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écrire et lire pour ne pas s’endormir…

les chroniques du d’ssous du lit… écrire et lire pour ne pas s’endormir… /9


vive – et laisser vivre – les enfants…

au cours des derniers jours, j’ai eu quelques contacts de coeur avec des enfants, des ptits enfants… pour réaliser que cette présence manque à ma vie… car mes enfants sont devenus grandes maintenant…

après 30 ans de paternité et de contacts constants avec ces grands humains de petite taille, j’ai de nouveau la chance et le privilège de passer quelques heures par semaine avec quelques-uns d’entre eux… un choix et une demande que j’ai fait à la vie et un privilège que quelques ami(e)s parents m’ont accordé…

la chance donc de redevenir un enfant pour un temps, pour retomber en enfance, leur et mon enfance, pour vivre le moment, même pas besoin de spécifier présent car pour un enfant, moment ne s’accorde avec rien d’autre… chaque moment est un présent, un cadeau à vivre totalement… intensément, enfantement et magiquement… now now now... encore encore encore…

hier je suis allé cherché la fille d’une amie à l’école, la même école où je ramassais ma plus jeune il y a 12 ans… et ça m’a aussi ramené à la première journée d’école de ma plus vieille que j’avais laissée seule, je me souviens les 2 avec le coeur brisé, il y plus de 25 ans… popa back dans le futur grâce au présent… que de beaux souvenirs… qui vivent encore… ça ne prend qu’une étincelle pour que ça se rallume…

je réalise que même si ce n’est qu’un rôle parmi d’autres et qu’il ne nous définit pas complètement en tant qu’humain, celui de parent est l’un des plus prenants, l’un des plus importants… c’est long, c’est intense, c’est gratifiant, c’est déchirant… c’est toute notre vie, même quand ils sont devenus de grands enfants… parent un jour, parent toujours…

je me souviens d’ailleurs que depuis 30 ans que je suis père, à chaque sonnerie de téléphone, inconsciemment mais pas seulement, la pensée qu’il soit arrivé quelque chose de grave à l’une de mes deux filles est toujours la première pensée qui résonne dans ma tête quand le téléphone sonne dans la maison… pas reposant hein ? et je suis certain que je ne suis pas le seul parent du genre…

avoir des enfants, ça agrandit la palette de risque dans nos vies…

être en contact avec un enfant, c’est être en contact avec l’innocence, la pureté, un contact direct avec la vie, dans la vie, dans le coeur d’autrui… un contact cru avec le now, avec le vrai… car pour les enfants, plus tard est mort… seulement right now… être avec un enfant, c’est être en contact avec le vrai en soi car avec un enfant si on est pas vrai, il n’y en a pas de contact… ça ne ment pas un enfant… avant qu’on leur apprenne…

en cette première rentrée scolaire «sans enfant à moi» dans le système, je mesure autrement, avec une distance nouvelle, toute l’intensité de la rentrée, les premiers contacts avec l’école, aussi intenses pour les enfants que pour les parents…

je constate aussi l’importance de pendre soin de nos enfants, les nôtres bien sûr, mais de tous et toutes aussi… ça prend en effet tout un village pour élever un enfant… c’est tellement ouvert un enfant que ça gobe tout, une éponge d’innocence.. alors handle with care… car chaque parole, chaque geste envers eux et elles est d’une extrême importance… pour eux et pour nous… des miroirs clairs, purs, directs…

j’ai toujours eu des rapports de coeur avec les enfants, moi plus fou qu’eux souvent à leur contact… j’ai viré de fun et d’excitation plusieurs garderies à l’envers dans ma carrière de père…

les enfants ont toujours été pour moi un baromètre de mon état intérieur… moi coeur ouvert, enfants aimants qui viennent vers moi, moi coeur fermé, enfants évitants qui me fuient… réponse directe et sans appel… pas de game avec eux, la politique, pas encore appris… mais ça viendra…

dans ma petite communauté de Val-David, je suis en contact avec plusieurs jeunes familles et ça me réjouit de pouvoir reprendre contact avec les ptits êtres… de loin mais dans certains cas de plus en plus près…

confronté à une potentielle troisième paternité récemment, paternité à laquelle j’ai finalement renoncé, ce qui m’a déchiré l’âme, la vie et une amie m’offrent la chance d’être un genre de grand-papa, avec des responsabilités moindres, plus ajustées à cette étape de vie qu’est la mienne… et j’en suis tellement reconnaissant…

si plusieurs causes me tiennent à coeur, celle des parents de jeunes enfants me préoccupe tout particulièrement… en effet, me souvenant de mon statut de père monoparental à mi-temps pas si lointain, je me rappelle combien est intense cette période de vie où il faut gagner sa vie, prendre soin des petits et tenir maison et essayer de trouver du temps pour soi… et pour le couple quand on n’est pas mono… du temps pour être heureux, grandir, se connaître et le reste of the works… ouf… chapeau les ami(e)s !

samedi je suis invité à la fête de ma filleule, une superbe petite blonde encore plus angélique qu’humaine de 4 ans… ses parents m’ont fait l’honneur de me choisir comme parrain à sa naissance… offre impossible à refuser of course… alors de retour au magasin de jouets le chroniqueur pour choisir LE cadeau qui lui fera plaisir… de même que lui offrir ma présence… mais dans les faits, c’est elle le cadeau… de même que tous les enfants dans nos vies… et en nous…

prenons soin de nos enfants…

photo: the idealist (via Facebook)

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ah ! fuck le sens…

chronique insensée, chronique pleine de sens, chronique vide et vidée de sens… sans dessus dessous…

souvent pour rédiger une chronique, je choisis une image et j’écris, je brode autour… je fais des fioritures à partir d’une image… comme quand, enfant, on ne regardait que les images dans les livres… moi je pars de l’image et je lui greffe des mots… je lui donne mon sens… mon humble sens… qui ne fait pas toujours sens…

en ce sens, cette image me parle particulièrement car depuis que je suis tout jeune, je me demande justement s’il existe UN seul et unique sens à la vie, LE sens, le bon sens, un sens que l’on doit tenter de trouver en cours de route, ou tomber dessus par hasard, bingo !

ou si au contraire on n’impose pas seulement notre sens à la vie, forçant ce qui fait sens pour nous… ce qui risque de changer souvent d’ailleurs au cours d’une vie… donc plusieurs sens inévitablement…

en tous cas le seul sens qui est partagé par tous et toutes est un sens unique qui mène directement à la mort du corps et au cercueuil ou à l’urne, selon les dispositions prises… la route est à nous… avec ou sans sens…

les routes de vie sont multiformes, multidirectionnelles, échevelées… ça court dans toutes les directions, ça pogne le champs, ça revient sur la voie principale, ça reprend une petite route… le sens est dur à saisir souvent… et ça revient toujours et inévitablement à soi…

le sens de la vie dans tout ça ? oui.. tout à fait… ce que l’on veut bien que ça soit… et sans se prendre trop au sérieux, en fait pas du tout au sérieux…

l’amour, l’amitié, la réussite professionnelle, la richesse, le bonheur, name it… tiens, toi le tien et moi le mien, chacun/e le sien, ou les siens… et ça change tout le temps en effet right ?

certains, qui considèrent les mêmes choses sensées, se regroupent et forment des religions ou des associations professionnelles… sens communs… d’autres préfèrent des ptits sens personnels… sens ordinaires, sensationnels…

personnellement, la seule chose qui fait sens pour moi dorénavant est de cultiver un bien-être intérieur qui, peu importe ce qui gravite autour de moi, demeure et demeurera, indépendant des circonstances, des événements, des gens autour…

une qualité de relaxation, de détente, de confiance envers moi-même et la vie en générale… et fuck le sens mes amis !

la vie semble plus juteuse et dynamique justement quand elle ne fait pas sens, quand elle est insensée… car elle l’est… si on regarde ce qui se passe sur la planète, est-il possible de faire du sens de tout ça ?

le sens où on l’entend habituellement me semble imposé par le mental, par la logique, la raison… et dieu sait que la vie ne suit aucune logique… elle n’en fait toujours qu’à sa tête…

franchement, peut-on comprendre ce qui se passe en soi comme à l’extérieur ? il ne devient possible que d’observer, sans juger, ni tenter de comprendre, ni faire de sens… surtout pas de sens…

soit on impose son propre sens à la vie, son ptit sens personnel, on lui entre de force dans la gorge, soit on accepte qu’il n’y ait peut-être pas de sens à tout ça, ou si on est humble, admettre que l’on ne sait pas… et quelle belle position que celle-ci !

je ne sais pas, je ne sais rien… alors j’observe, je suis curieux, ouvert, à l’affût, attentif et attentionné… toujours prêt à me faire prendre et surprendre…

chercher plutôt un sens à partir du coeur, du corps, de ce qui sent et ressent en soi, ce qui, quand on ferme les yeux, feel good, résonne juste… en disposition d’écoute de la voix qui chuchote… ou est-elle muette ?

en fait, la perte de sens est une extinction de la petite voix qui veut nous guider, nous montrer le chemin qui n’est pas horizontal mais plutôt vertical, toujours ici maintenant…

mais ça ça prend du temps, beaucoup de temps et d’écoute pour entendre cette voix et retrouver le chemin et la porte n’ouvre pas vers l’extérieur, elle ouvre du dedans, vers dedans…

bon voyage…

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let’s go ! apprécions la moitié pleine de notre verre d’eau…

traduction maison: la gratitude transforme en complétude ce que l’on a déjà…

la gratitude est un mystère, certains apprécient tout et facilement tandis que pour d’autres, rien n’est jamais assez ni adéquat…

la gratitude est une attitude, une disposition intérieure, une façon de voir le monde, merci merci merci… une profonde appréciation pour la vie qu’on nous a prêtée, pour la chance que l’on a d’être simplement en vie et de jouir de cette création… exactement telle qu’elle est et tels que nous sommes…

et surtout se souvenir de ne rien tenir pour acquis…

en fait, il me semble que la gratitude est une décision que l’on doit prendre; on doit apprendre et décider d’apprécier… qui l’on est et ce que l’on a car rien n’est acquis d’emblée, ni donné à la naissance… gratitude 101… et malgré nos ptits désirs personnels, peut-être que la vie a son propre plan pour nous… probablement plus grandiose que notre petit devis perso…

car nous, humains, surtout quand on est jeunes, on veut, on veut, on veut… encore, encore, encore comme disent les enfants… et tout de suite…

nous sommes faits pour avancer, aller plus loin, en vouloir davantage… plus, plus, plus… ce qu’on appelle l’ambition… pas mauvais en soi l’ambition… propre à la jeunesse, au dynamisme… ça fait bouger, avancer, progresser, pousser plus loin, dépasser nos limites… ce qui est parfois nécessaire… sauf qu’à la longue, c’est fatiguant… et rarement satisfaisant complètement… car l’ambition est par définition inassouvissable… quand y en aura plus y en aura d’autre…

vouloir ? désirer ? OK ! mais question de dosage et d’équilibre comme le reste j’imagine…

donc gratitude et merci merci merci plutôt que désir et encore, encore, encore… car on peut toujours en vouloir davantage… et se morfondre de ne pas l’obtenir… rêver à demain et manquer aujourd’hui… ou l’avoir et s’ennuyer après avoir obtenir l’objet du désir et en vouloir encore davantage car les désirs sont extensibles et élastiques… à l’infini… vite vite une nouvelle bébelle du jour…

dans un discours sur le désir intitulé The Smokeless Flame, Osho nous dit que plutôt que d’essayer de ne pas désirer, de réprimer le désir, si on va au bout du désir, si on le pousse à son paroxisme, si on va au-delà des petits objets bebêtes du désir, ce n’est que le désir d’être en vie qui demeure, le désir de vivre en totalité, le désir d’être complètement réalisé… le désir pur… sans objet… la vie quoi ! aller au bout de ses désirs pour revenir à soi…

personnellement cette façon de voir m’a grandement aidé car pendant des années j’ai essayé de ne pas désirer, de ne pas m’attacher, de ne pas penser, etc… donc aller au bout du désir nous mène à soi… mourir de désir, et on naît à ce qui est, parfait, tel quel… what you see is what you get georgette ! on doit marcher la route pour se rendre compte qu’elle mène à nous, ici, maintenant fernand !

tout à fait OK donc d’avoir des désirs et des intentions et de les envoyer dans l’univers, de passer sa commande mais c’est surtout l’ouverture et l’acception à ne peut-être pas les recevoir qui fait en sorte que l’on soit en paix avec ce que l’on reçoit… ou pas… accepter que l’on recevra seulement si c’est la meilleure chose qui doit arriver, pour soi et pour le plus grand nombre…

et si on veut vraiment et suffisament, être prêt à agir en fonction de ce que l’on veut obtenir… et persévérer… merci mon dieu pour faveur obtenue… et non-obtenue…

expect the worst and hope for the best ! et acceptons tout ce qui vient, comme ça vient ! et changeons ce que l’on aime pas…

le désir, comme l’expression : j’ai hâte ! quelle drôle de formule que celle-là… j’ai hâte d’être, d’avoir… j’ai hâte signifie que je ne suis pas parfait ni parfaitement comblé en ce moment même… que le monde ira mieux quand ce que je veux se sera réalisé… et probablement que ce à quoi on a hâte ne se matérialisera jamais ! du moins sûrement pas comme on le désire…

mais il me semble qu’il n’y a pas vraiment d’autres façons d’apprendre dans le domaine du désir qu’en se cassant la gueule… qu’en rêvant, qu’en voulant plus, qu’en désirant et qu’en étant déçu over and over again… ça a l’air que ça s’appelle la maturité ça ! et que ça prend quelques années à apprendre…

alors mes ami(e)s, je vous souhaite une journée parfaitement ordinaire, parfaite quoi !

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to like or not to like, that is the chronique !

pour vous qui lisez ces chroniques régulièrement, vous devez apprécier sinon que feriez-vous ici ? parmi vous, certain(e)s likent et commentent, d’autres pas, lisant silencieusement… même différence… si vous lisez rarement, soit que vous relirez, ou pas… et si vous lisez pour la première fois, ça sera peut-être la dernière fois… ou pas… like ou pas…

pour moi qui écris ces chroniques, je suis toujours curieux, wondering comme dirait René et les Chinois… qui me lit ? combien de personnes me lisent quotidiennement ??? qu’est-ce qu’ils pensent ? pourquoi ils/elles reviennent ?

pas des questions de désespoir… en fait pas vraiment curieux le chroniqueux, pas vrai, si aussi, un peu quand même… mais disons que c’est aussi OK de ne pas savoir… de cultiver le mystère…

d’ailleurs je ne veux pas vraiment savoir ce que les gens pensent de ce que j’écris… je veux juste écrire… je suis trop susceptible et soupe au lait pour les critiques… négatives s’entend… Facebook me donne un auditoire… merci et gratitude… mais même sans auditoire, j’écrirais quand même… junkie le chroniqueux…

quand on écrit un livre, on se concentre pour une période donnée, on couve et on pond puis c’est fini… éditeur ou pas… à la chronique au jour le jour, pas pareil… à chaque matin on chronique, puis feedback ou pas, like ou pas, que ça vous dise quelque chose ou pas, moi ça me dit quelque chose… ou rien… et les chroniques s’enfilent… brutes, spontanées, non polies mais non plus impolies …

vos réponses ou non réponses, ça m’en dit un peu sur l’autre côté du miroir… habituellement j’imagine que je reçois surtout les compliments… sincèrement appréciés, mais je pourrais aussi vivre sans, en tous cas je continuerais à écrire même sans eux… le plaisir de dire est trop fort… et j’imagine qu’il peut aussi engendrer un certain plaisir de lire…

d’autre part, je ne veux pas vraiment pas savoir pourquoi ceux/celles qui n’aiment mes chroniques ne les aiment pas, de toute façon ils ont juste à ne pas lire si ça ne leur plaît pas right ? c’est mon mur Facebook après tout ! mais si je mets mes mots sur l’espace public, je dois accepter le risque que ça comporte… like ou pas…

je ne vous cacherai pas que, comme plusieurs parmi vous, j’apprécie Foglia… mon maître chroniqueur, mon chroniquidole… quand je veux être grand, je veux être comme lui… même s’il est petit… souvent il raconte ses contacts avec ses lecteurs… il en passe certains au cash pas à peu près… j’imagine qu’il ne doit pas aimer cette partie du travail… ou peut-être est-ce simplement un jeu de bougonnerie… mais j’imagine qu’il fait ce que doit… et qu’il cultive une certaine relation amour/haine avec ceux-ci… et que parfois il fait des rencontres de coeur… et que sous ses airs grognons, il se laisse toucher…

de mon côté, j’avoue que certains de vos commentaires me touchent, me motivent à continuer à écrire, me poussent à continuer à cliquer sur Post puis à continuer ma vie chaque matin… j’avoue que je ne suis pas indifférent à vos like et à vos commentaires… toujours environ une dizaine par chronique, souvent les mêmes personnes… d’ailleurs mon ptit épisode du BMR il y a quelques jours fut l’une des chroniques les plus likées depuis avril… et moi qui me demandait si ça valait la peine de la poster… bizarre non ?

c’est ça qui m’intéresse… pas d’être liké mais plutôt comprendre, sentir, savoir ce qui touche les gens, pourquoi ça les touche, qu’est-ce qui les touche… de l’épisode du BMR, je retiens que les gens de la ville s’ennuient de cette proximité de la vie de village, de l’appartenance à une petite communauté, tandis que les villageois/es, lisant mes mots, confirment leur choix de vie, me disent aho !

en passant merci à vous de vous dévoiler en likant ou commentant comme ça… je me dévoile en chroniquant, vous le faites en feedbackant… on joue dans la même pièce vous et moi…

vous êtes un peu mon salon du livre… mon contact avec le monde… le chroniqueux meets ses liseux/ses… surtout des elles qui lisent ces chroniques d’ailleurs, en tous cas surtout des elles qui osent liker et commenter… vous savez qui vous êtes… et je veux le reconnaître car ça prend du guts de liker…

je le sais, il y a quelques personnes dont je vais souvent voir sur le mur Facebook parce qu’ils/elles y postent de belles choses et parfois, je me censure dans mes like… que vont-ils dire de moi si je like trop ? trop souvent… tout le monde va voir que je like beaucoup, donc que je passe du temps sur Facebook… eh oui ! on peut même être gêné sur Facebook, gêné d’aller sur Facebook de se faire voir aller sur Facebook…

alors que vous likiez ou non, commentiez ou non, que vous lisiez ou non, nous nous sommes rendus, ensemble et séparémment, vous dans votre cuisine ou votre bureau, moi dans mon lit ce matin, à la fin de cette chronique et chacun/e on entreprend ou continue une autre journée… seul/e et ensemble…

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Toutes mes tentatives pour me rejoindre sont en fait des tentatives pour te rejoindre…
– Rumi

wow ! que de vie sur la galerie… ensemble, en chaise berçante, sur le grand balcon virtuel… à regarder passer la vie…

merci pour vos sons de vie… des sons riches, généreux, bien sentis, trouvant mes yeux, mes oreilles et mon coeur… chaud show de couleurs dans mon coraçao…

seul(e)s et ensemble, nous formons une sorte de nouvelle communauté… une nouvelle sorte de communauté… virtuelle, désincarnée, invisible… mais réelle néanmoins… reliés par des fils transparents… wifi relationnel… télépathie du coeur… communauté d’âmes…

aussi, vraiment parfait si vous aimez lire ces chroniques et préférez ne pas vous manifester… je vous sens, je vous vois même… ah ah !!! OK ça peut rester discret entre nous… ça a sa propre beauté la discrétion… on va se deviner… ça peut rester platonique… virtuel et vertueux… vierge… non consommé… inconnu l’un(e) de l’autre… nous sommes ici, ensemble, quand même…

mais j’avoue que ça effleure l’âme de sentir qu’il y a quelqu’un/quelqu’une de l’autre bord de mon clavier et de mon écran… un feedback… habituellement un auteur mesure la réponse à ses mots par le nombre de ventes… sur Facebook, à part les likes et les commentaires… mystère…

enwèye, le chroniqueux, pitche ! pitche ta bouteille et n’attends rien… pitche et attends… patiemment… laisse faire les mots qui, anyway, te sortent par les doigts et les oreilles… laisser couler la rivière… jusqu’à la mer… à boire… à boire qu’il nous faut… aboyer les mots… qui ont du chien, du mordant… ouf… wouf…

je disais plus tôt que même si personne ne me lisait, je continuerais d’écrire, mais je ne suis pas si certain de ça que ça… bien sûr, certain(e)s s’écrivent à eux-même via leur journal intime… inside job… donc ça se fait… mais moi est-ce que je veux vraiment écrire pour écrire? pour parler tout seul ? pour ne rien dire qui vaille… pas certain… non je ne pense pas… j’ai quelque chose à dire… mais faut-il absolument que ça soit entendu ? rien de moins certain… si je n’écrivais pas, le monde continuerais de tourner et vos vies de se dérouler… alors ?

si un chroniqueur envoies ses messages dans le cyberespace et que personne ne s’y trouve et ne les trouve, communique-t-il quand même ? comme l’arbre qui tombe dans la forêt sans que personne ne s’y trouve… fait-il du bruit ? fais-je du bruit ? ou de la musique ? dans vos yeux sûrement, dans votre âme peut-être, mais sûrement pas dans vos oreilles… ça passe ailleurs… ça se passe d’ailleurs…

souvent je sens des choses ici dans mes bois et les écris… comme ça vient… comme ça va… et vous les sentez aussi… et les lisez… ou pas… comme ils viennent… pratiquement en même temps… l’air du temps ?

comme si ça part d’une place en moi, plus grande que moi, donc plus moi, cette place qui est aussi en vous, en nous tous et toutes, au-delà de l’égo, de la personnalité, du petit moi, la même essence en vous et moi… le même bout d’univers… le même reflet de dieu en chacun de nous…

pour ça que vous êtes touché(e)s par ces mots j’imagine… ce sont aussi vos mots… nos mots… oui tous et toutes connecté(e)s… dans la grande toile… tous et toutes des Spiderman & Spiderwoman… qui tissent et tissent… le fil de nos vies…

on vit sensiblement tous et toutes la même chose, légèrement différemment, à des moments légèrement différents, chacun/e à notre façon et en nos saisons, mais toujours la même saison, car on est tous la même grosse bibite dans en fait… toi, vous, moi, eux, tous des nous… tous des je… tous des dieux et déesses…

another day, another chronique… et tac à tac les lettres sur mon clavier, et vlan vlan les mots sur l’écran… qui le transperceront et vous rejoindront, sur le vôtre… de mon clavier à votre écran…

hier soir, on était une douzaine à chanter chez moi… des chants, sacrés, en portuguais, des chants de coeur, des gens de coeur, chantant en choeur, de tout coeur… ne plus parler mais chanter, yé ! ça ça me rend heureux… j’aime bien les contacts virtuels mais de la chair des fois, ça nourrit aussi… alimentation crue… mais végé… cannibalisme végétarien… se laisser manger par la vie… s’offrir en pâture… vivre à l’os… jusqu’à ce que mort s’en suivre… que dieu ait notre âme…

une saine et auto/suffisante solitude invite éventuellement des contacts voulus, appréciés, choisis… de part et d’autre… la solitude pour se retrouver… puis retrouver le contact avec les autres… je fuis, je suis… seul… et éventuellement ensemble… vous, moi, nous…

allez bon samedi !

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comment vivre pleinement sans prendre un temps quotidien pour méditer et faire le vide ?

en fait, on peut survivre sans méditer quotidiennement mais vivre ?

bien vivre ? vivre optimalement ? comme des Bouddhas ?

car le simple fait d’arrêter, de fermer les yeux – et le reste de la shop – de se couper du monde est tellement essentiel… même si on s’en rend pas toujours compte et qu’on néglige souvent ce besoin plus que fondamental… primordial… ultime…

ça fait plus de deux semaines que je shake tous les matins à 7 h, moins d’une semaine à faire encore pour compléter le 21 jours… et cette fois, je crois que je ne vais plus jamais arrêter… pour l’éternité je shakerai devant toi Seigneur…

même si parfois ma tête se tord à l’idée, mon corps lui est tout à fait accro, junkie, dépendant… il en veut et en redemande… il crie famine et me traîne jusqu’à la salle ! c’est mon corps qui guide, c’est lui le boss… même si ne suis pas mon corps dans cette vie, je suis mon corps… je suis une âme mais je suis mon corps… une âme dans un corps… accro de mouvement, de conscience et de calme…

tellement bon de se retrouver avec soi, plain, nature, sans sans personne à qui plaire, se retrouver sans artifice ni masque à porter, sans distraction autre que son propre mental qui fait sa job de mental, soit de penser et d’imaginer toutes sortes de scénarios catastrophes… ou paradisiaques… de même que toute la gamme entre les deux… allez hop, on le laisse aller…

être avec soi, avec tous ses sois et tous ses mois en fait, car on n’est jamais tout à fait seul avec soi-même quand on ferme les yeux et qu’on prend un temps pour soi… toutes ces voix dans notre tête qui placotent, entre elles et en nous, bla bla bla etc… charabia non stop full house… rap rap rap… qui éventuellement diminue pour se mettre à chuchoter et parfois même se mettre à off… et alors – yes ah this ! un trou dans les nuages… un oasis dans le désert… une mer de calme dans cette grosse poche de turbulence mentale… welcome home !

je sais bien que votre mental n’arrête jamais, le mien non plus… on a le même modèle, modèle unique, contenu variable… et même là, que de légères différences… détails…

et quand on médite on doit faire face à cette redoutable machine… faire face à son mental et à son contenu, pour la plupart de la grosse junk, du vieux stock usé, de la cochonnerie d’idées pas rap… et accepter ça, le regarder, l’observer… et surtout le laisser aller… arrêter de se laisser séduire par cette belle dame… ou beau monsieur… c’est selon…

et ne pas s’en faire car ça va revenir… les bonnes idées ne partent jamais longtemps… les mauvaises non plus d’ailleurs… le mental est un générateur inassouvissable d’idées, de projets, de plans pour nous sortir du moment, pour nous faire peur, nous énerver, nous aguicher, nous faire rêver, nous faire croire qu’hier était le bon vieux temps, que demain sera mieux qu’aujourd’hui…

mais dans le fond que de l’aujourd’hui, du gros now juteux, du maintenant extrême… plonger dans le moment, dire oui totalement… avec tout ce que ça comporte…

vivre un jour à la fois ? déjà trop long… un moment à la fois… car on peut bien vivre un jour à la fois et rêver toute la journée à aller se coucher et mourir un peu sans vivre réellement sa journée…

la méditation demande du courage… elle nous force à faire face à soi, à tout tout tout ce qui nous compose, à tout ce qui fait un nous de soi, en particulier ce qu’on voudrait tasser sous le tapis, ne pas regarder, nier, mettre de côté…

alors le travail de conscience, la job de bras, requiert de se mettre le nez dedans, voir, regarder, ressentir, prendre acte et faire acte de présence… bouger avec conscience, détermination et immobilité dans l’âme… le témoin au garde à vous, la matière en garde à vue… qui très souvent s’envole, s’égare, space out, puis revient… et la ronde reprend de plus belle…

nowhere to go, now here to be…

méditer ? la chose la plus simple au monde, souvent la première qu’on met de côté… pas de recette magique, pas de raccourci, pas de truc de passe passe… au contraire… que du temps, lent, qui passe, slow food slow time… et qui ne donne rien…

car ça ne donne absolument rien méditer… et c’est là justement la beauté de la chose, ça ne donne rien, ça apporte encore moins… au contraire, ça enlève les barrières, les limites, il ne suffit que de donner, laisser aller, retourner le vieux stock à dieu, merci, je n’en ai plus besoin… ça a été utile jusqu’à maintenant mais basta… plus besoin plus envie… reject, delete… méditer ça n’apporte rien mais ça rapporte tout…

quand on ferme les yeux, le monde disparaît… quand on ferme les yeux, Dieu apparaît…

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Meditation will make you ultimately rich by giving you the world of your innermost being, and also relatively rich – because it will release your powers of mind into certain talents that you have. My own experience is that everybody is born with a certain talent, and unless he lives that talent to its fullest, something in him will remain missing. He will go on feeling that somehow something is not there that should be.

Give the mind a rest – it needs it ! And it is so simple: just become a witness to it. And it will give you both things.

Slowly, slowly mind starts learning to be silent. And once it knows that by being silent it becomes powerful, Then its words are not just words; they have a validity and a richness and a quality that they never had before – so much so that they go directly, like arrows. They bypass the logical barriers and reach to the very heart.

Then mind is a good servant of immense power in the hands of silence. Then the being is the master, and the master can use the mind whenever it is needed… and can switch it off whenever it is not needed.

– Osho

Beyond Psychology

Ch #25: We cannot be otherwise

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l’amitié, valeur ultime… hommage à mon chum de gars…

j’ai passé la fin de semaine avec mon meilleur ami et je suis ravi… et lui aussi… relax, complice, facile…

ensemble, on a fait de la musique, on a partagé des repas, on a fait chacun nos affaires, on a médité ensemble et l’un à côté de l’autre, on a jasé beaucoup dans la maison et travaillé un peu autour, on est aussi allés voir un spectacle de Charles Dubé ensemble… bref un week-end confortable, inspirant et sécurisant… un week-end de gars… simple, facile, naturel…

chaud dans le coeur et sécurisant d’avoir des amis comme ça, avec qui c’est facile, avec qui on peut totalement être soi-même… avec qui on peut se laisser aller… et sentir qu’on est acceptés tel que nous sommes, sans devoir rien changer… pas besoin d’en avoir tant que ça des amis comme ça, quelques-uns suffisent…

mon ami… qui a perdu sa blonde l’an dernier après 45 ans de mariage, donc grosse année pour lui pendant laquelle on a été proches dans son malheur, et dans le mien, expérience qui se transforme pour lui graduellement en rite de passage, en expérience initiatique… sa peine a été ma peine… sans l’être vraiment car contenue dans son âme et son corps à lui… mais je n’étais pas loin et la peine, c’est contagieux… surtout celle de nos amis…

en fait, les malheurs de nos amis sont aussi nos malheurs par association, sans que l’on ne puisse rien faire d’autre que d’être là, présent, impuissant, disponible… mais cette présence est primordiale, indispensable dans notre vie…

un ami c’est toujours là, présent, même si pas en chair et en os… ce que j’ai été pour lui, ce qu’il est pour moi… et ce que nous resterons encore longtemps j’en suis certain, du moins tant que nous vivrons et que inch’allah…

un ami on peut appeller ça 24/24 – 7/7, toujours au poste… un ami ça nous prend comme on est… un ami c’est un filet de sécurité… c’est un garde-fou, un parechoc… ce que je suis pour lui, ce qu’il est pour moi…

mon ami et moi on travaille aussi ensemble depuis 12 ans, lui gardien du feu, moi guide de loge de sudation… une équipe du tonnerre, hot hot hot… pleine de complicité, de confiance mutuelle que les participants sentent durant le processus… en effet tout le monde se sent sécure en notre compagnie… ils sentent, sans savoir, la force de notre amitié…

la semaine passée, on a eu notre premier différent mon ami et moi… pas une chicane mais un certain point de désaccord… et notre amitié a survécu… car c’est important pour nous deux… l’amitié ça demande de la sincérité, de la transparence et, parfois, des chocs qui rendent la relation plus solide, qui la testent et la mettent à l’épreuve… et qui ne la rendent que plus vraie…

ces temps-ci, je n’ai pas beaucoup d’amis et je n’en veux pas tant que ça… mais ceux et celles que j’ai sont importants pour moi et j’espère que c’est réciproque… et je veux leur faire savoir qu’ils sont importants pour moi, je veux leur dire, leur laisser savoir… mais pas sur Facebook quand même 😉 et pis pourquoi pas ?

je sens que mon ami m’aime et moi aussi je l’aime… je sens que je n’ai rien à faire, juste à être moi-même… et même chose pour lui… l’amitié c’est moins attaché et attachant que l’amour, c’est plus pur… plus libre…

l’amour passe dans nos vies, mais l’amitié dure… l’amour vient et va, l’amitié demeure… parfois… l’amour court et sprinte, l’amitié marche lentement, régulièrement, patiemment… et l’amitié c’est plein d’amour aussi…

et vive l’amitié sous toutes ses formes…

bye mes ami(e)s… Facebook et autres…

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en cette journée de pluie à venir, association libre sur l’arrogance… et l’humilité…

OK je l’avoue, je suis arrogant… je pense toujours tout savoir, tout connaître… moi, ti-jo connaissant, je pense toujours tout saisir au sujet des choses qui m’entourent : je pense sérieusement que je sais qui je suis, que je comprends comment le monde fonctionne, aime penser que je suis conscient, que je connais la vie et ses multiples variations… que je vois vraiment ce qui se passe autour de moi…

qu’à lire la note accompagnant ce texte et on commence à saisir qu’on en saisit bien peu en fait de cette grande création… 2 chromosomes de moins que les patates les humains, ça aide à rester humble ça les amis !

père pendant 30 ans, j’ai donc «éduqué» deux filles, disciple d’Osho depuis aussi longtemps, j’ai un beau gros égo spirituel, psychothérapeute pendant 20 ans, j’ai «aidé» en masse de monde à se comprendre, professeur d’université depuis 15, j’ai transmis mes connaissances à des milliers d’étudiants… la preuve que je sais de quoi je parle ? je possède 2 bacc. 2 maîtrises et 1 doctorat et quelque autre titres… je suis quelqu’un… been there done that… 

j’ai une grosse tête mesdames et messieurs… mais des fois c’est lourd à porter sur de si frêles épaules… sur un si ptit body… des fois c’est difficile de la faire passer dans certaines portes cette grosse tête… dur dur de laisser de côté la connaissance accumulée et voyager continuellement léger et rester frais… facile d’oublier de vider sa tasse à chaque instant pour qu’elle puisse se remplir de jus de vie frais et spontané…

dès que je vois quelqu’un, que ce soit pour la première fois, ou la centième, mon idée est déjà faite sur lui ou elle… je l’enferme dans une camisole de force faite de mes jugements et mes croyances… je lui splashes mes jugements en pleine gueule… et lui ou elle fait probablement la même chose face à moi… ouch… de part et d’autre…

pourtant, en imposant mon arrogance sur la vie, en lui collant mes vieilles idées, je sais que je me coupe du mystère, je m’enferme dans une petite boîte, je crée une cellule de prison mentale pour moi-même… je me garde petit, minuscule devant toute cette grandiosité… pourtant je continue de le faire… et continue de vouloir en sortir, m’expandre…

la plupart du temps, je roule sur des choses que j’ai apprises il y a longtemps, sur du vieux stock, et je pense que ça va encore faire la job pour saisir le monde d’aujourd’hui…

je suis arrogant mais je suis humble aussi… mais je reconnais de plus en plus la fausse modestie derrière laquelle je veux me cacher souvent… jouer à être humble et par la porte d’en arrière, l’arrogant is back… c’est moi le plus humble ici OK là ! sournois sournois aussi l’humilité…

c’est pas Platon qui disait que la seule chose qu’il sait est qu’il ne sait rien ? plein de sens… si je ne doute pas de la sincérité du monsieur, moi, même ça je peux utiliser ça pour être arrogant… je suis tellement humble que je peux affirmer ne rien savoir… et sur Facebook en plus… mais dans le fond, monsieur smart is back

je suis humble et arrogant en même temps mais aussi et souvent en questionnement sur la coexistence des concepts tels que humilité, fierté, estime de soi, simplicité, complexité et diginité… pas si simple cette histoire inventée…

l’hiver passé, j’ai pogné un mur qui m’arrêté, qui m’a humilisé, qui m’a désarrogancisé… un peu du moins… un waterloo pour mon égo qui m’a ramené à terre, qui m’a remis sur mes 4 pattes… comme quand on entre dans une loge de sudation et que l’on redevient animal… les murs de la vie sont précieux pour revenir à soi…

dans les yeux d’un enfant et des animaux on voit encore la magie, la pureté, l’innocence et le wonder de la vie… une clé je crois…

photo : source inconnue – via Maya

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légères réflexions existentielles de jour de pluie sur la peine de mort et l’emprisonnement à perpétuité…

surpris du thème ? moi aussi d’ailleurs… welcome en mi cabeza, dans ma caboche…

j’ai des souris dans la maison, pas mal de souris, elles se promènent dans les murs et les armoires et grignotent mes fruits sur le comptoir… j’ai acheté des trappes traditionnelles – des trappes à schlak – mais aussi une nouvelle sorte avec du gluglu collant sur lequel les souris restent collées et finissent par mourir… deux s’y sont prises à date…

mais c’est un inhumain ces trucs… insouriscien si on peut dire… les souris restent collées sur ces bidules et meurent lentement, agonisant en silence de leur belle mort… me regardant de leurs grands yeux tristes… leur nom est mal choisi dans ce cas…

eh que je me sens cruel en les regardant ! en tous cas plus que lorsque je les trouve mortes dans une trappe… mais est-ce vraiment moins cruel dans les faits ? ce qu’on ne voit pas ne nous fait pas mal…

j’aime définitivement mieux les trappes traditionnelles car schlak ! fini ! la job est faite d’un ptit coup sec ! et on ne voit rien… mais ces nouveaux pièges à souris m’ont bousculé dans mes convictions profondes en me forçant à voir la mort que j’ai causé en pleine face et m’amenant aussi à comparer la peine de mort (mort subite et imposée par autrui s’entend) et les peines d’emprisonnement à perpétuité… drôle de lien mais lien pertinent quand même il me semble…

car pour certains, les animaux se situent au même niveau que les humains… ce qui est peu mon cas, et si je pouvais éviter de tuer les souris qui squattent mon home si doux je le ferais… vivre et laisser vivre right ? mais comme elles mangent ma nourriture, font pas mal de bruit la nuit et tassent la laine minérale de mes murs, me semble que je ne peux les laisser faire… elles vont finir par m’envahir… et en cet automne, je crois bien qu’elle comptent être mes colocs pour l’hiver…

alors ? est-il préférable de laisser mourir une souris – ou quelqu’un – lentement, parfois sur un laps de temps 40-50 ans pour certaines personnes, et/ou de mettre fin à ses jours immédiatement… je sais, je sais, sujet délicat…

évidemment, nous sommes à peu près tous et toutes contre la peine de mort – moi le premier – mais si quelqu’un condamné à la prison à vie manifestait le désir et l’intention de mourir tout de suite, d’en finir immédiatement, basta ! devrait-on lui refuser son choix ?

comme toute personne qui veut en finir avec la vie, peu importe la raison, devrait-on lui accorder ce choix ? ou devrais-je dire ce droit ? ou non et plutôt la forcer à se suicider s’il ou elle n’en peut plus ?

et si on peut justifier l’enfermement de quelqu’un pour le reste de ses jours par la protection de la société, ne crée-t-on pas aussi beaucoup de souffrance ? punition, réadaptation, réinsertion sociale, est-ce toujours possible ? la justice réparatrice inspirée des premières nations est en ce sens une alternative intéressante… mais ici aussi avec des limites cependant…

vous voyez, ici, euthanasie et peine de mort finissent par se rejoindre en quelque sorte… je ne veux pas partir de grands débats philosophiques ni sociologiques ou criminologiques et tout remettre en question mais je me questionne… ces foutus pièges à gluglu collant m’ont dérangé dans mes certitudes… et me forcent à me remettre en question…

d’autre part, la majorité des gens s’entendent pour accorder le droit de mettre fin à sa vie à toute personne en phase terminale qui en manifeste l’intention et des mesures légales viendront bientôt encadrer ces cas… mais si une personne non diagnostiquée de maladie mortelle vit une profonde dépression dont la souffrance est invisible et veut mourir, que fait-on? on l’aide – et si oui, comment ? ou si non, on la condamne à faire ça en cachette et par elle-même ?

certaines personnes se suicident lentement et sûrement à coup d’émissions de télévision insignifiantes aux yeux de certains pendant de nombreuses années, est-ce plus acceptable ?

et le facteur coût entre également en ligne de compte… car on peut tous et toutes être contre la peine de mort – ma position comprenez-moi bien – la situation n’est pas si simple… les jeunes, de moins en moins nombreux proportionnellement, auront-ils les moyens de garder en vie tous ces babyboomers vieillissants ? et tous ces condamnés à la prison à vie qui vont en s’accumulant en terme de nombre ?

on aimerait bien mieux ne pas avoir à penser à ça, ce que l’on fait la plupart du temps… mais certains doivent le faire…

pendant ce temps-là, moi je retourne à mes souris… et je compte bien trouver d’autres moyens plus humains de les éloigner…

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changement de sujet: non mais quelle belle journée hier ? quelques amies venues méditer le matin, le premier feu dans mon home pour chasser l’humidité, douce maison chaude, la pluie dehors et la terre qui a bu toute la journée, jouissant d’humidité… humilité et humidité, même combat ?

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liberté d’expression ? certainement, mais aussi et surtout responsabilité d’expression…

ces jours-ci, de nombreux conflits émergent en lien avec un film – pauvrement réalisé – qui ridiculise Mahomet et l’Islam… et certains journaux, dont Charlie Hebdo, en rajoutent en publiant certaines caricatures provocatrices… ce qui crée une situation particulièrement tendue en France notamment, mais aussi ailleurs dans le monde…

résultat : des adeptes de chaque côté s’affrontent, des échanges musclés ont lieu, menant jusqu’à des morts, plus de 30 jusqu’à maintenant… et ce n’est pas terminé…

la liberté d’expression est devenue une religion… pas toujours respectueuse ni intelligente toutefois… certains sont prêts à risquer de causer la mort – celles des autres et non la leur dans bien des cas – pour défendre cette si chère liberté d’expression…

mais la liberté d’expression n’est pas un droit absolu, elle vient avec des responsabilités… elle doit se faire avec respect, intelligence et maturité… et ce ne sont pas toujours les gens les plus sensibles qui réclament cette liberté d’expression…

pourtant, certains défenseurs de la liberté d’expression à tout prix ressemblent à certains adolescents… j’ai le droit de dire ce que je veux bon ! na na nana na… et peu importe les conséquences… ériger en principe absolu un privilège à utiliser avec soin et respect…

car ouvrir la bouche, publier des écrits ou des images constitue un privilège, et non un droit, surtout pas absolu… oui je peux bien affirmer tout ce que je veux mais je dois aussi regarder derrière moi pour constater les résultats que ça crée…

je dois prendre l’entière responsabilité pour mes dires et mes actions… développer la parole digne, une tâche essentielle… talk the talk et walk the talk…

ne prenant position pour ni l’une ni l’autre des parties dans ce conflit, je constate que la société de droit fait en sorte que l’on oublie souvent la responsabilité qui découle de nos droits… comme les enfants : j’ai le droit de faire ça OK là ! mais comme on dit, ma liberté commence où celle des autres se termine…

on devrait remplacer le droit par une éthique humaine empathique, responsable et respectueuse… agis envers ton voisin comme tu voudrais qu’il agisse envers toi… pas Jésus qui a dit quelque chose comme ça ? car ton voisin c’est toi… et tu es ton voisin, nous sommes un, unis et unifiés…

n’étant pas un spécialiste des religions, j’en connais peu sur l’Islam mais si ses adeptes demandent de ne pas publier de représentations graphiques de leur prophète, pourquoi est-ce impossible de respecter cela ? par principe ? que certains poussent à son paroxysme… peu importe les conséquences…

si mon voisin me demande de ne pas agir d’une certaine façon envers lui, pourquoi je ne peux pas entendre et respecter cela… que gagne-t-on à provoquer pour provoquer… jusqu’à causer la mort ?

la liberté d’expression est devenue une religion, un dogme, un principe, que certains appliquent jusqu’à l’imbécilité… jusqu’à la mort de leur concitoyens… mourir – et faire mourir – par principe…

les gens qui ont publié ce film méprisant sont directement responsables des morts et des conflits qui sévissent actuellement… les gens de Charlie Hebdo aussi… ils peuvent s’en laver les mains et se reposer sur le principe de la liberté d’expression, mais ils sont néanmoins responsables des conséquences de leurs actes… regardez-vous dans le miroir messieurs dames, probablement plus des messieurs que des dames d’ailleurs…

oui nous pouvons toutes et tous dire et faire tout ce que l’on veut dans cette vie, mais il faut assumer plus largement toutes les conséquences de nos actions directes… car chacun de nos gestes ont des répercussions à quelque part dans cette grande existence…

le karma n’est pas quelque chose qui se produira plus tard, c’est aussi le résultat direct et immédiat de chacune de mes pensées, chacune de mes actions… le karma est right here right now…

un dicton affirme que nous sommes responsables de tout ce que l’on pense, tout ce que l’on dit, tout ce que l’on fait… et de tout ce qui nous arrive… peu importe d’où ça vient, si je me trouve à un endroit précis, je suis responsable de tout ce qui me tombe dessus…

Osho décrit la responsabilité comme l’habileté à répondre – response ability – à la différence d’une réaction, qui est un mouvement spontané et impulsif qui survient directement et souvent immédiatement suite au comportement de quelqu’un d’autre… action réaction… je dis blanc et tu dis ? je dis oui et tu dis?

je ne peux décider de ce qui m’arrive, mais je peux cependant décider comment je réponds face à toute et n’importe quelle situation… en prenant le temps de sentir, ressentir, analyser avec ma tête et mon coeur et ensuite poser un geste… un geste posé et pausé… réponse… plutôt que action réaction…

personne n’est coupable, mais nous sommes tous responsables… de tout ce qui se passe dans nos vies, mais aussi de tout ce qui se passe sur la planète… vu ainsi, on se place dans le jeu et non en tant que spectateur extérieur et on peut ainsi devenir partie prenante de la solution plutôt qu’analyste du problème des autres… joueur plutôt que spectateur…

car ce manque de respect actuel au sujet de la religion n’est pas si éloigné de nos réactions personnelles dans nos différentes sphères de vie… le monde est un grand miroir…

vivre et laisser vivre… avec respect et délicatesse…

photo : Amnistie Internationale