une cause… en fait j’ai un mois pour avoir peur pour la cause…

habituellement je crois qu’on a constamment peur d’avoir peur alors on se trouve des raisons, des objets sur lesquels on peut projeter notre peur: maladie, mort, souffrance, rejet, manquer de sous, être humilié, perdre ceux qu’on aime, etc…

par exemple, quand je pense au défi sauter pour la liberté auquel je me suis inscrit, je ne peux pas avoir peur pour vrai maintenant, y a rien qui se passe… tout ce que j’ai à faire est de ramasser des fonds… et y penser… pendant un mois… et dans le fond tout ce que je ferai le 15 c’est de sauter bien attaché, sans aucun risque pour ma vie… y a du monde qui paie pour faire ça ! pour le thrill ! alors même pas de risque… autre que de dépasser une limite de peur… et y en aura d’autres plus loin down the road…

en ce moment, si j’ai peur, ce n’est que par rapport à un événement futur, une mise en situation fictive… qui ne se produira peut-être jamais ? qui sais ? je vais peut-être mourir le 14… ou avant ? pas de garantie là… alors si j’ai peur, ce n’est que pour l’idée de sauter en ce moment… avez-vous vu le vidéo ? ça â fait peur ! mais en ce moment je suis gras dur, comme la plupart d’entre nous… apprécions le non ?

pour moi, vrai(e)s les courageux ce sont ceux et celles qui continuent malgré l’effort, ceux et celles qui se battent pour leur vie et celles des autres…. ceux et celles qui ont besoin des sous que cette campagne rapportera… ceux et celles qui ne sombrent pas dans le cynisme et l’ironie malgré un quotidien sombre et injuste…

ceux et celles qui vivent la pression au quotidien ou qui mettent leur vie en danger et à risque à chaque jour pour eux et autrui… ou d’autres travaillant dans des conditions difficiles… pour presque rien…

enfants de guerre, soldats, enfants-soldats, gens aux prises avec de graves maladies ou problèmes de santé mentale, aidant(e)s naturel(le)s, travailleurs humanitaires, parents d’enfants… en santé et malades, mon ami Benoit Duchesne qui garde le moral même emmuré dans son corps, et tous les autres comme lui, travailleurs/es du réseau de la santé, professeurs dans les écoles favorisées et défavorisées, éducatrices de garderie, gens qui se relèvent de peines d’amour et de la perte d’êtres chers, ceux et celles qui souffrent et qui persistent, les Haïtiens/nes, Palestiens/nes, Africains/es qui vivent dans des camps de réfugiés… name it… le monde est peuplé de monde courageux… le monde est courage… eux et nous…

à mes yeux les vrai(e)s courageux et courageuses, ce sont notamment les gens qui risquent leur vie pour se dire, pour exprimer la vérité, pour aider leur prochain, leurs proches et les enfants, pour être eux-mêmes dans des contextes répressifs qui les menacent et oppressent, ceux et celle qui répandent de l’amour et de la chaleur humaine dans les pires et meilleurs conditions, pour le meilleur et pour le pire… ceux et celles qui continuent de voir plus large qu’eux et elles et permettent cette élargissement de vision chez autrui…

le monde est une réflexion de ce que l’on perçoit et décide de voir… et nos actions une conséquence de cette vision…

le courage sera toujours plus fort que la peur… comme la vie trace son chemin à travers l’asphalte…

bon jeudi courageux et peureux… simultanément…

Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (52)…

mon plaisir – un peu – coupable… et vous ?

vous sentez-vous, vous aussi, comme moi, ou pas… variablement et selon les jours, pas du tout, un petit peu, un peu plus, pas mal plus, wow ! trop, non juste assez, passablement, beaucoup, beaucoup beaucoup, passionnément, énormément, à la folie, coupable d’être trop, trop longtemps ou trop souvent sur Facebook ? sincèrement…

en moi, une voix… constante et subtile… comme si ce temps était perdu… dans le cyberespace… comme si on n’avait pas de vie – get a life ! disent les jeunes – parce qu’on utilise cet espace & temps pour connecter… comme si ces contacts avaient moins de valeur que ceux en face à face… comme si c’était looser de surfer… moi j’y pense, j’y réfléchis… ça me travaille en tous cas… et j’assume de plus en plus…

car peut-être l’avez-vous remarqué 😉 j’écris des chroniques depuis un mois environ – Dany combien ? depuis quand, moyenne par jour SVP ? 😉 – ce qui m’amène à y passer plus de temps que jamais… je pourrais écrire un livre en solitaire, me couper du monde et disparaître mais j’ai choisi cette forme pour tout de suite… car dynamique, vivante, plus court terme… j’ai commencé tellement de livres que je n’ai jamais terminés… trop long trop loin… et à coups de chroniques, quelque chose se bâtit… mot par mot, image par image, chronique par chronique… trois petits point et puis s’en vont…

personnellement, je vis dans le bois, seul, avec charlie, dis allo charlie miow miow… je vais peu au village, j’enseigne par internet, je n’ai plus d’enfants à la maison, je vois relativement peu de gens – j’en ai vu pas mal au cours des 20 dernières années alors petit break asocial pour le moment ! on est pas fous, mon chat pis moé! donc j’apprends la vie en solo… je parle davantage aux arbres qu’aux gens ces temps-ci… une chance que je vois ma plus jeune fille 2-3 fois semaine et ma plus vieille régulièrement quand elle est à Montréal… et quelques ami(e)s…

donc Facebook est mon café du coin, mon ptit pub, mon bar ouvert… j’y écris surtout, what’s on your mind ? – et j’y vois plein de choses intéressantes, belles, positives, life affirmative, du drôle, du touchant et du liant, je prends des nouvelles de mes ami(e)s partout partout, je choisis ce que je veux, je magasine mon inspiration, mon information, ce que j’y puise – citations, photos, nouvelles, etc… et j’expire mes chroniques, mots et images, sages et pas… passages de vie…

des fois je me dis que je me sentirais moins coupable – allo ptit Jésus souffrant pour nous sur la croix – d’être autant branché si c’était ma job car ça serait justifié… ce qu’on appelle des blogueurs professionnels… moi je me sens davantage buggeur, une bibitte à mots échevelés… en fait c’est ma job mais je ne suis pas payé pour le faire… bénévolat… l’actualité m’intéresse peu, moi c’est vous qui m’intéresse, vous parler, vous rejoindre, moi aussi je m’intéresse, nous, vous, le dedans de nous, comment ça marche en dedans, ce qui s’y passe et comment trouver la porte de sortie, la porte du paradis, terrestre ou céleste, whichever comes first, car je le sens, elle est juste là… la porte… en moi, en vous, dans la forêt…

à force d’avoir Osho comme maître, qui a mis la barre haute, je n’aspire plus simplement au bonheur, je veux tout, je veux du bliss, de l’ecstase, je veux sortir de moi, disparaître, me fondre dans le décors, voyager sans avion, propre propre propre le transport il sera… circuler dans les airs comme un courant, passer à travers les nuages, me brûler sur le soleil, lui donner des coups, de sommeil ou d’éveil, me promener dans l’astral, dans l’intergalactique… et revenir pour souper… les deux pieds sur terre, les quatre fers en l’air… et pondre une prochaine chronique…

tiens 11 h 11 encore 😉 temps d’aller jouer dehors, les arbres me réclament… ati viens jouer, arrête de taper pour rien dire… viens ici…

OK OK à plus…

Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (51)…

qui suis-je ? qui êtes-vous ? qui sommes-nous ?

pour plusieurs d’entre nous, on vit et on se questionne, un peu, beaucoup, passionnément, excessivement, en ce sens… question à 100 $, réponse qui ne s’achète pas, qui n’a pas de prix… réponse tout court ? car y a-t-il réponse à cette question ? qui répond à qui ? péril en la demeure…

j’aime bien l’affirmation qui veut qu’on ne soit pas un corps habité par un esprit mais plutôt un esprit logé temporairement dans un corps… changement de perspective… un peu abstrait encore mais piste intéressante à fouiller, à suivre néanmoins…

plus on avance en âge, plus le corps s’abîme et plus cette perspective est réjouissante, plus elle fait sens … on apprécie et on est attaché à notre corps, notre bolide dans cette course folle, utile pour traverser la vie, mais à mesure qu’il s’use, on apprend graduellement à s’en détacher… en fait il nous quitte morceau par morceau avant qu’on le fasse soi-même… vite, quitter le navire avant qu’il ne s’échoue…

et autant ce corps est notre refuge, notre home en ce bas monde, autant il constitue une prison dans laquelle on reste pris, logé, fixé… autour et dans lequel se logent et s’attachent, se figent pensées, sensations, émotions… et autour duquel on s’identifie, on s’ancre… pour éventuellement s’en détacher de nouveau… bébé, on apprend à s’y loger, à le faire fonctionner, à l’utiliser, à l’exploiter au maximum et lentement mais sûrement, le processus inverse prend place…. prise de possession, appréciation et détachement… et une obsession croissante pour la santé… proportionnelle à notre crainte de la mort… la santé à tout prix… en vain… mais tout de même…

corps à corps avec ce corps… relation amour-haine… jusqu’à ce qu’on dépasse l’attachement… mon corps ? le mien ? juste à moi ? je suis mon corps ou mon corps me suit ? donc pas qui mais que suis-je ?

nous sommes un… donc je suis toi ? tu es moi ? nous sommes la même chose ? la même grande personne malgré nos différences, nos distinctions personnelles, notre prétendue séparation… théorie qui demande à se confirmer… et au plus vite tant qu’à y être… j’invite la réponse en la demeure…

cette finitude imposée par l’attachement au corps physique, aux pensées émotions et sensations qui s’y rattachent, est oppressante, limitative, étouffante… on veut le monde entier, s’y fondre, le prendre en soi, mais on se frotte aux confins de ce corps… à sa petitesse, sa petitude, sa limititude… aux limites de sa personnalité, de son petit moi… dépasser ses limites, les limites du moi… sortir de son toi, vivre à ciel ouvert… où est-ce que je commence et je finis ?

ouvrir son esprit – l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne selon Ariane Moffat, salut la belle – agrandir ses horizons, prendre le large, s’approprier le monde, encore, redevenir Dieu, le tout, le grand Soi… redevenir Sol – pauvre petit de moi, salut Marc – sur lequel reposent nos pieds… c’est vermouilleux, surtout avec cette pluie… de mots…

s’illuminer soi-même pour mieux voir le tout… on nous dit qu’ on ne peut se battre contre la noirceur, on ne peut que s’allumer, ouvrir la lumière… turner on la switch de la conscience et de la compréhension ultime… parfois, léger, de plus en plus libre, on y touche presque, on a le doigt dessus… parfois, on ne se souvient même plus que ça existe, qu’il y a une switch… pris dans les pensées, émotions, sensations… pris dans le noir… 100 % humain…

garder espoir, avoir la foi que notre chemin mène directement à la source, à la grande switch cosmique, grande farce comique, l’arrivée est le départ, envoye à maison… comme dirait Krishna Das, c’est inévitable que nous y arriverons… malgré les détours que nous prenons car nous semblons apprécier le trajet et non seulement la destination… se perdre pour mieux se retrouver… l’effort en vaut la chandelle car ce n’est peut-être pas une switch après tout qu’on cherche, c’est peut-être une flamme…

donc restons ouvert(e), prêt(e) à tout… trouver… prêt(e) à chercher, à quêter… une vision, une réponse, un signe, un indice… qui nous mènera à la prochaine station sur le grand chemin de la croix… qui nous mène à nous-même, qui nous mène à tout… tout le temps, partout… ici maintenant… tadam !

pas fou ce Einstein !

bonne route… aujourd’hui…

Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (50)…

merci pour vos yeux, merci pour vos mots… ami(e)s facebook… touché droit dans la cible…

flot de mots, de gouttes, la flotte, flot de maux, mots d’âme et d’esprit, pluie qui continue les travaux de nettoyage, de l’âme, du coeur, du corps… corps de souffrance, corps dense, corps à corps avec la mort… corps d’errance, danse dense…

de cette source trouble, de ce courant intérieur, émerge une vie qui veut continuer, un filet pour se battre, faire sa place, pulser de tout coeur, atteindre le coeur de ceux et celles qui restent, ceux et celles qui pleurent, qui souffrent… et se souviennent… de vivre…. malgré la mort au terminus…

ce matin, avec la mort flottant autour, j’ai eu envie de confronter la vie, la baver, la braver, de lui dire : envoye ! teste moi, fais ta smatte, fais moi signe… puis un courriel arrive… un signe ? en tous cas, je lui donne ce sens, je le prends ainsi, à tour de bras… à bras le corps…

dans ma boîte de courriel, une invitation d’Amnistie internationale qui m’offre de sauter dans le vide pour la liberté d’expression, moi qui découvre l’écriture depuis 50 chroniques… moi qui a le luxe de dire tout ce qu’il pense, moi qui a comme peur ultime le vertige, la hauteur, sauter dans le vide, sauter pour la vie comme d’autres sautent dans la mort…

nous qui, ici, avons le luxe de chialer jusqu’en en faire un sport Olympique, nous qui avons le luxe de nous plaindre sur les ondes publiques et privées, de réclamer la démission de nos politiciens, nous qui jouissons de la liberté d’expression jusqu’à en dire des niaiseries…

et instinctivement, yes ! engagez-vous qu’ils disaient… la peur ultime… 10-4… sauter pour la vie, sauter pour ceux et celles qui ne peuvent se permettre de dire quoi que ce soit, sauter pour ceux et celles qui sont opprimé(e)s, brimées, écrasé(e)s… et récolter quelques centaines de dollars du coup pour ceux et celles dont la vie en dépend…

comme j’aurai besoin d’aide, n’ayez crainte, je vous en reparlerai… et si d’autres parmi vous avez aussi envie/besoin de sauter dans le vide …. voici le tremplin… c’est pour une bonne cause, une cause juste, celle de la défense des droits humains…

http://www.amnistie.ca/site/

et cliquer sur sauter…

vu sur le site d’Amnistie Internationale : écrire ça libère… un projet de correspondance avec des prisonniers politiques…. oh que oui !

Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (49)…

depuis ce matin, le petit homme de coeur se sent comme le temps… ça tombe, ça coule, ça grise, ça averse la larme, l’alarme à l’oeil… pas le troisième, mais le bon… l’oeil qui voit tout, celui qui pleure… est-ce la journée qui déteint sur moi ou moi sur elle ? ou un peu des deux ? car la larme à l’oeil devient prisme dans l’oeil de la tempête…

être de terre, humidité émotionnelle, bouette existentielle… écrire, s’écrire, tire-lire, ça me prend tout mon p’tit change de vie… mourir un peu… ou à petit feu… une vie qui ne fera pas long feu…

ma fille vient de m’apprendre ce matin qu’un jeune ami de la famille élargie a été retrouvé mort… suicidé… mort de et à lui-même… par lui-même ? mort dans l’âme, jeune âme… peu importe comment et pourquoi… la mort quand même… une mort qui affecte large… une mort familiale élargie, notre mort à nous, tous et toutes, grande famille planétaire… mise à mort autonome d’un autre jeune homme de la tribu, désespoir du clan complet…

je pense à ses proches, ses parents, son frère, à ma fille, près de ce jeune depuis l’enfance, seule et triste en Arizona en ce moment et que je voudrais serrer dans mes bras, paternellement, je pense aux ami(e)s, à nous, lointaines connaissances, à moi, pauvre petit moi apitoyé sur mon sort, sur son sort… et son ressort… prêt à bondir… mort dans l’âme, larmes aux yeux, larmes tranchantes et cinglantes… acide lucidité..

journée d’eau, jour de flot, flot de mots, mots lourds de sens, jour de larmes et de sauts… vers l’inconnu… et tout à coup, un courriel… signe providentiel… qui fait sens… tout à coup…

pris dans ce marasme humide et bouetteux et vaseux, dans ce cul de sac intérieur, s’éveille en moi une force de vie, un instinct de mort tirant vers la vie… vers la liberté… d’expression… de larmes, de mots ou de quoi que ce soit… émotions, énergie en mouvement en effet…

la vie pure et dure, qui frappe dans le dash, qui nous arrache à ce petit confort que l’on tente de mettre en place, en nous et autour… dans ce vaste monde qui tourne sur lui-même et sur nous, rempli d’autres petits nous, ce monde qui ne demande pas la permission de frapper… ou de caresser… mais surtout à éveiller…

Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (48)…

tourner la page, fermer la porte et continuer son chemin… ne plus regarder en arrière… ni en avant d’ailleurs car celui-ci n’est qu’un passé qui s’ignore… maintenant, porte d’entrée en soi… et en velours… doux, doux… simplement, ici, maintenant, totalement…

la vie est faite d’aventures, d’expériences, certaines faciles et plaisantes, d’autres moins… certaines ici, d’autres loin… les unes courtes et intenses, les autres lentes et marquantes… certaines porteuses de grandes leçons de vie, d’autres plus… difficiles à saisir… plus lentes à intégrer, plus subtiles à laisser faire impression sur notre âme… ni bonne ni mauvaise l’impression,,, juste une impression… gentille pression éclairante… qui fait fléchir notre point de vue, notre perspective, qui nous réfléchir et fléchir à nouveau, re-fléchir…

parfois la voie à suivre n’est pas claire… on veut quelque chose qui ne se manifeste pas… ou pas facilement du moins.. on persévère ou on lâche prise ? on laisse aller ? on remet ça à l’existence ? in god we trust ? ou non, et on prend l’affaire en mains, on fait la job soi-même, une job de bras… on va au bout de ses rêves et de ses intentions et on se bat avec vigueur… ou pas, et alors on abdique et accepte… même si la deuxième option semble la plus raisonnable, parfois faut foncer, forcer et faire un effort… oser risquer rentrer dans le mur… pas facebook, le mur de la vie, le dur de dur… justement ne pas être toujours être raisonnable car la raison, la raison…

quelle finesse que de savoir distinguer entre continuer, persévérer, aller au bout et lâcher prise et rendre les armes… OK ! I give up… jusqu’à la prochaine fois… car les leçons sont infinies et perpétuelles, les occasions d’apprendre s’offrant sans cesse à nous… si nous voulons les voir et les laisser nous transformer… pour le meilleur… et pour le dire…

écouter, suivre son coeur, je veux bien mais je ne l’entends pas toujours celui-là, je ne comprends pas toujours ses messages, je ne compréhendes pas exactement tout à fait, je ne suis pas bilingue côté coeur… le coeur ou la raison, l’argent ou la vie, l’enveloppe ou la chaîne…

je me suis souvent fait dire que je suis un homme de coeur mais entre vous et moi, je ne sais même pas ce que ça veut dire ça, être un homme de coeur… peut-être pas besoin de savoir après tout… juste l’entendre, le prendre et faire confiance… au coeur en soi… au coeur en soie, doux doux… laisser son coeur faire la job même si on ne sait pas…

mais je sais que je suis aussi un homme de tête, un gars d’idées, de convictions, de jeux de mots en devenir prêts à me popper au visage en tête ou en bouche, un être plein de croyances qui ne demandent qu’à être confirmées ou infirmées, infirmes mes croyances car insatisfaisantes, trop petites pour englober cette vastitude… je ne suis pas mes croyances… good ! parce que ça tourne en rond ces affaires-là… portes battantes flipfloppantes…

une être d’instinct aussi, qui suit ses feelings, ses guts, ses trippes, son intuition – intuition masculine ? – une bonne affaire ça suivre son instinct ? on s’en reparlera…

bref tout ça pour dire que c’est complexe la vie hein ?

avec tous ces morceaux à harmoniser, tous ces besoins, désirs, idées, rêves, pulsions, instincts à assouvir ou à prendre conscience de et abandonner… apprendre à se dévêtir de… enlever les couches, les pelures, de soie en soi ou de bananes sur le chemin… délaisser ses peaux de serpent… se dénuder, ne devenir rien… d’autre que soi… totalement, simplement…

et suivre son coeur qui ne sait pas toujours où il va…. mais qui, j’imagine, mène toujours ici…