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intersectionnalité

16298841_10154178972657371_1979828705256274468_n• cronica número vinte e sete

traduction : les gens forts prennent le temps d’aider les autres même s’ils se débattent avec leurs propres problèmes personnels

cette citation ci-bas – que je traduis ici mais en anglais en bas du texte – m’a fait me questionner depuis quelques jours et m’a même fait avoir un argument virtuel avec une amie FB hier, particulièrement au sujet de la définition du terme «se battre»…

et comme je reviens dans ma vie ordinaire d’ici quelques jours, envie d’y réfléchir, donc d’écrire à son sujet en cette fin de voyage…

évidemment on ira pas poser des bombes… ni prendre les armes…

mais ce message me rejoint en ce sens que je me demande comment je peux m’impliquer dans des domaines sociétaux qui ne servent pas mes enjeux personnels…

à suivre car je pars visiter Brasilia en cette dernière journée au Brésil… mais je vous partage ces mots pour le moment et on s’en reparle sûrement…

bom dia…

l’intersectionnalité signifie s’impliquer même si les enjeux ne nous concernent pas directement… j’aimerais que mes amis comprennent que de rester à l’extérieur de la politique ou avoir mal au coeur de la politique est un privilège…

votre privilège vous permet e vivre une existence a-politique… votre richesse, votre nationalité, vos habiletés, votre religion ou votre genre vous permettent de vivre une vie dans laquelle vous ne sera pas victime de bigotrie, d’attaques, de déportation ou de génocide… vous ne voulez pas vous impliquer politiquement, vous ne voulez pas vous battre car votre vie et votre sécurité ne sont pas menacées…

il est difficile t épuisant de soulever des enjeux d’oppression (donc devenir politique)… la bataille est épuisante… je comprends… prendre soin de soi est essentiel mais si vous trouvez que la politique est ennuyante et vous ne voulez que le monde soit beau et gentil, s’il-vous-plait sachez que des gens se battent littéralement pour leur vie et leur sécurité…

vous ne le voyez peut-être pas c’est ce que les privilèges font…

je veux aussi dire à mes ami(e) qui sont nouveaux à ce jeu, mes ami(e)s qui sont devenue récemment plus «vocaux», que je suis fier que vous vous impliquiez… n’arrêtez pas là…  continuez d’avoir ces discussions, continuez de parler de politique, demeurez actifs…

l’intersectionnalité veut dire se présenter même lorsque des enjeux ne nous affectent pas directement… demeurez alerte et actif… nous avons tellement besoin de vous en ce moment…

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 » Intersectionality means showing up even when the issues don’t affect us directly.

I want my friends to understand that « staying out of politics » or being « sick of politics » is privilege in action.

Your privilege allows you to live a non-political existence. Your wealth, your race, your abilities, your religion, or your gender allows you to live a life in which you likely will not be a target of bigotry, attacks, deportation, or genocide. You don’t want to get political, you don’t want to fight because your life and safety are not at stake.

It is hard and exhausting to bring up issues of oppression (aka « get political »). The fighting is tiring. I get it. Self-care is essential. But if you find politics annoying and you just want everyone to be nice, please know that people are literally fighting for their lives and safety.

You might not see it, but that’s what privilege does.

I also want to say to my friends who are new to this, my friends who have recently become more vocal, I am proud of you for getting involved. Don’t stop there. Keep having these discussions, keep talking about politics, stay active.

Intersectionality means showing up even when the issues don’t affect us directly. Stay awake and stay active. We need you so much right now « 

adeus paraïso

cintia-guarnieri-fait-par-rafart_muralismoart: Cintia Guarnieri / @rafart_muralismo 

• cronica número vinte e seis

ça y est… après un mois ici à Alto Paraiso, time to hit the road again… mais sincèrement, je crois que c’est davantage le route qui nous frappe que nous… la route nous ramollit, nous rend plus flexible, nous force à faire confiance car lorsqu’on voyage, pas le choix… we have to trust

en effet, quand on y pense, le simple fait de prendre l’avion consiste à remettre notre vie dans les mains d’inconnus… et toutes ces réservations par internet, in the machines we trust aussi…

mais avant de voir de mes yeux voir toute cette neige manquée cet hiver, deux jours chez de nouveaux amis à Brasilia, une famille rencontrée dans le plus récent 10 jours de feitio… des gens d’une grande qualité… détail intéressant, les deux m’ont demandé de devenir leur parrain, ou padrinho, lors d’une cérémonie de baptême… alors visite familiale en quelque sorte…

alors moment pour boucler les bagages, qui consiste principalement en fait à mettre son linge dans sa valise… en tas… tout en me gardant un kit de propre pour l’avion de retour…

les fins de voyage sont particulières… surtout ceux dans lesquels on fait de si grands voyages intérieurs… et par les cieux, car au Brésil les cieux sont grands ouverts… et le contact ténu entre ce monde et les autres, ceux-là, là haut…

en effet, souvent denses les fins de voyage et les retours à une réalité plus ordinaire… souvent avec une ptite saveur de saudade… oui, nostalgie… ce qui est bien car lorsqu’on a hâte de revenir à la maison, c’est souvent que le voyage fut plutôt ordinaire… pas le cas ici… plus fou que mes wildest dreams…

non, pas toujours simple ou facile de ramener et d’intégrer toutes ces expériences vécues en voyage dans son quotidien… what a trip comme ne disent pas les Brésiliens…  surtout ce voyage-ci qui ne fut comme aucun autre avant… vraiment pas…

tous ces changements de perception, avec plusieurs visites dans des espaces pas si ordinaires que ça, à ramener dans une réalité pleine de neige, une réalité qui semble plus connue, et pourtant… toujours intéressant d’aller voir ce qui se cache de l’autre côté du voile, ce côté-ci ou l’autre…

certains disent que les voyages forment la jeunesse… moi je crois qu’ils déforment surtout la réalité… qu’ils nous sortent de notre cadre connu, qu’ils nous pitchent dans l’inconnu, qu’ils nous rendent humbles et ouverts, surtout quand on ne maîtrise pas le langage du lieu visité…

ici les langues explorées furent doubles… crash course de portugais sur ce plan horizontal, avec lequel je me débrouille de mieux en mieux, merci google translate, langue que je vais continuer de pratiquer pour ne pas la perdre… mais aussi langages des anges, des cieux, des mondes parallèles si souvent explorés au cours de ce voyage… mais pas de google translate pour celle-ci… différents mots aussi, différents univers…

alors voilà, mon lift trouvé hier sur un groupe FB de covoiturage Alto-Brasilia avec une personne encore inconnue de moi est confirmé, la personne m’ayant envoyé un message il y a quelques minutes… confiance vous dites ?

évidemment, comme tout voyage, celui-ci ne se terminera jamais… chacun se conjugue aux précédents pour nous modeler, nous pétrir, nous redéfinir… de celui-ci, je reviendrai avec des souvenirs concrets, notamment 42 chants enregistrés en studio, un vidéo d’un premier standing ovation, une nouvelle mama et nouvelle famille, en fait quelques nouvelles familles. et de nombreux nouveaux ami(e)s brésiliens…

décidément il y a de ces voyages qui changent une vie… encore et encore…

alors bom dia lecteurs/trices… adeus do Alto Paraïso…

juste le temps de mettre mon linge sale dans ma valise et de ramasser mes trucs…

coucous possibles de Brasilia demain…  ou d’un aéroport on the way home

so far so good / por enquanto, tudo bem

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• cronica número vinte e cinquo

ainsi va la route de notre vie…

pour débuter aujourd’hui, les mots d’un autre, ceux de Joseph Campbell plus précisément, à propos du travail du philosophe Arthur Schopenhauer :

quand vous atteignez un certain âge et regardez derrière, on dirait qu’il y avait un ordre dans votre vie… comme si elle avait été composée par quelqu’un…

mais en même temps, ces événements qui, lorsqu’ils se sont produits, avaient l’air accidentels, ou de simplement se produire, constituent en fait les éléments principaux d’un scénario cohérent…  

mais qui a écrit ce scénario ?

tels vos rêves, qui sont faits de différents aspects de vous-même et de ce que votre âme n’a pas encore rendu conscient, votre vie a été composée par un certain élan de vie en vous…

tout comme ces gens que vous avez rencontrés «par hasard» qui sont devenus des éléments clés dans la mise en place de votre vie, alors que tout ceci s’agence et se met en place telle une grande symphonie, chaque élément interagissant et s’influençant les uns les autres de même qu’avec le reste…  

c’est comme si nos vies étaient le rêve d’une seule personne, au sein duquel tous les personnages rêvent aussi… alors tout est lié au reste et au tout, qui bouge à partie de l’élan de vie de la nature

intéressant non ? en tous cas, moi, souvent, je réfléchis à l’apparente dualité destin versus hasard, ou en d’autres mots je me demande si tout es prédéterminé ou tout prend place de façon anarchique et spontanée ?

comme pour la mort, personne ne peut vraiment savoir ce qui en est… et probablement, du moins possiblement, en tous cas, plausiblement, on aura quelques réponses en ce sens lors de notre passage de l’autre côté du voile…  mais pour le moment, mystère et c’est parfait ainsi…

si je parle ce ceci – ou est-ce de cela ? 😉 ce matin est que ce voyage que j’ai entrepris avec un groupe d’ami(e)s à la fin décembre semble vraiment avoir été prédestiné… arrangé avec le gars des vues… ou la fille ou femme c’est selon…

tout autour de ce voyage, autant avant que pendant – s’est placé facilement – que dis-je magiquement…

des rencontres faites il y a 6 ans et qui semblaient alors sans suite se sont révélées marquantes 6 ans plus tard…

tout le travail musical effectué depuis 7-8 ans a fleuri ici d’un coup, reconnu, apprécié, célébré…

le souhait de trouver de l’aide pour l’enregistrement s’est manifesté plus que magiquement avec un studio et un technicien ami venant avec dans l’endroit même où j’habitais (pour celle-là, même si je ne connais pas la personne des vues, je le remercie infiniment)…

tout le travail avec les chants du Santo Daime qui se confirment d’un coup…

mon intention de travailler et de documenter l’intervention en toxicomanie avec les plantes de l’Amazonie qui se concrétise par une collaboration avec une clinique ici qui travaille en ce sens… sans compter ma relation avec Jacques Mabit de Takiwasi établie depuis une dizaine d’années sans vraiment savoir où ça allait  qui pourra s’actualiser plus concrètement en ce sens grâce à ce projet…

oui définitivement, parfois, la «vue de la vie» makes sense

en dépit de nombreux bouts où l’on avance sans trop savoir où l’on s’en va, la bobine se déroule, et nous avec… et la route se construit… vers où ? doesn’t matter really !

en confiance, avec foi, avec totalité, on continue…

not THE END yet.. not at all…

sioux demain…

Luz Azul

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• cronica número vinte e quatro

all right !

ça y est… on a passé 4 autres heures en studio hier soir et capté 42 hymnes sur une base one take chacun, à moins que je ne me plante royalement, alors on recommençait…

il reste à couper tout ça, à éditer ici et là un peu pour éventuellement mettre ça en ligne… l’idée est tout d’abord de rendre le tout disponible pour écoute et dans un deuxième temps, organiser une campagne de sociofinancement pour ramasser suffisamment de sous pour que je puisse revenir ici voir mon nouvel ami Shami technicien de son (et formidable musicien) en juin pou faire un vrai album avec arrangements et musiciens et etc… je vous en reparle sûrement 😉

que de travail, que de plaisir, que d’inspiration ces derniers jours… et un peu de stress même si je ne dois rien à personne… une excitation qui faisait parfois presque mal de plaisir…

ces derniers jours, je me suis senti comme un vrai musicien, un vrai artiste en résidence… avec un studio sur place, un technicien à ma disposition… drôle car j’avais placé ma commande et l’univers – ou whatever – me l’a délivrée… en tous cas moi ça m’a grandement délivré… ça marche parfois ces commandes à plus grand que soi…

que de guitare ces derniers jours, que de nouveaux chants qui descendaient sur moi comme neige sur notre coin de pays, ou comme la misère sur le pauvre monde – mais me semble que c’est une expression d’une autre époque celle-ci 😉

en l’espace d’un mois, j’ai reçu 21 nouveaux hymnes, dont 18 dans les 2 dernières semaines… le reçu est en italique parce que dans notre gang, on n’écrit pas des hymnes, on les reçoit… on attend que l’inspiration se manifeste… bien sûr que si on tient sa guitare dans ses mains, qu’on gratte longtemps et fredonne et qu’on garde de quoi écrire pas loin, ça aide… ça invite l’invitation…

et c’est en plein ce que j’ai fait… et j’ai aussi profité de l’inspiration des derniers jours pour revoir les petits détails de mon premier hinario (ensemble d’hymnes) avant de l’enregistrer aussi hier soir…

alors j’aurai du stock à vous présenter bientôt… après avoir bizouné un peu dan tout ça lundi pour que mon ami technicien me montre comment éditer le tout… car qu’une première étape la captation, c’est souvent par la suite que le vrai travail commence… mais au moins maintenant c’est capté… enregistré… basta !

selon mon ami Shami, capteur de son justement, plusieurs de mes hymnes seraient très bons… deux trois même très très… toujours quelque chose de se livrer comme ça à un autre… car quoi de plus personnel que de présenter ses trucs – soient-ils musicaux, picturesque ou poétiques – aux autres… on se dévoile… et en un à un, encore plus intime il me semble…

je me fie à lui… car comme pour nos enfants, les nôtres sont toujours les plus beaux et les plus bons… quoi que l’on châtie bien aussi quand on aime bien.. et tellement critique de tout ce qui sort de nous hein ? vous comme moi j’imagine…

dans ma dernière chronique, l’autre jour j’ai posté une citation qui disait quelque chose comme ceci : tous les voyages recèlent des destinations secrètes desquelles le voyageur n’a pas conscience

eh bien, je pourrais dire que l’une parmi ces destinations était un nouveau répertoire de chants nouveaux… comme le Beaujolais nouveau, fabriqué rapidement et spontanéement, pas encore vieilli à point, mais audacieux et venu à la vie de lui-même, en poussant un peu son géniteur… et vendredi soir, comme par magie, ça s’est bouclé, j’ai reçu un dernier hymne intitulé Yippee ! et ça a dit clairement  that’s it !  Basta le nouvel hinario… Viva Luz Azul !

bien sûr encore tour vert, tout carré, pas arrondi ni poli mais pas impoli non plus… très respectueux de son propre chemin… 17 hymnes en portugais, dont 2 trilingues et 2 bilingues, 4 en anglais… des airs simples, enfantins même par moments… des airs que j’ai bien hâte de vous faire entendre… à venir…

alors aujourd’hui je me permets un bon repos full post partum en cette journée de pluie soutenue ici… parfaite journée pour la sieste et de la lecture… eh oui il pleut aussi au paradis…

et moi qui m’étais promis hier soir de ne pas toucher à ma guitare aujourd’hui après une semaine un peu obsessionnelle compulsive… eh bien, je ne me crois vraiment pas…

allez boa domingo chez-vous…

je profites de mes derniers jours au Brésil avant de revenir jouer dans la neige avec vous…

straight vers l’inconnu

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• cronica número vinte e treis

PORTUGUESE : todas as viagens esconder destinos secretos de que o viajante sobre desconhecem

FRANÇAIS : tous les voyages recèlent des destinations secrètes desquelles le voyageur n’a pas conscience…

alors comment on s’en rend compte de ces destinations si we are unaware of it ? et un voyage peut-il seulement se terminer ? dans quelle mesure les voyages nous transforment-ils vraiment ?

que quelques petites questions de fin de voyage qui me trottinent dans la têtinette…

ce voyage – que dis-je périple, safari, aventure, major life changing event – au Brésil tire à sa fin… déjà un mois et demi on the road… une autre semaine to go… to stay actually, avant le go justement…

mais encore beaucoup à faire ici, tellement… on retourne au studio demain, question d’enregistrer mes deux hinarios, (sets d’hymnes, un intitulé Osho Daime comprenant 25 hymnes, et l’autre Luz Azul de 21, reçu entièrement ce dernier mois, des nouvelles bientôt…)

et continuer à appendre le portugais… en ce sens je m’en vais passer mes 2 derniers jours au Brésil dans une famille d’amis à Brasilia, amis que j’ai connus ici à Alto et dont je suis devenu le padrinho… 2 jours qu’en portugais pour me clouer le bec, et apprendre, et baragouiner…

et dernière cérémonie ce soir, en principe car on ne sait jamais ici… celle-ci, avec Darshan avec qui j’ai passé 10 jours récemment, pour boucler la boucle, pour le moment…

si ce voyage recèle des destinations secrètes, j’en ai découvert quelques-unes déjà mais il en reste sûrement d’autres à cueillir… car les voyages forment la jeunesse, mais la jeunesse ne passe jamais vraiment, surtout à notre époque…

un peu magique ce qui se passe ici… je m’assois et  les hymnes me tombent sur la tête… en ai reçu 3 à Sorocaba, et 18 depuis que je suis ici à Alto…  les airs arrivent, les accords suivent, les mots prennent place entre les 2… je ne fais que recevoir… et prendre note… très plaisant… aucun effort… je ne fais que répondre à la commande…

beaucoup de leçons, d’apprentissages, de download depuis que je suis ici… oui oui download comme téléchargements… les infos arrivent des cieux et si on ouvre les vannes, ça coute à flots et ça s’enregistre dans le disque dur… bene dictions…

donc que quelques jours avant le retour dans l’hiver… et je sais par mes ami(e)s déjà passé(e)s par là, que le choc est brutal… bon à savoir… -16 aujourd’hui d’ailleurs à ce qu’on dit…

ici dans les jeunes 20 degrés, très agréable, avec beaucoup de pluie et ce matin panne de courant… nous sommes 3 dans le petit gîte où nous étions plus de 20 la semaine dernière… parfaite résidence pour artiste…  c’est le feeling que j’ai… je n’ai que ça à faire, jouer, chanter, écrire… et manger, dormir et me laver in between

et Alto Paraïso est tellement particulier comme village… probablement plus de dreadlocks ici au pied carré que n’importe où au monde, à part la Jamaïque… la capitale internationale des shops de cristal…

ici, je sors très peu en ville… assignation à domicile… je vais marcher côté jardin 2-3 fois par jour… à chaque jour, je vais manger dans le même petit resto style buffet tout près d’ici, avec riz, fèves, légumes, salades, etc… la famille du resto m’a adopté, je suis LEUR client canadien… ils ont vu la neige dans mes machines… et je pratique mon portugais avec eux… comme si je vivais ici depuis toujours… mais pas pour toujours… alors j’en profite…

et ce matin, dans la pluie, dans un silence plus silencieux qu’à l’habitude à cause de la panne de courant, je me sentais mystérieusement comme à la maison, dans ce jardin où pleuvent les mangues et les autres fruits bizarres pour nous…

à la même place que lorsque je suis chez-moi, et de plus en plus à la même place que lorsque je sui n’importe où au monde… ce home en soi… celui que l’on cherche beaucoup et que l’on trouve parfois… bon feeling…

alors chers lecteurs/trices, quelques chroniques d’ici encore… quelles destinations se révèleront encore pendant que je suis sur place ? on verra bien…

pour le moment encore totalement immergé ici, avec ce petit feeling de presque fin de voyage qui nous fait apprécier chaque moment d’autant plus qu’ils se font de plus en plus rares…

boa tarde…

 

Pausa

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PORTUGUESE: fazer uma pausa … você duvida ? pausa … você está com raiva ? pausa … cansado ? pausa … estressado ? pausa … e quando você fazer uma pausa, rezar !

FRANÇAIS: prenez une pause… vous doutez ? prenez une pause… vous êtes en colère ?prenez une pause… fatigué(e) ? prenez une pause… stressé(e) ? pause… et quand vous prenez une pause, priez !

ça y est la séance en studio est commencée… on a fait quelques heures déjà, et c’est prometteur… mais en ce moment nous sommes en pause… alors je prie… pour qu’on reprenne bientôt 😉

que c’est excitant, gratifiant, trippant, flabbegastant d’avoir un technicien pour soi seulement… il est toutes ouies… et je crois qu’il aime pas mal ma musique… du moins il aime beaucoup certaines de mes hymnes, je le sais, je l’ai vu…

quelle intimité d’avoir en sa présence quelqu’un qui n’est là que pour soi, qui vous écoute, vous dirige, vous conseille, vous corrige à l’occasion –  ce qui est plus que bienvenu d’ailleurs –

on reprend dès qu’il se lève et me fait signe.. car on a beau être en pause et j’ai beau poster cette citation pro pausa, moi je n’arrête pas ça ici… no way ma Josée …

je rédige chronique, prend toast café et en attendant la réouverture du studio et le réveil de mon ami technicien, je continue à pratiquer, peaufiner, raffiner, perfectionner, préciser, parfaire, améliorer, name it… car ceci est ma prière… je vis pour chanter et jouer en ce moment… hier ça n’arrêtait pas d’arriver… impossible – presque – de prendre une pause… alors j’ai prié le ciel de continuer…

comme si les airs me cherchaient, comme si les accords se conjuguaient pour me siffler une mélodie à l’oreille, comme si les mots – en portugais et en anglais, rien en français, j’en parle à mon psy 😉 are falling upon me

j’ai l’impression que ce n’est même pas de ma faute, ni de mon ressort… qu’Alto Paraïso est un endroit tellement créatif que je n’ai qu’à m’assoir ici et les chants et les hymnes arrivent à destination et me passent dedans… des montagnes de cristal ici, ça a peut-être à voir ?

moi qui poste des citations qui vantent les vertus des pausas et qui ne peut arrêter… ça fait trois jours que je ride ma guitare 10-12 heures par jour… et de nuit aussi…

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je ne sais pas où je m’en vais mais j’y vais en guitare for sure

dans ce studio que j’ai souhaité venir à moi… et bien il est straight dans ma cour… c’est moi qui suis venu à lui sans même le savoir… guidage instinctif dit-on… here I am… estou aqui…

oh pas que l’on aie un tel studio

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mais tout de même du bon matériel de pro… et c’est lui c’est Shami, mon technicien pour de vrai… à l’époque où il étudiait aux States pour faire ce qu’il fait avec moi aujourd’hui… et avec d’autres… toute une job que celle de sound technician… savoir créer, à partir d’une situation stressante et énervante, un environnement relax et détendu pour que la personne captée, moi en l’occasion, se sente à l’aise, détendue, naturelle…

étrange feeling aussi que celui de s’entendre, de se sentir scruté et écouté, chaque note épiée, car chaque note et parole compte…   et ce qu’on livre est hautement intime et personnel, en fait le plus profond de mon ptit moi-même que j’exprime en ce studio… le plus intime qui soit…

très belle expérience pour quiconque veut se regarder… et s’entendre…

alors pausa non pausa de quelques heures en attendant la reprise de la session…  je continue de viser la perfection… je ne cherche pas absolument à l’atteindre… la viser est suffisant… toujours perfectible la vie… une oeuvre d’art parfait en contante évolution… ça fait avancer, travailler, remettre ses doigts et sa voix 100 fois sur le métier…. et continuer sa prière…

car de plus en plus, je semble parler de moins en moins à mesure que je chante de plus en plus… plus ou moins…

je chante qui je suis… d’où je viens mais surtout où je vais… je chante ce que je vois et sens dans toutes ces cérémonies… je puise dans le puits sans fonds des cieux en passant par mon propre inconscient… et j’en reviens quand je peux… ou pas…

comme cette impression de tenir le monde en mes mains quand je joue et chante…

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je réussis à m’oublier et à me perdre dans toutes ces notes, paroles, accords, là où je retrouve le fondamental, le plus pur, le plus plus…

parfois quand je joues je me sens ptit gars comme eux

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et comme lui même par moments, mais je me retiens un peu question de ne pas faire dans ma couche…

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et un peu comme eux aussi, deux de mes anges gardiens

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et comme lui aussi un peu car je joue sur son ancienne guitare…

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sans l’oublier lui non plus, lui qui gratte et rit dans sa barbe de tout là-haut…

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alors avant de divaguer pour vrai, je vous laisse car je suis en pausa vous vous souvenez ? je vous en prie…

et à part prier, faut bien se laver un peu, se sustenter le body et retourner à ses 10 doigts et ses 6 cordes, sans oublier les deux fesses sur lesquelles tout se tient quand on joue, et les deux bras qui tiennent l’instrument en question… pour le reste, so far so good

car la pausa est aussi importante que le reste, que les notas entre autras…

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agora, estou aqui

 

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• cronica número vinte e um

PORTUGUESE: um dia você vai estar onde você sempre quis ser
FRANÇAIS: un jour tu seras à l’endroit où tu as toujours voulu être

drôle de citation que celle-ci non ?

un jour ? lequel sinon aujourd’hui ? quand si pas right now ?

tu seras ? comment penser être plus tard ce que l’on ne peut être aujourd’hui ? car comme disait le vieux sage – anglophone bien sûr –  it ain’t gonna get better than this !

à l’endroit ? ça existe un ailleurs autre qu’ici ? et la totalité de l’être a vraiment d’un endroit particulier pour se réaliser ? ou cet endroit ne serait-il pas plutôt en soi, comme une certaine dimension intérieure ?

où tu as toujours voulu être… mais où a-t-on toujours voulu être au juste ? ou devrions-nous plutôt demander comment on veut être ? et comment vouloir être d’une façon particulière quand on ne sait même combien grandiose l’être peut s’avérer à partir de petit moi ?

car on ne peut imaginer que ce que l’on connait déjà, et l’améliorer un peu… mais ce qui nous attend est peut-être totalement d’un autre ordre ? d’un autre niveau de fréquence et de manifestation…

mais cette citation, aussi bizarre soit-elle, révèle quand même un grand mystère de l’être humain… celui que le meilleur est à venir, et la paradis à la fin de nos jours seulement ! possible que plus tard ?

mais pourquoi pas le paradis right here right now, ici et maintenant et tout le temps ? pourquoi devoir attendre à plus tard, et ailleurs pour atteindre cet endroit – ??? – d’ailleurs où a-t-on toujours voulu être ? un endroit autre le paradis ?

car même si on atteignait ce fameux endroit mythique, tout comme nous, tout comme ce jour promis, rien n’est statique ni permanent… et le paradis à la fin de nos jours ne sera rien d’autre qu’un moment à la fois qui nous est donné à vivre… alors pourquoi pas maintenat puise probablement la même affaire ?  et on en fait et fera bien ce que l’on veut et/ou ce que l’on peut…

car nous sommes tous et toutes semblables, nous faisons du mieux que l’on peut avec ce que l’on a remis à la naissance… peu importe ce qu’il y a eu avant, peu importe où l’on ira après… we’re all doing the best with what we’ve got !

peut-être là la justice ultime ? tous égo devant le vie ! alors faire du mieux avec ce que l’on a et est…

au-delà de la richesse, de l’apparence, faire du mieux que l’on peut avec ce que l’on a…

mais on vit tellement pour plus tard, en espérant que ce sera mieux que maintenant… pourtant plus tard n’est que le même maintenant un peu plus loin sur la ligne des points… et comment cela pourrait-il être mieux que maintenant ? car la vie ne fait que croître, la vie ne fait que suivre son cours avec nous dedans… tous des flots dans le grand flot de la vie… suffit de se laisser porter, de suivre le courant…

ou parfois, comme certains saumons, et malgré les discours qui veulent que l’on doit couler avec la vie, important aussi pour survivre de remonter le courant, de nager à contre-courant, de tenir tête à la vie qui nous pousse d’un bord quand on veut aller de l’autre…

car bien beau de suivre les messages smooth and cool et peace and love, parfois on dirait qu’il faut quand même tenir tête à la vie, tracer son propre chemin, se faire des muscles existentiels… écouter ce qui nos pousse au culot et suivre ces chemins pas du tout fréquentés… et on verra bien où ils vont en temps et lieux… mais le chemin est la fin en soi, pas nécessairement où il mène…

ce soir je serai en studio pour une première take… un peu nerveux mais je suis prêt… car c’est l’endroit où j’ai toujours voulu être 😉 les dernières années ont mené jusqu’ici…

toutes ces heures à gratter et gratter sans trop savoir où cela menait… ça ne pouvait que mener à ici… l’idée est de faire quelques takes de mes 40 hymnes, de choisir la meilleure version et de mettre ça sur le web pour me faire connaître car encore un nobody sur la scène musicale votre chroniqueur

mais je constate que lorsque les gens entendent mes chants, il se passe souvent quelque chose… que je ne saurais décrire… les gens sont touchés… plus par certains que par d’autres d’ailleurs…

alors présenter au monde via le web l’ensemble de mes chants dans une qualité respectable et par la suite choisir ceux qui touchent le plus pour concocter – éventuellement et si Dieu le veut autant que moi – un album…

envie de forcer un peu le destin… et de faire en sorte de voir ce qui arrivera sur ce chemin…

car right now, je suis à l’endroit où j’ai toujours – du moins depuis un bon bout – voulu être… juste à côté d’un studio d’enregistrement et d’un technicien ami pour jouer avec les bons boutons to make me sound like I want to sound

alors tonight is the night et je vous en reparle un de ces quatre…

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chemin parcouru jusqu’à maintenant:

et notre surprenant prestation à Sorocaba le mois dernier:

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fvideojornalista%2Fvideos%2F10154321244723137%2F&show_text=0&width=560« >https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fvideojornalista%2Fvideos%2F10154321244723137%2F&show_text=0&width=560

 

Livro vivo

15994593_743440672477617_834794164386695753_o• cronica Numéro vinte

PORTUGUESE: as pessoas falam muito, entâo eu olhar para o que eles fazem…
FRANÇAIS:  les gens parlent beaucoup… alors je regarde ce qu’ils font

je parlais dans ma chronique d’hier de leadership… alors ce petit diction complète à merveille mot dits hier il me semble…

en fait, en d’autres mots, ça dit : cause toujours mon lapin, on verra bien ce que tu finiras par faire de tous ces beaux mots et discours…

car il y a ce que l’on pense et comprend, ce que l’on sent et ressent, ce que l’on croit ou pas, ce que l’on dit, et ce que l’on fait… et qui l’on est…

et l’impact que l’on aura en cette vie ici bas sur son environnement et sur les autres éventuellement… mais cela n’est pas vraiment de notre ressort car cet impact sera différent et variable selon chacune de nos rencontres et surtout de ce que les autres en percevront… et de ça, on en a pas le contrôle…

on peut bien dire ce que l’on veut mais au bout du compte, ce sont nos gestes, nos actions, nos agissements, qui détermineront si nos paroles fleurissent, si nos propos résonnent, si nos beaux mots dits se concrétisent et prendront forme réellement et éventuellement… car on peut bien parler d’amour, de paix et de fleurs , mais si on n’agit pas en conséquences, nous ne créons que peur, conflit et désert aride et sec…

la vie se nourrit de la vie… et le réel et le concret de notre sincérité et de notre résonance…

Veeresh disait souvent  que ce que nous faisons est principalement de l’amour en mouvement, love in action disait-il plus précisément… et je suis bien d’accord, pas mal toujours été d’accord avec Veeresh anyway !

car on aura beau dire… mais c’est le faire qui apparait au bout du compte…

et pourtant, tant de gens s’en tiennent à : faites ce que je dis et non ce que je fais… pourtant, le miroir de la vie nous reflète constamment nos actions… si on prend la peine de regarder et de se refléter…

j’ai beau écrire chroniquement des chroniques plein de beaux mots et me faire aller les doigts et les babines sur la place publique, ou faire des cérémonies à la chaîne, in the end  je ne peux que regarder ma vie pour constater si mes bottines suivent mes babines…

chacun et chacune de nous sommes face à nous-mêmes en ce sens… personne d’autre que nous ne peut dire ou témoigner de cela… ça se passe en dedans… soi face à soi…

mais même les gestes ne disent pas tout.. la vérité et le sincérité se trouvent au-delà même des gestes car parfois on peut faker, mais nous au fond de nous, nous savons… moi, pour moi, je sais… ou du moins j’en sais in bout…

et j’aime croire qu’il y a une certaine justice, qu’elle soit en ce bas monde ou dans l’au-delà… mais peut-elle ne pas être maintenant ?

en tous cas il doit inévitablement y avoir une justesse certaine entre nos paroles et nos pas… entre nos babines et nos bottines comme certain(e)s disent au Québec… car en effet we do have to walk our talk… sinon aucune crédibilité… sinon les babines d’un bord et es bottines de l’autre…

car le faites ce que je dis et non ce que je fais, ça ne passe pas, ça ne passe plus… oh, peut-être au début un peu, mais éventuellement, le walk prendra le dessus sur le talk… et alors la vie fera knock knock knock à notre porte… et la babine nous reviendra en pleine face et les 2 bottines back au cul

pas convaincant en tous cas le faites ce que je dis et non ce que je fais, et peu inspirant pour que les autres embarquent dans des projets communs avec nous… car on peut bien parler et discuter si on veut, la réalité, du moins une certaine réalité, finira bien par nous rattraper éventuellement…

et si on ne peut décider face à ce que la vie dépose dans notre assiette, on peut par contre décider de ce l’on fera avec le contenu de cette assiette…

et les voyages sont une excellente occasion de nous sortir de nos patterns habituels et de nous plonger dans l’action inattendue et inespérée… que de l’impro les voyages… on se lance et on voit comment on répondra aux événements… ou comment on réagira car pas la même chose… semblerait que la réponse soit préférable à la réaction…

vient un temps dans la vie ou l’on ne pose plus aucune action en fonction de ce que les autres vont penser mais simplement comme une extension de qui l’on est… qu’une certaine naturalité qui coule de soi, simple question de cohérence externe… car tout naturellement qui l’on est fondamentalement se déploiera en actions concrètes…

alors regardons quelle vie on a crée et voyons qui nous sommes car cela reflète ceci…

et soyons sincère à nos convictions, même au risque de déplaire au monde entier… par exemple, quand on se retrouve en situation de conflits avec d’autres, ou du moins en désaccord, c’est toujours une occasion de voir si on changera nos comportements pour plaire, ou non…

et si jamais si on se prend trop au sérieux, particulièrement quand on expérimente avec les plantes psychoactives tel que je le fais en ce moment, et encore plus particulièrement quand on guide de tels rituels, voici une potion magique découverte récemment…

16426026_10154258824467876_1984906268586202601_n.jpgça dit en gros :

HUMILITÉ pour chamanes

spécialement requis pour les patients qui en savent beaucoup mais qui se sentent peu
qui ont plus d’égo que de dons magiques
qui se croient les détenteurs de la vérité et de la guérison

ma partie préférée : AUSSI DISPONIBLE EN SUPPOSITOIRES

souriez la vie vous voit 😉

_____

Semez une pensée, elle devient une action.
Semez une action, elle devient une habitude.
Semez une habitude, elle devient un destin
                                                                             – Swami Sivananda

leader ship, beau gros bateau

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• cronica Numéro dezenove

traduction : être un leader ne signifie pas dominer la situation… cela consiste plutôt à aider les gens à être capables de faire ce qu’ils n’auraient pas imaginer possible autrement… – Sadhguru

les derniers amis qui m’ont accompagné dans ce périple au Brésil depuis la fin décembre repartent vers le Nord aujourd’hui… de 10, nous sommes passés à 8 après 2 semaines, puis graduellement à moi-même à compter d’aujourd’hui, le groupe diminuant petit à petit…

j’ai passé la dernière semaine avec Éloi, Joelle et super Bijou (5 ans) avec qui je passais régulièrement du temps, question de donner un peu de temps de dodo aux parents (de nuit les cérémonies ici) et aussi pour rester jeune car rien comme hanger out avec un enfant pour le rester, encore plus que les voyages on dirait…

mais pour les 10 prochains jours, I am on my own… j’ai toujours apprécié me retrouver en solo, moi qui a quand même été un gars de famille et de gang depuis l’âge de 20 ans…

alors le dernier volet du voyage se fera en solo, alors que le temps qui reste sera consacré à enregistrer cette semaine, et je passerai 2 jours ensuite à Brasilia dans une famille de nouveaux amis rencontrés ici…

enregistrer ma musique et commencer à décanter, et à faire le bilan de ce voyage qui fut le plus intense de toute ma vie, et sûrement de plusieurs autres vies dans l’éventualité  qu’on en a aille plusieurs…

c’est que quelques années après avoir pris ma retraite en tant que meneur de projets quelconque, ce voyage m’a placé dans une telle position de nouveau… en effet, depuis août dernier, j’ai passé pas mal de temps à organiser les diverses étapes de ce voyage et depuis la fin décembre à le mener à terme… parfois dans du plus ou moins connu, souvent dans du total inconnu… multiplié par 10 personnes… et amplifié par des médecines puissantes, déstabilisantes et décapantes…

ce n’était pas dans mon plan de carrière de devenir agent de voyage ou GO de Club Med mais il faut croire que la vie savait ce dont j’avais besoin… et je n’ai pas dit non…

si je reviens à la citation ci-haut, je pense pouvoir affirmer qu’en organisant ce voyage, j’ai réussi ma job de leader, soit d’avoir aider les gens à devenir capables de faire ce qu’ils n’auraient pas imaginer possible autrement…

car ce voyage nous a tous et toutes permis – ou forcé c’est selon –  les amis qui m’accompagnaient et moi-même – à faire des choses qu’on aurait jamais imaginer… il faut dire qu’on est tombés dans des talles de gens vraiment extraordinaires et généreux… de loin beaucoup plus qu’on aurait même pu inimaginer…

bien sûr il y a eu quelques frictions et quelques heurts, donc de grandes leçons, mais quel voyage de groupe aussi intenses que celui-ci n’en offre pas ? deux personnes ont même quitté le navire en cours de route… et moi même si j’avais pu, je me serais bien sauvé à quelques occasions… OK pas vraiment mais l’idée a été le fun à certains moments…

par souci de confidentialité et de respect de la vie privée (de plus en plus élastique celui-ci d’ailleurs) je vous épargne les détails qui ne sont pas importants…

de mon côté, plusieurs leçons encore une fois à retenir… et à intégrer… car lorsqu’on deal avec du monde, évidemment on deal avant tout avec soi-même… et quelle belle occasion de se voir dans des zones que ma vie en solitaire dans les bois de Val-David ne m’aurait jamais offertes…

je retiens donc de ce voyage que l’on a les qualités de nos défauts – ou nommez cela comme vous voulez car je reconnais que le terme défaut est péjoratif… par exemple, le feu qui me pousse au cu… rieux et qui me fait suivre souvent des chemins peu ou pas explorés peut tomber sur les nerfs de certains autres… mais difficile de changer drastiquement… et parfois faut ce qui faut… mais on a toujours la capacité de s’excuser…

aussi, tenter de s’occuper des besoins de tous quand on vit une situation stressante et intense constitue un grand défi… évidemment l’idée générale est de s’occuper de ses propres besoins en premier lieu et de ceux des autres ensuite mais la réalité est souvent qu’on doit oublier ses propres petits besoins personnels quand on mène un groupe, et cela est très bien ainsi… du moins c’est la seule chose possible à faire…

tout un défi de prendre soin de ce qui monte en soi en contact intime avec d’autres êtres humains pleins eux aussi de leurs propres histoires –  dont nous ne sommes souvent même pas conscients avant qu’elles n’émergent, ou n’explosent c’est selon  – et de garder le cap et continuer à mener le bateau droit devant car la situation l’exige… parfois la vie nous pousse et pas seulement au cul, le vent nous prend de face aussi…

au cours de ce voyage nous avons vécu 10 dans une petite maison pendant 10 jours… tout en vivant une situation extrême…  coeur du voyage… joyau aussi…

quand on lead quelque chose, peu importe quoi, on devient une figure d’autorité et on s’expose à devenir un écran pour des films de toutes catégories, certains plus hard core que d’autres… faut assumer et s’assurer de vouloir jouer dans ce jeu… sinon, la navigation en solitaire est recommandée…

de mon côté, encore trop tôt pour dire si je vais récidiver avec un tel voyage de groupe… très possible que si, même si une certaine partie de moi crie plus jamais ! car pas reposant avouons-le…

car voyez-vous, je suis très bien avec mon petit moi-même… ma petite vie roule et se déroule clear and straight quand je suis par moi-même… mais en même temps, la vie en groupe, et le frottement avec les autres est tellement riche et nous permet de nous découvrir et nous connaître tant, vite et différemment… tout est question d’équilibre… entre intimité et solitude et ouverture et partage… floush floush, parfois on a le luxe de pouvoir suivre la vague, parfois c’est la tempête et on fait du mieux qu’on peut…

mais peu importe ce que je veux, ou pas, on dirait que la vie m’invite à aller là une fois de temps en temps… dans le vivre ensemble, dans la vie de groupe qui est si riche même si parfois intense et dérangeante… pour le meilleur et pour le vivre…

en ce moment dans ma gang, quelques personnes sont prêtes à partir de leur bord, à voler de leurs propres ailes, à faire leurs propres affaires… et je vais les encourager à le faire du mieux que je peux… en tentant de les soutenir du mieux que je peux, mais de loin, car quand on se lance soi-même sur son navire,  on a besoin d’espace et de liberté… et surtout la dernière chose qu’on veut est une belle-mère qui picosse…

et rien comme apprendre par soi-même… car à la longue, quand on est près de quelqu’un qui mène sa propre barque, on devient critique quant à comment faire et tout semble si simple qu’on pense naturellement qu’on peut le faire aussi facilement… c’est quand on tombe sur ses deux pieds, on our own, qu’on réalise qu’il est impossible d’apprendre sans casser d’oeufs… et que la vie est une méga omelette… alors hop les poulets !

de mon côté, clair que je vais continuer sur ce chemin des chants et des cérémonies sacrées… en partie en continuant ce qui est déjà entamé au Québec pour le moment, mais clair aussi le Brésil appelle loud and strong… en portugais…

alors retour prévu ici en juin pour entamer un projet de recherche d’une clinique – associée à l’église avec laquelle je suis affilié – où l’on traite les toxicomanes à l’aide du Daime et du Kambo, deux puissantes médecines amazoniennes…

et plusieurs contacts ont été faits dans le dernier mois qui nous incitent à revenir, autant à Teresopolis, qu’à Sorocaba près de Sao Paulo qu’à Alto Paraïso… contacts qui vont perdurer c’est certain… que la vie qui décidera comment et quand…

mais pour le moment encore loin d’un départ ou d’un retour…

un gros gros 10 jours pour profiter du Haut Paradis, cette terre de cristal si révélatrice où je suis en ce moment… pour enregistrer ma musique, question de paver le chemin pour la suite… comme une carte de visite…

alors leadership vous dites ? sure… tout un bateau que celui-là.. qui vague et tangue et brasse et flotte et qui parfois même peut couler… de soi ou au fond… a barca que corre no mar… alors prendre soin de l’équipage, demeurer ferme et flexible, et garder le cap dans la tempête…

j’imagine que le truc consiste à utiliser l’énergie des éléments à notre avantage… quand ça tangue, on se laisse brasser et quand ça souffle, on canalise la force du vent pour avancer dans la direction voulue…

mais évidement c’est de soi-même dont on est le principal leader avant tout, et le capitaine… et le matelos… et la mer… et le bateau…

belle galère la vie ! on se retrouve au rivage ?

les cieux grands ouverts

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• cronica Numéro dezoito

il y a plus d’une dizaine d’années de cela déjà, j’étais à Ciranda au Brésil, chez Carioca, et pendant un processus (intensif) de 3 jours de Cura, les pieds sur terre, la tête dans le bol et l’âme dans les cieux, j’ai eu une révélation : tant que je ne réussirais pas à devenir aussi neutre face aux noms de Jésus et de Marie que face à ceux d’Osho, Bouddha et Krishna, je fouillerais cette piste si chargée sur le plan émotif…

et m’y voici encore plus de 10 ans plus tard, à découvrir toute la richesse de ce courant Christique grâce au Santo Daime… et notamment grâce à Mestre Irineu…

car très exotique et baba cool de chanter mantras et bhajans, ou encore des chants amérindiens de diverses traditions –  contre lesquelles je n’ai rien contre car je trouve pour la plupart très beaux – mais pouvoir chanter Jésus et Marie avec amour et détachement, avec candeur et le coeur ouvert, requiert un grand chemin de nettoyage intérieur… ce que je suis en train de faire, de façon particulièrement intensive pendant ce voyage… et ça continue d’ouvrir…

Jacques Mabit – lui qui a retrouvé une foi Chrétienne renouvelée grâce aux cérémonies d’ayahuasca – lors de son passage au Québec l’an dernier, disait d’ailleurs qu’il est essentiel pour tout être humain de faire la paix avec la culture religieuse dans laquelle il ou elle est née… pas nécessairement l’adopter, au moins faire la paix… ce que je suis en train de faire, et un peu plus, de façon particulièrement intensive pendant ce voyage…

peut-être plus facile parce que ça passe par une autre langue ?

peut-être plus facile parce que ça passe par des chants ?

peut-être plus facile parce que ça implique de boire du Daime qui m’amène dans toutes sortes de dimensions les plus incroyables les unes que les autres ?

peut-être plus facile parce que maintenant je peux considérer les prières comme de simples portails vers un univers supérieur, un espace sacré, autant en moi que dans l’astral davantage que comme une obligation ?

peut-être…

mais ce que je sais d’expérience, c’est que quelque chose de fondamental passe et se passe en moi et que ce passage étroit est rendu possible grâce à ma connection de coeur et d’esprit avec tous les gens du Daime croisés sur ce chemin au cours des 5 dernières semaines…

j’ai découvert des gens généreux et ouverts d’esprit (on ne peut pas ne pas l’être quand on prend ce breuvage sacré, croyez-moi !), au coeur de l’essence Christique… des gens allumés, sensuels et vivant, capables de vivre totalement incarnés tout en maintenant le contact avec les cieux… oui ces gens ont les cieux grands ouverts…

et le mouvement Santo Daime que je découvre ici au Brésil est vivant, large et inclusif… autant des diverses cultures indigènes, que de la science quantique, que de la sensualité Brésilienne, que de la finesse musicale, vocale et poétique de ce pays des sens…

c’est un Santo Daime cool que je retrouve ici… un courant religieux ouvert, flexible, intégratif, ouvrant sur des milliers et des milliers d’hymnes et de chants plus beaux les uns que les autres…

et avec le Umbandaime notamment, c’est tout l’univers religieux et ésotérique africain que je découvre également, dans une approche intégrée et non-dualiste… car les Orixas du Umbanda ont des liens de proximité, sinon des facteurs d’équivalence – avec les figures du courant Christique et de plusieurs autres religions…

récemment lorsque les gens ici récitaient le Notre Père et le Je vous salues Marie en portugais, j’ai surpris mes lèvres à bouger et à dire la bonne chose au bon moment… comme par magie, sans effort… download instantâneo diretamente do céu… coome si je connaissais déjà toutes ces paroles, comme si je les portais déjà en moi… ou télépathie divine… vraiment spéciales les expériences vécues sous l’effet de ce saint breuvage…

alors Santo Daime, Umbandaime, Osho Daime et ainsi soit-il… toutes sortes de Daime existent…

ce courant, ici au Brésil, sait s’adapter, sait s’intégrer dans la culture d’un peuple qui est fondamentalement inclusif… un peuple sincère mais non sérieux qui peut de vouer à tous les Saints et continuer à danser la Samba, à rire et à faire la fête… un pays de Carnaval divin ici-bas sur terre…

en ce jour du Seigneur, ce fameux jour où pendant des années on nous a forcés à aller prier par coeur et sans coeur le ptit Jésus, dans des Églises au silence lourd et souvent vide de sens et de foi véridique et sentie, je rends grâce à Dieu… ou à ce que vous voulez le nommer… merci à la vie d’avoir mis sur mon chemin ce breuvage si révélateur et ces hymnes qui ne peuvent qu’ouvrir le coeur…

merci aussi à Carioca de m’avoir fait découvrir la beauté de ce répertoire quasi illimité de ces milliers d’hymnes et de chants tous plus beaux les uns que les autres…

immense gratitude aussi à Mestre Irineu,

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qui a su suivre sa vision et qui a su ramené l’essence Christique dans le coeur et les âmes de dizaines de milliers de personnes par le vaste monde et non seulement au Brésil.. .

car Mestre, dans sa vision reçue, a vu le retour du Christ sur terre non comme un être humain mais plutôt sous la forme du Daime, ce breuvage sacré offert aux femmes et hommes de bonnes volontés et désirant se connaître dans toutes leurs dimensions…

et dans la vision de Mestre, c’est la mère terre, la vierge mère ultime, la forêt, notamment celle de l’Amazonie, Mama Zonia, qui nous donne son fils sous la forme d’un saint breuvage pour que chacune et chacune puisse avoir une expérience directe de Dieu… ou nommez-le ce que vous voulez…

car jusqu’à maintenant dans ma vie, je n’ai jamais connu rien qui s’approche autant de Dieu… ou de nommez-le ce que vous voulez – que ce que je vis en ces moments de grâce sur terre du Brésil…

alors Amen, ainsi soit-il et à la grâce de Dieu, ou de ce que vous voulez le nommer, pour maintenant et pour la semaine prochaine…

Amen…

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JE SUIS À TOI

C’est cela la suprême, l’humble prière, celle qui ne demande rien, celle qui se prononce pleine de remerciement: « Je suis à Toi. » Ces quatre mots suffisent.
Avec l’âme entière convertie en foi, je m’abandonne à la divinité. Elle sait parfaitement ce dont j’ai besoin. J’ai confiance en elle…

JE SUIS DE TOI

C’est la suprême prière, l’humilité, celle qui ne demande rien, qui se prononce pleine de remerciements : « je suis de toi ». ces quatre mots suffisent.
Avec L’âme entière convertie dans la foi, je me rends à la divinité. Elle sait parfaitement ce qu’il me faut.

Alejandro Jodorowsky

In les évangiles pour guérir, p. 372

Dolmen éditions,
Le Coll. Camara Lucida,
Santiago (Chili), 1997.

– via Richard Chartier, merci l’ami